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  Efface les regrets mais ne pleure pas. Avance. | Moi & Moi

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Bloodyne ChesterMessages : 520
Date d'inscription : 08/08/2014


MessageSujet: Efface les regrets mais ne pleure pas. Avance. | Moi & Moi   Lun 8 Mai - 20:31

/!\ Attention pavééééé en approche /!\





Bloddyne & Sam


« J'apprécie le changement avec le temps »

Soupire
Qu'est-ce que j'aimerais revenir en arrière et me remettre dans le canapé de Roxane avec un pot de glace.

J'ai passé le reste de la journée auprès de Roxane, on a discuté de tout de rien et je lui ait surtout permise de penser à autre chose durant quelques heures qu'à sa douleur. Qui plus est, à moi-même cela m'a fait un bien fou de rire à ses bêtises et d'oublier les dernières 24 heures. Puis l'aiguille à pointer 16 h, le temps de partir et de récupérer Ace à l'école. Cependant, en allant le chercher je n'ai malheureusement pas pu éviter les regards étranges et quelques murmures désagréables à mon attention, ou du moins en rapport à l'histoire survenue tôt ce matin. Les événements avaient fait le tour de la ville et l'homme le plus recherché de celle-ci faisait encore parler de lui. Dur de passer inaperçu quand on sait que je resterais à jamais lié à lui par un enfant. Mais, ça ce n'était que des petits détails plus ou moins gérable. En revanche, ce qui le devenait moins, c'était bien d'affronter sa directrice. Au début je me suis dit je trace, je rentre dans le bâtiment, je prennent les affaires, j'attrape Ace et ai fait demi-tour sans perdre une seconde. Un plan parfait, si ce n'est a un point près ; la directrice qui vos appels et qui demande à vous voir seule à seule. Un plan presque parfait. “Ace pourra continuer à jouer, nous n'en avons pas pour longtemps” qu'elle m'a dit. Évidemment, ce n'était pas lui qui allait se faire taper sur le bout des doigts.

Voilà où j'en suis maintenant. Assise dans un bureau dont l'odeur trop présente de parfum à la rose m'agresse le nez. Quelques chats en porcelaine sur une étagère qui m'observe de quoi en mettre mal à l'aise plus d'un, chaque dossier sont soigneusement rangés à leur place, tandis que ladite propriétaire des lieux s'assoit en face de moi attrapant un stylo qui est loin d'être du genre bon marché. Griffonnant quelques mots ici et là sur un papier dont il me semble reconnaitre les lettres… Ce n'est sûrement qu'une coïncidence quant au fait qu'un “PSY” soit inscrit à ce moment précis. Elle a beau avoir un certain âge au vu des rides sur son visage et des débuts de cheveux blancs entre sa couleur brune, elle semble avoir une forme du tonnerre et, surtout prête à me remettre à ma place pour avoir fait la plus grosse bêtise de ma vie, ce qui avouons-le, me met vraiment mal à l'aise. Mais je prends sur moi en joignant mes mains entre elles, posées sur les genoux, je l'observe attentivement, lui montrait que j'aimerais me terrer dans un trou de souris lui ferait sûrement bien plaisir.

Mademoiselle Chester, n'allons pas par quatre chemins. L'événement de ce matin n'est malheureusement pas passé inaperçu. Et j'en viens à me poser beaucoup de questions quant à l'impact et aux répercussions qui suivront, autant pour votre enfant que pour vous.
━ Ce sont des choses qui arrivent malheureusement dans une ville comme celle-là vous ne croyez pas ?
Certes. Néanmoins, vous êtes la seule dont le père est recherché par le gouvernement.
Je ne pense pas. Monsieur Harry, Loden et Rivers ont aussi des différends avec la loi.
Mais, ils ne sont pas “L'homme le plus rechercher de la ville”. Je conçois, ils ne sont pas blanc comme neige, malheureusement ils ne sont pas comparables avec Monsieur Ishikawa.

