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 Oyé mateloots - Présentation

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MessageSujet: Oyé mateloots - Présentation   Lun 4 Avr - 20:16

Ulrick E. Kennway

- L'or, l'argent et les femmes font le bonheur -

PETITE PRÉSENTATION
NOM : Kennway
PRÉNOM(S) : Il se fait appeler depuis un certain nombre d'années Ulrick, bien que son nom d'origine soit Edward.
SURNOM : Le Capitaine. Ceux qui le connaissent vraiment peuvent essayer de l'appeler Edward, mais à vos risques et périls.
DATE DE NAISSANCE : Le 24 Juin.
ÂGE : Vieux. 39 ans.
SEXE : Masculin.
CAMP : Ancien Domae, il a rejoint il y a peu l'Ordre.
CAPACITÉ : Cobra Royal.
SITUATION : Veuf, il est théoriquement parlant fiancé de nouveau.
PERSONNAGE AVATAR : Captain Golden Heart, Sharandula (deviantart).
QUESTIONS

DE QUAND DATE VOTRE ENTRÉE DANS LA FAMILLE ?
Il y a environ deux mois, soit peu de temps après avoir découvert l'existence de l'Ordre.
QUELS SONT VOS LIENS AVEC ELLE ?
Du fait de son intégration récente, Ulrick n'a pour l'instant pas eu l'occasion de tisser de lien particulier avec les autres membres de l'Ordre, ni de véritablement de se faire remarquer au sein de la communauté. Il n'a à vrai dire pas de véritable avis fixé sur la question, se contentant pour l'instant d'observer le mouvement pour se forger sa propre opinion sur le sujet. Mais disons que pour lui, l'Ordre est avant tout un moyen de servir ses propres intérêts, et la politique de chaos et de destruction qui l'entoure est quelque chose qui lui parle assez bien.
TATOUAGE/MARQUE ?
Ancien Domae, il porte encore le tatouage de l'animal qui lui a été assigné sur son corps. Un large dessin de cobra royal orne ainsi la peau de son bras droit, s'enroulant de son poignet jusqu'à son épaule.
POSSÉDEZ-VOUS UNE ARME, SI OUI LAQUELLE ?
Ulrick possède un sabre digne d'un capitaine pirate, seul vestige du temps où il était richissime et craint par delà les mers. La lame en acier trempé, longue, résistante et acérée, est complétée par une garde confortable travaillée sur mesure, ainsi qu'un fourreau précieux où est gravé l'emblème de son équipage, une fleur de lys.
PHYSIQUE
Ulrich, du haut de ses cent-quatre-vingt-dix centimètres, est définitivement le stéréotype-même du loup de mer ayant voyagé sur toutes les mers et ayant vécu un nombre incalculable d'aventures rocambolesques, qui semblent plus s'apparenter à la légende qu'à la réalité. Sa peau brune, tannée par le soleil, l'eau salée et le vent, et ses membres secs donneraient presque l'impression qu'il a été taillé dans du bois, si ses yeux noisettes méfiants et aguerris ne venaient pas briller à travers de sa barbe brune et de ses longs cheveux noirs attachés le plus souvent en catogan. Le corps marqué par de nombreuses cicatrices, dont une imposante barrant son visage, souvenir de son dernier véritable combat en tant que capitaine contribuent à lui donner un air patibulaire, qui s'estompe cependant bien rapidement à la vue de son sourire narquois et arrogant qu'il semble afficher en permanence. Comme tout pirate qui se respecte, de nombreux tatouages recouvrent sa peau, qui vont de son tatouage de Domae à la fleur de lys, emblème de son équipage, qui orne son torse en passant par, pour son plus grand malheur, le portrait de son ancienne -et théoriquement parlant toujours actuelle- fiancée sur son épaule droite, auxquels s'ajoute un anneau en or sur son oreille droite, qui contribue à renforcer l'idée-même qu'on pourrait se faire d'un marin. Ses vêtements, quant à eux, si on excepte son sabre à l'aspect précieux qu'il porte en permanence à sa ceinture, sont poussiéreux, rapiécés et semblent suinter à eux-seuls l'eau de mer humide et puante. Ses traits sont cependant fins, et il est bien souvent qualifié de séduisant par les femmes qu'il aborde avec assurance à toute heure de la journée, bien qu'on ne peut que se douter qu'il le serait d'autant plus sans la couche de crasse qui recouvre son visage, son air fatigué et brisé et la lueur  de folie qui brille dans son regard.
CARACTÈRE

Courageux : Tu n'es pas un lâche, Ulrick. Tu es brave, tu affrontes sans une once d'hésitation les dangers qui pourraient croiser ta route.  Tu fanfaronnes même souvent, prétendant que tu n'as peur de rien. Mais est-ce vrai ? Au fond de toi-même, et quoi que tu puisses prétendre, tu n'en es pas sûr.

Brillant : Tu n'es pas stupide, et tu ne l'as jamais été. Tu sais raisonner avec logique, prenant toujours le temps d'analyser une situation avant d'agir. Méticuleux et intelligent, tu calcules bien ton coup avant de te lancer dans une opération risquée, et tu arrives souvent à trouver un moyen pour te sortir des affaires les plus tendues.

Insoumis : Les règles, les protocoles, ... Pourquoi s'embarrasser de tant de codes inutiles ? Toi, tu veux t'en émanciper plus que tout, Ulrick. A jamais rebelle dans l'âme, tu fuis plus que tout une vie morne et soumise aux règlements. Tu rêves de liberté, toujours, toujours, toujours. Et jamais, jamais, jamais, tu ne te soumettras à quoi que ce soit que tu n'aies toi même pas décrété.

Orgueilleux : Tu restes, toujours et contre tout, persuadé d'être le centre du monde. Tu affirmes en toute circonstance avoir raison, tu te trouves tout simplement magnifique, et tu ne supportes pas qu'on t'affronte, qu'on te contrarie. Tu es prétentieux, fier, arrogant.

Séducteur : Un sourire enjôleur sur les lèvres, tu n'hésites jamais à aller aborder les jolies filles que tu trouves à ton goût, sûr de ton potentiel de séduction. Peu d'entre elles te résistent, à vrai dire, sans doute attirées par le récit de tes aventures et l'exotisme de côtoyer un aventurier qui a voyagé sur toutes les mers de la planète. Lorsqu'une demoiselle succombe à tes avances, tu ne restes cependant pas bien longtemps avec elle, te contentant généralement d'une simple nuit avec elle, ne voyant les femmes comme un simple objet pour te divertir.

Loyal : Tes amis, tes vrais amis, tu y tiens plus que tout. Toujours là pour eux, tu n'hésites jamais une seconde avant de voler à leur secours lorsqu'ils ont besoin d'aide. Franc et sincère, tu obéis à chaque ligne de morale que tu pourrais t'imposer sans faiblir, et tu n'hésites pas à dire ce que tu penses au risque de blesser celui qui t'entendrait, sans néanmoins posséder de mauvaises intentions au départ.

