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 On ne peut pas frapper une femme avec une fleur, mais avec le pot, on peut !

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MessageSujet: On ne peut pas frapper une femme avec une fleur, mais avec le pot, on peut !   Mar 26 Juil - 14:16

Neyth SHALINDRAK

Si tu me brises le cœur, j'te pète les jambes !

PETITE PRÉSENTATION
NOM : Shalidrak
PRÉNOM(S) : Neyth, Brume
SURNOM : P'tite tête, Minimoi, La moche, la belle plante... Vous savez, la boutique, trois frères, tout ça...
DATE DE NAISSANCE : 21 mars 1991
ÂGE : 28 ans
SEXE : Féminin
CAMP : Habitant
CAPACITÉ : Celle de coller des coups de pied au cul
SITUATION : Techniquement veuve. En vrai beaucoup plus compliqué
MÉTIER : Fleuriste
PERSONNAGE AVATAR : Evelynn by JinxieDoodle
QUESTIONS

DE QUAND DATE VOTRE ENTRÉE DANS LE CAMPS ?
Ma naissance ?
QUELS SONT VOS LIENS AVEC LUI ?
Je vis, c'est déjà pas mal
TATOUAGE/MARQUE ?
Marques aux poignets qui n'ont rien à voir avec une quelconque appartenance à un camp
POSSÉDEZ-VOUS UNE ARME, SI OUI LAQUELLE ?
Un sécateur, ça compte ?
PHYSIQUE
La première chose que l'on remarque chez Neyth, c'est qu'elle est rousse. Une cascade de cheveux à peine ondulés, soyeux et qui tombent jusqu'à ses fesses, une masse épaisse qu'on repère de loin et qui a déjà assassiné bien des peignes (vous êtes prévenus, n'y passez pas vos doigts !). D'un roux sombre presque brun, ils dégagent toujours une odeur de fleurs puisqu'elle ne se gêne pas pour copieusement utiliser certaines de ses productions pour leurs vertus et surtout son usage personnel. L'autre chose que l'on remarque presque aussi vite, c'est qu'elle est petite. On ne peut pas nécessairement se douter d'à quel point elle est petite avant de l'avoir approchée à cause de sa stature fine et plutôt élancée, mais elle peine à atteindre le mètre cinquante-cinq en se tenant la plus droite possible. Ces airs de petite chose n'en sont pour autant rien, et il convient de se méfier d'un caractère des plus surprenant ainsi qu'une musculature certes relativement peu imposante mais somme toute bien existante. Faire pousser ses propres fleurs et cultiver son potager, ça vous entretient un nain de jardin ! Plutôt filiforme qu'autre chose, c'est un petit gabarit qui ne vous impressionnera pas par des atouts féminins rebondis, mais peut-être bien plus par un visage qui lui a valu bien des ennuis.
Des yeux bleus en amande, un teint clair parsemé de tâches de rousseur, un port de tête naturellement grâcieux, son atout principal ne se situe certainement pas plus bas que la ligne de ses épaules. Ses traits sont dessinés, des pommettes relativement hautes mais surtout des joues creusées, des sourcils fins dont le gauche est souvent haussé, une bouche à peine pulpeuse où se juche souvent un sourire ironique voire légèrement méprisant. Il est assez rare de la voir sourire sincèrement depuis quelques années, mais peu à peu la chose redevient naturelle. Que voulez-vous, pour le commerce, il faut bien faire un effort de temps en temps ! Sur ses lobes trônent deux trous vides qu'elle ne compte plus remplir, car elle a de toute façon décidé d'abandonner toute forme de coqueterie à base de bijoux. Il y a des habitudes que l'on préfère perdre à une vitesse étonnante et puis ce n'est absolument pas pratique pour le genre de travail qu'elle fait (sera la première chose qu'elle vous répondra).
Si sa tenue vestimentaire est longtemps restée sobre et surtout pratique, depuis quelques mois elle fait des efforts pour surpasser la peur qu'on ne l'enlève à nouveau et se faire plaisir à elle-même. Porter du noir et des pantalons de toile tous les jours, pourquoi pas quand on jardine, mais quand on ne fait que tenir une boutique, pourquoi pas une robe ou une jupe de temps en temps ? Les couleurs reviennent aussi peu à peu dans sa garde-robe somme toute maigre, même si pour le coup il lui arrive encore d'être un peu timide en la matière. Mais elle glisse peu à peu vers des tenues légèrement pin-up et vintage. Doucement mais sûrement. En revanche, elle ne se lasse pas de coiffer ses cheveux de différentes façons, avec toujours au moins une fleur à l'oreille quand elle n'en coince pas plusieurs dans un savant assemblage de tresses. Une façon comme une autre de ne pas avoir complètement l'air d'une sauvage, ni d'une bonne sœur... mais de rester loin de tout ce qui peut s'apparenter à de la séduction. Pour le moment.
CARACTÈRE
Neyth est un peu difficile à cerner pour qui ne l'aurait pas connue à vingt ans. Du genre enjouée et pleine de ressource, c'était une fille capable de faire le tour de la ville sur les mains si l'un de ses frères l'avait défiée de le faire, et ce même si elle risquait sans doute de tomber tous les trois mètres. Elevée avec trois garçons à la maison, rien ne lui faisait peur et son insouciance n'avait d'égale que sa témérité. Le simple fait qu'elle vive dans une maison perdue en pleine nature sans moyen de se défendre et une délimitation sommaire autour de son terrain est la relique la plus flagrante de cette stupidité lattente et surtout légèrement dangereuse mais à la fois tellement pratique. Cependant, ne pensez pas que cette insouciance soit restée intacte : si vous approchez de sa maison de façon opportune ou trop rapide, à moins qu'elle ne vous connaisse, vous risquez d'avoir des surprises. Petite mais redoutablement efficace un sécateur à la main. Plus méfiante qu'autre chose, il convient de ne pas être trop familier avec elle avant qu'elle-même ne le devienne sous peine de la voir presque littéralement vous fuir, un peu à la manière d'un animal sauvage pour lequel vous auriez avancé la main trop tôt ; éventuellement tout est à refaire, plus plausiblement la distance, c'est bien aussi.
Malgré tout dotée d'intelligence -non, vivre toute seule dans les bois pour ne pas se faire agresser, ça ne compte pas-, l'alliance avec un sang-froid presque à toute épreuve aurait pu faire d'elle la parfaite tueuse en série si elle n'était décidément pas trop gentille et beaucoup, beaucoup trop intelligente pour savoir que ce n'est pas la meilleure chose à faire. Ses pulsions violentes se résumant de toute façon à arracher du papier peint, elle était plutôt mal partie pour la carrière criminelle. Pour en revenir au sujet premier, il ne lui faut que très peu de temps pour apprendre une nouvelle chose, et sans parler de sur-douée, elle part invariablement du principe que tout est faisable et qu'il suffit d'essayer pour savoir si elle peut ou non faire correctement ces nouvelles choses. Cette faculté d'adaptation lui a sauvé la mise plus d'une fois. C'est d'ailleurs peut-être le seul point positif de sa captivité : lui avoir donné la faculté de se maîtriser même sous tension et de réagir le plus vite possible afin d'éviter un drame. Même s'il y a toujours des ratés, évidemment, on ne peut pas gagner à tous les coups.
D'extérieur, elle paraîtra distante, peut-être un brin froide et plutôt cynique, résultat de ses angoisses et de sa méfiance. Une fois qu'on la connaît un peu mieux, elle sera plus familière, plus souriante et beaucoup plus portée sur la plaisanterie, et auquel cas il ne faudra pas être trop frileux sur l'humour noir. Quand elle sait qu'elle peut faire confiance à quelqu'un, elle est la première à plaisanter sur ce qui lui est arrivé -quitte à en choquer certains- et après tout ce temps n'a pas spécialement de gêne à en parler si le sujet vient sur le tapis. Avec le temps, elle a appris à être relativement objective sur les évènements et puisqu'elle n'est pas du genre rancunière ni sur le long terme ni sur le court, il faut bien mettre un peu d'eau dans son vin, ce qu'elle fait aisément. Elle se contente d'ailleurs de peu de choses comme le démontre son style de vie plutôt sommaire.
Enfin, Neyth est une personne qui fait des efforts constants pour lutter contre ce qu'elle appelle sa paranoïa et ce que les médecins appellent des séquelles. La seule chose sur laquelle elle ne semble pas vouloir céder pour l'instant, c'est de passer quelques jours complets en ville à nouveau. Elle préfère encore mieux rentrer à pieds sans chaussures que devoir passer la nuit à Quederla, même si elle est incapable de comprendre le pourquoi du comment. En revanche elle fait des avancées parfois étonnantes dans ses rapports avec les gens : plus bavarde qu'avant, elle fait aussi à nouveau des farces à ceux qu'elle apprécie tout particulièrement (c'est un genre de privilège dont on se passerait bien, je vous le concède), accepte certains types de contact (en tout bien tout honneur, pour le reste j'espère que vous êtes champions au cent mètres) et ne refuse plus ce qu'on peut lui offrir de peur que ce ne soit un piège. Ce n'est qu'avec des gens vraiment dignes de confiance selon ses critères qu'elle se permet d'être un peu tactile, même si la peur que ses gestes ne passent pour autre chose fait souvent vite surface. Elle peut aussi paraître souvent à l'affût des réactions des autres, prête à culpabiliser au moindre faux pas de sa part jusqu'à s'en rendre malade, même si pour le coup elle n'acceptera jamais de s'avouer cette faiblesse, alors l'avouer aux autres, pensez-vous !Pour finir, il convient de savoir qu'il vaut mieux ne pas la surprendre de trop. Depuis un certain jour et une certaine prise de conscience, elle n'hésite pas à utiliser ses faibles moyens et une réaction violente de sa part en guise de défense peut surgir à tout moment. On guérit toujours de ses blessures, mais le mieux, c'est encore de ne pas en avoir, n'est-ce pas ? Et pour ça, mieux vaut se défendre, prévenir que guérir.
PÈRE CASTOR RACONTE NOUS UNE HISTOIRE !
Dans la vie, on fait parfois des erreurs qu'on regrette parce qu'elles nous rongent de l'intérieur pendant des jours. Des petites bagatelles qui vous nouent l'estomac jusqu'à en perdre la raison, ne plus savoir quoi faire, en faire des rêves idiots.
Là, dans cette pièce sombre sans eau ni nourriture à portée, je ressassais l'entièreté de toutes les erreurs que j'avais accumulées au cours des dernières années. On oublie à quel point plonger la tête la première dans les ennuis peut vous mener loin, bien plus loin que tout ce que vous auriez pu imaginer. Qui aurait pu me dire que je finirai dans cette pièce à prier que si mon heure devait à tout prix arriver, qu'elle arrive le plus vite possible.
C'est fou comme la mémoire peut vous jouer des tours. Il y a tant de choses que j'ai oubliées avec le temps ; des visages dont je crois me souvenir ou qui me font cet effet, des gestes qui me laissent indifférente alors que d'autres me feraient frissonner d'effroi, des mots qui se remploient dans leur contexte sans me faire tiquer... Pourtant je me souviens de cette sensation horrible, cette montée de panique, de terreur telle que je n'entendais plus rien, plus rien tant le bruit de mon sang battant à mes tempes et contre mes oreilles était le plus fort. Cette impression d'étouffer à chaque inspiration, de plus en plus difficile, de plus en plus saccadée, de plus en plus courte... Jusqu'à l'explosion, un cri que jamais de ma vie je n'aurais pensé pousser ; un cri dont je n'ai aucun souvenir si ce n'est la douleur dans ma gorge et la brûlure de mes poumons ; un cri que je n'ai même pas entendu moi-même tant la peur m'avait emmenée loin de tout. C'était bien en vain que je me débattais. La peur de me faire mal, la tremblotte dans tout mon corps m'empêchaient d'être efficace.

