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 Du Paradis à l'Enfer, il n'y a qu'un pas

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MessageSujet: Du Paradis à l'Enfer, il n'y a qu'un pas    Sam 10 Sep - 16:35







A
ller se coucher. Quelle idée. J'avais envie de passer la nuit en la serrant contre moi, à parler de toutes sortes de choses avec elle, à refaire le monde, à parler de nos passés respectifs, peut-être même qu'arrivé au petit matin, on aurait eu l'idée de prendre un chien, ou un chat. Je sais pas moi. J'avais envie de continuer de passer du temps avec elle, de la voir sourire, de la voir rire, de la voir cligner des yeux de fatigue, de sentir sa tête contre mon épaule, de la voir respirer de plus en plus lentement...
Mais je devais être raisonnable, et cette fois-ci, ce n'était pas que pour mon propre intérêt. C'était aussi et surtout pour le sien. Même si elle venait juste de sortir de l'hôpital, il fallait tout de même qu'elle se repose. Je ne pouvais pas me permettre d'abuser de son temps indéfiniment. Je devais la laisser dormir. Ce n'est pas comme si, demain, je serai loin d'elle. Abigail sera là, dans cette maison, peut-être même de nouveau sur ce canapé. Et moi aussi, je serai là, à ses côtés. Je ne devais pas me prendre la tête à ce sujet, pas maintenant. Je me le rentrais dans le crâne, une fois pour toute : Elle avait besoin de sommeil, de se reposer.
Tout naturellement, je finissais par la relâcher de mon emprise, de mon étreinte. C'était déplaisant. Mais il le fallait bien. Et voilà. Elle était maintenant totalement libre. Nous nous regardions tout de même de nombreuses secondes. Le seul contact qu'il y avait encore entre nous, c'était nos jambes collées l'une contre l'autre. Nos regards étaient emplis de tendresse et de douceur. J'en étais persuadé, maintenant. C'était aussi difficile pour moi que ça l'était pour elle. Je ne pus m'empêcher de me mordre une nouvelle fois la lèvre inférieure. Elle n'était plus dans mes bras, quel drame. L'envie de la reprendre de suite était présente, mais je devais me montrer raisonnable. Je ne pouvais pas la séquestrer indéfiniment à l'intérieur de mes bras.
La Demoiselle qui venait de passer une partie de la soirée sous l'emprise de mes bras, finit par se lever, m'invitant à la suivre. Je m'exécutais sans rechigner. Je ne voulais pas lui infliger cela. Même si plus d'une fois, l'idée de rester avec elle, sur le canapé, jusqu'à ce qu'elle s'endorme dans mes bras m'avait traversé l'esprit. Malheureusement pour moi, cela ne se passerait pas de la sorte. Nous montions rapidement les escaliers afin de nous retrouver à l'étage. Elle me présenta les lieux rapidement, m'expliquant quelle pièce était quoi. Elle me précisait que je pourrai venir la déranger s'il se passait quoi que ce soit. Intérieurement, j'accusais le coup, me contentant d'acquiescer. Je ne me serais pas permis de m'imposer dans sa chambre, et de dormir à ses côtés, si l'idée ne venait pas d'elle. Même si l'envie était plus que présente. Je ne voulais pas qu'elle se fasse d'idée quant à mes intentions.
J'entrais donc dans ce qui me servirait de chambre, en attendant qu'elle revienne. Je faisais rapidement l'état des lieux. Ce serait bien plus que suffisant pour dormir, si l'envie m'en prenait. Je m'étirais lentement, détachant mes cheveux par la suite. J'avais laissé ma veste, sur la chaise du salon où Abigail s'était assise. Je n'avais que ma chemise, ma ceinture, mon pantalon et mes chaussures. Je m'empressais de retirer ces dernières, et, lorsque je m'attelais à détacher ma ceinture ornée de diverses parures faites de métal, j'entendais la jeune femme revenir vers ce qui allait me servir de chambre.
J'ouvrais la porte, après qu'elle ait toqué. Je venais tout juste de finir de retirer ma ceinture, la lâchant au sol, au niveau d'où était mes chaussures. La jeune femme me tendait timidement un pyjama. Je lui fis un large sourire, l'acceptant, tout en écoutant ce qu'elle me disait. C'était donc les affaires de son père... Je ne vois même pas pourquoi je paraissais surpris. C'était normal, pour tout le monde, d'avoir des parents. Même si, pour le coup, je n'avais strictement aucune image des miens. Je la remerciais brièvement, absorbé par son sourire.. mais cela ne dura pas. Elle vint m'embrasser, me volant un baiser et s'éclipsant aussitôt. C'est cruel. Qu'est-ce que c'était cruel.
Alors qu'elle venait de regagner sa chambre, je n'avais pas encore refermé la porte de la mienne. Mon visage abaissé. Mes sentiments m'absorbaient complètement. J'étais là, dans sa maison, je tenais dans mes mains les affaires de son père. Elle n'était qu'au bout du couloir, seulement quelques mètres nous séparaient, mais qu'est-ce qu'elle me semblait loin.
Je secouais le visage, comme pour chasser ces pensées. Je refermais la porte et décidais de me changer, rapidement, retirant ce que je portais pour enfiler ce pyjama d'emprunt.

Pour ce qui était du bas de pyjama, cela semblait aller. J'avais les chevilles à l'air, mais ce n'était pas bien dérangeant. Par contre, pour le haut, c'était plus problématique. Elle se moquerait de moi, en me voyant, demain matin. Il était clairement trop petit, et sous tous les angles possibles. De ce fait, il épousait toutes les formes de mon torse et de mon ventre. On pouvait percevoir ma musculature sans aucun problème, comme si je ne portais rien. Lorsqu'elle verrait mon corps de la sorte, la jeune femme n'aurait plus vraiment de doute sur mes activités. J'avais le corps d'un homme qui s'était entraîné chaque jours de sa vie. C'était un fait que je ne pouvais pas lui cacher bien longtemps, quoi qu'il en soit. En terme de longueur, il m'arrivait tout de même en dessous du nombril. Cependant, cela laissait quelques cicatrices visibles. En plus d'avoir un corps bâtit au fil des jours, au fil des années, il possédait des traces apparentes de blessures, ce qui impliquait forcément des combats.
Abigail était vouée à connaître la vérité, sur ma vie, sur mon passé. Alors qu'elle s'en doute ou qu'elle me questionne directement, cela ne me dérangerait pas.
Je rangeais rapidement mes affaires, sur la chaise présente dans la pièce.
C'était maintenant l'heure d'aller me coucher, moi aussi. Je devais me faire à l'idée : Je serais seul dans ce lit, ce soir. Je m'en mordis la lèvre inférieure une nouvelle fois, gagnant le lit, m'y allongeant sur le dos. Rapidement mon bras droit vint se poser contre mon front, la main entre-ouverte. J'avais les yeux ouverts, je regardais le plafond, même s'il n'y avait pas grand chose à voir, dans cette obscurité.
Mon corps n'était pas spécialement fatigué, mon esprit, quant à lui, beaucoup plus. Mais ce n'était pas pour autant qu'il était inactif. Bien au contraire. Mes pensées fusaient dans tous les sens. Je repensais à cette soirée, à ce qui venait de se passer entre cette petite tête blonde et moi. Je pensais à ce qui se passerait demain. Je pensais au froid qu'elle laissait sur mon corps, à ne pas se tenir blottit contre moi. Je me surprenais même à songer à ce qu'elle faisait, en ce moment même. Je me demandais si elle s'était endormie, je me demandais si elle repensait elle aussi à tout ça ? Je me demandais si elle aussi, elle avait l'impression d'avoir froid ?... Je n'arrivais pas à arrêter de penser, je n'arrivais pas à m'empêcher de penser. C'était une torture. Cela faisait déjà plusieurs dizaines de minutes que j'étais là, dans cette position, me laissant malmener par mes pensées, par mes souvenirs de cette soirée, par mes envies de lendemain. Je ne tenais plus en place, je n'allais pas pouvoir resté allongé, je n'arriverais pas à m'endormir, si facilement.
Je repensais à ce qu'Abigail m'avait dit un peu plus tôt, à l'autorisation de venir la déranger au moindre problème. Je n'arrivais pas à dormir. C'est un problème suffisant, non ?.. Je n'ai pas cinq ans, je ne peux pas me permettre ça.
Je décidais de me lever, de sortir du lit, c'est un peu comme si, rester allonger ne faisait qu'accentuer mes pensées. Je ne fis pas deux pas, en dehors du lit, que je me laissais tomber, fesses au sol, dos contre le matelas.
Qu'est-ce que je devais avoir l'air pitoyable, dans cette position. Mes deux mains gagnèrent rapidement mon front, comme pour implorer quelques instants de silence à l'intérieur de mon crâne, comme pour arrêter de réfléchir, comme pour arrêter de penser, tout simplement. Mais cela ne fonctionnait pas, cela ne marchait pas, cela ne s'arrêtait pas. Devrais-je vivre le restant de mes nuits, loin d'Abigail ?
Une mine boudeuse, je me redressais quelque peu, laissant le haut de mon corps retomber contre le matelas, les bras écartés, posés sur le lit. Et voilà que je me trouvais de nouveau à regarder ce plafond dans l'obscurité.
Un sourire un peu torturé remplaça mon air boudeur assez rapidement. Je ne savais pas quoi faire, je ne savais plus quoi faire. Il était clair que je ne dormirais pas, cette nuit. Du moins, dans l'état actuel, je serais incapable d'arrêter mon cerveau, de l'empêcher de fonctionner suffisamment longtemps afin de m'endormir.
Je restais dans cette position, quelques minutes.

