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 Chéri, on doit la rendre ! | Bigby

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Laelyss ReissMessages : 913
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MessageSujet: Chéri, on doit la rendre ! | Bigby   Mar 5 Sep - 18:41

Kira et ta fure question "Je le place quand votre rp"
Entre fin Aout/début septembre, donc large o/


Le Blues est au fond du couloir


S'il te plaît ma puce arrête de pleurer… Je ne sais pas ce que tu as… Tu as mangé… Ta couche est propre… Tu as dormi… Je sais plus quoi faire alors, s'il te plaît, s'il te plaît, ne pleure plus …!

Depuis que nous sommes revenues de notre balade, profitant du maigre beau temps avant qu'il ne tourne à une forte pluie, Winter ne cesse de pleurer en me laissant patauger pour en comprendre la raison. Celle-ci dans mes bras, je la balançais doucement pour la border en fredonnant par-dessus ses pleures. J'avais pourtant guetté tous les signes comme me l'avait conseillé Rose ; “si elle pleure, c'est peut-être parce qu'elle a faim, froid, ou que sa couche est pleine”. Cependant, rien ne correspondait à son mal qu'elle exprimait bruyamment. J'avais même hésité à harceler le médecin pour des réponses dans le doute où elle pouvait couvrir quelque chose, puis, je me suis ravisé en voyant que sa température était on ne plus normale. Mais là, j'en venais à un point où j'avais cette désagréable sensation de ne pas connaître ma propre fille et de ne pas savoir réagir et répondre aux besoins qu'elle désirait. En soi, ce n'était pas sa première crise, je savais plus ou moins à quoi m'attendre depuis plusieurs semaines, néanmoins, cela restait déroutant de devoir s'armer de patience jusqu'à ce que son père rentre et qu'il arrive par je-ne-sais-quel-miracle à la calmer. J'avais déjà tenté de me rassurer en me disant qu'avec les ressent événement, ce trou en plein milieu de la ville qui a fait pas mal de dégâts et dont on a pu en réchapper, ne devait pas aider et qu'elle devait ressentir la tension en ville. Ainsi qu'un logement dans un hôtel, même en ayant pris la meilleure chambre qui soit, n'était pas l'endroit le plus agréable, alors que, sa chambre que nous avions si durement préparée l'attendait encore. Oui, je me suis durement convaincu que la faute provient de mère nature si mon enfant était irritable.

Mais la réalité était toute autre. J'étais simplement dépassé par tout.
Depuis que grand-mère était partie en début août, m'occuper d'elle, était devenue bien plus compliqué. J'ai cru au début qu'une fois tous les conseils mémoriser et ses petites astuces sous le coude, élever Winter n'allait pas être si dur, si ce n'est même un vrai jeu d'enfant… Mais j'étais vraiment loin du compte. À ce moment-là, je pouvais encore me reposer sur elle, elle prenait le relais et me permettait de dormir ou de m'occuper des boutiques ne serait-ce qu'une petite heure. Le commerce devait continuer à tourner puisqu'il nous permettait de financer une partie des réparations ━ la moitié de la douche s'étant effondré dans le salon ━ en plus du salaire de Bigby. Cependant, le manque d'employé était loin d'aider à la situation, chacun avait ses propres problèmes à gérer et ne pouvait en faire une priorité. Et puis, Rose devait aussi retourner chez elle, la savoir ici avec cette fissure ne m'a guère rassuré. Je l'avais plus ou moins poussé à reprendre le bateau plus tôt, assurant que tout aller bien se passer et qu'il n'y avait vraiment pas de quoi s'en faire.
Voilà une idée que je regrette actuellement.
Les premiers jours ne m'ont pas paru horribles, j'avais même la sensation d'avoir le contrôle sur tout. Et d'un coup, tout m'a échappé. Entre le bébé, les boutiques, la maison, les animaux… J'ai cru perdre pied à de nombreuses reprises. Et, au lieu de demander de l'aide comme toute personne normalement constitué, j'ai préféré me taire et jouer les fortes têtes qui, peux tout à fait gérer ce genre de situation. Ce qui, jusqu'à il y encore quatre jours fut le cas, en soi je n'ai pas laissé transparaître qu'il y avait un problème, mais mon manque de sommeil et d'attention sur des choses même les plus insignifiantes commencer à me trahir. Et, par conséquent j'augmentais un peu plus la dose des pilules qui me permettaient de tenir debout.