C'est justement ça le problème, personne n'est comparable avec lui, sur beaucoup de points. Mais ce qui revient le plus souvent et qui ne joue jamais en sa faveur c'est bien d'être poursuivi sans cesse par ce gouvernement. Il n'est pas un saint, ça je ne pourrais jamais le contredire malheureusement, même pour plaider sa cause. Cependant,  il me semble qu'il a suffisamment prouvé ces dernières années qu'il savait faire la part des choses et se tenir correctement pour avoir une vie paisible. Mais, ça ce sont toujours des choses que personne ne souhaite prendre en compte. Même elle semble se raviser doucement sur la question.

Qu'est-ce que vous vouliez dire par “impact et répercussion” sur nous ?
Eh bien, votre enfant a pour père un criminel. Et vous êtes son ex-femme.
Ex-fiancée. Le mariage n'a jamais eu lieu c'est une différence que j'apprécie. Mais je vous en prie, continuer.

J'aurais volontiers prononcé mes vœux de mariages, mais, allez savoir ce qu'il a pu arriver entre-temps.

Ace est un garçon prometteur, il a un goût pour l'école et pour le désir d'apprendre. Néanmoins, l'environnement dans lequel il se trouve pourrait être néfaste sur son développement. N'y voyez rien de personnel. Vous êtes une bonne mère je n'ai rien à redire là-dessus, si ce n'est au niveau de son paternel.

Crac.
Ça fait mal. Inspire. Expire. Et reste Zen.

Je vois… Et donc, votre conseille serait ?
Un peu d'éloignement.
Un peu, où concrètement ?
Il aura toujours besoin d'une figure paternel, mais, il serait bon que celle-ci ne provienne pas de lui.
Vous voulez qu'elle vienne d'où, du clochard qui se trouve en bas de la rue ?

Inspire. Expire. Une droite serait vraiment malvenue.

Non, évidemment que non. Elle pose son stylo, croise les mains et me regarde avec un air sérieux et déterminé à me faire aller dans son sens. Je me dois d'être cru, mais, ce serait dommage qu'un enfant comme Ace, finisse comme son père.
Je vous demande pardon ?
L'influence qu'il lui porte pourrait l'emmener sur une voie dangereuse. Peut-être qu'une consultation l'aiderait à faire face. J'ai un ami qui pourrait vous venir en aide, voici son adresse.

Elle me tend ledit papier griffonné quelques instants plus tôt et je reste bêtement à le regarder une fois entre mes mains. Une blague de mauvais goûts, pourtant celle-ci est entièrement sérieuse. C'est vrai qu'il est dans un environnement tellement horrible qu'il faudrait le faire voir un spécialiste avant que les choses ne dégradent et n'empirent… Non mais elle se fout de moi, n'est-ce pas ? Si encore il avait des symptômes qui pouvaient l'amener à avoir raison, je ne dis pas. Mais là… J'ai du mal à m'en remettre. Prétendre qu'il a un problème alors qu'il se comporte comme tous les enfants de son âge.

Ace a failli perdre son père aujourd'hui, n'est-ce pas ? Maintenant, il est Dieu sait où dans la nature. Qu'allez-vous dire à votre enfant qui ne verra plus son père pendant quelques semaines ? Et quand celles-ci deviendront des mois, ou bien encore des années ? Qu'allez-vous répondre quant à la rumeur qui circule déjà dans nos rues et aux questions étrangement qu'un autre enfant pourrait lui poser ? Au regard des parents qui se posent sur vous, ou à l'idée même d'être inscrite dans ce bâtiment. Cette épreuve va devenir très dure pour lui et pour vous.

Et là ça devient clair. J'hausse un sourcil presque amusé de la situation. C'est donc ça. Le problème ne vient pas de nous directement, mais l'image qu'on renvoie à être une famille comme ça. Mes propres “répercussions” on s'en tape. On tâche sa réputation d'école primaire parfaite. C'est presque désolant. Si j'en viens à suivre sa logique, je devrais nous éloigner de lui simplement pour que les personnes arrêtent de parler. Il devrait voir un psy pour obtenir des problèmes qu'il n'a pas. Sans oublier le bien fou que cela apporterait de ne plus jamais voir son père. Évidemment, cela paraît logique. Mais à part cela, son développement va très bien, on serait déjà en train de réfléchir à une solution s'il était réellement affecté par tout ce merdier. D'accord, je suis peut-être la seule mère de famille qui a pour “ex-fiancé” l'homme qui a la prime la plus élevée. Pourtant, ce n'est pas le seul à avoir une affiche et se retrouver avec des enfants dans une école. Peut-être qu'il l'effraie comme la plupart des personnes, où est-ce la peur qu'il s'en prenne directement à l'école. Ce serait effectivement la chose la plus horrible qu'il n'est jamais faite. Cependant, les gens le voient comme un monstre, pourtant je sais qu'il ne le ferait jamais.