Je n'en pouvais plus, il fallait que cela cesse. Et la seule chose qui pourrait apaiser mon esprit, en ce moment même, ne se trouvait qu'à quelques mètres de moi. C'était elle, qui en avait la capacité. Qu'est-ce que j'avais à perdre ?.. Si je la réveillais, il me suffirait de lui dire que je n'arrivais pas à dormir, et que je voulais la voir. Elle se moquerait certainement de moi, mais je doute qu'elle m'en voudrait. Si je ne la réveillais pas, et qu'elle continuerait de dormir, je n'aurais qu'à la regarder dormir... Cette fois-ci, il y avait plus de chance qu'elle m'en veuille. Mais je trouverai bien un moyen de me faire pardonner. Et je le savais, et c'était simple, sa simple vision suffirait à m'apaiser.
Tant pis. Je refusais de jouer les grands garçons. Je n'en étais pas un après tout. J'étais un petit garçon qui venait de tomber éperdument amoureux d'une belle blonde dormant dans la pièce d'à côté. Peu importe dans quel sens je le tourne, je ne pouvais pas m'empêcher de songer à la rejoindre, pour même, ne serais-ce que la regarder.
Ma main droite vint de nouveau se poser contre mon visage, tandis qu'un long soupir sortait de moi. J'avais pris la décision d'y aller, de la déranger s'il le fallait. Maintenant, il me faudrait le courage pour le faire. Qu'est-ce que ça avait été simple de se convaincre de m'y rendre. Qu'est-ce que ça allait être difficile, de m'y rendre. Je laissais échapper un léger rire nerveux, étouffé. Déjà, il faudrait que je puisse me relever. Ma main glissait de mon visage pour me donner suffisamment d'appuis afin d'arriver à mes fins.
J'étais debout, maintenant. D'un pas lent, légèrement désorienté, perturbé, je me dirigeais vers la porte de la chambre. Je m'en mordais la lèvre inférieure. Qu'est-ce que j'allais faire ? Qu'est-ce que je m'apprêtais à faire ? Est-ce vraiment raisonnable ?
J'étais maintenant face à la porte, la main droite s'approchant de la poignée. Mon bras tout entier tremblait. Qu'est-ce que c'était perturbant, pour moi, de me retrouver dans cette situation. Qu'est-ce que je devais avoir l'air pitoyable. Où était passé le héros de guerre ? Où est passé le guerrier légendaire ? Où s'est barré l'homme impitoyable, dépourvu de sentiments sur le champ de bataille ? Où s'est caché la défense impénétrable de l'armée Impériale de Moscou ?... Elle n'existait plus. Elle était perdue dans ses sentiments pour la petite blonde de la pièce d'à côté. Quelle ironie. Quel destin cruel.
Ma main était finalement posée contre la poignée. Je n'avais plus qu'à l'actionner, traverser le couloir et toquer à la porte de la jeune femme. Plus qu'à. Oui, je n'avais plus que ça à faire. C'était simple, non ?... Enfin.. vu le temps que je venais de mettre pour arriver du lit à la poignée de la chambre. Sans pour autant arriver à l'actionner. Ce ne serait pas si simple.
Voilà. Je l'actionnais. J'y arrivais. La poignée s'inclinait, je n'avais plus qu'à tirer la porte dans ma direction pour l'ouvrir. Je prenais mon temps, le visage bas, me mordant la lèvre inférieure.
Et là. Stupeur et tremblement. J'entendais quelqu'un sursauter de l'autre côté de la porte. Je l'ouvris plus rapidement, et je tombais nez à nez face à Abigail. Nous nous regardions tous deux, droit dans les yeux, de nombreuses secondes... Alors, c'était comme ça aussi, pour elle ? Elle aussi, elle avait été confronté à ce que je venais de subir ?.. Elle avait été plus courageuse que moi, dans tous les cas ! Elle avait réussit à se rendre à ma porte en première !...
Tous deux, nous ne purent relâcher un large soupir de soulagement. Nous étions tous deux au moins autant ridicule que l'autre. Et surtout... Nous avions les mêmes envies.
Une fois ce soupir terminé, rapidement, délicatement, je vins l'entourer de mes bras, comme si ça faisait des mois que je n'avais pas vu ma bien-aimée, la retrouvant finalement. Je lui déposais un léger baiser sur la joue, ma main droite vint se poser directement sur sa nuque, sans aucune hésitation. Je respirais de nouveau son odeur, elle sentait de nouveau ma chaleur. Nous étions réunis. Je me sentais soulagé. Le poids de toutes mes pensées s'étaient envolées instantanément. J'étais juste heureux de l'avoir dans mes bras, de nouveau. Je n'osais pas parler, savourant ces précieuses secondes.
La jeune femme, nichée dans mes bras, avait bien plus de courage que moi. D'une petite voix, dans un murmure, elle me demanda de venir dormir avec elle. Bien évidemment, que j'allais accepter. Je ne voulais pas dormir, chez elle, sans elle. Je ne m'en sentais pas capable. Je la libérais doucement de mon emprise, lui faisant comprendre que j'acceptais en venant lui voler un baiser, tendrement.
Abigail mit quelques secondes à régir et me prit finalement par la main, m'emmenant vers sa chambre, vers son lit.
Je.. ne m'étais jamais retrouvé dans ce genre de situation. Mais si je pouvais l'avoir dans mes bras, pour la nuit, ce serait le paradis.
La Demoiselle m'invitait à m'allonger en premier. Je m'exécutais, m'allongeant sur le dos. L'instant d'après, elle avait déjà sa tête contre mon torse, ses jambes contre les miennes, un bras par-dessus moi. Elle avait déjà fermé les yeux. Elle devait être épuisé. L'obscurité le cachait, mais un large sourire niais arborait mon visage.
Quelques temps après, je vins m'incliner sur le côté. Ma partenaire, qui partageait son lit avec moi laissa échapper un léger bruit en signe de contestation. Mais rapidement, elle vint de nouveau se blottir contre moi, sa tête contre mon torse, reposant sur mon bras. De mon autre bras, je l'entourais quelque peu, la main contre son dos. Je vins déposer un baiser sur le haut de son crâne, murmurant un léger : « Dors bien... »
… Je pouvais finalement m'abandonner, je pouvais finalement m'endormir. Enfin. Plus aucune pensées ne me torturaient. J'étais bien, je me sentais bien. Je l'avais contre moi, dans mes bras. Et elle s'endormait petit à petit. Je sentais son odeur, sa présence. C'était agréable. C'était ce qu'il me fallait, c'était ce qui m'empêchait de dormir, pendant tout ce temps.
Quelques secondes plus tard, je m'endormais, rejoignant ma compagne au pays des rêves.

Les rayons du soleil se faufilaient à travers les ouvertures des volets. La pièce était de plus en plus lumineuse. La petite tête blonde qui se trouvait dans mes bras commençait à se réveiller. Cela ne tardait pas à me sortir, à mon tour, de ma nuit. J'oserai même ajouter qu'un léger baiser dans mon cou eut pour effet de me réveiller totalement. Nos regards se croisèrent, tous deux encore bien embrumé. Je ne pus m'empêcher de lui infliger un large sourire. Je venais de me réveiller aux côtés de la femme que j'aime. Je ne pouvais pas m'empêcher de sourire niaisement. Et ce sourire, elle me le rendait.
Cette fois-ci, c'était son tour de me voler un baiser, apposant ses lèvres contre les miennes. L'instant qui s'en suivit, elle me demanda d'attendre dans le lit, me confiant qu'elle comptait revenir dans quelques minutes.
Et la voilà déjà partie. C'était une vraie petite tornade, lorsqu'elle s'y mettait. Cette idée me fit sourire de plus belle, et, lentement, je me laissais tomber sur le dos, fermant les yeux.
J'avais bien dormi et ce réveil est de loin le meilleur réveil que j'aurai pu un jour espérer, dans ma vie.