Ce qui en ce moment même pouvait se traduire par une patience moindre en ce qui était des cris du bébé. Elle venait de monter le volume et le chien aboyé après à son tour. Praline, elle avait eu la bonne idée d'aller se réfugier dans un placard pour avoir la paix, ce que je pouvais l'envier. Je suppliais encore la petite de bien vouloir retrouver son calme, quand on frappa fortement à la porte. Winter fut placé dans son berceau tandis que je me dépêchais d'ouvrir, avant que l'individu ne décide de la détruire à grand coup de poing. Il était grand, d'au moins deux têtes, imposant de sa carrure et ses yeux bleus me jugeais au bord de la menace.

Je peux vous aider ?
Ouais. Tu sais quelle heure il est ?
Hum… Je regardais rapidement autour de moi à la recherche d'une montre inexistante, puis estimé approximativement une heure avec la lueur du jour caché par la pluie, 18 heures, il me semble sinon vous avez une horloge en b…
Je bosse moi la nuit, ok ? Me coupa-t-il. J'ai besoin de repos là actuellement, je commence dans 4 heures. Alors, dit à ton sale gosse de la boucler, tu piges ?
Pardon ?
Quoi t'as pas compris ? T'es le genre de nana qu'est bonne, mais qu'à rien dans le ciboulot… ? Erf. Il soupira, lança un regard de bas en haut sur ma personne, puis fronça les sourcils quand les pleures du bébé reprit de plus belle. Fait rentrer ton joli p'tit cul à l'intérieur et fait taire ton marmot. Pour faire simple, soit une jolie fille et fais ton boulot de femme au foyer correctement.

Femme au foyer ? J'avais vraiment la tête d'une simple femme au foyer qui ne savait rien faire d'autre que changer les couches de son enfant ? Il semblait si fier de sa conclusion, que cela me mit rapidement hors de moi. Ce n'était vraiment pas le jour de me chercher des noises et en même temps, c'était comme si tout ce que j'avais accumulé depuis des semaines décidaient de sortir en une seule fois en s'acharnant sur le malheureux qui ne voulait qu'un peu de calme. Une chose que je pouvais bien comprendre, mais pas de cette manière-là. Mes deux mains attrapèrent le col de sa chemise ouverte, ce n'est qu'à ce moment-là que je compris qu'il avait dû sortir de son lit en quatrième vitesse avec le peu de vêtements qu'il portait sur lui. Mais là, ce n'était qu'un détail qui me passait au-dessus, car je le repoussais avec suffisamment de force possible pour que son dos se cogne contre le mur d'en face, au point que le tableau accroché tomba à son tour. Il jura contre moi, au même titre que Twister et ses aboiements qui se rapprochaient plus de grognement menaçant, mais je ne saurais dire après qui il en voulait.

On va mettre les choses au clair toute suite, je ne suis pas une femme au foyer, d'accord ?! J'ai deux boutiques à charge, un enfant à élever, un homme auquel je dois prendre soin et deux animaux à chouchouté, je dors beaucoup moins que toi par nuit et je ne prends pas une seule minute pour moi. Est-ce que pour autant, tu m'entends me plaindre de ma vie ? Parce que bordel, j'en aurais des choses à dire ! Mais, non. Alors, si tu ne veux pas que je t'enfonce la sucette de ma fille dans le gosier, soit mignon, ferme là.