Vénal : L'argent, l'argent, et toujours l'argent. Tu aimes ça, Ulrick, tu adores, tu adules l'or. Et surtout, surtout, tu cherches à en obtenir plus que tout. Pour chaque service, chaque coopération, chaque assistance, tu demandes à être payé. On t'accuse d'être intéressé, mais tu n'en as cure. C'est vrai, après tout. Pour toi, l'or est une des choses qui t’obsèdent le plus au monde, et tu feras toujours en sorte d'en amasser le plus possible au fil du temps. N'est-ce pas un symbole de puissance, ne te permet-il pas de t'acheter ce que tu désires (surtout de l'alcool et des prostituées), après tout ?

Alcoolique : Comme tout pirate qui se respecte, tu ne refuses jamais de te saouler au rhum, à l'hydromel ou à tout autre alcool qui puisse passer à ta portée. Tu prétends que ce n'est là qu'un moyen de t'amuser, de passer le temps, de décompresser, mais ne sens-tu pas à quel point tu te sens dépendant de ce précieux liquide lorsqu'il en vient à manquer ? Ne vois-tu pas qu'il te permet d'oublier ton passé, tes défaites, la trahison qui t'a brisé, et que sans lui, tu as l'impression qu'il te manque définitivement quelque chose. Quoique ta mauvaise volonté puisse refuser de te faire voir, et malgré le fait que tu sois d'autant plus attiré par l'or et qu'il soit difficile de vraiment te saouler malgré les quantités astronomiques que tu avales, tu es irrépressiblement dépendant de l'alcool, et cela te retomberas dessus, un jour.

Méfiant : Tu n'as jamais accordé ta confiance facilement, et sans doute ne le feras-tu jamais. Secret et mystérieux, il est rare que tu affirmes le bas-fond de tes pensées, de tes sentiments, de ton passé. Pour toi, chaque personne possède un côté obscur, et serait en capacité de te trahir. Parfois poussant ta méfiance jusqu'à la paranoia, il faut cependant avouer que la vie t'a donné raison sur ce point, et a largement contribué à renforcer ta vigilance, notamment sur les personnes de ton entourage.

Rancunier : Le pardon, tu ne connais pas. Pour toi, lorsque quelqu'un te fais du tort, il doit payer. La vengeance est pour toi un plat qui ne se mange ni froid ni chaud, mais qui se déguste en voyant sa proie se consumer peu à peu. Tes châtiments sont bien souvent le reflet de ton âme torturée et de tes idées plus noires et sadiques les unes que les autres. La rancune te fait parfois complètement perdre pied, et te fais aller bien plus loin que tu ne voudrais sûrement aller pour des choses futiles et sans intérêt.

PÈRE CASTOR RACONTE NOUS UNE HISTOIRE !

Je suis le Roi des Mers. Craint, respecté, connu par-delà tous les continents. J'ai voyagé sur l'océan, je suis parti à la rencontre des îles et des peuples inconnus de la population de Quederla, j'ai goûté aux plaisirs de l'alcool et des femmes, j'ai amassé une quantité de pièces d'or à en faire pâlir de jalousie les grands rois de ce monde. Je suis le plus grand pirate que la Terre ait porté.
Mais ça, c'était avant. Bien avant qu'elle ne brise tout, qu'elle ne me brise moi. Je suis Ulrich Kennway, et voici mon histoire.

Je suis né un soir de Juin sous le nom d'Edward Kennway dans cette célèbre ville que vous connaissez tous, Quederla. J'étais le cadet de deux sœurs aînées, et nous vivions tous trois avec nos parents dans un petit appartement du quartier résidentiel de la ville. Mon père possédait une taverne située en bordure du port de la ville, et ma mère, mes sœurs et moi nous nous retrouvions bien souvent à l'aider à entretenir son commerce. Si dire que nous étions pauvres et malheureux serait mentir, je dois néanmoins avouer que nous vivions de façon modeste et sans opulence, ma famille n'ayant décidément pas les moyens de pouvoir s'offrir tout ce que les riches bourgeois possédaient, et je dus plus d'une fois me coucher le ventre à moitié vide, mon père n'étant souvent pas parvenu à ramasser assez de bénéfice pour nous offrir de quoi nous nourrir correctement. Mon enfance s'écoula néanmoins de façon heureuse, avec deux parents et deux sœurs aimants, bercée aux récits des marins saouls qui faisaient escale à Quederla et venaient s'amuser pour quelques heures dans notre bar. Je restais, bien souvent, des heures assis près de la cheminée, les oreilles grandes ouvertes, à écouter leurs périples et leurs légendes qu'ils racontaient tous plus extravagants les uns que les autres, rêvant qu'un jour, moi aussi, je parcourrais ces mers et ces océans à la découverte des mondes merveilleux qu'ils me décrivaient.

Lorsque j’eus une dizaine d’années, je me souviens m’être rendu sur la place du Marché du quartier Nereis, et avoir dévoré des yeux les larges miches de pain frais fumantes que la boulangère s’époumonait à vanter. Si je n’avais pas réellement faim, les affaires de mon père ne fonctionnaient pas de façon extraordinaire ces derniers mois, et nous devions nous nourrir de cette espèce de bouillie indigeste qui ne coûtait que deux sous.  J’étais avec la plus jeune de mes sœurs, sous les recommandations de ma mère qui nous envoyait démarcher directement des clients sur la place publique. Ensembles, nous avions humé les douces saveurs qui s’émanaient de la petite boutique en plein air. L’odeur délicieuse qui s’émanait de nos narines fit gargouiller de plaisir nos estomacs, avant de le faire gémir à la douce déception de savoir que nous ne pourrions goûter à ce festin. Et il y a eu cette fille. Brune, les yeux malicieux, elle avait détourné quelques instants l’attention de la boulangère, les yeux emplis de larmes, prétextant avoir perdu son petit frère dans la foule, tandis qu’un jeune garçon passait la main sur l’étalage et embarquait quelques viennoiseries, qu’il cacha sous sa veste rapiécée avant de s’enfuir en trottinant. Ma sœur et moi, les yeux brillants, avions à notre tour profité de cette occasion pour dérober une de ces miches de pains qui nous faisait tant envie, courant ensuite à travers la foule pour nous cacher et déguster cette friandise. Ce fut là le premier de mes nombreux larbins.