(c) Lae/Matena


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MessageSujet: Re: Du Paradis à l'Enfer, il n'y a qu'un pas    Sam 10 Sep - 23:51

    Abigail venait de prêter un pyjama à Stèphen bien qu'elle imaginait qu'il serait trop petit pour lui, elle lui avait volé un baiser et était repartie. Une fois allongée dans le lit double de sa chambre, elle se tourna et retourna, pensant à Stèphen, au froid de son lit et à la chaleur du corps de celui qu'elle voyait déjà partager sa vie au quotidien. Quand elle se rendit compte de ses pensées, elle prit son oreiller et essaya de s'étouffer avec, elle était devenue folle, ou tout du moins elle le devenait et le responsable de cette folie se trouvait à à peine quelques mètres de sa chambre. Instinctivement, elle vint porter son index à ses lèvres, appuyant légèrement dessus, repensant à leur baisers, à leur soirée, à ses sentiments. Toutes ses pensées tournaient autour de Stèphen, elle n'arrivait pas à penser à autre chose, à quelqu'un d'autre. Elle aurait pourtant eut beaucoup de choses à penser : les membres de sa famille, les Domae, ce qui pourrait arriver quand on apprendrait qu'elle était avec Stèphen, mais tout cela, elle s'en fichait, elle ne voulait qu'une chose, pouvoir s'endormir. Elle ferma donc les yeux et se mit à compter les moutons, lorsqu'elle arriva à trois cent, elle rouvrit les yeux. Ce n'était pas possible, si cela continuait elle n'arriverait pas à fermer l’œil de la nuit, elle ne voyait qu'une solution : aller dans la chambre de Stèphen et voir s'il dormait, si tel était le cas, elle le laisserait dormir et le veillerait et peut-être finirait-elle par s'endormir à son tour. Mais voilà, il fallait déjà qu'elle y aille.

    Abigail s'était levée mais au moment d'ouvrir sa porte, elle se ravisa : non elle ne pouvait pas faire ça. Et si elle le réveillait en entrant, qu'est-ce qu'il dirait ? La laisserait-il entrer ? Probablement mais ce n'était pas une raison, elle lui avait dit de venir s'il y avait le moindre problème, elle n'avait pas pensé à l'inverse, c'était elle qui se trouvait dans l'embarras. Ironie du sort ? Possible. La blondinette retourna à la porte, prit une grande inspiration et ouvrit cette dernière, la porte refermée doucement derrière elle, elle avança lentement dans le couloir sombre, en arrivant devant la porte de Stèphen, son cœur s'accéléra, c'était le moment, elle ne voulait pas le réveiller, elle n'osait pas entrer mais elle avait désespérément besoin de lui, de son corps, de sa chaleur. Alors qu'elle s'apprêtait à mettre la main sur la poignée, cette dernière bougea, elle eut un mouvement de recul en sursautant, Stèphen se trouvait de l'autre côté, debout, face à elle, en pyjama. Ses yeux captèrent rapidement les siens et ils restèrent comme cela pendant quelques secondes. Son coeur se calmait peu à peu et un soupir de soulagement se fit entendre : de qui venait-il ? Des deux partis. Et puis les choses s'accélérèrent, Stèphen la prenait dans ses bras, une main se logeant dans sa nuque l'autre sur ses hanches. Abigail put de nouveau goûter à sa chaleur : oui c'était définitivement ce qui lui manquait pour s'endormir, cette chaleur apaisante et réconfortante. A voix basse, comme pour ne pas briser cet instant, elle lui demanda de venir dormir avec elle dans sa chambre.

    La pression disparut et Stèphen lui volait un baiser comme elle l'avait fait auparavant. Après s'être remise, elle le prit par la main comme on ramène un enfant à sa chambre quand il a fait un cauchemar et l'emmena vers sa chambre. Tandis qu'elle lui disait de se coucher en premier, elle referma la porte derrière elle et se dépêcha de venir se lover sous ses couvertures contre le corps de Stèphen, sa tête posée sur son torse pour entendre les battements de son cœur, collée au plus près et un bras l'enserrant pour être certaine qu'il ne partirait pas en pleine nuit sans la réveiller. Aussitôt elle s'endormit mais le changement de position de l'homme ne passa pas inaperçu par la jeune femme et dans son sommeil, elle laissa échapper un petit grognement de mécontentement avant de venir retrouver le torse de son compagnon de sa tête.

    Ce fut le soleil perçant au travers des volets qui la réveilla doucement, elle avait bien dormi cette nuit, pour une fois. Elle regarda un instant le visage de Stèphen dormir, il semblait apaiser et elle ne put s'empêcher de sourire en pensant que c'était peut-être grâce à elle qu'il pouvait être serein durant son sommeil. A force de le regarder, elle voulut l'embrasser : son cou l'attirait, elle vint alors y déposer un petit baiser avant de trouver le regard de son partenaire. Il lui adressait un tel sourire qu'elle fut obligée de le lui rendre avant de venir l'embrasser sur ses lèvres cette fois. Ce matin, ils prendraient leur petit déjeuner au lit et ensuite, elle lui apprendrait un peu à tenir une maison, mais pour l'instant, elle lui intimait de rester au lit, lui déclarant qu'elle allait revenir rapidement. Quelques secondes plus tard, elle était déjà partie.

    Arrivée en bas des escaliers, elle attrapa un grand plateau et y déposa deux tasses, du pain, du beurre, de la confiture, une cafetière reposait non loin, la bouilloire chauffait. Ce fut là que quelqu'un vint toquer à la porte, la jeune femme alla ouvrir et quelle ne fut pas sa surprise quand elle vit sa voisine sur le pas de sa porte, pâle comme un linge, le visage défait, un journal à la main.


    - Que se passe-t-il madame Barnes ? Vous êtes blanche comme un linge. Mais entrez, ne restez pas à la porte.

    Abigail la fit entrer et la conduisit au salon où la femme s'installa, toute tremblante elle lui tendit le journal.

    - Je suppose que tu n'es pas encore au courant ma pauvre petite. Tiens, regarde.

    Abigail parcourut la nouvelle que lui tendait sa voisine, elle survola des yeux le papier : une seule phrase retint son attention « Pour poursuivre sur le sujet de la rentrée, à la mort de Sephiroth Hewley, l'ancien directeur du Collège-Lycée Noctem, le Gouvernement a tenté de racheter l'établissement afin d'avoir les pleins droits dessus. » Non ce n'était pas possible, son Roi ne pouvait être mort. Elle regarda la femme, les yeux et la bouche grands ouverts, secouant la tête de gauche à droite.

    - Je suis désolée mon enfant de t'apprendre ce genre de nouvelle. Tu n'étais donc pas au courant.
    - Non.

    Ce fut la seule chose qu'Abigail arriva à prononcer, elle répéta ce même mot de plus en plus fort, des sanglots la faisant trembler et s'écrouler au sol. Elle venait de passer du paradis à l'enfer, un en seul pas, en une seule seconde. Effondrée sur ses genoux, les bras en croix sur sa poitrine, le papier encore dans sa main droite, elle hurlait à la mort, refusant la triste vérité : Sephiroth Hewley était décédé, l'homme qu'elle avait rencontré quelques temps auparavant à la gare, qui lui avait annoncé son poste de Valet et qui lui avait promis de l'aider à rechercher ce qui était arrivé à ses parents n'était plus. Il lui avait menti, cette promesse, il ne pourrait jamais la tenir. Mais ce n'était pas pour ça qu'elle pleurait. Si la nouvelle l'avait tant affectée c'était tout simplement parce qu'elle avait vu en lui un second père, après tout le Roi est comme un père pour ses sujets, il les aide et inversement. Madame Barnes ne put que murmurer son prénom, elle était désemparée face à ce spectacle d'une femme dévastée devant elle.
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MessageSujet: Re: Du Paradis à l'Enfer, il n'y a qu'un pas    Dim 11 Sep - 11:43