Vous savez, les enfants ont compris que quelque chose était arrivé en ville. Ils ont posé des questions au corps enseignant, à leurs camarades de classes. Et vous savez la réponse qui s'est démarqué du lot ? C'est quand votre enfant à affirmer que son père faisait du jonglage et donc qu'il était directement concerné par ce grabuge. Qu'est-ce qu'un enseignant est censé répondre à cela ?
Qu'il faisait du jonglage avec un tigre du tasmanie ?
Mademoiselle Chester…
Non, vous écoutez moi. À mon tour d'être on ne peut plus sérieuse et de mettre les points sur les i. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Que je suis désolée que les enfants parlent, je ne le suis pas, ils sont curieux c'est dans leur nature. Que je m'excuse du comportement de son père ? Je ne le ferais pas, ce qui a pu se produire ce matin ne me concerne en rien. Mais c'est assez mal placer d'oser me conseiller un psy alors qu'il va très bien. Je veux bien croire que ce soit déroutant pour les parents qui connaissent la vérité, qu'ils sont obligés de mentir à leur enfant pour éviter les images traumatisantes. Mais c'est une situation tout autant compliquée pour moi ! Je vais rentrer ce soir et il me posera très certainement un millier de questions quant à son père qui travaille dans un cirque, ou encore à tout ce qu'il a pu entendre aujourd'hui. Et je serais obligée d'affirmer cette bêtise pour le préserver, pour ne pas lui dire qu'il est peut-être blessé au coin d'une rue à l'agonie ou que sais-je encore. Vous vous attendiez à quoi, que je lui dise la vérité ? Vous ne trouvez pas que ce serait bien pire. Vous souhaitez que je détruise sa vie, son cœur innocent simplement pour que vous gardiez une réputation respectable aux yeux de tous ?
Non mais…
Mais quoi ? S'il avait finit par mourir comme ce qui était prévu. S'il n'était plus de ce monde vous croyez vraiment que la situation serait meilleure ? Oh, bien sûrs, tous les parents et enseignant seraient ravis de l'apprendre. Plus besoin de me regarder avec méfiance, plus de messes basses quand j'arrive ou de me pointer du doigt parce qu'il serait forcément le principal coupable de toutes les merdes qui peuvent arriver en ville. Mais est-ce que quelqu'un ici pense à ce qu'Ace pourrait endurer de son côté ? Au lieu de penser à votre pauvre établissement et son image, voyez le plus important. Lui avouait que son père n'est plus de son monde serait horrible. Si vous pensez qu'il s'en remettra facilement parce qu'il se démarque un tant soit peu des autres, vous vous trompez amèrement. C'est un enfant, personne ne devrait lui souhaiter ça, qu'importe ce qu'à pu faire son père auparavant. Il a changé mais personne ne le voit. Vous restez ancré sur un passé sans vous dire qu'il serait possible de finir différemment. Ace est le plus heureux au monde en sa compagnie et ce serait le privé de ce qu'il l'aime le plus.

Je n'ai rien à ajouter de plus. Et je ne veux même pas entendre ce qu'elle à dire. Je préfère me relever à ses mots, jeter la feuille en la froissant dans la corbeille et me diriger vers la sortie. Elle et son développement me tape sur le système. On va dire qu'avant que ma main ne parte droit devant et s'écrase contre son visage, sortir d'ici est de loin la meilleure idée qui soit. Après tout, j'ai besoin qu'Ace reste dans la seule école primaire et abordable de cette ville. Ce n'est pas comme si je pouvais me permettre de lui faire des cours à la maison après ça. En même temps, la laisser parler sur des choses qu'elle ne connaît et, accuser mon enfant de presque fous n'est pas non plus possible. Mes doigts se posent sur la poignée de la porte, mais avant de l'ouvrir, je m'exprime une dernière fois :

Je vous remercie de prêter tant d'attention à notre vie. Merci de vous soucier en plus de ça, de “l'impact” que cela pourrait engendrer. Je pense que jusqu'à présent je m'en suis sortie convenablement. Noté que la prochaine fois je ne serais pas aussi patiente et sereine et que cette carte ne finira pas dans une poubelle. Ce n'est pas une menace, simplement un conseil comme vous semblez le faire si bien.