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Dernière édition par Laelyss Reiss le Mer 6 Sep - 13:50, édité 1 fois
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Bigby RawlinsMessages : 1070
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MessageSujet: Re: Chéri, on doit la rendre ! | Bigby   Mer 6 Sep - 12:59

Chéri, on doit la rendre !
Le temps d'à peine deux semaines de congés et on estimait déjà que je n'avais plus besoin d'être présent pour mon bébé : les joies du congé paternité, certainement élaboré par des individus plus pressés de reprendre la vie active que celle de parent. Enfin, nous avions au moins eu la chance de bénéficier du soutien de la grand-mère de Laelyss jusqu'à son départ, histoire d'assurer une présence aussi bien pour la petite que pour sa mère ; ce qui n'est pas du luxe dans les circonstances actuelles. L'avantage à résider pour une durée indéterminée dans l'hôtel du Siffleur Endormi, c'est que je ne me suis jamais autant tenu au courant des affaires des Domae depuis que je vis quelques étages au dessus du QG. Une telle assiduité n'est jamais négligeable pour garder un œil sur tout, en particulier quand il s'agit de dégoter une ou deux missions faciles pour alimenter le budget des travaux. Elles sont rarement très gratifiantes, mais si j'avais envie de sacrifier davantage de temps à passer avec ma famille, j'aurais tout aussi bien fait d'accumuler les heures supplémentaires au centre commercial.

De retour de celui-ci à la fin de la journée, je suis surpris de remarquer, au moment d'aborder le palier de l'hôtel, que ma cigarette ne s'était encore entièrement consumée  après mon trajet. Décidément, je marche de plus en plus vite le soir pour rentrer à la "maison", c'en est presque du gâchis. Mes mauvaises habitudes me font jeter le mégot sur le trottoir puis l'écraser avec ma semelle, avant de tracer le hall d'accueil en direction des escaliers. C'est une solution qui dépanne, mais l'hôtel reste une alternative à laquelle je ne tiens pas à recourir pendant des mois. Mettre la boss au pied du mur et me prendre assez de congés pour gérer les travaux devient très sérieusement envisageable à mesure qu'on reste enfermés avec gosse et animaux, dans une surface ridiculement petite comparée à nos besoins. Sitôt le plus gros du désastre arrangé, il est clair que je ne nous ramène tous à la maison, quitte à avoir une ou deux pièces hors service en attendant de terminer... Foutu tremblement de terre.

Un léger grabuge, quoi que bruyant pour mon ouïe fine, me fit alors accélérer le pas pour atteindre mon étage et voir de quoi il en retournait, puisque le tapage n'est pas exactement ce qu'il y a de mieux pour apaiser les pleurs de bébé que j'entends de loin. Et à son origine, ni plus ni moins qu'une armoire à glace promptement déplacée contre le mur du couloir par une rouquine qui achevait de le remettre verbalement à sa place. Les deux semblaient excédés, difficile de trancher pour déterminer qui l'était le plus cela dit, et je faisais fi autant que possible de l'agréable mélange cacophonique de pleurs et d'aboiements cognant dans mes tempes en les rejoignant. Cohabiter au même endroit n'est certes jamais facile, mais je n'ai pas franchement envie de jouer aux médiateurs ce soir, aussi j'envoyai une main se poser sur l'épaule du bonhomme au moment d'arriver à sa hauteur -ou façon de parler-, l'agrippant avec suffisamment de fermeté pour appuyer mon message.

« Mon gars, tu ferais mieux de retourner rapidement dans ta chambre si tu ne veux pas que je te raccompagne moi-même. »

Qu'il réclame du silence ou un pauvre paquet de sucre, je n'ai ni le temps, ni quelque chose à foutre présentement pour chercher à négocier quoi que ce soit, alors autant l'inviter à retrouver sa piaule d'ici qu'il ne soit plus en mesure de prononcer correctement le numéro avec des dents en moins. Son regard et sa façon de se tenir me déplaisent au plus haut point, comme s'il cherchait à impressionner Laelyss en la menaçant : un pari osé, compte tenu des compétences de la rouquine, et à plus forte raison maintenant que j'étais là. L'attention de la racaille des couloirs d'hôtel glissa brièvement sur ma personne, avant de chercher à s'avancer vers sa cible première comme si je n'existais pas ; et lorsque ma poigne la lui rappellera plus durement, il me fallut esquiver le crochet vraisemblablement destiné à ma mâchoire en se tournant complètement vers moi. Ravi de ne plus me savoir oublié, je le remerciai donc d'un coup de poing dans les côtes, rien que pour lui couper un peu le souffle et en profiter pour le saisir par la nuque afin d'abaisser son visage à mon niveau. Bon, d'accord, il se pourrait que j'y ai mis plus de force que pour lui bloquer simplement la respiration, mais les urgences demeurent toujours ouvertes à cette heure pour des côtes cassées. Sur un ton déjà plus agacé, tandis que mes ongles se plantent sur le côté de son cou en dissuasion de toute rébellion, je réitère ma requête avec la clarté qui devait manifestement manquer la première fois :