D
e nouveau allongé dans le lit, sur le dos, les yeux fermés. Elle m'avait demandé de l'attendre, là. Je n'en connaissais pas vraiment la raison, mais si elle me rejoignait, je ne pouvais que l'accepter. J'ouvrais finalement les yeux, voyant le lustre de cristal au plafond. Je ne pus m'empêcher de hausser légèrement en sourcil, en le voyant. Il semblait ne pas être à sa place, dans cette maison. Tant bien dans la première chambre, où je m'étais retrouvé plusieurs dizaines de minutes, tant bien dans le salon, il n'y avait aucun signe d'objet de cette facture. Cela ne me dérangeait pas plus que cela. C'était certainement quelque chose qu'elle possédait de ses parents ou que sais-je. C'était le sourire aux lèvres que je refermais les yeux. Que pouvait donc bien faire Abigail, pour avoir quitté le lit si rapidement ? Enfin.. si rapidement, elle avait tout de même passé la nuit au creux de mes bras, contre moi. Au vu des bruits, elle avait descendu l'escalier et s'était donc dirigé vers le salon. Peut-être qu'elle souhaitait nous préparer quelque chose ? Peut-être qu'elle avait quelque chose à régler ? Je n'en savais rien, elle ne m'avait rien dis de plus que le fait qu'elle serait vite de retour.
Je me tournais dans le lit, d'abord sur le côté gauche, puis sur le côté droit. Elle ne revenait pas. Que se passait-il ? Je devais juste être patient, non ? C'était encore mon imagination, c'était encore moi qui n'arrivait pas à accepter le fait qu'elle ne soit pas dans mes bras ? Cette pensée me fit sourire de nouveau. Ma main droite se posant contre mon visage, balayant quelques cheveux au passage.
Je venais de passer une soirée inoubliable. Peu importe la façon dont je le tournais, ce qui venait de se passer, ce qui m'était arrivé, ce qui nous était arrivé... C'était complètement surréaliste. Et cela ne me déplaisait pas, en aucun point. Je ne me demandais même pas combien de temps cela durerait, je me demandais plutôt ce que je devais faire pour que ça reste ainsi pour toujours. Malheureusement, la réalité finira tôt ou tard par nous rattraper. Tant bien de son côté, que du miens. Nous devrons travailler, nous devrons respecter nos engagements. Mais si cela me permettait de la rejoindre, en début de soirée, cela me serait plus que suffisant.

Finalement, je me remettais sur le dos, regardant de nouveau le lustre de cristal. Cela faisait tout de même un petit bout de temps qu'elle m'avait abandonné, laissé là, seul, dans son lit. Je m'en mordis la lèvre inférieure, quand, tout à coup, j'entendais des cris au rez-de-chaussé.
Je n'avais pas de temps à perdre, je n'avais plus besoin de l'attendre, je n'avais plus besoin de réfléchir. Je devais juste m'empresser de la rejoindre.
D'un bond, je sortais du lit, sur un pas de course, je sortais de la chambre, la porte étant déjà entre-ouverte. Je traversais le couloir rapidement, arrivant à l'escalier, descendant les marches deux par deux. Une fois mes deux pieds, sur le sol du salon, je m'arrêtais brusquement.
Une scène surréaliste se déroulait devant moi. Du coin de l’œil, je pouvais apercevoir le plateau-repas que nous préparait Abigail. Mais ce n'était pas le plus important, loin de là. Face à moi se trouvait la femme qui venait de passer la nuit, dans mes bras. Elle était affalée sur le sol, se penchant en avant, hurlant, pleurant. Un peu plus loin, il y avait une autre femme, plus âgée, l'appelant par son prénom, ne sachant pas comment réagir. Celle-ci me dévisagea, lorsqu'elle me vit déboucher de l'escalier.
Je devais lui concéder que le fait de me voir débarquer de la sorte était assez particulier. J'étais pieds nus, je portais un bas de pyjama qui m'arrivait même pas aux chevilles ainsi qu'un haut de pyjama bien trop petit, laissant apparaître tous les muscles du haut de mon corps, ainsi que quelques cicatrices facilement visible, sur le bas de mon ventre. Je ne parlais même pas de mon visage, partiellement caché par mes cheveux.

Mais je n'avais pas le temps de me soucier de mon apparence. Et pour être franc, je ne m'en étais jamais réellement soucié. Alors, dans cette situation, c'était tout sauf ma priorité. Instinctivement, mon bras droit se leva en direction de ma petite blondinette à moi, la main entre-ouverte. Je ne pus m'empêcher à mon tour de murmurer son prénom.
Je ne comprenais rien à la situation. Je n'avais aucune stricte idée de ce qu'il venait de se passer, dans cette pièce, en ces lieux.
Lentement, un pas après l'autre, je me rapprochais de la jeune femme, entrain de s'abandonner. J'étais hésitant, je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas quoi dire, je ne savais pas quoi penser. La voir ainsi me remémorait la veille, sauf que pour le cas présent, cela semblait bien plus sérieux. Je me mordais la lèvre inférieure, assez violemment. Ce n'était pas le moment de baisser les bras, de la laisser tomber.
J'étais finalement arrivé à son niveau, posant un genou à terre, contre la jambe d'Abigail. Mon autre genou se trouvait au niveau de son dos, même s'il ne le touchait pas. Si elle se redressait, elle pourrait s'appuyer contre.
J'étais sur sa gauche. De mes bras, je vins l'envelopper, mon bras gauche était au niveau de sa taille, ma main trouvant refuge contre sa hanche. Quant au bras droit, lui, se reposait sur les deux épaules de la jeune femme, se trouvant maintenant face à moi, la main contre son bras.
Mon visage, quant à lui, vint rapidement s'approcher du sien. Le surplombant quelque peu, les lèvres contre ses cheveux.
Une fois mon étreinte en place sur Abigail, je la resserrais quelque peu, je voulais qu'elle me sente, qu'elle sache que je suis là, que je ne la laisserais pas tomber. J'étais là. Pour elle. Je déposais de nombreux baisers, sur ses cheveux, n'arrivant pas à prendre la parole, dans un premier temps.
Puis, finalement, après quelques instants dans cette position, j'y parvenais, d'une voix essayant d'être le plus calme possible, je prenais la parole :


« Abigail.. qu'est-ce qui se passe ? Parle-moi... Dis moi ce qui ne va pas.. »

Prenez le risque d'apprendre à aimer quelqu'un. Et votre monde s'écroulera au même instant que le sien.
(c) Lae/Matena


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MessageSujet: Re: Du Paradis à l'Enfer, il n'y a qu'un pas    Dim 11 Sep - 20:44

    Abigail se trouvait au sol, le visage dévasté par les larmes, elle entendait madame Barnes murmurer son nom de l'autre côté du canapé mais elle ne pouvait arrêter ses pleurs. Et puis elle vit arriver Stèphen vers elle, il était encore en pyjama, il avait certainement accouru en l'entendant hurler. Et dire qu'elle avait espéré que la journée serait agréable, qu'elle pourrait la passer en tête à tête avant de reprendre le lendemain un semblant de normalité. Son compagnon la prenait dans ses bras mais son étreinte ne la réconfortait pas, elle se sentait responsable de la mort de son Roi.

    Le fait de le savoir à ses côtés la rassurait mais ce furent ses paroles qui la ramenèrent et entre de nombreux sanglots, elle arriva à faire une phrase pour répondre :


    - Sephiroth Hewley… est mort… Le Roi… est mort… Non… c'est pas possible… c'est pas possible… Dis-moi… dis-moi que c'est pas vrai…

    Abigail repartit aussitôt en pleurs. Madame Barnes qui était restée de l'autre côté de canapé vint se place face à elle et la regardait fixement. Elle qui était d'habitude d'une gentillesse extrême, devenait une harpie.

    - Abigail reprends-toi. Pleurer ne le ramènera pas. Nous avons tous besoin de toi.

    Madame Barnes aurait voulu dire que les Elémentis auraient besoin de leur Valet mais la présence de cet homme l'en empêchait. Qui était-il ? Abigail n'avait jamais eu de petit ami. Et puis pourquoi portait-il le pyjama du père de la jeune femme.

    - Et puis d'abord qui êtes-vous ? C'est la première fois que je vous vois ici.

    Abigail s'arrêta net de pleurer et fixa sa voisine. Que se passait-il ? Pourquoi ce changement de comportement ? D'une main elle sécha ses yeux et ravala la boule qui l'empêchait d'émettre le moindre son avant de prendre la parole.

    - Madame Barnes, calmez-vous je vous prie… Pensez-vous que j'ai réellement besoin de vous entendre me le dire ? Je sais très bien que pleurer sa mort ne le fera pas revenir… Mais vous ne pouvez pas me demander de faire comme si de rien n'était, une vie et pas n'importe laquelle a été prise. Alors oui, en tant que Valet je suis censée montrer l'exemple, je le sais. Pour ce qui est de Stèphen, il s'agit de mon petit ami, je vous prierais de ne pas vous montrer grossière envers lui et d'ailleurs, si cela ne vous gêne pas, je souhaiterais que vous partiez de chez moi.