Puis, ni une ni deux, la porte se claque derrière moi et je soupire longuement avant de traverser le couloir en direction de la salle de classe. Fort heureusement, personne n'était dans les parages pour entendre cet échange qui a fini par monter crescendo en un rien de temps. Il faut dire que ses arguments m'ont cherché aussi, je ne fais que me défendre, avec mes mots. J'ose à peine imaginer ce qu'il suivra par la suite, je voyais bien sûr son visage qu'elle semblait partiellement en accord avec certains de mes dires, mais pas suffisamment pour lui ôter cette idée stupide de la tête. Une garce, la directrice est une belle garce. J'efface ça de ma tête, préférant plutôt penser à quelque chose de plus joyeux. Comme ce que nous allons manger ce soir par exemple. J'attrape en même temps les affaires d'Ace et le récupère après qu'il est fini sa partie de 1 2 3 soleils.

Nous marchons donc tranquillement en direction de la maison, je fais un détour pour éviter la place publique et les quelques traces de sang encore visibles sur le sol, tandis qu'il m'explique avec joie sa soirée avec Tata Roxane. Des crêpes qui étaient au rendez-vous et si j'en comprends son explication, si le grand “Zaza” n'avait pas mis un “holà” sûr la limitation, la fournée d'une quarantaine de crêpes auraient fini dans le fin fond de son ventre. Soit, s'il avait fait une indigestion durant la nuit, c'est mademoiselle la rouquine qui aurait payé les frais du médecin. Pauvre ou non. En arrivant à la maison, Ace, me dit qu'il a encore envie de manger des crêpes et qu'elles étaient même meilleures que celle de papa. À ça, c'est plus fort que moi, je ris de la situation en imaginant la tête de celui-ci s'il l'apprenait.

Tu comptes le dire à papa ?
Y va être triste ! Moi j'aime par quand il est triste.
Moi non plus je n’aime pas ça. Mais parfois pour être honnête et sincère envers quelqu'un qu'on aime, a pas d'autre choix que de le rendre triste.
Alors je lui dirais, mais avec un beau dessin pour pas qui pleure !

En voilà une bonne idée qu'elle est bonne. On me dira, ce n'est qu'une histoire de crêpe, ce n'est rien. Mais s'il pouvait éviter de devenir un petit menteur comme ses parents, je ne dis pas non. Même pour des choses insignifiantes je préfère qu'il retienne ça. Je finis par le faire goûter, puis travailler sur les dessins qu'il doit rendre à l'école, avant de l'expédier illico à la douche. Une bonne demi-heure à s'amuser avec ces jouets, avant qu'il ne finisse sa partie dans le salon, pendant que je prépare à manger. Il faudrait qu'il mange des légumes surtout après son repas de la veille, mais moi-même je suis loin d'en avoir envie. Une flemme incommensurable me guette et j'ai hâte de faire ami-ami avec mon lit. Alors, des frites finissent par devenir la meilleure solution du jour. Ce n'est pas lui qui ira se plaindre. La première fournée est à peine prête qu'il se trouve déjà à table à attendre patiemment. S'il pouvait avoir autant d'enthousiasme quand c'est un plat d'épinard qui arrive dans son assiette j'en serais la plus heureuse.

Environ, une heure plus tard, dans les alentours de 20 h 30, le petit monstre écoute paisiblement son histoire, enrouler dans sous sa couette Mickey. Actuellement, c'est la période des trois petits cochons qui revient depuis une bonne semaine. D'ici à la prochaine il aura un coup de cœur sur un nouveau conte.