Où avait été mon erreur ? Qu'est-ce que j'avais fait de mal ? La réponse me revenait comme une litanie horrible : « Tu es si jolie, une vraie petite poupée. Tu seras parfaite. » Je n'ai encore jamais recroisé cet homme, mais j'espère sincèrement ne jamais le revoir. Pas pour moi, mais pour la réaction que j'aurais. Et puis peut-être aussi par peur de sa réaction. J'étais une jeune fille comme les autres avant ça. Joyeuse, dynamique, pleine de rêves et d'ambitions, qui regardait parfois les hommes mais qui surtout travaillait beaucoup pour ses études. Je voulais devenir chimiste, ou herboriste, ou laborantine, mais je voulais travailler dans la médecine, faire quelque chose pour aider les gens. Mes parents et mes frères avaient quitté la ville quand j'avais quinze ans, mais j'avais décidé d'y revenir. J'étais seule, et je faisais des ménages et la cuisine pour des personnes âgées pour gagner de quoi me payer ma chambre de bonne sous les toits d'un vieil immeuble. J'étais bien, avec seulement mon lit et mon bureau. Cela faisait seulement un an que j'étais revenue à Quederla, j'avais tout juste vingt ans. Je n'avais qu'une valise pour toutes affaires, et j'empruntais tous les livres nécessaires à la bibliothèque faute d'argent. Je mangeais sur le pouce des restes de ce que j'avais préparé pour la voisine du dessous -elle me permettait d'utiliser sa salle de bains aussi, pour ne pas avoir à utiliser celle commune à l'étage- et je révisais jusqu'à tard le soir avec la fenêtre ouverte, en écoutant les bruits de la ville qui s'endormait doucement. Un jour, mon propriétaire est arrivé sans prévenir, en ouvrant avec son jeu de clés, comme si je n'avais pas été là. Je devais payer mon loyer deux jours plus tard, comme prévu, mais il m'a dit en avoir besoin tout de suite. Je me suis levée et je suis allée chercher l'argent, puis je le lui ai tendu. Il m'a pris le poignet et m'a dit sur un ton beaucoup, beaucoup trop doux : « On va s'arranger autrement, n'est-ce pas ? » Je n'ai eu ni le temps de crier ni de me débattre, il m'a jetée sur mon lit et je n'ai eu que mes yeux pour pleurer quand il a claqué la porte en partant.