    Elle avait tout balancé, le fait d'être une Elémentis et d'être le Valet, il faudrait qu'elle parle avec Stèphen un peu plus tard pour lui expliquer la situation correctement. Elle se doutait qu'apprendre ça comme ça ne devait pas lui plaire surtout le fait d'apprendre qu'elle faisait partie du Conclave d'une des deux familles alors qu'il ne les appréciait pas. Madame Barnes ouvrit grands les yeux et partit comme elle était venue, la jeune femme, elle, était toujours au sol, les yeux mi-clos contre le corps de Stèphen.

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MessageSujet: Re: Du Paradis à l'Enfer, il n'y a qu'un pas    Dim 11 Sep - 22:21







Q
ue pouvais-je bien faire, dans cette situation que je peinais à comprendre. Qu'était-il entrain de se passer, en ces lieux ? Qu'est-ce qui venait de mettre ma petite tête blonde dans cet état là ? Qu'est-ce que je pouvais faire, pour l'aider ? Qu'est-ce que je pouvais faire, pour la soutenir ? Mes pensées se chamboulaient. J'en venais presque à regretter le fait d'avoir été enfermé dans cette chambre, sans elle. Je me mordais la lèvre inférieure, jusqu'à ce que j'eus le courage de lui demander directement ce qui se tramait. Ce n'était pas sans difficultés qu'Abigail tentait de me répondre. Je n'avais déjà plus de doute à ce sujet là, depuis la veille, elle possédait suffisamment de courage pour réussir finalement à trouver les mots dans ce genre de situation.
Tandis qu'elle parlait, qu'elle se confiait à moi, parlant de la mort d'un certain Sephiroth Hewley, du Roi, certainement celui des Elémentis, la main qui était auparavant contre le bras de la jeune femme prit doucement la place de mes lèvres, lui caressant tendrement les cheveux. Mon visage, quant à lui, s'abaissa quelque peu, jusqu'à ce que mon front puisse se placer contre la tempe de ma partenaire. Mon bras gauche n'avait pas changé de place, je ne faisais que resserrer mon emprise légèrement.
Je ne pouvais pas lui dire que ce n'était pas vrai. Même si j'en avais l'envie. Je n'étais absolument pas au courant de tout cela. Je ne savais pas qui était ce Sephiroth Hewley, je ne savais pas s'il était mort ou vif. Je n'avais aucune réponse à lui donner. J'étais dans une situation bien délicate. Si j'avais pu, j'aurai aimé lui dire que tout ceci n'était que mensonge, que tout ceci n'était pas la vérité, qu'il était toujours vivant. Si ça avait pu lui redonner le sourire. Mais... Je ne pouvais pas lui mentir. Je refusais de lui mentir. Je ne pouvais rien dire, je ne pouvais rien faire. Après qu'elle eut fini difficilement ces quelques paroles, ma compagne repartit rapidement en pleurs. Je m'en mordais de nouveau la lèvre inférieure. Qu'est-ce que je me sentais inutile. Qu'est-ce que je suis inutile.
Instinctivement, mes lèvres commencèrent à se poser contre sa peau, lui infligeant quelques baisers sur la joue gauche. Quoi qu'on en dise, cette joue avait subit de nombreuses caresses, depuis hier soir. Maintenant, elle recevait des baisers. Je devrais trouver l'occasion de me rattraper avec sa joue droite, qu'elle n'en soit pas jalouse. Ironiquement, cette pensée me fit quelque peu sourire, même si ce n'était pas vraiment le moment pour. Je continuais mes méfaits, la serrant contre moi, lui caressant les cheveux et l'embrassant quelque peu, au niveau de la joue.

L'instant qui s'en suivit fut particulièrement déplaisant. La troisième personne présente dans la pièce venait s'en mêler. Par instinct, je ne pouvais pas m'empêcher de penser que c'était de la faute de cette personne, cette porteuse de nouvelle, qui venait de détruire les bases du monde sur lequel Abigail se trouvait. Lorsque la dame se retrouva face à la petite puce présente dans mes bras, je ne pus m'empêcher de détourner mon visage du sien, regardant celle que je considérais maintenant comme une intrus dans ce foyer.
Mon visage n'était pas vraiment présentable. En plus d'avoir les cheveux dans tous les sens, maintenant ceux qui se jouaient de mon visage avait été humidifiés par les larmes de la jeune femme se trouvant à mes côtés, me collant donc à la peau.
Lorsque l'invitée prit la parole, c'était pour lui sommer de se reprendre, pour lui demander de porter le poids de cette mort sur ses épaules, pour tout le monde. Au quart de tour, mon regard devint mauvais. Je ne me contrôlais plus vraiment. Un sourcil haussé, je n'attendais plus qu'un faux pas de cette personne pour la renvoyer d'où elle venait. Je ne voulais pas qu'elle continue de faire subir tout ceci à ma partenaire. La nouvelle qu'elle venait d'apprendre était déjà bien plus que suffisante. Et j'en étais persuadé, ce n'était pas un robot. Elle ne s'en remettrait pas en un claquement de doigt. La femme qui se trouvait dans cette pièce avait tendance à oublier le fait qu'Abigail sortait tout juste de l'hôpital. Si elle avait pu digérer cette nouvelle au cours des derniers mois, ce n'était pas le cas de la jeune blonde se trouvant dans mes bras.
Évidemment, ma réaction retint son attention. Maintenant, elle souhaitait savoir qui j'étais. Effectivement, c'était la première fois que nous nous voyions. Pourtant, j'avais, moi, la décence d'esprit de ne pas chercher à comprendre qui elle était, ni d'essayer de remuer le couteau dans les plaies de ma partenaire. Comme si c'était important, maintenant, tout de suite, de mettre un nom sur la personne qu'elle était. Ou de mettre un nom sur la personne que je suis. Mes intentions sont pourtant claires et visibles. J'essaye de devenir le parachute qui allégerait la chute de la femme se trouvant à mes côtés. Je ne pouvais pas l'empêcher d'avoir à accepter cette mort, je ne pouvais pas l'empêcher d'avoir à surmonter cette épreuve. Tout ce que je pouvais faire, c'était d'essayer de la soulager, le plus possible. Suite à ces dernières paroles, je soupirais, bruyamment.

Tandis que je m'apprêtais à répondre, Abigail s'arrêtait de pleurer. Son visage s'était relevé, elle fixait la troisième personne présente dans cette pièce. La voir réagir ainsi me fit de mordre la lèvre inférieure. J'avais beau le tourner dans tous les sens, j'allais me faire surprendre, une fois de plus. Je l'observais sécher ses larmes, reprendre sa respiration. Je m'en voulais, quelque peu. C'était à moi, de sécher ses larmes. Le ton de ma compagne semblait agressif, elle parlait rapidement, sans vraiment reprendre sa respiration, comme si elle voulait tout expédier. J'écoutais chacun de ses mots, chacune de ses phrases.
Valet ? Montrer l'exemple ? Petit ami ?...
Je venais de recevoir bien trop d'information en l'espace d'une tirade. Comment dire. Je devrais certainement plus me questionner sur les deux premiers points. Après tout, c'est comme si elle venait de m'avouer sa position au sein de la famille qu'elle représente, qui n'est pas des moindres. Mais cela m'importait peu. C'était le dernier point qui m'avait plus frappé. Instantanément, je commençais à rougir. J'étais donc son petit ami ?
J'arrêtais de m'en mordre la lèvre. C'est comme ça qu'elle me voyait, pour l'instant. Je me le répétais bien suffisamment depuis hier soir pour le savoir : Elle était bien plus courageuse que moi. Elle avait mis un mot sur notre relation. Et cette appellation me convenait. Si on m'avait dit, hier à l'hôpital, que la jeune femme que je croiserais dans la cours, en sortant, deviendrait ma petite amie... Je pense que je n'aurai pas pu m'empêcher de rire au nez de la personne qui me l'aurait dit. Quant à ses fonctions... Elle pourrait être la maire de Quederla, la Reine d'Angleterre ou que sais-je encore. Je m'en fichais.