Maman, est-ce que papa travaille dans un cirque ?
Mmh, non, pas que je sache pourquoi ?
Tata a dit qui faisait du yonglage.
Ah oui ?
Voui, y avait du monde partout. Et un monsieur a dit le nom de papa. Alors, j'ai demandé à Roxi. Et Roxi ne ment jamais avec moi et elle m'a dit qui faisait du yonglage. Pourquoi on va pas le voir au cirque ?
Disons que Papa aide dans la mise en scène. C'est lui qui met en place le décor, mais il ne jongle pas. J'en discuterais avec papa et on verra quand est-ce qu'on pourra faire une sortie au cirque d'accord ?
D'accord ! Moi j'veux voir un lion danser avec un néléphant.
Qui sait peut-être. En attendant, tu vas faire un gros dodo.

Je range le livre terminé, j’embrasse son front et sort de la chambre en éteignant la lumière. Je lève les yeux au ciel en maudissant la rouquine. Merci Tata Roxane qu’est censé ne jamais mentir. Quelle belle image contradictoire avec ce que j’avais dit plus tôt dans la soirée. Il faut croire qu’on ne peut pas être honnête à 100%. Je range un peu la cuisine, puis m’octroie enfin cette douche durement méritée. Je reste je ne sais combien de temps sous l’eau chaude, les yeux fermés. Je repense à tout ce qui a pu se dérouler en si peu de temps et j’en viens à la conclusion qu’être à Quederla c’est vraiment une vie de merde. On pourrait si simplement tout laisser derrière et vivre la vie paisible qu’on souhaite. Sans problème, sans crainte à chaque coin de rue. Tout en ressemblant à une famille on ne peut plus normale, celle qu’on ne dévisage et qu’on ne juge pas pour un amour interdit. Pourtant, il y a un “je-ne-sais-quoi”, qui nous maintient encore ici. Et qui nous fait vivre sans cesse la même rengaine. Sûrement que la poisse a fini par s’habituer et aimer vivre au-dessus de nos têtes.

J’abandonne la plongée sous-marine quand mes doigts commencent à devenir des palmes. Habiller du premier jogging et teeshirt et qui passe dans mon placard, je fais un tour dans la chambre d'Ace en m’assurant qu’il dort profondément et non qu’il soit en train de faire la java dans son lit. Mais sa soirée avec Roxane semble l’avoir assommé pour de bon, je jurerais l’avoir entendu ronfler. Laissant celui-ci tranquille, c’est finalement l’envie de me faire une tisane qui me prend, mais à mi-chemin en direction de la cuisine, ce sont deux coups contre la porte qui m’interpelle. L’heure indique l’approche des 22 heures et je suis pourtant sûr de n’attendre personne. Au fond j’ai la petite pointe dans le creux de mon ventre qui espère que ce soit Gaara. J’avoue que je ne serais pas contre de me plonger ne serait-ce qu’une petite heure entre ses bras. Et puis, d’un autre côté, je sais qu’il a énormément besoin de repos. Alors, je redoute le fait que cela puisse être le gouvernement qui vient pour me chercher des noises. Je sais qu’ils le feront, simplement je n’aimerais pas que ce soit aujourd’hui.

J’avance rapidement vers la porte, j’inspire un grand coup, hésite une seconde à prendre une poêle pour assommer un garde en cas de besoin. Puis, je me dis que ce serait simplement stupide et la meilleure façon d’avoir un peu plus d’ennuis. La porte finit par s’ouvrir et c’est avec soulagement que je reconnais les traits de Sam.

Désolé j'arrive un peu sans prévenir mais, je voulais te faire une surprise. J'ai apporté du vin, je ne dérange pas ?
Non non. Vas-y entre je t'en prie. C'est gentil.

Je me décale pour le laisser passer, tandis qu'il me vole un baiser au passage et referme ensuite derrière lui. Mon soulagement diminue petit à petit quand je me rends compte que nous devons mettre des choses aux clairs et que j'ai la trouille que les choses tournent mal. Un peu plus ou moins, je pense que de toute façon j'ai dépassé la limite autorisée pour ce genre d'histoire. Je m'en vais chercher des verres et m'installe dans le canapé, tandis qu'il débouchonne la bouteille. Au moins je peux annoncer la mauvaise nouvelle autour dans un verre. L'alcool n'est pas censé aider dans ce genre de situation ?

Comment tu vas, j'ai appris ce qui s'était passé dans les grandes lignes. Tu tiens le choc ?