Lorsque je suis revenu au marché, le jour suivant, j’ai revu la fille et le garçon, assis ensembles sur un banc du pars Impérial , savourant ce qui s’apparentait à une tourte chaude à la viande. Je me souviens les avoir rejoint et m’être installé à leur côté, les dévisageant avec curiosité. Je déclarai à mi-voix les avoir surpris à voler, et avouai avoir profité moi aussi de l’occasion pour avoir chapardé de quoi me nourrir avec ma sœur. J’appris qu’ils étaient tous deux pensionnaires à l’orphelinat Saint Invisibilis mais qu’ils s’étaient enfuis, ne supportant plus la vie morne qui leur était destinée, et qu’ils se devaient de voler pour survivre. Je me proposai alors de les aider, de devenir leur compagnon, en échange d’une partie de leur butin. Ils acceptèrent. C’est ainsi que les mois, que les années passant, je me suis lié à ces deux compères, Rosalie et Jack. Si au début, j’étais légèrement méfiant à leur égard, ne profitant que de leur savoir pour me nourrir à mon tour, ils devinrent rapidement deux de mes meilleurs amis, et la vie à leur côté s’apparentait à une de ces longues et belles aventures palpitantes dont les récits des marins me berçaient le soir à la taverne de mon père.

A mes treize ans, je m’engageais, sous les conseils de ma famille, à soutenir la famille Domae. Mes parents avaient toujours montré un fort engagement politique, et, pour eux, les Domae étaient définitivement ceux qui étaient la meilleure solution à adopter pour le bien-être de la ville, mais également de leurs enfants. Ce furent mes sœurs, qui, je l’appris quelques années plus tard, avaient déjà été présentées au secret, m’aidèrent à faire une première rencontre avec le Joker, qui m’attribua une première mission : celle d’opérer, avec une dizaine d’autres jeunes recrues, en tant que sentinelle pour surveiller la partie Est de la ville des éventuels assauts d’Elementis. Ces derniers n’étant pas réellement enclins à attaquer les quartiers Domae, la tâche qui m’avait été attribuée s’avéra extrêmement simple, mais ennuyeuse. Moi, je rêvais d’aventure, de découvrir le monde, pas de monter la garde à l’entrée d’un quartier, sans aucun danger accourant vers moi. Mais cette tâche me permettait de gagner la confiance de la famille que j’avais décidé d’intégrer, et d’amasser quelques misérables pièces d’or, que je m’empressais d’offrir à Jack et Rosalie, qui en avait bien plus besoin que moi.
Quelques mois plus tard, la première de mes vraies missions me fut enfin confiée, et je dus me glisser, grâce à ma petite taille, dans la maison d’une famille soupçonnée d’appuyer les gestes des Elementis pour y découvrir d’éventuelles preuves de leur culpabilité. Habitué à l'exercice, et ayant vraisemblablement des facilités pour être aussi furtif et silencieux qu'une ombre, je menais cette tâche avec brio, attirant l'attention des membres Domae.

Les semaines suivantes consistèrent à accepter de nouvelles missions, de nouveaux services, de nouvelles tâches de la part des Domae, avec à chaque fois plus de responsabilités et de difficultés. Si je savais pertinemment que je n'étais pas indispensable à la famille, et que je serais sans aucun doute facilement remplaçable s'ils le désiraient, je gagnait cependant peu à peu au fil des mois leur confiance et leur bénédiction pour que je continue à les servir.
C'est ainsi que, les années et les mois passant, je fus initié au secret de la Famille Domae.

J'avais 18 ans à l'époque, et cela faisait cinq ans que j'effectuais les ordres qu'on pouvait me confier, sans rechigner et avec toute la meilleure volonté que je pouvais y mettre. Je me souviens que ma sœur m'avait avoué à demi-mot plusieurs mois auparavant que j'étais parvenu à attirer grâce à mes compétences de dissimulation l'attention du Roi lui-même, et qu'il se disait que j'étais un membre digne de confiance, qui ne trahirait pas sa famille. On m'avait alors convoqué à l'issu du dernier travail qu'il m'avait été donné de faire au sein de l'hotel ..., le QG des Domae, où on m'avait expliqué en quoi consistait le secret, avant de me demander si je désirais obtenir cette force. J'avais pensé à la fierté de ma famille, de mes parents, de mes sœurs, si jamais ils apprenaient que je faisais partie de ces privilégiés à qui le Roi du conclave avait offert sa confiance. J'avais imaginé les possibilités qui pourraient s'offrir à moi avec ce pouvoir, essayant de deviner quel animal me serait attribué.
Et j'ai accepté la proposition.
On m'a alors demandé de faire face à un large miroir, qui, semblait-il, faisait appel à une magie ancienne pour désigner mon animal-totem. Je vis une forme floue et brouillée me faire face, que je regardai avec attention, cherchant à discerner ce qui pouvait se cacher derrière. Pendant presque une heure, qui me sembla une éternité, je restai debout, face à ce miroir, observant l'animal qui se distinguait peu à peu sur la surface réfléchissante. Je me souviens avoir penché la tête sur le côté, dubitatif, à la vue de son corps allongé, recouvert d'écailles, de son capuchon dressé, de ses yeux jaunes aux pupilles horizontales, de sa langue fourchue qui semblait explorer l'espace qui l'entourait. Un cobra royal. Mon animal-totem était un cobra royal.
On m'annonça qu'il était temps pour moi de marquer ma peau de ce tatouage représentatif de la famille. Comme plongé dans un état second, je désignai mon bras droit, où on me grava un large serpent s'enroulant de mon poignet jusqu'à mon épaule. Bien que je n'ai pas le souvenir d'avoir eu vraiment mal lorsqu'on me tatoua, j'ai néanmoins le souvenir d'avoir ressenti une brûlure désagréable sur ma peau, qui dura pendant plusieurs jours. J'avais alors, pour la première fois, invoqué l'animal totem qui m'avait été confié. En le voyant sortir de son œuf, et me regarder de ses grands yeux jaunes, je lui trouvai tout de suite une certaine posture majestueuse, et, impressionné, je me sentis aussitôt attiré, devinant qu'il deviendrait le plus fidèle compagnon qu'on puisse m'offrir.