« Je vais faire comme si tu ne m'avais pas bien entendu de là-haut et te le répéter : fous-moi le camp d'ici, ou je t'encastre à la place du tableau dans le mur. Et si je te reprends à la faire chier, je veillerai à ce qu'on te transfère en morceaux de ta chambre d'hôtel vers une chambre d'hôpital. On s'est compris ? »

Un peu plus et il ressemblerait presque à un chien que l'on gronde au-dessus de sa propre flaque d'urine, penché jusqu'à lui mettre le museau dedans pour lui faire comprendre une fois pour toutes que faire ses besoins à l'intérieur, c'est mal. Et il se trouve que s'en prendre à ma femme l'est encore plus, alors à défaut de pisse, je convie plutôt son nez à rencontrer mon genou de plein fouet au moment de forcer sa tête vers le bas, le relâchant ensuite pour lui permettre de se rattraper au mur à côté de lui. Si l'idée de retenir le numéro de notre chambre dans le but de rendre une nouvelle visite plus tard lui avait effleuré l'esprit, j'ose espérer que celle-ci s'est envolée après l'impact. Râlant de ses blessures derrière la main qui couvrait son pif, il s'accorda finalement à faire demi-tour et à traîner sa carcasse jusqu'à la case départ. J’eus encore à le sommer d'un grognement sévère en le voyant s'éterniser à nous dévisager l'un puis l'autre, et quand il regagna enfin sa porte pour la claquer à la manière d'un adolescent vexé, je revenais quant à moi auprès de Laelyss pour rentrer avec elle. On aura fait assez de boucan pour ce soir, et j'ai moyennement la foi de me fritter avec le reste de mes voisins. Tout en accrochant ma veste derrière la porte, je l'interrogeai sur le cas que je venais de congédier à l'instant :

« Qu'est-ce qu'il voulait, l'emmerdeur ? On dirait qu'il t'a fait sortir de tes gonds. Je suis sûr que tu étais à deux doigts d’inonder le couloir de l'étage. »

Une méthode somme toute raisonnable pour venir à bout des taches dans son genre, bien que le personnel de l'hôtel n'aurait pas trop apprécié ce nettoyage quelque peu excessif. Par chance, la rouquine disposait de bien d'autres moyens pour venir à bout des nuisibles, encore que je préfèrerais les voir s'appliquer loin de la maison et surtout de la petite. Parlant du loup, ou de ce qui essaye en vain d'imiter les cris en nous empêchant de discuter normalement, je commence à me diriger vers le berceau qui s'obstine à mettre à mal mon audition, non sans retenir la mère de faire un pas de plus pour me suivre.

« Laisse ma puce, je vais prendre le relai, va donc te reposer un peu. »

J'en suis épargné du matin jusqu'à parfois tard le soir, c'est donc normal que je m'en prenne plein la tronche quand je suis enfin disponible pour ça. Vérifiant d'abord sa couche pour réduire les possibles causes d'autant de chagrin, je retrousse ensuite mes manches pour prendre Winter dans mes bras et la tenir contre moi, engageant de légers mouvements de droite à gauche pour essayer de la calmer. Et c'est comme si j'avais déjà oublié l'affaire du voisin d'étage casse-couilles, papotant à voix basse de tout et de rien avec la gamine tandis que je me déplaçais dans le coin cuisine pour ranger vite fait ce que je pouvais gérer d'un bras, suivis de près par un Twister qui attendait sa nourriture. Tout le monde ne fait que bouffer dans cette maison ? J'empoigne le sac de croquettes et m'affaire donc à remplir sa gamelle histoire qu'il nous laisse tranquille, et en un rien de temps, le calme est finalement revenu. Mes oreilles n'étant plus vrillées par les pleurs incessants du bébé, il m'est enfin possible d'entendre correctement Laelyss me raconter les événements que j'avais pu louper en revenant à ses côtés, tout en divertissant gentiment la petite avec l'un de ses jouets.