Honnêtement ? J'aimerais me jeter du haut d'une falaise. Mais ce ne sont pas des choses à avouer à la légère. On me donnerait des tendances suicidaires après ça.

Bien, bien.
Tu veux en parler ?
Il n'a pas grand-chose à dire en fin de compte. Le gouvernement a été sournois et c'est ce qui l'a pris au piège.
Je comprends mieux pourquoi on apprécie peu ces hommes en matière de loi. Je n'ai jamais compris pourquoi ils avaient besoin d'être fourbe à ce point-là.

Oh, si tu connaissais toute l'histoire, tu comprendrais pourquoi ils ont tant besoin d'être du côté de la sournoiserie. Mais c'est bien la dernière chose que j'ai envie de raconter en détail. Les rumeurs sont là pour le faire à ma place. Je prends le verre qu'il me tend et en boit une gorgée avant de m'enfoncer un peu plus dans le canapé. Comment est-ce qu'on aborde un sujet si délicat sans vouloir faire de la peine ? Au final, je me rends compte que je ne suis vraiment pas douée et encore moins experte dans ce domaine. J'ai beau avoir eu trois hommes dans ma vie, aucun ne sait terminer de manière plus ou moins correct. Le premier ça n'a été que des cris, des larmes et une porte qui claque. Le deuxième à fini en bain de sang. Quant au troisième… Qui sait où ça va nous mener. J'aurais peut-être vraiment dû m'armer d'une poêle.

À vrai dire, c'était plus de peur que de mal.
Vraiment ?
Oui. Enfin, forcément sa fuite a engendré pas mal de problèmes. Mais je pense que c'était ce qu'il y avait de mieux.

Et moi je pense que c'est un terrain dangereux que de lancer ce genre de sujet. Mais on a dit que l'honnêteté était une bonne chose, en particulier envers les personnes auquels on tient, non . En posant les yeux sur les lui, je ne sais ce que j'y lis exactement. De l'incompréhension, de la confusion, peut-être même de la crainte oui, mais de quoi ? Je dois en connaître la réponse très certainement, mais c'est tellement plus simple de rester dans le déni, n'est-ce pas . Pourtant, il n'y a pas de trace de colère ni de même de haine. Et, c'est bien là ce que j'arriverais à comprendre le mieux.

Quoi ?
C'est ce que tu penses vraiment ?
Oui. Cela me semble logique non ?
Il... Il a quand même failli te mettre en danger plusieurs fois. Et cette fois encore... Je veux dire, sa disparition va forcément entraîner des allers est venu de la part du gouvernement. Et Dieu seul sait ce qu'il pourrait faire s'il ne te croyait pas.
Je le sais... Mais, tu crois vraiment qu'être mort aurait été plus simple . Il reste le père d'Ace. Je n'aurais jamais eu le courage de lui annoncer comme ça de but en blanc qu'il ne le reverra plus jamais. Tu travailles avec des enfants, tu sais mieux quiconque qu'il s'en remettra pas.

Pour un pédiatre, il a dû en voir certain qui n'avait plus à leur jeune âge, soit leur mère soit leur père, si ce n'est les deux. Est-ce pour autant qu'ils se sentaient mieux ? Selon les circonstances, est-ce qu'ils étaient au courant ? Ou les laisser dans l'ignorance était la meilleure solution pour leur évolution ? Voir sa mère, son père où n'importe qui d'autres dans la famille pleuraient une disparition sans comprendre pourquoi, ne me paraît pas la solution adéquate. Sauf que, la vérité ne l'est pas non plus. Jolie, cercle vicieux et douloureux. Sam dépose son verre sur la table basse à peine entamé, puis me regarde fixement. Ma réponse n'est pas dénuée de sens, pourtant je le vois, quelque chose le dérange.

Et toi ?
Moi ?
Est-ce que ça te détruirait s'il n'était plus là ?

Oui.
Évidemment que oui.

Mais est-ce que tu veux vraiment cette réponse-là ? Il lâche un petit soupir en baissant les yeux. Je n'ai rien dit, pourtant le silence à parler pour moi. Et à mon tour je dépose le verre en fixant plutôt mes mains honteuses que lui. L'amour c'est de la merde, mais on aime ça malheureusement, on en a besoin même quand ça fait aussi mal.