Une fois le secret dévoilé, je continuai, en compagnie de mon animal-totem, comme tout autre Domae respectable, à obéir aux différentes missions qu'on me proposait, mettant tout en œuvre, comme mes parents me l'avaient appris pendant des années, pour amener la famille que je servais au sommet, luttant contre les Elementis, que je percevais, sans doute à cause de l'éducation que j'avais reçu, comme des individus fourbes, malhonnêtes et sans pitié.
Lorsque j'eus 21 ans, j'épousai lors de noces simples et sans prétention Rosalie, la jeune fille qu j'avais rencontrée des années auparavant, et qui était au fil du temps devenue ma meilleure amie, puis la femme que j'aimais. Du moins, que je croyais aimer. Je l'appris bien plus tard, en murissant et au gré de mes voyages et de mes rencontres, mais le lien qui m'unissait à elle était plus un curieux mélange d'affection et de volonté de protection que celui qu'on pouvait ressentir face à l'amour et à la passion.
Rosalie avait ce jour-là tressé ses longs cheveux avec des fleurs, et portait une robe simple mais qui lui allait à merveille. Nous nous étions avancés jusqu'à l'autel, avions échangé nos alliances simples faites d'un métal peu coûteux mais brillant, et nous nous étions embrassés tendrement, nous remémorant chacun notre première rencontre et les meilleurs moments que nous avions pu passer ensembles. Avec l'argent que j'avais pu amasser, que ce soit au cours de mes missions au sein des Domae, au cours des différents cambriolages que nous pouvions faire ensembles, comme grâce aux revenus que m'offraient la taverne de mon père, où je travaillais occasionnellement, j'avais acheté pour nous deux un petit appartement dans le quartier populaire de la ville. S'il n'était décidément pas la plus belle habitation qu'on pouvait trouver à Quederla, il nous permettait cependant d'avoir un toit à nous sur la tête.
Ce furent là les années les plus douces et les plus délicieuses de ma vie. Pas de véritable danger, une femme aimante et à qui je pouvais faire confiance à mes côtés, un appartement où vivre, et de quoi pouvoir se nourrir plus ou moins correctement. Mais moi, je m'ennuyais. Je voulais plus. Je voulais l'aventure. Je voulais découvrir le monde.

Ce fut à 26 ans que, enfin, je pris la décision de tout quitter et de partir voyager, explorer les océans et découvrir le monde.
C'était une de ces soirées où je travaillais comme serveur à la taverne familiale, qui me permettais, essentiellement grâce aux pourboires, d'obtenir l'argent nécessaire pour nous faire vivre de façon plus ou moins correcte, Rosalie et moi. Il y avait le capitaine d'un navire qui s'était amarré quelques jours au port de Quederla ce jour-là, qui avait quelque chose de différent de tous les autres marins que j'avais pu croiser dans ma vie. Il dégageait un certain charisme, un certain pouvoir que j'étais certain de n'avoir jamais rencontré avant, auxquels se mêlait un odeur piquante et enivrante de danger.
Il était venu ici pour démarcher de nouveaux matelots pour une croisade en mer sur un continent dont juste le nom me faisait rêver.
Et, avant même que je ne puisse comprendre ce qui m'arriver et ce que je faisais, j'avais signé. J'avais signé pour ce voyage, pour être sous les ordres de cet homme que je ne connaissais pas, pour tout quitter, femme, parents, travail, famille.
Mais cette perspective d'inconnu et d'aventure m'excitait, et, jamais, jamais, je n'ai regretté ce choix.

C'est ainsi que je suis parti durant plus de six mois en tant que matelot sur le fier navire Le Splendide, voguant loin de la terre que je connaissais, me délectant de l'adrénaline que l'aventure faisait pétiller dans mes veines. Je décidai de changer mon nom d'Edward en Ulrich afin de me prouver à moi-même que j'étais un homme nouveau, totalement différent du petit garçon qui courait à l'aventure dans les rues de Quederla et dérobait ce qui lui tombait sous la main, totalement différent de l'adolescent engagé auprès des Domae. L'équipage que j'avais rejoint, qui n'était en réalité rien d'autre qu'un équipage de pirates, me fit découvrir avec une délectation que je n'avais jamais connue auparavant, les délices de l'alcool coulant à flots, du plaisir charnel, des soirées enivrantes entre matelots à terre, mais surtout de l'éclat flamboyant de l'or amassé en quantités lors d'abordages. Mais, ce qui me plaisait encore plus, et qui devint comme une véritable drogue pour moi, ce fut cette perspective de liberté, lorsque nous naviguions toutes voiles dressées, le vent soufflant dans mes cheveux et le sel des marées laissant des traces savoureuses sur mes lèvres.
Lorsque je revins à Quederla, huit mois plus tard, j'étais un autre homme. Et je sus que la terre ferme ne serait plus jamais pour moi.

Je me réengageais, cette fois pour une durée indéterminée sur Le Splendide, postulant cette fois pour un poste d'officier, que, par mon acharnement, ma volonté, mais également, et je le découvris en même temps que le reste de l'équipage, mon don presque inné pour tout ce qui était affaires de navigation comme de piraterie, je parvins à obtenir quelques mois plus tard. Ambitieux pour ce travail qui faisait battre mon coeur, ravivant chaque jours ce plaisir d'évasion, de liberté, je réussis à l'âge de 28 ans à être désigné par le Capitaine comme son second.
Cependant, à peine quelques semaines après ma nomination au poste, mon Capitaine attrapa une forte fièvre, causée sans aucun doute par une blessure infectée en raison de l'humidité qui régnait dans notre bâtiment. Alors qu'il était soigné tant bien que mal par notre médecin de bord à l'infirmerie, je fus forcé de prendre les commandes du fier Splendide en son absence, accueillant par mon travail acharné en temps que nouveau commandant de bord les louanges de mes matelots, qui voyaient en moi un nouveau capitaine clément, avec un esprit neuf et épris de liberté. Attaché à cet affranchissement que j'avais connu au gouvernail, sans personne pour me donner des ordres, et voyant que j'étais tout à fait capable de commander un équipage à son complet, je me surpris plus d'une fois à rêver, une fois revenu à ma place initiale de second, que je soit capitaine pour de bon et éternellement, avec mon propre navire et mes propres matelots, voguant au gré de mes envies.

Rêve qui finit, de façon incroyable mais vraie, par devenir réalité le jour de mes 29 ans suite à une mutinerie de l'équipage, exténué par les ordres, le manque de nourriture, la pénurie de rhum et l'envie de revenir poser un pied à terre. Je me souviens parfaitement avoir entendu les coups tambourinant contre la porte de la cabine de mon ancien capitaine, voisine de ma propre cabine personnelle, ainsi que d'avoir senti que quelque chose d'étrange se passer. Je veux dire, on sentait dans l'atmosphère-même qu'il y avait un événement anormal se déroulant à quelques mètres de moi, sans que je ne puisse être en mesure de l'identifier. J'avais entrouvert la porte de mes appartements, avait passé la tête à travers l'ouverture, et avait observé avec effarement ce qu'il se passait en face de moi. J'avais, bien sûr, déjà entendu parler des mutineries en piraterie. Mais je dois avouer qu'il s'agissait pour moi d'un fait s'apparentant plus à une légende qu'à une réalité.
Je contemplai, sans oser bouger, dans un cri silencieux, mon capitaine s'écrouler, un sabre planté dans la poitrine. J'étais son second. Sans doute étais-je la prochaine cible sur leur liste ? Ils s'étaient retournés, m'avaient vu observer sans un bruit la scène, et s'étaient avancés vers moi. Je me rappelle parfaitement avoir été totalement pétrifié, me demandant ce qu'ils allaient faire de moi. Et là, dans un mélange de peur et d'incompréhension, ils avaient vissé le tricorne du capitaine sur ma propre tête, m'annonçant calmement que, à présent, c'était moi qui commanderait à bord.
Bien que je pris ce poste avec un plaisir que vous ne pourriez même pas imaginer, je me rendis compte à cette instant là à quel point un équipage pouvait être dangereux pour celui qui gouvernait. Aussi, je me mis en tête de me méfier de chacun de mes matelots, qui pouvaient tous, sans aucun doute, constituer dans le futur menace pour moi, tout en mettant tout en œuvre pour les satisfaire du mieux possible afin qu'ils m'accordent leur confiance et ne décident pas de s'allier une fois encore et de se révolter contre moi.