« Dure journée ? »



« Je vous grogne dessus en chocolate »

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Laelyss ReissMessages : 913
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MessageSujet: Re: Chéri, on doit la rendre ! | Bigby   Dim 10 Sep - 18:37

Le Blues est au fond du couloir


Un meurtre à la sucette, voilà quelque chose qui allait faire fureur en faisant la une des journaux. Un exploit que moi-même, je n'avais encore jamais réalisé. Mais, sa réflexion avait eu le don de m'agacer suffisamment pour que j'en vienne à réfléchir à comment m'y prendre pour qu'il meurt dès le premier essai. Je respectais ses femmes qui s'étaient donné corps et âme pour être femme au foyer, puisqu'il s'agissait de ce qu'elle désirait. Sauf que cela devenait vexant, quand ce n'était pas le choix qu'on avait espéré. Il y avait des choses qui étaient supportables à entendre, d'autres qu'il valait mieux s'abstenir de balancer tout haut. Dans les deux cas, croire que j'allais me taire et exécuter son ordre sans broncher était vraisemblablement mal me connaître. La journée n'avait peut-être pas trop mal commencé, on ne pouvait en dire autant de la fin : mon pied se serait volontiers écrasé entre ses parties génitales pour appuyer le fait que, j'étais bien loin de rigoler mais, la soudaine présence de Bigby m'empêcha au final de mettre à bien ce plan. Les emmerdes, comme si elles n'étaient pas déjà suffisamment présentes dans ce couloir, allaient s'agrandir, je pouvais y mettre ma main a couper. Lui étant rentré au meilleur moment des hostilités, je préférais reculer de quelques pas en croisant les bras. J'hésitai entre le fait d'être déçu qu'il m'enlève la personne qui cherchait des noises et contre qui j'aurai adoré le remettre en place, ne serait-ce que pour être défoulé une bonne fois. Où, l'agacement pur et simple de la situation. L'un comme l'autre, mieux valait ne pas rester dans les “pattes” en évitant les coups qui pouvaient se perdre malencontreusement. Le mastodonte était loin de m'impressionner quand il tenta de revenir à la charge. Au contraire, j'eus un hoquet quasi moqueur à son égard tant son échec était couru d'avance, mais, j'imagine qu'il se devait de tenter sa chance en pensant surmonter l'obstacle entre nous facilement. Une idée stupide qui se retourna bien vite contre lui, même le chien cessa ses grognements pour se tenir tranquille.

Après quoi, il ne resta plus qu'au mastodonte de retourner dans sa chambre avec coup et blessure servi sur un plateau. Néanmoins, quelque chose me dit qu'au vu du regard qu'il m'avait lancé avant de claquer la porte, il était loin d'en avoir terminé avec moi. En tout cas, pour ce soir, il avait eu suffisamment son compte pour nous offrir un peu de paix, du moins partiellement. Quant à la curiosité de Bigby à son égard, j'y répondis simplement en haussant les épaules. Une famille débordée avec des nouveaux nés, dans l'obligation de vivre dans l'hôtel, il n'y avait pas qu'une. Il y avait forcément au moins une par étage, mais Winter était visiblement celle qui gagnait dans le domaine des décibels à dépasser. J'allais d'ailleurs la rejoindre, ne serait-ce que pour lui rendre sa tétine que j'avais failli couvrir de rouge, mais son père m'arrêta en pleine action avec une phrase qui, une fois le dos tourné, m'arracha une vilaine grimace à son insu. Du repos, étrangement, c'est ce qui me paraissait inaccessible depuis des lustres. Puisqu'il n'était guère possible d'insister, je m'en vais m'installer dans un coin du canapé, recroqueviller sur moi-même. Et, il fallut moins de dix minutes pour que le calme que j'avais si durement cherché, revienne comme par magie. De quoi me faire sentir encore plus mal que ce que je ne l'étais déjà.