Je ne souhaite pas sa mort, au fond il doit être un bon type pour se battre corps et âmes pour son enfant. Pour en désirait un malgré la situation dans laquelle il se trouve. Et pour s'accrocher à toi-même en étant ailleurs.

On ne s'attend pas à attendre ce genre de choses de la part de son petit ami potentiel, moins encore quand on sait qu'ils sont loin de se porter respectivement dans leur coeur. Alors, pourquoi dire cela au lieu de le démolir comme ce que ferait n'importe quel homme dans une situation aussi dégradante que celle-ci ? Peut-être qu'avec le temps et le nombre d'expérience on finit par réfléchir. Où on devient plus sage. Mais de base, la violence n'a jamais vraiment été une partie de plaisir pour lui. Il réfléchit trop à mon goût, pourtant, c'est bien là ce qui nous évite de hurler dans toute la maison.

Cela se voit tu sais, dit-il en se rapprochant et replaçant une mèche doucement derrière mon oreille. Il a beau avoir un visage de marbre, ses yeux sont beaucoup plus expressifs, surtout quand il se pose sur toi. Je le comprends d'ailleurs.
Je n'ai rien d'exceptionnel pourtant.
Justement, c'est ta simplicité qui fait ton charme. Et ton sale caractère.
Merci du compliment.
Tu sais ce que je veux dire.

Oui, que j'ai un caractère de cochon. Mais ça tout le monde le sait.
Je souris vaguement. J'ai un noeud dans la poitrine, un noeud la gorge. On a beau simplement discuter, j'ai l'impression que la situation est bien pire que si le ton de la voix été plus élever. J'aurais préféré hurler, me mettre en colère, parce que c'est plus simple à gérer qu'une montée de peine. Et il reste là, à me regarder sagement, sans aucune haine qui ne daigne apparaître. C'est que je ne pourrais même pas lui donner tort sur la situation, lui dire que c'est sa faute. Non, ce n'est que la mienne.

Le grand amour. Tu penses qu'avec le temps j'aurais pu avoir ma chance . J'aurais pu être le bon, celui avec un grand A ?
Pourquoi est-ce que tu dis ça ?
Blood, tu sais, je ne suis pas née de la dernière pluie. Vous êtes attirés l'un vers l'autre même en étant séparé. Ça me fait mal de dire ça, mais vous êtes fait pour être ensemble.
Sam...
Je ne t'en veux pas, sincèrement. Et aussi étonnant que cela puisse être, à lui non plus. Au fond, je savais que les choses étaient perdues d'avance. Mais, il fallait que j'essaie.

Je me suis toujours demandée pourquoi il fallait qu'on essaie les choses qu'on s'est perdu d'avance. Pour ne pas avoir de regret au final ? C'est quelque peu stupide, puisqu'on doit faire face au regret de la souffrance. On regrette les choix aussi. Et on en vient à se dire que si on n'avait pas voulu “essayer” les regrets n'existeraient pas. Si ce n'est ceux de n'avoir rien fait et de passer à côté de quelque chose. Dans les deux cas on se fait avoir. J'hésite un instant, puis finalement, j'y réponds à cette question. Il en connaît la réponse, je le sais, mais il faut que cela sorte aussi pour moi.

Tu as raison, s'il venait à mourir j'en serais anéantie. On a beau ne plus être ensemble je ne supporterais pas de le perdre. Pas simplement parce qu'il est le père d'Ace, mais parce qu'il restera toujours le premier que j'ai aimé et que j'aimerai.

Même si l'entêtement à vouloir être avec lui, finit par nous détruire, ce sera toujours là. Enraciner entre la haine et la colère. C'est ce qui a été le cas durant trois longues années. Mais j'ai préféré le nier que tenter d'améliorer là où les choses ont échoué.

Je suis vraiment désolée que les choses se passent ainsi. Je veux dire, tu ne mérites pas ça et je n'ai pas non plus envie de te faire souffrir. Pourtant...
Pourtant, ce n'est pas avec moi que tu dois être actuellement.