Il ne le faisait pas qu'avec moi, j'ai appris par la suite qu'il le faisait aussi avec d'autres filles de l'étage. Toutes celles qu'il logeait dans des chambres de bonnes, en fait. Nous étions toutes jeunes, célibataires, et terriblement petites. Une nuit je me suis levée en voulant prendre l'air malgré l'heure tardive, je suis allée jusqu'à la porte qui séparait notre étage du reste de l'immeuble, en réalité pour éviter les vols dans les chambres transformées en mansardes, et j'ai tourné la poignée mais elle ne s'est pas ouverte. En temps normal, elle n'était jamais verrouillée, nous pouvions aller et venir comme bon nous semblait. J'ai essayé plusieurs fois, puis une des filles partie se laver est passée et m'a dit que ça avait toujours été comme ça. Je n'avais juste jamais essayé de sortir la nuit. Nous en discutions parfois le soir mais aucune de nous ne se sentait le courage d'aller porter plainte à la police. Nous avions trop peur que l'on ne nous croie pas dans un premier temps et dans un second temps des représailles. Les nuits passaient et nous devions nous endormir avec la certitude que l'une d'entre nous avait souffert ce soir-là et que le lendemain, nous pourrions être la prochaine. Et puis une nuit, je me suis dit que nos peurs étaient absurdes. J'avais pris la résolution d'aller moi-même au nom des filles déposer plainte et mettre un terme à tout ça. Je pensais que rien de pire qu'une bonne raclée ne pouvait m'attendre. Je n'avais plus peur de rien, il ne pouvait rien me faire, absolument rien.

Cette pensée me paraissait si ridicule dès lors que j'étais attachée dans cette pièce parfaitement noire et de plus en plus chaude. Je connaissais par cœur les murs de cette maison dans laquelle j'avais vécu plus de quatre ans, et je savais exactement où je me trouvais : dans le cagibi de l'avant-dernier étage sur les murs duquel le soleil frappait toute la journée. Nous étions en pleine belle saison, et il devait faire plus de trente degrés dans ce réduit. La nuit, la température retombait vite et je grelotais de froid tant et si bien que je n'arrivais pas à dormir, l'oreille aux aguets, à l'affût du moindre signe que l'on viendrait me chercher. Je me déshydratais à une vitesse que je ne pensais pas possible et je maintenais ma bouche fermée le plus possible pour économiser la moindre goutte de salive, empêcher au maximum tout désséchement superflu. Je mourrais de chaud et l'espace d'un instant, le brasier qui était survenu quinze ans plus tôt à côté de chez moi me réapparut comme une sorte d'hallucination au milieu de mes sudations indésirées.

J'avais dix ans quand le drame s'est produit, mais je n'avais pas envie d'y penser. Je ne voulais pas me rappeler ce moment terrible où nous ne pouvions que pleurer, tous les six en pyjama sur le trottoir d'en face, priant pour que les flammes de plus en plus hautes ne soient qu'un mauvais rêve. Nous nous tenions fort les mains, Kaleb et moi, et nous retenions notre souffle en voyant les pompiers jeter des litres et des litres d'eau sur la maison d'Alice sans grand effet. Kaleb a tout juste un an de plus que moi, il était dans la même classe qu'Alice. Nous étions très amies toutes les deux, et nous jouions beaucoup à l'éviter à tout prix, lui qui s'ennuyait tant dans notre quartier si tranquille. Personne ne nous a proposé de nous accueillir pour cette nuit, nous sommes restés presque toute la nuit dehors, à attendre que l'incendie veuille bien s'éteindre, à regarder la vie de personnes que nous aimions s'éteindre avec lui.
J'aimais beaucoup Alice. C'était mon amie. Ma meilleure amie. J'ai grandi avec trois frères, dont deux plus âgés que moi, et je n'aurais eu que des jeux de garçons si je ne l'avis pas rencontrée. Elle était tellement jolie, si jolie... Elle avait un an de plus que moi, et c'était mon modèle. Ses beaux cheveux noirs, tout raides voletaient quand elle courait, et ses yeux verts, ses beaux yeux verts pleins d'étincelles m'ont manqué pendant toutes ces années. Ils m'ont d'autant plus manqués quand nous avons dû nous résoudre à ne pas savoir ce qu'il lui était arrivé, son corps était introuvable. Alice avait disparu, tout simplement, elle ne ferait plus voler sa jupe en tournant sur elle-même et nous ne discuterions plus du prince charmant et de comment on voudrait qu'il soit. Elle ne ferait plus naître un sourire sur le visage de ses parents, ni sur celui des gens du quartier, mais nous ne pouvions non plus en faire le deuil, dans l'incapacité d'avoir quelque chose sur quoi pleurer ; une dépouille, un ours en peluche, un bout de ruban... Tout avait disparu dans l'incendie, y compris elle-même, comme si elle n'avait finalement jamais existé.
Je ne voulais pas me rappeler la douleur à l'idée de me répéter qu'elle ne serait plus jamais là, tout comme je me sentais idiote et égoïste de me rappeler d'un tel drame alors même que cette situation horrible, j'y avais plongé à pieds joints. Revenir à Quederla, ne pas porter plainte immédiatement, ne pas écrire à mes parents, ne pas repartir à toutes jambes... Comparer mes erreurs à une injustice me donnait la nausée. Alice n'avait pas choisi, ce qu'il lui était arrivé n'était pas de son ressort. Que choisit-on vraiment lorsqu'on a onze ans ? La couleur de ses vêtements, le fait de vouloir avoir une tresse plutôt qu'une queue de cheval ou encore de choisir des gâteaux à la framboise pour son goûter plutôt qu'au chocolat. J'avais accepté pendant quatre ans une situation dans laquelle n'importe qui aurait tenté de mettre fin à ses jours. Trop lâche pour le faire ou trop masochiste pour ne pas supporter une vie sans douleur ? Ou peut-être trop seule depuis trop longtemps pour prendre une décision. J'étais l'unique responsable de mes actes.

J'ai ramené mes jambes contre moi et mes chaussures ont définitivement quitté mes pieds. Mes chaussures hors de prix dont je me fichais éperduement, mais j'entendais sa petite voix qui résonnait à mes oreilles comme si elle ne m'avait jamais quittée : « Ouah, elles sont trop belles, tes chaussures ! » Je la voyais, là, agenouillée à mes pieds, si petite, si menue, sa peau blanche luisant presque dans la pénombre la plus complète. Alice, ma belle Alice, ma si petite Alice, comme j'étais contente de te voir, ne fût-ce qu'en illusion. Ses grands yeux se sont posés sur moi, et j'ai revu entre deux vagues de larmes son si beau sourire qui me tendait les bras. Ses petites mains ont essuyé mes larmes et elle m'a pris dans ses bras. Je sentais son petit corps chaud contre moi, sa tête aux cheveux si doux contre ma poitrine, et je me voyais si bien la serrer dans mes bras, tout contre moi, le plus fort possible de peur qu'elle ne m'échappe. J'aurais tant voulu lui dire que je l'emmènerai loin, dans un endroit où rien ne peut arriver, où personne ne fait de mal à personne et où la vie n'est pas un jeu de hasard. Je me voyais la prendre par la main et sortir de cet enfer, lui promettre de lui prêter mes chaussures et garder la face pour elle, ne plus pleurer. Mais je ne pouvais que pleurer en me rappelant que toutes ces promesses, je ne pouvais pas même me les tenir à moi-même, et certainement pas en ces termes. Elle était plus grande que moi, pourtant je ne pouvais pas me la représenter autrement que comme une enfant. J'ai tenté un instant de me la représenter adulte, comme elle aurait dû l'être si elle avait toujours été là. La petite illusion se releva de contre moi mais au lieu de voir un visage d'adulte, elle s'évanouit en même temps que son geste, me laissant seule, pleurant de plus belle, me débattant contre mes chaînes, hurlant son nom comme si qui que ce soit pouvait m'entendre dans ce coffre-fort de pierres. J'étais seule. Définitivement seule.