Dure journée ?
Non. Parfaite.

La réponse sortie de manière presque sarcastique, quoi plus agressive, alors que je me relevais aussitôt qu'il s'installa sur le canapé avec le bébé pour m'en éloigner. Toute cette bonne humeur que les deux dégageaient d'un coup, n'était pas pour me plaire. Elle était irritante, si ce n'est blessante, alors que j'avais du mal à décrocher un sourire sur le visage de ma fille, lui, il suffisait qu'il rentre de sa journée pour qu'elle soit aussi douce qu'une fleur. Le message était suffisamment clair, maintenant qu'il était possible de réfléchir dans cette pièce, mieux valait qu'elle ne m'approche pas trop. Ma simple présence à ses côtés pouvaient suffire à relancer ses pleurs. À la place, je m'en allais ramassait les quelques jouets qui traînaient un peu partout, jusqu'à chercher de quoi préparer à manger dans les placards. Placards qui accessoirement étaient tristement vides avec une simple boîte de carotte abandonnée. Remplir les placards, voilà ce que j'avais oublié de faire aujourd'hui et qui devait pourtant rentrer dans la catégorie importante. Énervée, mais surtout contre moi-même, je referme la porte de celui-ci brutalement en rangeant à mon encontre. « Merd-credi... j'ai oublié de faire les courses… Mais, quelle idiote ! » Parce qu'il fallait vraiment être idiote pour oublier quelque chose d'aussi important. Plus encore quand le post-it avec la liste apparut sous mes yeux accrochés à côté. Je n'avais pas assuré. On pouvait très bien se conter des maigres restes de la veille pour deux, mais, c'était l'oubli qui me dérangeait.

Une dose de stress supplémentaire, auquel je répondis en allant prendre la boîte de cachets poser négligemment sur la table de basse. Un comprimé dans la main, puis deux et j'hésitai sur le troisième. Je voulais simplement me détendre, ne serais-ce que cinq minutes, mais je me ravisai et me contenter des deux dans la main en les avalant d'un coup. Cependant, mes yeux s'attardent sur quelque chose de dérangeant qui m'en fit froncer méchamment les sourcils.

C'est quoi toutes ces traces sur le sol… la question resta en suspens alors que le regard s'attarda sur ses pieds, puis à la pluie de l'extérieur, avant de partir agacer chercher la serpillière : Tu pouvais pas quitter tes chaussures toute mouillées avant de rentrer, non ? Je n'en fais pas assez la journée, c'est ça, faut que je fasse une reconversion en bonniche ?! Comme si j'en bave pas suffisamment avec la petite.

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Bigby RawlinsMessages : 1070
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MessageSujet: Re: Chéri, on doit la rendre ! | Bigby   Mar 3 Oct - 18:32

Chéri, on doit la rendre !
Aussitôt assis sur le canapé, aussitôt abandonné derrière la rouquine qui s'empressait de se relever pour vaquer déjà à autre chose, sur le coup d'une réponse que je trouvai plutôt sèche à mon goût. Est-ce que j'avais dit quelque chose de vexant sans m'en rendre compte ? Il faut avouer qu'en ce moment, Laelyss est nettement plus à cran que d'habitude lorsque je rentre en fin de journée, ce que je peux comprendre au vu de tout ce qu'elle a à faire entre le bébé et les animaux, avec l'ennui de rester cloîtrée presque toute la semaine sans pouvoir reprendre le travail de suite. Quoi qu'en vérité, elle donne surtout l'impression de vouloir en faire plus qu'elle ne le peut, sans doute parce qu'il n'est pas évident de s'organiser quand il s'agit de son premier enfant, d'autant plus que les conditions en ce moment n'y aident pas.