Ma petite amie venait de lui clouer le bec. D'un côté, je me sentais quelque peu fier d'elle, même si la situation ne devrait pas vraiment le permettre. J'observais Madame Barnes quitter les lieux, en silence. Une fois la porte d'entrée refermée, je me concentrais de nouveau sur ma partenaire. Elle n'avait plus bougé. Elle était là, affalée au sol, la seule chose qui semblait la retenir de ne pas s'écrouler était mon bras gauche. Pour l'instant, elle ne pleurait plus. Pour l'instant, elle ne criait plus. Elle était entrain d'accuser le coup d'avoir mis cette femme à la porte.
Je devais faire quelque chose, je devais me rendre utile.
Ma main droite quitta lentement la chevelure de la Demoiselle, venant m'ébouriffer quelque peu les cheveux, avant de finalement les placer en majorité derrière mes oreilles, dégageant quelque peu mon visage. Je savais ce que j'allais faire.
Délicatement, je détachais mon emprise de la jeune femme qui ne put s'empêcher de tourner le visage dans ma direction, un regard inquisiteur. Je lui répondais avec un large sourire. Je ne voulais pas qu'elle se méprenne : Je n'allais pas l'abandonner.
Doucement, je l'invitais à dégager quelque peu ses jambes, suffisamment pour que je puisse glisser mon bras dessous. L'instant d'après, je la portais tel une princesse, dans les airs. Elle n'était pas affalée sur le sol, c'était un bon début.
Timidement, je nous dirigeais en direction du canapé, où, il n'y a que quelques heures encore, nous nous étions échangé nos premiers baisers.
Tout en faisant attention à ma partenaire, je m'asseyais lentement sur ce canapé. Elle était maintenant assise sur mes jambes, ses pieds reposant sur le canapé. Sa tête était au niveau de mon épaule et de mon cou. Quant à mes mains, elles, la droite se trouvait dans le dos de la jeune femme, la main contre sa hanche. Mon autre main avait trouvé refuge contre la joue droite de ma petite amie. Je la caressais lentement du bout des doigts.
D'une petite voix calme, un peu surpris par tous ces événements inattendus, je prenais la parole, tout en regardant la personne que j'aime, droit dans les yeux :


« Abigail... Tu n'as pas besoin de paraître forte, devant moi.. je ne suis pas aveugle, je sais déjà que tu l'es. »

Avouais-je, lui desservant un sourire chaleureux, avant de venir déposer un baiser sur son front.
(c) Lae/Matena


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MessageSujet: Re: Du Paradis à l'Enfer, il n'y a qu'un pas    Dim 11 Sep - 23:06

    La blonde était en double état de choc, elle accusait le coup comme elle pouvait, elle avait ravalé ses larmes pour le moment mais la douleur était forte, elle avait de nouveau perdu quelqu'un de sa famille, alors certes, cette fois-ci ce n'était pas de la famille directe, il n'y avait aucun lien de sang entre eux mais pour Abigail, les Elémentis étaient une famille de substitution à celle qu'elle avait perdu. Cette mort rouvrait la plaie qui commençait seulement à cicatriser au fond de son cœur. Au moment de la perte de ses parents, elle était toute seule, c'était fois, elle avait quelqu'un à ses côtés, quelqu'un pour l'épaule, pour partager sa peine, bien que Stèphen ne fasse pas parti des Elémentis, il était un être humain qui la comprenait, peut-être même mieux que quiconque.

    Alors qu'elle était toujours par terre, son petit ami desserra son emprise sur son corps, ce qui eut pour effet de lui faire lever les yeux vers lui. Pourquoi la privait-il du seul réconfort qu'elle avait ? C'était incompréhensible. Il lui adressait un large sourire qu'elle ne put malheureusement pas lui retourner. Et puis il lui demanda de changer de position pour dégager ses jambes. Pourquoi ? Elle n'y comprenait rien. Aujourd'hui tout comme hier, elle ne comprenait plus la situation, elle savait ce qu'elle devait faire : se lever, finir le petit déjeuner et passer un agréable moment avec son compagnon mais là tout de suite, plus rien de tout ça n'avait d'importance, un sentiment de culpabilité et de détresse, était seul maître de son corps et de ses pensées.

    Elle se sentit soulevée du sol et se retrouva dans les bras de Stèphen, doucement, il les firent passer de l'autre côté du canapé. Ils les assirent dessus, enfin, il s'assit dessus, Abigail assise sur ses jambes. La jeune femme se sentait en sécurité dans ses bras, elle pouvait se laisser aller mais elle se le refusait, madame Barnes avait raison au fond : elle devait se ressaisir, du moins c'est ce qu'elle ferait plus tard parce que les paroles que prononça Stèphen la touchèrent directement. Elle n'avait pas besoin de faire la forte devant lui ? La jeune femme, se blottit un peu plus contre le corps de l'homme qu'elle aimait et acquiesça d'un bref mouvement de tête avant de se remettre à pleurer. Toutes les larmes qu'elle avait retenue, ressortaient maintenant, tout en pleurant, elle vint accrocher sa main droite au haut de pyjama. A force de pleurer, elle finit par somnoler, c'est à cet instant que la bouilloire choisit son moment pour siffler. Abigail était hors d'état de se traîner jusqu'à la cuisine pour arrêter la gazinière. D'une voix endormie, elle murmura :


    - Stèphen… La bouilloire… faut l'enlever… et couper le gaz…

    Elle se sentit soulevée et les yeux mis-clos, elle le vit s'avancer vers l'objet du problème avec elle dans les bras. Pour couper le gaz, il n'y avait pas de problème mais pour ce qui était de la bouilloire, il voulut la prendre directement à la main et se brûla légèrement les doigts, relâchant directement sa prise au même endroit. Abigail n'avait pas eu le temps de lui dire d'utiliser un chiffon, son visage affichait un sourire moqueur et de la même manière que précédemment, elle lui précisa de prendre le chiffon à sa gauche pour dégager la bouilloire de sa plaque et la poser sur le plan de travail. Et puis, elle ferma les yeux et s'endormit aussitôt.

    Ses rêves furent des plus agités, des souvenirs venant ponctués ses moments de calme : elle se souvenait de l'incident à la gare quand ils avaient perdus leur pouvoir. Si seulement, elle l'avait suivi, si seulement elle avait laissé Arias se charger seul du centre commercial et était parti à sa recherche, peut-être ne serait-il pas mort à cet instant. D'ailleurs, si elle n'était pas allée avec Arias, il aurait put se battre correctement, n'ayant pas à la protéger du danger que représentaient les membres de l'Ordre. De souvenirs en souvenirs, de rêves en cauchemar, sa vie revenait petit à petit dans ses rêves, les morts revenaient à la vie et dansaient à son mariage avec les vivants. Rien n'avait de sens mais quand elle se réveilla finalement en sueur, elle se trouvait de nouveau dans son lit, dans les bras de Stèphen, là où rien ne pouvait lui arriver. Elle calma sa respiration et referma les yeux pour se reposer, entendant leurs cœurs battre à l'unisson et respirer l'odeur apaisante de celui qu'elle espérait voir le soir en rentrant chez elle.
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MessageSujet: Re: Du Paradis à l'Enfer, il n'y a qu'un pas    Lun 12 Sep - 16:33







E
lle était là, dans mes bras. Complètement apathique. La jeune femme ne semblait plus vouloir réagir, elle ne semblait plus être capable de pleurer. Elle était partagé entre son ressenti et les paroles qui avaient précédemment été prononcées. Il fallait que cela cesse. Elle n'avait plus besoin d'essayer d'être forte. Elle n'avait pas besoin de me le montrer, elle n'avait pas besoin de prendre sur elle. Tandis que je resserrais mon emprise sur la jeune femme, je prononçais quelques mots, dans le but de lui transmettre ma pensée. J'étais là, près d'elle. Je ne pouvais malheureusement rien faire d'autre que d'être l'épaule dont elle a besoin pour pleurer. Abigail avait le visage bas, lorsqu'elle acquiesça quant au fait de se laisser aller. Je ne pouvais pas le cacher, même si elle ne le voyais pas, je souriais légèrement. J'étais content de lui être utile, comme je le pouvais.
Au moment où elle s'empara de mon haut de pyjama, l'empoignant, je commençais à lui caresser doucement le dos tout en lui murmurant de petits « je suis là » et autres « ça va aller ». J'en profitais pour lui déposer de temps en temps, de léger baiser sur ses cheveux. Certes, si j'avais eu le choix, je pense que j'aurai préféré que ma partenaire ne soit pas entrer de pleurer toutes les larmes de son corps, je pense qu'actuellement, j'étais le seul de nous deux à réellement apprécier cet instant. Je me sentais utile. Même si j'avais l'impression de ne faire grand chose. J'étais là, pour elle. C'était moi, et personne d'autre, qui était présent au moment où elle en avait le plus besoin. À cette pensée, je resserrais encore un peu plus mon emprise.