Il m'était presque impossible de me souvenir de ce qu'il s'était passé quand je me suis réveillée dans ce qui semblait être une chambre médicalisée. Juste un lit dans une pièce très lumineuse, et l'air chaud de l'extérieur qui passait à travers la fenêtre ouverte. Des rideaux blancs m'empêchaient de voir l'extérieur, mais tout ce qui pouvait me rassurer c'était de savoir que je connaissais pas cette pièce. J'étais en dehors de cette maison, enfin. Même si étrangement, cette idée me terrifiait presque plus que d'avoir été enfermée dans une pièce comme punition ; devais-je y retourner ou était-ce bel et bien terminé ?
Plusieurs personnes sont venues me voir, toutes m'ont posé des questions, des plus annodines aux plus personnelles. J'avais d'énormes bandages aux poignets mais personne n'osait me demander comment c'était arrivé. Pourtant je me souvenais parfaitement de la douleur dans mes bras quand, debout dans la pièce plongée dans le noir le plus complet, je tirais sur mes liens en tentant le tout pour le tout. Ce dont je ne me souvenais pas en revanche, c'est le moment où j'avais fini par tomber de fatigue, ou si c'était la douleur elle-même qui m'avait fait m'évanouir. A plusieurs reprises, on m'a donné l'autorisation de pleurer si je le souhaitais. Mais je conservais une contenance stoïque et calme que certains ont qualifiée de froide. Je ne le faisais pas par plaisir, je me devais de le faire. Puis au bout de quelques jours on m'a jugée suffisamment apte pour tout raconter. Je l'étais en fait depuis la première minute, sans pouvoir moi-même me l'expliquer.
« Donc, Madame Sullivan, c'est bien cela ?
-Non, c'est Mademoiselle Shalindrak. Mais je vous en prie, continuez.
-Bien. Pouvez-vous me dire ce qu'il s'est passé exactement avant que l'on vous trouve dans votre cagibi ?
-Le cagibi de David, vous voulez dire ? Oui, peu importe, vous avez raison. J'étais dans la chambre, j'étais en train de ranger le linge de maison quand il est entré dans la pièce. Il avait un couteau à la main. Un grand couteau de chasse. Je l'avais vu le nettoyer à plusieurs reprises dans le salon, le soir. Il m'a prise par le bras et a levé le couteau vers moi. Je savais qu'il avait tué sa femme de cette manière. Il me l'avait raconté au tout début, quand j'avais essayé de m'enfuir en pleine nuit. Je savais aussi que depuis quelques jours, il parlait de tout arrêter, de pourquoi pas se pendre ou s'empoisonner.
-Et vous, vous en pensiez quoi ?
-Rien du tout. Mais il était hors de question pour moi de mourir. J'ai réussi à le pousser du milieu et à courir. J'ai dévalé les trois étages et je me suis jetée sur la porte d'entrée, mais le verrou était trop haut pour moi. Il m'a rattrapée presque aussitôt et m'a faite avancer le couteau sous la gorge jusqu'au cagibi du second. Je me suis débattue à plusieurs reprises, accrochée aux encadrements de portes mais rien n'y faisait. Je ne sais pas exactement ce qui m'a pris à ce moment-là mais j'avais comme un animal en moi, je n'avais aucune envie de mourir sans avoir pu faire quelque chose.
-Vous ne vous étiez jamais rebellée avant ça ? »
Alors je lui ai tout raconté. Je ne savais pas si ce genre de choses l'intéressait ni pourquoi il était là, mais j'avais besoin de le dire, de me repasser le film ahurissant de ces quatre années pour avoir l'effet du pincement, celui qui me permettrait de me dire que ce n'était pas qu'un rêve et que tout s'était bien passé tel que je le disais. Je lui ai raconté les dîners interminables avec des personnes -toujours les mêmes- parfaitement au courant de ma situation et qui ne semblaient pas s'en soucier pour une raison que j'ignorais. L'obligation que j'avais d'être toujours impeccable, toujours séduisante, de me faire les ongles, de me maquiller, me coiffer sans un cheveu qui dépasse, de repasser mes robes pour qu'elles soient parfaites, de porter des chaussures à la dernière mode, de porter tout ce qu'il pouvait m'acheter en fait, y compris des bijoux pour une femme bien plus âgée et pas du tout à mon goût. Un jeu macabre auquel je me prêtais sans grande conviction, juste hantée par la peur de vivre sous le même toit qu'un tueur qui avait non seulement sauvagement assassiné et enterré au moins une femme -sa femme- dans le jardin mais qui avait payé pour m'avoir. Je lui ai raconté aussi tout ce que j'avais eu à faire pendant quatre ans : superviser les tâches ménagères, ravauder les chaussettes, raccommoder le reste, arranger les fleurs dans les vases de la maison, m'assurer de la bonne tenue des cuisines et de la qualité de ce qui en sortait, m'occuper des menus quand il recevait du monde, lui servir un verre quand il rentrait, lui ôter sa veste et ses chaussures, l'écouter se plaindre sans rien dire.
« Et ça vous allait de faire tout ça ? »
La question était si bête mais si sincère. L'incrédulité devant l'absurde. La vérité, c'était que jamais autrement que sous la contrainte je n'aurais fait toutes ces choses. J'étais une fille qui aimait rire, bavarder, grimper aux arbres et qui se fichait bien de son apparence. J'étais une fille relativement insouciante, avec juste l'envie féroce de réussir, de faire quelque chose d'utile de ma vie. Je n'avais jamais envisagé mon avenir comme étant celui d'une épouse modèle et bien rangée, et je ne le vois toujours pas ainsi. Il me semble juste plus chaotique que lorsque j'avais vingt ans, mais rien n'est insurmontable, n'est-ce pas ? Et la peur ne m'avait jamais noué l'estomac avant toute cette histoire, avant que j'apprenne que les hommes ne se réduisaient pas seulement à des frères qui vous font quelques mauvaises blagues quand vous rentrez à la maison.
Je lui ai simplement répondu que non et l'interrogatoire a repris son cours. Il m'a demandé plus de précisions sur ma vie quotidienne, sur son comportement général. Il fallait bien dire la vérité : en dehors du fait que j'avais été achetée, rien dans son comportement ne prêtait à reproche. Il était toujours courtois, toujours délicat, attentionné et à l'écouté malgré tout. Je n'avais manqué de rien, il n'avait jamais eu une parole déplacée à mon égard, que des encouragements. Dans une autre situation, j'aurais pu le trouver charmant. Il était bel homme en plus, toujours très soigné et par moments plein d'esprit. Même si je n'avais qu'une envie  : sortir de cet endroit. A la réflexion, d'ailleurs, jamais je n'aurais pu imaginer vivre avec un homme comme lui, même volontairement. En fait je ne m'imaginais pas vivre avec quelqu'un, encore moins dans une optique d'être en couple. Pas après ce que cette ordure de propriétaire nous avait fait subir, en tous les cas. Pendant que ma pensée s'étiolait au rythme de mes paroles de plus en plus désordonnées, je voyais que la personne en face de moi me croyait de moins en moins.
« Attendez, madame... Mademoiselle, pardon, j'aimerais comprendre quelque chose. Vous parlez de votre mari, de David, comme si vous ne le connaissiez pas depuis plus de quatre ans. Vous m'avez aussi parlé d'un certain propriétaire dans le centre ville, d'études et... et de vente ?
-Vous ne me croyez pas ?
-Non, j'aimerais juste savoir où tout ça nous mène, mademoiselle. Comprenez-moi, nous vous avons retrouvée inconsciente et complètement déshydratée dans une pièce avec un dispositif qui aurait empêché un homme ayant subi un entraînement dans l'incapacité de bouger et la gouvernante qui nous a aidés à vous trouver vous a présentée comme étant Madame Sullivan, seulement les seules photos que nous avons trouvées de la dite Madame Sullivan ne correspondent pas à votre visage et tout laisse à penser que vous n'avez pas non plus la même stature.
-Je ne vois pas où vous voulez en venir.
-Eh bien nous avons deux solutions : soit vous me racontez toute votre version et nous verrons ce que nous pouvons en tirer soit vous serez inculpée car arbitrairement reliée au meurtre de la véritable Madame Sullivan dont j'ai eu la confirmation de votre bouche directement. C'est à vous de choisir. »
Les preuves auraient sans doute été avec moi, la pauvre Evelynn était morte plus d'un an avant mon apparition dans la vie de David, mais il était hors de question de garder tout ça pour moi une seconde de plus. Il fallait juste tout remettre dans l'ordre et garder son sang-froid.
« Je suis revenue à Quederla il y a... un peu plus de cinq ans, maintenant. Je louais une chambre sous les toits à un homme qui avait l'air bien sous tout rapport. Il s'est passé six ou sept mois sans qu'il ne se passe rien de spécial, et puis un jour il est entré dans ma chambre sans me demander et il m'a... Disons qu'il a choisi que le loyer ne se payait plus avec de l'argent. Nous étions presque toutes les filles de l'étage à subir ce traitement, mais nous avions trop peur pour porter plainte, surtout qu'on ne nous croie pas. Et puis... il y avait de la honte, aussi. Celle de penser qu'on était trop faibles, trop vulnérables... Salies. Je vous demande pardon. »
Je ne pensais pas craquer devant lui, mais je l'ai fait, à ma grande honte. J'espère avoir  ne jamais recroiser cette personne ou n'importe qui d'autre à qui il aurait pu raconter ce qu'il s'était passé. Il m'a assuré que ce n'était rien et que je pouvais prendre le temps que je voulais. De toute façon il n'avait pas vraiment le choix s'il voulait vraiment tout savoir.
« Il s'est passé moins d'un an avant que je ne décide avec les filles de porter plainte. Il nous enfermait la nuit à l'étage, il y avait une porte qui communiquait avec le reste de l'immeuble, et il la fermait à clé la nuit. C'était bête à dire, mais on aurait pu facilement la défoncer avec une chaise ou même un sommier. Juste quatre d'entre nous auraient suffi, mais on ne l'a jamais fait. J'avais décidé que j'irai moi. Je ne sais pas pourquoi, d'un coup je n'ai plus eu peur de rien. Et puis l'une des filles m'a dénoncée et le jour où j'avais prévu de le faire pendant ma pause déjeuner, j'ai été réveillée à cinq heures du matin par deux types que je n'avais jamais vus. Il était là, lui aussi. Il m'a regardée avec un grand sourire triomphant.
-Il vous a dit quelque chose ?
-Oui. « Tu es si jolie, une vraie petite pouée. Tu seras parfaite. » Ils m'ont endormie et transportée jusque dans la maison de David. Quand je me suis réveillée, j'étais attachée dans le cagibi où il m'a enfermée il y a quelques jours. Il ne m'a pas caché la situation. Je ne savais pas exactement tout ce que je devais faire, mais la gouvernante a eu vite fait de corriger cette lacune. J'ai tout de suite compris que puisque j'avais été achetée, il y avait peu de chance pour que je reste en vie à la moindre écartade. Il m'a dit aussi que je ne pouvais pas m'enfuir parce qu'il avait tous mes papiers d'identité et que je ne pourrais jamais prouver qui j'étais. Je n'ai jamais pensé que peut-être il avait tort, que peut-être on aurait fini par croire à mon histoire. J'avais peur en m'enfuyant qu'il ne brûle mes papiers, et je n'avais jamais pensé à apprendre par cœur les informations administratives nécessaires pour me retrouver. C'est fou comme dans ce genre de moments, on pense à des choses auxquelles personne ne penserait. Et je n'ai jamais crié, jamais cherché à me rebeller... Juste une fois, au bout d'un an, quand j'ai pensé qu'il me faisait suffisamment confiance pour qu'il ne fasse pas assez attention. Je n'avais pas entièrement tort, dans le fond. Sur le moment, je veux dire. Je me suis glissée hors de ma chambre -il avait accepté que l'on fasse chambre à part le temps que je m'habitue à sa présence- et je n'ai fait aucun bruit jusqu'à la porte d'entrée. Je ne sais pas comment, il était là, derrière moi. Il m'a juste soulevée et amenée jusqu'au salon et il m'a assise dans un fauteuil, comme si de rien n'était, très calmement. C'est là qu'il m'a expliqué pour sa femme.
-La manière dont il l'a tuée. Vous pouvez développer, s'il vous plaît ? Sur les raisons, si vous ne sentez pas de parler des détails, passez dessus.
-Oui, bien sûr. Il m'a raconté tout dans le détail, comme je vous l'ai dit. Ils étaient mariés depuis longtemps, Evelynn et lui. Elle était très belle, il l'aimait follement. Mais il était trop gentil selon ses propres dires et elle s'ennuyait avec lui. Elle l'a trompé, et elle voulait le quitter. Il n'a pas supporté l'idée et... de ce que j'ai compris, il l'a massacrée. Personne à part la gourvernante n'était au courant. Il m'a dit aussi qu'il avait essayé pendant un an de retrouver quelqu'un d'autre, mais qu'il n'arrivait plus à faire confiance à personne. J'ai pensé qu'il n'avait pas mis beaucoup de temps à s'en remettre mais je l'ai gardé pour moi. Il en est venu à la conclusion qu'il devait trouver quelqu'un qui accepterait d'être toujours enfermée mais il ne pouvait pas le demander à n'importe qui. C'est comme ça qu'il en est venu à l'idée de l'achat. Apparemment mon propriétaire avait déjà décidé de lui vendre une autre fille, mais il a fait monter les enchères pour moi, pour que je ne puisse jamais parler de son petit trafic.
-Votre nom, c'est bien Neyth Shalindrak, c'est ça ? On a retrouvé tous vos papiers d'identité sur la table du salon avec deux lettres. La première nous était adressée mais la deuxième était pour vous. Il s'est tranché lui-même la gorge dans l'un des fauteuils. Vous comprendrez que dans les circonstances actuelles, nous nous sommes permis de jeter un coup d'oeil à votre lettre, nous voulions nous assurer que vous n'aviez rien à voir avec tout ça. Je... Je sais que je ne devrais pas vous dire ce genre de choses, mais je vous déconseillerai de la lire, surtout si vous ne vous sentez pas pas psychologiquement très stable. Tenez, ceci est à vous. »
Il a poussé vers moi une grande enveloppe qui paraissait pleine. J'avais du mal à y croire.
« Je... C'est tout ?
-Oui, bien sûr. On voulait juste s'assurer que les apparences n'étaient pas que des apparences. On vous a quand même trouvée menottée dans une pièce sans fenêtre dans des conditions physiques significatives et avec les poignets tellement tailladés et en sang qu'il a fallu bien deux ou trois jours aux médecins pour que vous recouvriez suffisamment de forces. Mon travail était de simplement m'assurer que vous ne vous n'aviez pas l'intention de mettre fin à vos jours aussi par culpabilité. Mais il a confirmé lui-même ce que vous m'avez dit. Avec beaucoup moins d'indulgence pour lui-même. Et beaucoup d'admiration pour vous.
-Pardon ?
-Disons qu'il vous pensait suffisamment forte pour tenir jusqu'à ce que l'on arrive. Il savait que la gourvernante ne vous laisserait pas mourir et qu'elle comprendrait à son retour de congés. Vous avez tenu trois jours dans des conditions assez dures, mais pas suffisantes pour vous, visiblement. Et la prochaine fois qu'on vous attache avec des menottes de ce genre, pensez à ne pas trop tirer dessus, ou un peu moins fort. Sans main c'est plus dur d'essayer d'ouvrir une porte.
-Vous essayez de me faire rire ou je suis encore en pleine hallucination ?
-J'aurais essayé. Prendez soin de vous et surtout, ne restez pas seule. Je n'aimerais pas avoir à m'occuper d'un autre cas de suicide dans les mois qui viennent. »