Le claquement bruyant du placard fait sursauter Winter, mais son doudou la distrait suffisamment pour ne pas s'en fâcher et repartir de plus belle. Elle n'entend pas comme moi sa mère pester contre elle-même à propos de courses oubliées, mais elle tente bien de suivre son déplacement depuis mes genoux au moment de la voir revenir brièvement dans la pièce. Quant à moi, je m'apprête à adresser quelque commentaire à propos de sa prise de médicaments, seulement je me fais devancer par une remarque suffisante à trahir sa colère :

« Tu pouvais pas quitter tes chaussures toute mouillées avant de rentrer, non ? Je n'en fais pas assez la journée, c'est ça, faut que je fasse une reconversion en bonniche ?! Comme si j'en bave pas suffisamment avec la petite. »

Pas le temps non plus de me défendre ni de m'excuser pour cet oubli malencontreux, en partie justifié par l'emmerdeur de voisin qui avait un peu trop retenu mon attention pour m'en préoccuper à temps, puisqu'elle s'était une fois de plus échappée avant que je ne puisse réagir. Je me lève donc, la petite toujours dans les bras, pour retourner vers la porte d'entrée où je retire mes chaussures et les range dans un coin pour qu'elles ne dérangent plus personne, avant de rejoindre Laelyss qui s'affairait rapidement à préparer seau et serpillère dans son coin.

« Excuse-moi, je n'avais pas fait attention à cause de l'autre tête de con. Mais laisse, je t'ai dit que j'allais m'occuper de tout ça. »

Comme tout à l'heure, ma proposition semble se dissiper dans l'air, alors qu'elle me passe devant avec son matériel comme si de rien n'était pour aller sur le lieu du crime et commencer à imbiber la serpillère. J'en viens finalement à me libérer une main pour saisir le manche du balai et l'empêcher de le sortir de l'eau, le retenant aussi longtemps et fermement que nécessaire, sans dire un mot, jusqu'à ce que la rouquine se lasse de lutter ainsi avec moi. Lâchant enfin l'affaire, cette dernière préfère s'en aller sans plus de formalités, de quoi me laisser me dépêtrer entre la gamine dans un bras et le balai au bout de l'autre. L'équilibre trouvé, avec la preuve qu'il suffit réellement d'un rien pour amuser un bambin vu la façon dont Winter remue au cours de mes mouvements, les quelques traces laissées par mes chaussures sont bientôt de l'histoire ancienne. Je laisse ensuite le tout dans un coin pour ranger plus tard, me disant qu'il devait y avoir plus urgent ailleurs : le temps de remplir un verre d'eau fraîche, à défaut d'autres boissons, me voilà de retour pour le déposer sur la table basse devant Laelyss.

« J'irai chercher des pizzas au coin de la rue tout à l'heure, ça te dit ? »

Au fond, il y a plus emmerdant que de manquer exceptionnellement de bouffe dans les placards pour ce soir, ce n'est pas comme si l'hôtel était bien situé et à proximité de différents restaurants pour ne pas crever de faim. Il ne me viendrait pas non plus à l'esprit d'enguirlander la rouquine pour si peu, en dépit des reproches qu'elle est si encline à se faire à elle-même. Quelque chose me dit qu'elle se met beaucoup trop la pression pour essayer de tout gérer seule. Sans m'asseoir, je me penche simplement pour m'emparer de la boîte de comprimés qu'elle ne cesse de becter, parcourant rapidement la notice des yeux tout en empêchant la petite d'essayer de l'attraper.

« Tu devrais arrêter d'en prendre aussi souvent, c'est peut-être costaud mais à ce rythme, ça va finir par ne plus faire effet. Dis-moi plutôt, tu as l'air complètement à plat, Winter était si difficile aujourd'hui ? Je devrais peut-être négocier des horaires plus souples au boulot pour les jours à venir. »



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Laelyss ReissMessages : 913
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MessageSujet: Re: Chéri, on doit la rendre ! | Bigby   Mer 4 Oct - 0:04