Peu à peu, la jeune femme présente dans mes bras commençait à arrêter de pleurer. Entre hier et aujourd'hui, elle avait déversé une quantité de larme assez astronomique. Si j'avais le choix, je la garderai dans mes bras les trois prochains jours, sans lui laisser le choix d'en sortir. Malheureusement, cette perspective n'était pas vraiment réalisable. Même si l'idée me faisait légèrement sourire.
Abigail commençait à piquer légèrement du nez. D'un côté, c'était plaisant de me dire qu'elle se sentait suffisamment en sécurité, à mes côtés, pour s'endormir de nouveau dans mes bras. D'un autre côté, elle serait tout de même mieux dans un lit, elle a définitivement besoin de repos. L'ascenseur émotionnel auquel elle avait droit depuis hier était particulièrement accidenté. Je ne pouvais pas faire grand chose d'autre que d'être présent, là, de suite, maintenant, pour elle.
C'est alors qu'elle me demanda, d'une petite voix, de m'occuper de la bouilloire et d'éteindre la gazinière. Je lui répondis naturellement de s'accrocher de ses deux bras autour de mon cou, la laissant faire, puis nous soulevant tous les deux.
D'un pas calme, je me dirigeais donc vers la cuisine, arrêtant le feu et.. attrapant la bouilloire à main nue, que je lâchais aussitôt, en laissant s'échapper un léger « Aïe ! ».. Ma petite amie n'avait pas manqué cette scène et ne put s'empêcher de m'infliger un petit sourire amusé. Ni une, ni deux, je vins le cueillir, l'embrassant quelques instants de mes lèvres. Je lui avais déjà stipulé que je n'étais pas spécialement doué pour ce qui est de la vie dans une maison, et je venais de lui prouver. Elle serait certainement amenée à se moquer de nouveau de moi, dans le futur. Enfin.. si elle était prête à en subir les conséquences.
Attrapant un chiffon, selon ses conseils, je déplaçais finalement cette maudite bouilloire.

L'instant qui s'en suivit, cette petite tête blonde s'affala contre mon épaule. Elle venait de s'endormir, dans les bras, tel un bébé koala accroché à mon cou. Ma main libre vint se placer contre son cou, pour la maintenir contre moi.
Je pris le temps de rester debout, au milieu du salon, ma petite amie dans mes bras, dormant sur mon épaule. Cela m'était tout sauf désagréable. C'est le sourire aux lèvres que je m'apprêtais finalement à monter les escaliers. Elle était épuisée et serait bien mieux dans son lit, à mes côtés, que dans mes bras. Tout en faisant attention, je montais les marches une à une, je prenais mon temps pour traverser le couloir jusqu'à sa chambre, où la porte était restée entre ouverte. Je la fermais derrière nous.
J'étais maintenant à côté du lit, m'inclinant légèrement afin d'en retirer les draps, m'attelant à la déposer sur le lit, tout en m'efforçant de ne pas la réveiller. Mission accomplie. Elle était maintenant allongée sur le lit. Un petit air fier sur le visage, je l'observais quelques minutes, en silence, sans vraiment bouger, le sourire aux lèvres, la tête légèrement incliné sur le côté.
Ma petite tête blonde commençait à s'agiter. Comparé à la nuit passée, ce n'était plus la même femme, qui se trouvait dans ce lit. Malheureusement, je ne pouvais rien y changer. Ce qui se passait dans ses rêves, dans ses cauchemars, je ne pouvais y avoir d'impact.
Je m'en mordis la lèvre inférieure, venant finalement la rejoindre dans le lit, essayant de l'envelopper de mes bras sans pour autant la réveiller. Mon visage se trouvait très prêt du sien. Ce serait certainement la première chose qu'elle pourrait apercevoir en se réveillant.
Je souhaitais faire plus, mais je n'avais aucune idée de ce que je pouvais bien entreprendre.
J'hésitais à la réveiller. Au final, je ne faisais que renforcer mon emprise sur elle, via mes bras. Cela semblait l’apaiser quelques instants, mais au final, elle finissait par recommencer à s'agiter quelque peu. Plus d'une fois, je me retrouvais à encaisser de tous petits coups de poing, ou même de tête. Mais il en faudrait bien plus pour m'en venir à bout ! Je la regardais, tendrement, tout en l'ayant contre moi. Qu'est-ce que j'aimerai pouvoir faire plus.

Je finis par m'endormir, à ses côtés, lors d'un instant où la jeune femme semblait plus calme qu'avant. Je m'en voudrais, très certainement, au réveil, de m'être endormi de la sorte, alors que j'étais entrain de veiller sur elle.
Comme au petit matin, l'activité de la jeune femme eut raison de mon sommeil léger, elle venait de se réveiller. Elle n'avait pas passé une des siestes les plus agréables qui soit, aux premières vues. Je m'en mordais la lèvre inférieure. Ma partenaire semblait essayer de calmer sa respiration, la tête contre mon cou. J'adorais recevoir son souffle sur ma peau, définitivement. Voyant qu'elle avait enfin reprit conscience, j'en profitais pour resserrer notre étreinte. Venant lui caresser le dos, tout en long, de ma main gauche, la droit étant présente contre sa nuque. Mes lèvres vinrent se poser contre ses cheveux, où j'enchaînais timidement quelques baisers.
Abigail n'avait rien dis et rien fait d'autre que se rapprocher de moi, à son réveil. Je ne voulais pas être celui qui prendrait la parole en premier, je ne voulais pas la presser, je ne voulais pas lui imposer quoi que ce soit.
La seule chose dont j'avais vraiment envie, c'est qu'elle se repose, dans mes bras, le plus longtemps possible. Elle n'était pas seule, elle n'était plus seule. J'étais là. Je savais que je ne pouvais pas faire grand chose de plus que d'être présent pour elle. Mais c'est définitivement ce que je voulais.
Dans un murmure, je pris la parole, lentement, d'une voix douce et calme :


« Je.. suis là. Je serai toujours là. »

Au même instant, j'arrêtais de lui caresser le dos du bout des doigts afin de la serrer un peu plus contre moi.
(c) Lae/Matena


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MessageSujet: Re: Du Paradis à l'Enfer, il n'y a qu'un pas    Lun 12 Sep - 19:10

    Abigail s'était endormit dans les bras de Stèphen au milieu de la cuisine et s'était réveillée dans son lit, entourée des bras de ce dernier. Sa courte sieste n'avait servie ni de pause, ni repos, elle n'avait été que cauchemar, que reflet de la réalité et des peurs de la demoiselle Valverde. En se réveillant, elle avait cherché la chaleur de son compagnon pour calmer ses craintes infondées, Abigail avait peur, elle avait la boule au ventre, elle priait pour qu'il ne parte jamais, pour qu'il ne s'éloigne pas d'elle maintenant qu'il la savait faire partie d'une des deux familles. Elle avait tout avoué à demi-mot, alors certes ce n'était pas à lui qu'elle parlait quand elle l'avait dit mais il était présent dans la pièce à cet instant-là et il avait tout entendu. Elle ne doutait pas du fait qu'il est tout compris sur son existence et elle craignait le pire, elle craignait véritablement que Stèphen ne parte loin, très loin et qu'elle ne puisse le rattraper, le rejoindre, rester à ses côtés. Alors quand il ne la repoussa pas, qu'il la serra un peu plus contre lui, qu'il lui caressait le dos et qu'il déposait sur ses cheveux plusieurs baisers, la jeune femme poussa un profond soupir et se laissa aller. Elle avait gardé les yeux clos mais son cerveau tournait à une vitesse folle. Et puis un murmure lui parvint :

    « Je.. suis là. Je serai toujours là. »

    Avec cette simple phrase, il avait chassé tous les doutes qui régnaient dans la pauvre tête d'Abigail et tandis qu'il la serrait encore un peu plus contre lui, la jeune femme pouvait humer son odeur pour y puiser courage et force. Ils allaient avoir une longue discussion, Stèphen aurait probablement de nombreuses choses et questions auxquelles elle devrait répondre honnêtement, et c'est à cela qu'elle devait se préparer. C'est pour cela, qu'elle prenait de grandes bouffées d'air afin de se détendre. Elle anticipait la discussion, il ne la jugerait peut-être pas mais elle n'était pas pour autant rassurée. C'est d'une voix qu'elle voulut assurée qu'elle lança cette conversation tant redoutée.