Ne pas rester seule, c'était bien l'une des choses les plus difficiles que j'avais à faire pendant les trois premiers mois. Les médecins tenaient à ce que je reste à Quederla pour le suivi psychologique -et policier, d'ailleurs, ils ne m'ont pas lâchée aussi facilement-, mais je n'avais d'autre choix que de vivre dans la maison de David qui m'appartenait dès lors, comme tout ce qu'il avait. La moindre présence me rendait folle, le moindre bruit me faisait sursauter, comme s'il rôdait encore dans le coin. Je suivais les conseils des médecins, je sortais de temps en temps en journée, mais la ville me faisait peur. Le bruit, les gens, les regards étranges, les sourires de politesse que je ne comprenais pas... Comment tous ces gens avaient-ils pu passer devant cette maison sans jamais se demander si une femme n'y était pas enfermée ? Cette question me vrillait le cerveau à chaque fois que je voyais des personnes insouciantes marcher sans regarder autour d'eux. Comment avaient-ils pu passer à côté de ça ? La réponse m'est venue un jour où j'observais la façade de cette grande belle et vieille bâtisse où j'avais été séquestrée pendant quatre ans -j'arrivais à peine à accepter le terme. Derrière ces murs qui enserraient son jardin, ses hautes fenêtes avec des rideaux épais relevés et sa façade bien entretenue, qui aurait pu soupçonner qu'il pouvait s'y passer quelque chose de cet ordre ? La réponse, c'est que les choses les plus évidentes sont parfois les plus difficiles à voir.