Le lendemain matin de ce coup d'éclat s'étant déroulé en pleine nuit, je décidai ainsi, pour sauver ma propre tête, de revenir en ville pour quelques semaines, le temps de se reposer dans un lit décent, de nous ravitailler en provisions et armes, ainsi que de recruter de nouveaux marins pour remplacer ceux qui étaient tragiquement morts lors de nos abordages et ainsi de pouvoir soulager mes matelots de la charge de travail qui leur était imposée.
C'est à cet instant que, pour mes premiers pas en tant que capitaine, ma vie prit un nouveau tournant. Afin de faire oublier l'ancien capitaine, je renommai également le navire dont j'avais hérité en La Fortune, un nom que, je l'espérais, me porterais chance pour mes futurs voyages.
De retour en ville, je retrouvai Rosalie, et, après l'avoir embrassée tendrement, lui annonçai ma promotion, avant de lui donner la plus grande partie du butin que j'avais pu amasser au cours de mon voyage. Elle me fit promettre, avec une joie et une fierté non dissimulée de devenir le Roi des Pirates, et d'acquérir puissance et pouvoir pour contrôler les mers que je traverserais, avant de m'avouer de prendre garde à la Famille Domae, qui, se murmurait-il, me faisaient rechercher pour trahison et désertion. Mais comment aurais-je pu craindre quoi que ce soit sous l'euphorie de ce qui m'arrivait ?

Ce fut également lors de cette escale en ville que je pris la décision de trouver de nouveaux matelots pour remplir mon équipage, tout en prenant garde à ne prendre que des marins à qui je pouvais attribuer un semblant de confiance. Je pris possession de la taverne de mes parents pour faire mon annonce, et, comptait sur les clients réguliers pour diffuser dans la ville que je recherchais des membres pour La Fortune, désirant rencontrer moi-même lors d'entretiens ceux qui se présenteraient.  Et c'est là que, pour la première fois; je l'ai vue. Elle se tenait là, devant moi, sans que je ne me doute des répercussions qu'elle pourrait un jour avoir dans ma vie.
J'avais regardé, intrigué, ses longs cheveux roux, et avait fixé, un air interrogatif visible sur mon visage, ses grands yeux verts. Venait-elle pour le s'engager à bord ? Jamais encore je n'avais vu de femme, mis à part les charmantes filles qui venaient nous vendre leurs charmes, à bord d'un navire pirate. J'avais plissé les yeux en l'entendant mettre carte sur table en annonçant qu'elle était une Elementis. Si la guerre qui régnait à Quederla n'avait plus grande importance pour moi depuis que j'avais quitté la ville, j'avais toujours, instinctivement, développé une certaine méfiance à ceux qui étaient ennemis aux Domae. Cependant, je dus avouer qu'elle était charmante, et qu'elle avait l'air d'être, comme moi je l'étais, éprise de liberté et d'aventures. Bien qu'ayant une once de méfiance envers elle, je décidai qu'elle me plaisait, et l'invitai à rejoindre La Fortune, sans néanmoins préciser qu'elle serait sans aucun doute la seule femme à bord, et qu'elle devrait démontrer assez de détermination pour ne pas finir comme fille de joie ou servante auprès de moi ou de mes marins.
J'engageai également, en même temps que cette intrigante jeune fille nommée Laelyss, une dizaine d'autres matelots auxquels il me semblait presque inconcevable de ne pas leur faire confiance, ainsi que mon meilleur ami d'enfance, que jamais je n'avais oublié, Jack, que je nominai en tant que second.

Les mois passaient à bord de La Fortune, au cours desquels je m'intégrais du mieux que je le pouvais à ce poste de Capitaine comme si j'avais fait ça toute ma vie, le drapeau à l'effigie d'une fleur de lys, en référence à cette fleur que j'avais connue lors de mon tout premier voyage en tant que matelot, flottant pour la première fois au vent et gravé à jamais sur la peau de mon torse.
Je dois avouer que cette fille que j'avais engagé faisait preuve de plus de tripes que je ne l'aurais cru, et piquait ma curiosité. Ou plutôt, elle m'attirait dangereusement et inexorablement. Je finis, poussé par mon désir de voir de quoi elle était capable, de la nommer en tant que mon assassin personnel, la regardant au fil du temps avec une un plaisir et une curiosité à peine dissimulés effectuer ses missions avec efficacité et rapidité.

Le temps passait, et, un jour, alors que nous abordions un navire marchand transportant des mets exotiques que je n'avais jamais goûté auparavant, je vis Jack, mon ami de toujours, celui à qui, depuis ma plus tendre enfance, je vouais une confiance presque aveugle, tituber devant moi et, sa chemise blanche rougie par une tâche de sang qui s'agrandissait peu à peu, s'écrouler. J'ai le souvenir flou d'avoir accouru vers lui, avoir entendu sa dernière inspiration, avoir saisi son dernier regard, avoir touché une dernière fois sa main qui se refroidissait. Je m'étais relevé, et, sans montrer aucune émotion ni aucun sentiment, comme si quelque chose m'empêchait à présent d'extérioriser ce que je ressentais, ordonnais de massacrer sans aucune pitié l'intégralité de l'équipage adverse. Bien que je vis un ou deux autres de mes marins tomber sous l'assaut, nous étions mieux préparés pour attaquer, et nous regardâmes, tous ensembles, l'eau de mer rougir sous les corps de nos adversaires. Le corps de Jack reposant sur le pont du navire marchand, je pris la décision d'embraser à l'aide d'une torche enflammée le bateau ennemi, m'assurant qu'il n'y aurait pas de survivant et offrant à mon ami une sépulture qu'il, sans aucun doute possible, méritait.
Le lendemain matin, comme si rien ne s'était passé la veille, je convoquai Laelyss dans ma cabine. Légèrement troublé par les images qui avaient tourné dans ma tête toute la nuit, et comme hypnotisé par ses yeux verts brillants, je lui avait révélé mon véritable nom, et, démontrant toute la confiance que je pouvais avoir pour elle, l'avait nommé comme ma seconde. J'étais certain qu'elle remplacerait dans cette fonction celui qui n'était plus, et qu'elle ne me trahirait pas.  