    - Je suppose que tu as des questions sans réponses, il est l'heure pour toi de les avoir. Pose toutes les questions qui te viennent à l'esprit, j'essaierais d'y répondre comme je peux et avec honnêteté.

    Et voilà c'était fait. De toute façon, plus elle attendrait et plus cela serait devenu dur pour elle d'entamer la conversation, de lancer ce sujet délicat mais ils devaient y passer pour en ressortir plus fort et plus proches l'un de l'autre que la veille. Au final, il en savait plus sur elle mais pour elle c'était toujours le vide total, quand elle en aurait fini avec ses questions, ce serait à son tour d'obtenir les réponses qui lui taraudaient l'esprit la veille au soir avant qu'ils n'aillent se coucher.

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MessageSujet: Re: Du Paradis à l'Enfer, il n'y a qu'un pas    Lun 12 Sep - 20:21







L
a petite tête blonde cachée contre mon torse prit finalement la parole après un long soupir. Elle parlait vite, très vite, trop vite pour me faire croire qu'elle était réellement sûre d'elle. Je ne pouvais pas m'empêcher de me mettre à sourire, tout en l'entendant, cachée contre mon torse. Abigail me proposait de m'offrir les réponses à mes questions. Malheureusement pour elle, moi, je ne voyais pas les choses de la même façon. Du moins, je ne me voyais pas la questionner maintenant, de suite. Et je voulais encore moins l'étouffer de ces dites questions. Cependant, je me doutais bien qu'elle souhaitait se faire toute petite, après ce que j'avais pu entendre tout à l'heure. Je me doutais bien, que dans sa tête, c'était pas sûr.
J'avais auparavant arrêté de lui caresser le dos, afin de la rapprocher de moi, appuyant sur son dos de mon bras. C'est alors que j'arrêtais cette légère pression, dégageant mon bras gauche de son dos. Ma main droite toujours présente contre sa nuque. D'un pied, je vins chercher celui de la jeune femme, tandis que ma main droite venait se nicher contre son menton, l'obligeant à se détacher tout doucement de mon torse, de sorte à ce que nos regards se croisent enfin. Elle semblait pas spécialement sûre d'elle. Je lui infligeais de nouveau un petit sourire en coin, avant de prendre la parole :


« Alors.. premièrement. »

L'air grave, les sourcils froncés, j'approchais mon visage du sien, lui volant un tendre baiser.

« Bonjour, ma petite amie. »

J'éloignais mon visage du sien, ré-affichant un sourire quelque peu amusé sur mes lèvres.

« Ensuite... »

D'un air penseur, lors de cette nouvelle introduction, pour finalement venir l'embrasser une nouvelle fois, posant mes lèvres contre les siennes.

« Bonjour, Madame la Valet. »

J'insistais sur le Ma de Madame, séquencé le mot en deux, laissant sous-entendre « Ma-Dame », la mienne. Mon visage s'éloigna de nouveau du sien. Je la regardais tendrement.

« Et pour terminer... »

Une nouvelle fois, je venais lui cueillir les lèvres, cette fois-ci, plus longtemps que les fois précédentes, avec un peu plus de fougue.

« Bonjour, toi. »

Repositionnant mon visage, de sorte à avoir un contact visuel avec ma partenaire, prenant un air songeur quelques secondes, avant de finalement reprendre la parole :

« … Peut-être.. que j'aurai du dire... Bonne après-midi ? »

Je lui infligeais, une nouvelle fois, un large sourire, accompagné de ces paroles pleines de légèretés et de sens, à la fois.
Doucement, la main posée contre le menton de ma compagne se détacha, reprenant sa place, dans son dos, le caressant lentement du bout des doigts.
D'une voix calme, je reprenais la parole, un peu plus sérieusement que les premières fois :


« La première question qui me vient en tête... En quoi consiste réellement ton rôle, au sein de la famille ?... Je sais pas trop comment l'exprimer.. mais.. j'imagine qu'on t'impose des missions.. où tu mets ta vie en jeu... Tu vas me trouver égoïste.. mais si ça arrive, je veux être au courant de tout ce dont tu auras le droit de me dire...
Je ne veux pas t'empêcher de quoi que ce soit... Mais si ta vie est en danger.. je ne pourrais jamais me pardonner de te laisser seule. »


Avouais-je, timidement. Ce n'était pas une mince affaire, que de répondre à ce genre de questions. Surtout que, je n'en doutais plus vraiment, après avoir appris qu'elle avait passé du temps dans le coma suite à la prise d'otage : Sa vie serait de nouveau mise en danger par la faute de sa famille.
Je ne voulais pas la perdre à cause de cette famille. Je n'avais que faire qu'elle en fasse partie, cela ne me dérangeait pas. Mais s'ils me l'arrachaient dans une mission suicide, je leur en voudrai, indéfiniment.
Je lui souriais en reprenant la parole :


« À toi de me poser une question, maintenant. »
(c) Lae/Matena


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MessageSujet: Re: Du Paradis à l'Enfer, il n'y a qu'un pas    Lun 12 Sep - 21:08

    La jeune femme était moins que pas sûre d'elle du tout, elle ne savait pas cacher son trouble, cela finirait par la tuer un jour, elle en était certaine. Stèphen bougea, sa main venant chercher le menton de la damoiselle et son pied venant frôler le sien, à quoi jouait-il ? Le regard incertain d'Abigail put alors être visible par l'homme à ces côtés et puis alors qu'elle stressait d'obtenir les questions, lui souriait. Abigail, elle riait jaune jusqu'à ce qu'il prenne la parole pour ensuite partir dans une série de baiser pour lui dire bonjour. Elle ne comprenait rien, son regard ne s'était pas détaché une seule seconde du sien : petite-amie, Valet, ma-dame, toi. Tous ces mots pour la désigner et lui souhaiter la bienvenue dans sa vie ? Était-ce bien le message qu'il voulait lui faire parvenir ? Que malgré le fait qu'elle fasse partie d'une famille, il ne la laisserait pas partir, qu'il ne la quitterait pas ? Elle espérait ne pas se tromper et laissa son instinct la mener à bon port, il ne s'était jamais trompé alors elle lui faisait confiance pour juger de la situation. Quand Stèphen lui déclara qu'il aurait du dire « bonne après-midi », elle écarquilla encore plus les yeux : elle avait tant dormit que ça ?

    Et tandis qu'il recommençait à caresser le dos d'Abigail, il lui posa finalement sa première question : à quoi servait le rôle de Valet ? Mettait-elle sa vie en jeu ? Et il voulait être mis au courant le jour où cela arriverait car il refusait de la laisser seule s'il la savait en danger. Abigail lui fit un tendre sourire avant de poser sa main droite sur le torse de Stèphen, au niveau de Stèphen.


    - Comment expliquer… Les Valets des familles sont en fait des gardes du corps pour le Roi. Ils sont censés le protéger au péril de leur vie. Pour ce qui est des Elémentis, on a complètement échoué à cette tâche. Je ne sais même pas où il se trouvait. J'aurais dût laisser l'autre Valet se débrouiller avec le centre commercial au lieu de n'en faire qu'à ma tête et de le suivre pour l'aider. J'aurais dut penser à me renseigner sur sa sécurité mais je ne l'ai pas fait, je n'y ai même pas penser. Cela fait peu de temps que je suis Valet et je n'ai pour l'instant jamais eu de mission en provenance de ma famille, en même temps je n'ai pas besoin d'eux pour… me mettre dans des situations improbables et dangereuses. On peut dire que je les attire naturellement… Je ne te trouve pas égoïste et cela me touche énormément que tu te préoccupes à ce point de ma santé et de ma vie, je te parlerais de tout ce que je peux, je t'en fais la promesse.

    Elle espérait ne pas avoir oublier quoi que ce soit. C'était à son tour de lui poser une question mais comment choisir quand des dizaines de questions sérieuses et beaucoup moins sérieuses tournaient dans votre esprit ? Abigail se tortilla les lèvres en cherchant quoi lui demander en premier. Et puis elle se lança, elle commencerait par le présent et repartirait ensuite dans le passé.

    - J'aimerais savoir ce que tu fais depuis que tu es arrivé à Quederla. Tu m'as dit être arrivé le jour de la prise d'otage et avoir participé, mais tu ne m'as pas dit pourquoi tu te trouvais dans ce centre commercial…

    Abigail avait planté son regard dans celui de Stèphen, elle ne le détacherait pas, quoiqu'il puisse lui dire, elle garderait ses yeux dans les siens.
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MessageSujet: Re: Du Paradis à l'Enfer, il n'y a qu'un pas    

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Du Paradis à l'Enfer, il n'y a qu'un pas
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