Mon frère Kaleb est venu me voir dès qu'il l'a pu. Il avait fallu pas mal de temps pour que la nouvelle ne parvienne à ma famille. Mes parents avaient voulu se déplacer eux aussi mais se voyaient mal laisser de côté leur commerce. Alors ils avaient envoyé le seul fils qui travaillait encore avec eux. Ça ne me dérangeait pas, c'était bien la seule personne que je pouvais tolérer à mes côtés dans une période comme celle-là. Pas de blague, aucun sourire sur son visage creusé et fatigué. Le voyage avait été long et il ne semblait pas avoir dormi. Il a longuement hésité avant de m'approcher, de me prendre dans ses bras, comme s'il n'y croyait pas, tout comme j'avais peine à y croire aussi. Nous avons passé de longues heures à discuter de tout et de rien dans le grand jardin, puis le sujet sensible vint sur le tapis de l'obligation. Il m'a demandé si je comptais rester dans cette maison, je lui ai répondu que je haïssais ces murs. Le lendemain il cherchait pour moi dans les petites annonces du journal s'il n'y avait pas un meilleur endroit pour moi. Je voulais être le plus loin possible de la ville, ne plus voir personne. Après trois mois d'errance, je n'y avais rien trouvé qui me paraisse valoir la peine d'être côtoyé. Et puis, loin de tout je me disais que je n'avais aucune menace à craindre. N'importe qui aurait pu me dire que c'était faux, mais Kaleb savait ce que je voulais dire par-là. Nous avons acheté un vélo pour nous rendre jusqu'à une maison perdue au milieu de la nature, au couvert des arbres, à deux kilomètres à peine de la première habitation, mais à une heure à vélo de la ville. J'étais sur le porte-bagaes, les mains posées sur les épaules bien bâties de mon frère, l'air frais et le soleil étaient tellement agréables... Nous sommes tombés amoureux de la maison. Trois pièces, dont une principale assez grande. Une salle d'eau à réaménager un peu, des murs à refaire. Un jeu d'enfant pour mon frère.