Nous avons ainsi vogué ensembles pendant plusieurs mois, plusieurs années, la complicité entre nous sautant aux yeux de l'équipage à son complet. Après plus de deux ans en mer, nous avons encore une fois mouillé au port de Quederla pour plusieurs jours. Et là, j'ai su. J'ai appris la terrible nouvelle, que la distance qui me séparait des miens m'avait empêché d'être tenu au courant avant. Rosalie était morte. Rosalie n'était plus là. Rosalie ne serait plus jamais là. Est-ce que je l'aimais ? Non. L'attirance que j'éprouvais pour Laelyss me prouvait là que ce n'était pas là de l'amour que j'avais ressenti pour ma femme. Mais elle avait toujours été présente pour moi, et je ne pouvais nier l'affection qui nous liait l'un à l'autre. On m'annonça qu'elle avait trouvé la mort en couches. En ayant un enfant que je n'avais jamais connu, qui avait disparu avec mon épouse, neuf mois après mon départ à bord de La Fortune. A cette déclaration, je sentis mon cœur se fendre, et quelque chose se briser en moi. Si j'avais été là... peut-être tout aurait été différent.
Lorsque nous reprîmes la mer, j'étais différent, complètement différent, rongé par la culpabilité. Je repensais en boucle aux paroles de Rosalie, les derniers mots que je l'avais entendu prononcer en ma présence, lorsque je lui avais annoncé que j'étais devenu capitaine d'un navire de piraterie. Sois le Roi des Pirates. Deviens craint et respecté à travers les mers.
A défaut de pouvoir ressusciter ma femme, je décidai d'aller de l'avant, perdant mon désir pour l'aventure, l'exploration et la liberté, et me mis en tête de devenir le seigneur des mers et d'amasser la plus grande quantité d'or possible. Je devais au moins ça à Rosalie, non ?

Le temps s'écoulait, et, à longueur de journée, je ne pensais plus qu'à détruire ceux qui pourraient se mettre sur mon chemin, et à devenir le Roi que j'étais destiné à devenir. Mes journées rimaient avec or, argent, sang, femmes et quantité astronomiques d'alcool, qui, malgré tout ce que je pouvais ingérer, ne suffisaient pas à me saouler.
Un matin, Laelyss profita que nous étions seuls dans le quartier des officiers préparant la prochaine attaque pour m'avouer ses sentiments. Je dois avouer que je ne sus pas quoi dire ni comment réagir. Je pensais être le seul à ressentir quelque chose à son égard. Mais, tout le long de son discours, je ne pus penser à personne d'autre qu'à ma femme décédée. M'aimait-elle ? Oui, sans aucun doute. Je ne pouvais pas la trahir m'engageant avec une autre femme. Je dus sans doute lui paraître froid et distant, mais je ne désirais pas montrer à ma seconde les tourments qui plongeaient mon esprit dans un désarroi total. Elle ne connaissait pas mon histoire, elle ne savait pas que j'avais été marié. Et, surtout, elle risquait elle aussi de souffrir en m'aimant. Je tenais trop à elle pour la voir s'autodétruire. J'avais alors feinté, malgré le battement puissant de mon cœur, que ses déclarations ne me faisaient ni chaud ni froid. Peut-être allait-elle s'éloigner de moi, et même si cela me peinait, il valait mieux que ça soit ainsi pour nous deux.

Mais, bien sûr, il avait fallu que je choisisse d'écouter mes sentiments plutôt que ma raison et mon instinct. Chaque jour que nous nous voyions, je sentais comme des vagues s'agiter dans le creux de mon estomac. Je rêvais de poser mes lèvres sur les siennes. Je rêvais de tenir ses mains. Je rêvais qu'elle soit mienne. Après plus d'une année de doutes suite à ses révélations sur les sentiments qu'elle pouvait éprouver, je me dis que finalement, il fallait que j'aille de l'avant.
J'avais alors convoqué Laelyss sur le pont du navire, et, suite à un court discours maladroit, avait demandé sa main. Et, alors que mon cœur tambourinait dans ma poitrine, elle avait accepté ma demande, avant de me faire promettre de redevenir celui qu'elle avait connu en s'engageant sur mon navire, l'Edward qui ne rêvait que d'aventures. Comme libéré d'un poids, j'avais accepté.

Bien sûr, la parole fut plus simple à dire qu'à mettre en place, étant grisé par le respect et la crainte que j'inspirais à ceux qui entendaient mon nom et croisaient mon passage. Et puis, j'avais développé cette addiction à l'or dont j'avais du mal à me défaire. Mais je jure que, dans la mesure, j'essayais de faire des efforts lorsque j'y pensais.
Mais bien sûr, il avait fallu que Laelyss, ma fiancée, mon second, celle qui j'avais basé tout mon espoir et toute ma confiance, me trahisse. Pour une histoire sans intérêt, dont je n'en garde que de vagues souvenirs. Quelque chose comme un jeune garçon qui m'avait mal parlé, et à qui j'avais proposé, me souvenant de ma promesse de ne plus être un tyran, une alternative à la mort et qui avait refusé. On m'a appris par la suite que celle que je voyais comme ma future épouse l'avait gardé, sous mes frais et à mes dépends, sans rien me dire, sur mon bateau, ne se considérant sans doute comme assez rebelle pour simplement désobéir à mes ordres et laisser en vie ce parasite à détruire.
J'avais bien sûr soupçonné les semaines suivant cet acte de trahison quelque chose, ayant pu observer chez elle un comportement étrange. Mais plus je l'interrogeait, plus nous nous disputions, et plus nos rapports se dégradaient. Ce ne fut qu'au moment où je m’apprêtais à m'excuser, ne supportant plus notre relation de plus en plus tendue, et n'ayant pu observer un quelconque signe de sa désobéissance, que j'avais découvert la vérité.  Déçu, frustré par ses mensonges, je me rendis compte qu'il était impossible de lui faire confiance.
A chaque fois que je la voyais passer devant moi, mes traits se durcissaient, et je ne pouvais m'empêcher de la fixer avec un regard froid et accusateur.
Je finis par parler de sa trahison à mes officiers, et, ensembles, nous nous dîmes que la meilleure solution serait de la tuer. Bien sûr, cette décision que je validai me brisait le cœur, mais elle était nécessaire. Un traître reste un traître. Qui sait si elle ne m'avait manipulé pour parvenir à ses fins. Qui sait si nos fiançailles n'étaient en réalité que du vent.
Je me sentais stupide. Incroyablement stupide. Jamais je n'aurais dû laisser une femme monter sur mon navire. Jamais je n'aurais dû la regarder, jamais je n'aurais dû l'écouter, jamais je n'aurais dû l'aimer.