Sans vouloir accuser une histoire de destin ou une connerie de ce genre, la bouteille de vin n'était très certainement pas une simple coïncidence. Sûrement qu'il s'en doutait depuis toujours que les choses ne pouvaient durer éternellement. Que même si je pouvais l'aimer ce ne serait jamais aussi fort ? Peut-être que oui, peut-être que non. À moins que l'éclat de ce matin était suffisamment compréhensible, ou le fait de le défendre constamment. À vrai dire la liste pourrait être bien longue. Mais elle ne me donnerait toujours pas de réponse.

Je me demande comment on en est arrivé là.
Eh bien… Je suis tombé amoureux d'une patiente. Et au lieu de rester à ma place, j'ai tenté ma chance. C'était surement la première erreur.
Je pense que la patiente n'aurait pas dû accepter ce café. Au fond, elle savait que ce qu'elle faisait état mal. Deuxième erreur.
Pourquoi est-ce qu'elle a accepté dans ce cas ?
Je crois… qu'elle était perdue, qu'elle avait besoin d'un réconfort disparu depuis longtemps. Et de fil en aiguille elle s'est accrochée. D'abord, un ami qu'il était possible de voir, une fois, deux fois et à la troisième la proposition de faire un diner s'est échappé.
Troisième erreur donc. Mais j'ai été galant, même si elle m'a invité, c'est quand même moi qui aie payé.
Ta galanterie te perdra.
Oh, je pense que c'est déjà le cas depuis longtemps.

L'avantage c'est qu'il ne fait pas de la situation un drame et ça me fait sourire. Même si ce serait acceptable dans son cas. Il sait trouver les mots adéquats pour détendre l'atmosphère à moins que ce ne soit son habitude continuellement sereine qui m'évite de me morfondre durant une éternité.

Le temps passe à discuter un peu de tout et rien et même à réussir à rire une ou deux fois. Les choses deviennent plus amicales qu'on en oublierait presque qu'une rupture a eu lieu ici. Les mots n'ont pourtant pas été prononcés, ni lui ni moi avons dit haut et fort “je te quitte”. C'était suffisamment compréhensible pour ne pas avoir à les dires. D'un autre côté il sait charger de mettre les choses aux claires bien plus facilement que moi. Et d'un coup minuit sonne, l'heure du départ, les derniers instants partagés ne resteront qu'un souvenir avant qu'il ne franchisse cette porte et ne redevienne que le simple pédiatre d'Ace. C'est debout dans l'encadrement de celle-ci qu'il est temps de se dire au revoir.

Sûre ne pas vouloir changer d'avis ?
Certaine. Ce serait malsain et aucun de nous deux ne se sentiraient à sa place.
J'aurais essayé. C'est un vrai petit chanceux. Il aura intérêt de te rendre heureuse et de prendre soin de toi.
Il le fera, t'en fais pas.
Il vaut mieux, sinon la prochaine consultation en “famille” risque de mal finir.
Justement à ce propos, par acquit de conscience, je viendrais seule. L'un de vous deux serait capable de jeter l'autre par la fenêtre.
Mon cabinet est au rechaussé. On risque simplement d'avoir un peu mal avec les roses.
Effectivement, c'est bien plus de problèmes qui nous attendent.

C'est un fait que je préférais ne jamais vivre. Et pour cela, mieux vaut que j'aille lui rendre visite seule, ce qui évitera très certainement les tensions et autres sensation désagréable plané au-dessus de nos têtes. À moins que sa présence ne soit indispensable. De toute manière c'est d'Ace qu'il s'agit et non de nous durant les visites. Au moins, malgré cela, il continuera à le prendre en charge en faisant la part des choses pour les quelques années à venir.

Au revoir, Mademoiselle Chester.

Il m'offre un baiser sur le front, pour la dernière fois avant qu'on ne revienne à une poignée de main d'ici notre prochaine rencontre. Je finis par laisser une bise sur sa joue avant de le laisser partir. Ce fut moins dur qu'autrefois, mais cela en restait tout autant poignant. J'ai beau être éperdument amoureuse de Gaara, je tenais quand même suffisamment à Sam pour que cela laisse des marques à ce moment précis. Tout comme lui pouvait aimer Amy et la peine qu'il a dû recevoir d'être ainsi trahis. Mais cela appartenait au passé désormais.

Au revoir, Monsieur Myers.

C'est à nous de rendre notre futur meilleure que le passé.


- Adrenalean 2016 pour Epicode



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