Kaleb est resté plus de six mois auprès de moi, je me sentais revivre. Il fallait se résoudre à se quitter, il devait rentrer travailler pour mon père. Je lui ai dit de ne pas le faire les mains vides : avec une partie de l'argent que David m'avait laissé, j'avais non seulement pu me payer cette vieille ruine sans vitre aux fenêtres mais envoyer une bonne partie du mobilier de sa grande maison à mes parents pour qu'il puisse le revendre un bon prix dans leur ébènisterie. Le reste, je l'ai vendu à des particuliers. Je n'ai laissé que les rideaux et les livres dans les étagères, mais la maison est vide de son emprise. Un jour peut-être, j'entreprendrai de repeindre tous les murs, d'arracher ces tapisseries vieillottes et de la revendre, en attendant je ne peux m'y résoudre, entre autres puisqu'elle me sert de local commercial. C'est Kaleb qui en a eu l'idée. Il est revenu presque six mois après son départ pour s'assurer que tout allait bien mais aussi pour m'aider à refaire ma salle d'eau ainsi que les cadres des fenêtres. Et puis le toit, aussi, un peu. Il est resté bouche bée devant le jardin avec des fleurs partout et des plantes dans des proportions qu'il qualifiait d'effrayantes. J'avais appris de moi-même que j'avais la main verte, un talent inutile parmi tant d'autres. Quelques jours après son arrivée, il m'a demandé si je ne voulais pas vendre mes fleurs puisqu'elles m'envahissaient presque à me cacher de la lumière. Je trouvais l'idée absurde, mais cet imbécile heureux en a coupé une dizaine le lendemain matin et est parti à vélo en ville et les a vendues dans la rue pour un prix que je trouvais ridicule, mais il les a vendues, cet idiot. Je ne me sentais pas de me lancer dans une telle aventure mais après tout, pourquoi pas ? J'étais sortie depuis presque un an et demi, j'avais enchaîné des petits boulots sans intérêts pour ne pas me laisser sombrer dans la dépression et puis je n'avais que vingt-six ans. Je pouvais bien tenter de me lancer, après tout mes parents avaient toujours tenu un commerce, je n'étais pas plus incapable qu'eux. Il y avait le problème de l'endroit, mais bien entendu, pour mon frère, ce n'était qu'une formalité.
« On a qu'à utiliser la grande pièce qui devait servir à livrer la maison quand elle a été construite. J'en ai refait le tour en allant en ville, et j'ai vu qu'il y a une énorme porte cochère dans le mur d'enceinte qui donne directement en face d'une autre au pied de la façade. Vu la taille de la porte tu as largement la place d'y faire un local commercial. Et tu pourrais faire pousser des fleurs qui ne supporteraient pas le voyage à vélo dans le jardin, même si la superficie et le mur ne sont peut-être pas optimaux. Il suffirait de demander l'autorisation aux autorités, je suis sûr que ça peut se faire, la maison et le jardin t'appartiennent, de toute façon. »
La meilleure idée du monde, mais je n'étais peut-être pas prête à retourner tous les jours dans cette maison. Pourtant la perspective de gagner ma vie en vendant des fleurs me semblait réjouissante. Plus que celle de reprendre mes études. Oh, j'aurais pu le faire, mais à quoi bon ? Si je n'étais pas bonne à me défendre, comme aurais-je pu prétendre à aider les autres ou les sauver ? Leur apporter un peu de bonheur, leur donner le prétexte de faire sourire quelqu'un, c'était déjà bien plus à ma portée. Pour la première fois depuis que j'avais récupéré mes papiers d'identité, j'ai repris l'enveloppe dans laquelle il y avait la lettre de David. Je ne l'avais encore jamais lue, je n'y avais même pas touché, à vrai dire. Les conseils de l'agent m'avaient trotté en tête, et je m'étais toujours dit que s'il jugeait la lettre malsaine, c'est qu'elle devait bien l'être d'une certaine manière. Je ne sais pas si j'aurais dû, et quoiqu'on pourrait penser, cette lettre m'a fait du bien. Je la conserve toujours, pour les jours où je me demande comment je peux vivre avec ça et que je n'ai personne qui en parler. Ou aussi quand j'ai un gros coup de mou.

Neyth,
Je dois te l'avouer, j'ai fortement pensé à toutes les manières de te tuer qui pourraient me soulager avant de moi-même y passer, mais j'ai réfléchi. Longuement réfléchi. J'en ai conclu que ce que je te faisais subir était injuste et que si je voulais me racheter, la meilleure solution serait de te laisser vivre. Je sais exactement ce que tu dirais en ton for intérieur : « Sans blague, Davie ! Tu l'as trouvée tout seul celle-là ou on t'a aidé ? » Je sais que tu ne te serais jamais permise de me parler de la sorte, pourtant je lisais bien dans tes yeux que tu n'en pensais pas moins. J'aurais aimé te connaître telle que tu étais toi, mais je n'en ai pas eu le courage. Tout contrôler, maîtriser la moindre chose qui se passait dans cette maison était le seul moyen que j'avais trouvé pour que plus jamais personne ne puisse m'atteindre, quitte à sacrifier quelqu'un qui n'avait rien demandé. Je ne sais pas comment tu as fait pour tenir tout ce temps sans broncher, sans faire de faux pas, sans essayer de me tuer ou d'attenter à tes jours. J'admire cette force que je n'ai jamais eue, car si je l'avais bien eue, j'aurais accepté le départ d'Evelynn et j'aurais eu l'énergie de refaire ma vie, n'est-ce pas ? C'est bien ce que tu vas faire, j'imagine. Je l'espère, en tous les cas, c'est bien tout ce que tu mérites après tous les bons et loyaux services que tu m'as rendus

Je t'ai connue en esclave mais je te quitte en amie. J'espère de tout cœur que tu accepteras cette appelation, car c'est bien ce que tu es devenue au fil du temps. Personne ne m'a jamais écouté avec autant d'attention ni de sérieux, et finalement je ne sais pas si je ne devrais pas me réjouir de la mort d'Evelynn qui m'a permis un jour de te rencontrer, car sans tout cela je n'aurais pas eu la joie de partager ma vie avec une personne qui savait à ce point retenir ces pulsions meurtrières. Je le confesse aujourd'hui sans honte, Evelynn n'avait pas été la première et si elle avait décidé de partir, ce n'était pas nécessairement à cause d'un trop plein de gentillesse, elle avait juste peur de moi et de ce que je pouvais faire aux autres. Je ne me voyais cependant pas te confesser mes crimes et prendre le risque de t'effrayer plus encore, alors même qu'en ta présence, je me sentais presque normal. Même si je me doute qu'aucune personne normale ne ferait une chose pareille. En fait, je pense qu'il fallait que je te rencontre, que c'était écrit. Tu as été créée pour me faire disparaître et c'est pour cette raison que je n'avais pas le droit de te tuer. Il faut que tu continues à vivre pour que tu continues à faire disparaître des personnes comme moi et ainsi...


Je n'ai jamais autant ri de toute ma vie. J'entends encore la voix engluée d'un fou rire de mon frère quand je la lui ai lue :
« Et sinon, à part pourfendre des dragons, tu changes aussi l'eau en vin ?
-Uniquement à la pleine lune et avec une petite culotte blanche. »
Finalement, le seul remède que j'ai pu trouver dans tout ce fatras de bons sentiments, c'est encore d'en rire. Il était juste parfaitement taré et la seule arme qui puisse l'anéantir, c'est encore de se moquer de lui. Méprisant mais efficace.