Il y eut ce jour là un combat épique digne des plus grandes légendes qu'on se racontait, le soir, lorsque nous voguions sur la mer pour nous faire frissonner. Statique, debout sur le pont, une main sur le bois poli du gouvernail, j'observais l'ensemble de mon équipage se faire tuer de la main de celle que j'avais jadis aimée. L'eau autour du navire était aussi rouge, tachée par une mare de sang croissante tandis qu'elle jetait les corps de mes anciens compagnons par-dessus bord. J'aurais dû prévoir que, à cause du poste que je lui avait donné, elle connaîtrait toutes les faiblesses de mes matelots.
Enfin, elle s'approcha vers moi. Le combat final. Celui qui devait arriver. J'avais levé mon sabre et poussé un terrifiant cri de guerre en m'élançant sur elle. Le métal de nos épées s'était entrechoqué une fois, deux fois, trois fois. Je dois reconnaître qu'elle était un adversaire coriace. Sans doute, malgré le fait qu'elle soit une femme, le plus dangereux qu'il me fut donné d'affronter.
La lame de nos sabres effleurait nos peaux, laissant des traces sanglantes couler le long de notre chair.
Après ce qui me sembla être une éternité de combat acharné, enfin, la fin. Essoufflé, épuisé, je me dis que, finalement, tout avait dérapé. Peu-être étions nous allés trop loin. Peut-être n'avions nous pas besoin de terminer dans la mort. J'abaissai un bref instant mon arme. J'étais prêt à tout arrêter. J'étais prêt à renoncer. Et elle, elle en a profité pour m'achever. Comme si je n'étais qu'une de ces vulgaires personnes insignifiantes que je lui ai jadis envoyé tuer, elle me jeta par-dessus bord, espérant sans doute m'envoyer croupir au fond de l'océan.
Mais aussi incroyable que cela puisse vous paraître, je survécus.

L'eau glacée transperçait presque ma chair de son froid piquant, et mes nombreuses blessures me brûlaient, me tiraillaient, me faisaient horriblement souffrir au contact du sel de la mer. Je me sentais faible, misérable. Je me sentais partir. Je me sentais mourir.
Et il m'a sauvé. Mon animal totem, mon compagnon le plus fidèle, dont personne à bord de ce bateau ne connaissait l'existence, tous ignorant mon passé de Domae, et qui passait ses journées caché à ramper dans les recoins sombres du bateau. Me sentant dépérir, dans un dernier instinct de survie, il s'était élancé du pont du bateau dans l'eau froide mais pourtant étrangement calme. Il avait flotté sur place quelques courtes secondes avant d'onduler dans ma direction. Mon cobra royal, sans doute poussé par mon rythme de vie, avait toujours été un excellent nageur.
A sa vue, je repris espoir. Je ne pouvais pas mourir. Je ne pouvais pas le laisser seul. Je ne pouvais laisser Laelyss me vaincre. Je m'accrochai au corps flottant d'un de mes matelots qui flottait, sans vie, tout près de moi, repris ma respiration, et, aidé par mon animal, je rejoins et me hissait une sorte de planche provenant de mon navire, ou, du moins, ce qu'il en restait.
Et là, étourdi par le sang que j'avais perdu et la fatigue et le froid qui venaient engourdir mes muscles, je m'évanouis, me laissant dériver sur ma planche, laissant ma vie aux aléas de l'Océan et sous la protection, bien que sommaire, de mon totem.
Lorsque je m'éveillais, la chance semblait avoir tourné. Un bateau. Un bateau apparaissait à l'horizon et s’approchait des vagues qui me laissaient dériver à la surface. Je puisai dans mes dernières ressources, et, la voix enraillée, commençai à pousser des cris pour attirer leur attention, mon cobra enroulé autour de mes plaies saignantes, servant de compresse de fortune pour faire cesser l'hémorragie. Le navire, qui était en réalité une jonque de pécheurs, m'aperçut, et les marins me secoururent et me ramenèrent à terre pour soigner mes blessures. Je leur racontai avoir été victime d'une attaque pirate et en être sorti comme le seul survivant, ce qui était en quelque sorte la vérité. Mais, si je n'en laissait rien paraître, intérieurement, j'étais dévasté par une colère telle que jamais je n'en avais ressentie. J'avais tout perdu. Je n'étais plus rien. Je voulais samort. Je devais me venger.

Etant échoué près de la côte chinoise, sans un sou et sans aucun moyen de rentrer chez moi, je me retrouvai à errer seul sur le continent, sans aucune présence familière autre que mon animal-totem.
Je m'installai dans une province perdue dans la campagne chinoise, entourée de rizières verdoyantes, dans lesquelles je travaillai pendant près de trois ans afin de pouvoir me nourrir et de gagner un peu d'or. Je profitai également de ce temps loin de tout pour me faire discret et me faire momentanément oublier. Je savais que j'étais recherché, que ce soit en tant que pirate comme en tant que déserteur, et finalement, il valait mieux pour moi que tout le monde pense que j'étais mort avant mon grand retour triomphant où ma douce vengeance viendrait. Je réussis, enfin, après de longs mois de dur labeur, à me payer un petit navire de pécheur. Avec un équipage de seulement trois hommes que j'avais recruté sur place avec de rigoureux entretiens, j'ai finalement, après trois ans à m'être fait porter pour disparu, retrouvé le large.

N'ayant plus réellement les moyens ni plus aucune envie de repartir à travers le monde, je retournai enfin, après plusieurs années à vivre caché et comme un vagabond, dans la ville qui m'avait vu naître et grandir, Quederla.
Je retournai loger dans le petit appartement que j'avais habité, il y avait fort longtemps, avec ma femme, la seule qui compterait désormais pour moi, et retrouvai avec un certain plaisir mes parents et mes sœurs, qui, bien qu'ils furent un temps déçus de m'avoir vu tout quitter et partir à bord d'un équipage de pirates, m'avaient accueillis les bras ouverts. Ma soeur, qui avait repris l'affaire familiale, m'offrit un travail dans cette taverne que je connaissais si bien, qui me permettrait de gagner quelques sous, que je devais cependant compléter par d'autres petits boulots en parallèle, pour survivre.
Courant après l'argent, les femmes et l'alcool, j'aurais pu sombrer si la colère et mon envie meurtrière ne m'avait pas permis de rester lucide.
Il fallait que je la retrouve. Un seul doute subsistait cependant encore dans mon esprit : la meilleure solution pour moi serait-elle de la tuer, ou de la torturer longuement et douloureusement pour la détruire peu à peu ?
Il y a quelques mois, j'entendis parler d'une nouvelle organisation, prônant le chaos et la destruction pour refaire un nouveau monde. Deux notions qui me parlaient. Deux notions que je me voyais parfaitement servir.
Je me mis à rechercher activement celui qui, disait-on, commandait l'Ordre, qu'on nommait à demi-mots le Ténébreux. Après plusieurs semaines de recherches, je fus enfin dirigé vers ce château au cœur de la Forêt Silva.
Je passai la lourde porte en bois, et pénétrai à l'intérieur du bâtiment à l'apparence froide et hostile. Il était là. [i]Il semblait m'attendre. Troublé par ses iris d'un bleu perçant qui semblaient entrer en moi et lire mon passé, mon présent et mon futur, je m'approchai, et dévoilait ma volonté de devenir partisan de l'Ordre. Il me sonda quelques instants, et après quelques instants de discussion où il souhaita connaître mes motivations et où je dus répondre aux questions qu'il me posait. Finalement, il sembla reconnaître que je ne le trahirais pas. J'avais toujours été une personne franche et honnête, pour un pirate. Finalement, il me fit signer un contrat, dont je dois avouer que je ne lus que rapidement avant d'apposer ma signature au bas de la feuille. De toute manière, qu'elle pourrait être la puissance d'un stupide papier ?
Le Ténébreux esquissa un sourire qui me fit froid dans le dos, et m'annonça que, officiellement, j'étais devenu membre de l'Ordre.

Aujourd'hui, je suis toujours là, moins d'un an après mon retour, à Quederla. Je ne suis rien, plus rien, sinon un homme qui attend patiemment sa vengeance pour se reconstruire. Discret pour un court moment, ne prenant officiellement plus parti pour une des familles de la ville, je suis rentré dans l'Ordre, attendant le moment où tout ne sera plus que désordre et chaos. Et lorsque ce jour viendra, et lorsque Laelyss mourra, je serais enfin en paix. Je pourrais enfin repartir voguer à travers mers et océans.



Et en vrai ?

{Quelque chose à dire ?}

PRÉNOM/SURNOM : Autnunc.
ÂGE :  3000 ans, à quelques années près.
COMMENT ÊTES-VOUS ARRIVÉ ICI : En bateau ?...
UN COMMENTAIRE ? UNE IDÉE ? :  Bawazaaaa Joker arme
LE CODE DU RÈGLEMENT : Validéé Parce que Lae valide aussi son Tipiak nanmého e.e!


Dernière édition par Ulrick Kennway le Sam 7 Mai - 22:18, édité 65 fois
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Kira SerykMessages : 2905
Date d'inscription : 15/08/2012


MessageSujet: Re: Oyé mateloots - Présentation   Lun 4 Avr - 20:19

Bienvenue parmi nous !

Est-ce que tu voudrais que je rajoute le "E" dans le pseudo ou tu veux le garder comme tel ? :3

En tout cas bonne chance pour ta fifiche et bonne chance avec Bigby




Je vous grogne dessus en darkblue.







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Bigby RawlinsMessages : 1079
Date d'inscription : 09/12/2014


MessageSujet: Re: Oyé mateloots - Présentation   Lun 4 Avr - 20:21

Bienvenue parmi nous Tipiak, on t'attendait avec impatience Razz
Bon courage pour ta fiche o/



« Je vous grogne dessus en chocolate »

* I can't go to hell.
* I'm all out of vacation days.








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MessageSujet: Re: Oyé mateloots - Présentation   Lun 4 Avr - 20:23

Welcoooome ♥
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Laelyss ReissMessages : 929
Date d'inscription : 23/11/2014


MessageSujet: Re: Oyé mateloots - Présentation   Lun 4 Avr - 20:25

Blblblblblbl ♥_♥
Bonne chance pour ta fiche, j'ai hâte de voir la suite ! :3
Tu as un mis un "h" à la fin de ton prénom à la place du "K". Est-ce que tu veux le garder comme ça ou le changer ? Ça ne dérange pas de modifier pour une lettre si tu préfère ainsi o/



d6dn.pngdarC.png




 
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MessageSujet: Re: Oyé mateloots - Présentation   Mar 5 Avr - 10:25

Bienvenuuuue !!! Bon courage pour ta fiche :3
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MessageSujet: Re: Oyé mateloots - Présentation   Mar 5 Avr - 22:02

Merci à tous ! trop cute
Du coup pour le nom, j'ai fait les modifications nécessaires pour ajouter un "k" à la fin, je n'avais même pas remarqué la faute, honte à moi huhu. Pour le E. du 2e prénom, si ça ne dérange pas, je préfère le garder comme ça *a du mal avec les initiales* !

Edit Kira : Bien bien, tu n'auras pas le droit au magnifique bandeau de la team initiale alors Razz
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Laelyss ReissMessages : 929
Date d'inscription : 23/11/2014


MessageSujet: Re: Oyé mateloots - Présentation   Jeu 7 Avr - 15:38

Pas de soucis, ce n'est pas un problème. Tant que le personnage te plaît c'est le principal ! ♥



d6dn.pngdarC.png




 
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MessageSujet: Re: Oyé mateloots - Présentation   Sam 7 Mai - 19:15

Ma fiche est terminée ! N'hésitez pas à me dire si quelque chose ne colle pas, et désolée pour avoir mis aussi longtemps à finir !
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Kira SerykMessages : 2905
Date d'inscription : 15/08/2012


MessageSujet: Re: Oyé mateloots - Présentation   Sam 7 Mai - 19:23

En tout cas, tu sais te faire désirer (oui le nombre de vue c'est bien Lae et moi Rolling Eyes)

Je laisse Lae' te valider bien sûr sinon je me fais taper sur les doigts depuis le temps qu'elle t'attend mais comme elle s'embrouille, c'est moi qui vient jouer les méchantes Razz

Au niveau de l'histoire et tout, normalement c'est bon. Il y a simplement un léger faux raccord (mais tkt, c'est de la faute à Lae ♥️) par rapport à ton retour à Quederla.

En fait, elle n'a pas prit en compte le saut dans le temps dans ta fiche, du coup tu n'es pas revenu à Quederla depuis un an mais depuis 4 ans si tu y reviens juste après l'attaque de ton bateau et à ce moment-là l'Ordre n'est pas encore créé. Du coup tu as deux choix :

- Soit tu es revenu en ville depuis 4 ans et depuis 1 an max tu peux être entré dans l'Ordre (donc depuis sa création, voire après si tu préfères). Pendant ce temps, tu as dû trouver de quoi t'occuper xD

- Soit tu as mit plus de temps à revenir à Quederla, 1 an, 2 ans, 3 ans pour x raison et tu peux être entré dans l'Ordre depuis quelques mois.

Voilà, je te laisse faire ces modifs' avant que Lae ne te saute dessus Wink




Je vous grogne dessus en darkblue.







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MessageSujet: Re: Oyé mateloots - Présentation   

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