21 janvier 2019 – Séance de contrôle de Neyth Shalindrak


« C'est bon, vous êtes prête ? Bien. Oui, tout va très bien, je vous remercie. De quoi voulez-vous qu'on parle, aujourd'hui ? Vous êtes sûre ? Je ne voudrais pas avoir l'air de me mêler de votre travail mais on ne pourrait pas parler de quelque chose de positif pour une fois ? Ça fait presque trois ans que je suis sortie de là, et ça fait bien six mois qu'on ne s'est pas vues. Comme à chaque fois que l'on se voie on ne parle que de lui, peut-être que je pourrais vous dire pour une fois que je vais vraiment bien ? Et après vous allez me dire que je suis négative. Comment ça j'ai un peu trop repris du poil de la bête ? Je ne vous permets pas ! »
La patiente rit.
« Cette robe ? Oui, c'est mon frère qui me l'a ramenée de mes affaires la dernière fois qu'il est venu. Je rentre encore dedans, c'est un miracle. Je n'en avais plus mis depuis qu'on m'a sortie de cette maison mais je ne sais pas, aujourd'hui j'avais envie. Vous trouvez que le vert me va bien ? Je la remettrai alors. Non, je n'ai pas un rencard, ça ne va pas !? J'avais juste envie, je vous dis. Vous êtes taquine, aujourd'hui, c'est pas vous qui avez un rencard, plutôt ? Oui,ça se passe bien à la boutique, en ce moment. Ça fait... Déjà plus d'un an que je l'ai ouverte et ça fonctionne pas mal pour l'instant. A priori il n'y a pas de raison que ça aille moins bien au cours de l'année prochaine, alors je compte bien tenir bon. J'ai bien aménagé le jardin et cette espèce de cellier, du coup maintenant j'ai une grande boutique bien aérée, un peu sombre mais au moins en été il y fait frais. La maison ? Toujours vide. J'envisage de peut-être la refaire de fond en comble et de la louer pour des mariages, mais je ne suis pas encoe sûre de vouloir supporter de passer quelques nuits en ville pour superviser et tout ranger. Mais c'est à l'étude, on va dire.
« Oh, et je ne vous ai pas dit, depuis le temps, mais vous savez, Alice ? Oui, la petite fille dont je me suis souvenu dans le cagibi. Je l'ai revue ! Oh, ça fait bien un an et demi, maintenant. Mais bien sûr que je comptais vous le dire un jour mais à chaque fois vous me faites dire des horreurs ! Eh bien ça s'est très bien passé mais alors pour le coup, je ne m'y attendais pas du tout. Vous savez que je cultive des fleurs plus rustiques dans le jardin de ma propre maison ? J'étais en train de bêcher quand je vois d'un coup plein de guêpes au moins aussi grosses que des madeleines éparpillées un peu partout et moins de trois minutes plus tard est arrivée une jeune femme d'à peu près mon âge, très brune avec des cheveux très raides et des yeux d'un vert... A peu près de ma stature, d'ailleurs, et habillée avec une robe comme de princesse. Je n'ai pas de barrière à proprement parlé autour de mon jardin, à vrai dire je n'ai jamais pensé à délimiter mon terrain, absolument personne ne passe dans le coin. Et là, je ne sais pas, ça devait être ses yeux, ou cette robe... J'ai su que c'était elle. Je n'y croyais pas, mais j'ai su que c'était elle. Je l'ai appelée par son prénom, et elle n'a pas eu l'air de me reconnaître tout de suite. Du moins je pense, elle avait l'air ailleurs... Elle était toujours aussi belle, aussi légère...
-Qu'est-ce que vous avez fait ?
-Je me suis mise à pleurer. J'étais là, comme une imbécile et je pleurais. Je lui ai dit qui j'étais et puis, je ne sais pas, tout était si simple. On a parlé, longuement, et depuis on se voit assez souvent. D'un côté, rien n'a changé mais de l'autre, nous étions deux adultes qui ne s'étaient pas vues depuis... Plus de seize ans. Je suis tellement contente de l'avoir retrouvée, si vous saviez ! »
J'ai bien dû passer encore tout le reste de ma séance à lui parler de nos retrouvailles et du bien que ça m'a fait de la revoir. Nous nous sommes quittées sur la conclusion que je n'avais plus besoin de revenir et que je pouvais vivre ma vie sans crainte dès à présent. Je lui avais presque tout raconté de ma vie, les infimes petits détails, mes reprises de confiance, mes rechutes, mes mauvais souvenirs, mes peurs... Mais il y a une chose que je ne lui ai jamais dite de peur qu'elle ne me prenne pour une folle. Si j'ai forcé sur les menottes jusqu'à m'en taillader les poignets dans cette pièce horrible, ce n'était pas uniquement parce que j'étais désespérée ou impatiente. J'avais un lapin à suivre, un petit lapin blanc avec deux grands yeux verts, qui me disait dans un coin de ma tête que je ne pouvais pas mourir de façon aussi stupide, sans m'être battue jusqu'au bout. Ce petit lapin blanc que j'ai créé de toute pièce pour ne pas perdre mon sang-froid, mon petit lapin blanc à moi, c'était Alice.


Et en vrai ?

{Quelque chose à dire ?}

PRÉNOM/SURNOM : Lutin
ÂGE :  24 ans
COMMENT ÊTES-VOUS ARRIVÉ ICI : Alice m'y a traînée par les pieds D8
UN COMMENTAIRE ? UNE IDÉE ? : Habiller tout le monde avec des fleurs et danser toute la nuit sur des airs de ukulélé
LE CODE DU RÈGLEMENT :Ok by Lae


Dernière édition par Neyth Shalindrak le Mar 26 Juil - 15:51, édité 1 fois
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Kira SerykMessages : 2905
Date d'inscription : 15/08/2012


MessageSujet: Re: On ne peut pas frapper une femme avec une fleur, mais avec le pot, on peut !   Mar 26 Juil - 15:45

Bienvenuuuue o/

Alors z'ai tout lu et il y a juste deux petits détails qui dérangent légèrement mais qui n'empêchent pas la validation de la fiche.
Le premier est le passage "c'est bon, ça enregistre ?" il n'y a rien pour enregistrer à Quederla du moins pas accessible pour les médecins, donc il prendra juste des notes durant l'entretien avec le patient (et pareil pour les policiers).
Et ensuite c'est le passage où tu décris la taille des guêpes. De ce que je comprends, tu compares la taille à celle d'une madeleine mais leur taille se rapprocherait plus d'un bouchon de bouteille (cristaline xD) ; après, peut-être que ton personnage était dans un délire à ce moment-là ou bien une exagération voulu de ta part.

Dans tous les cas, je te laisse modifier ces petits détails !
Tu es toutefois validée !

Voici donc le lien pour demander un logement, pour demander un lieu de travail, pour aller embêter Laelyss avec un rang et pour te faire des copains !

Voilà o/




Je vous grogne dessus en darkblue.







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Laelyss ReissMessages : 929
Date d'inscription : 23/11/2014


MessageSujet: Re: On ne peut pas frapper une femme avec une fleur, mais avec le pot, on peut !   Mar 26 Juil - 15:50

Bienvenue officiellement !
Embête-moi pô avec un rang ♥



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MessageSujet: Re: On ne peut pas frapper une femme avec une fleur, mais avec le pot, on peut !   Mar 26 Juil - 15:51

Bienvenue femme-fougère² !
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InvitéInvité

MessageSujet: Re: On ne peut pas frapper une femme avec une fleur, mais avec le pot, on peut !   Mar 26 Juil - 15:54

Merciiii !
Et voilà, pour la modif sur l'enregistrement (désolée, sur le coup je pensais à un phonographe, comme en 1920) :

Citation :
C'est bon, vous êtes prête ?

Et pour la non-précision sur les guêpes, vu que Neyth aime faire des blagues, c'était bien entendu voulu. En fait, les guêpes sur le moment, elle s'en fichait un peu pour tout avouer Wink

Encore merci à toi d'avoir tout lu !
Et merci pour vos bienvenue !
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Alexandre E. PosnerMessages : 49
Date d'inscription : 14/07/2016


MessageSujet: Re: On ne peut pas frapper une femme avec une fleur, mais avec le pot, on peut !   Mar 26 Juil - 17:36


Bienvenue Aneth-chou !
Au plaisir de t'acheter des fleurs dans un prochain rp~ ♥



J'éblouis en #9932CC






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MessageSujet: Re: On ne peut pas frapper une femme avec une fleur, mais avec le pot, on peut !   

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On ne peut pas frapper une femme avec une fleur, mais avec le pot, on peut !
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