Le Blues est au fond du couloir

Autant qu'on me le dise tout suite si je dois abandonner mes deux boutiques pour faire une reconversion en tant que simple femme de ménage et femme au foyer. De quoi me laisser le temps de prendre de l'avance et de me préparer à un changement de situation. Le salaire en prendra un sacrer coup au passage. Après tout, je ne fais que ça de mes journées, nettoyer derrière tout le monde. On ne peut rêver mieux, j'ai toutes les qualifications et base déjà acquise. Sans attendre mon reste et ignorant l'excuse formulée qui ne changeait rien aux faits, si ce n'est le “Ton langage bon sang d'bois !” qui sorti suite à sa maigre vulgarité - même en étant au monde depuis peu, ce n'était pas une raison pour ne pas faire attention - je m'en allais chercher de quoi laver une énième fois ce sol qui commençait durement à me sortir par les yeux. À vrai dire, il n'y avait pas que celui-ci, son père était à la limite de me rendre tout autant dingue, mais l'amour porté pour lui, avait de quoi minimiser les dégâts. Pour l'instant en tout cas.

Une fois, sceau et autres près, mon élan de frotter énergiquement le carrelage fit contrer au moyen d'une poigne fermement accrochée au balai. De quoi m'irriter davantage et m'obliger à forcer sur celui-ci pour le récupérer. Peine perdue évidemment, mais cela ne faisait qu'augmenter la colère qui tournait péniblement en rond à l'intérieur. Même en le toisant de cet air sévère dans le plus grand silence et qu'il me le rendait tout aussi bien, il me fallut tout de même un certain temps jusqu'à ce que je m'avoue vaincu et que je laisse le tout entre ses mains. De toute manière lutter contre un loup aussi borné que lui est une chose qu'il ne vaut mieux pas tentait trop longtemps. Après quoi, je m'en allais m'installer de nouveau sur le canapé, en restant sagement en boule dans un coin de celui-ci. Puisque monsieur pouvait tout faire lui-même, à quoi bon rester dans ses pattes ? Autant partir me mettre sous la couette et n'en sortir que le lendemain. Ou jamais, pouvait tout autant être une option valable. Ce n'est pas comme si l'un ou l'autre avait besoin d'une aide quelconque. Il s'en sortait aisément bien sans ma présence. Même les animaux y trouvaient leur bonheur. Alors, à quoi bon lutter ? Une fois, sa tâche terminée, je n'en bougeais toujours pas de ma place, les bras enroulés autour des jambes à attendre simplement que le temps passe.

À sa question, je ne fis que hausser négligemment les épaules sans pour autant réellement relever la tête. Même ma réponse resta enfouie.

Prends-en pour toi si tu veux. Je n'ai pas faim toute façon.

J'aurais mangé parce qu'il le fallait et que le moment en famille s'y prêtait.Honnêtement, je m'en serais largement passé. L'envie et le besoin étaient encore moins au rendez-vous. Et même s'il fallait que j'avale quelque chose pour le côté “bien-être”, rien ne paraissait réellement à mon goût. Mais ça, ce n'était que le cadet de mes soucis alors que le reste ne tarda pas à suivre. Je ne sais ce qui m'agaçait le plus dans ce qu'il énumérait. Les faits ou la possibilité qu'il ait un minimum raison sur quelques points ?

Ben voyons, super papa à la rescousse, comme toujours. Et je ne suis PAS à plat. Je vais très bien ! Pas de quoi me prendre en pitié.

Parce que c'est ainsi que je ressentais les choses. Une grosse couche de pitié, car aucune solution adéquate n'avait vu le jour. Comme si, j'avais réellement besoin de ressentir ça maintenant. Néanmoins, puisqu'il désirait une réponse sur la situation actuelle et les problèmes éventuels, j'allais lui en donner pour pouvoir remplir un dossier.

Ta fille ne m'aime pas. Voilà ce qui se trame ! C'est à peine si elle m'adresse un sourire quand je me plie en quatre. Elle est adorable avec tout le monde, sauf avec moi. J'ai droit à la misère. Par contre quand on parle de nourriture, là, je deviens la personne la plus importante de sa vie, mais ça s'arrête là.

Je ne suis qu'un simple réservoir de nourriture qui ne sait comment la calmer une fois le ventre plein. Ni même avant d'ailleurs. En revanche, dès qu'une troisième personne entre dans la pièce, cela change toute la donne. Elle devient aussi adorable que les premières semaines en compagnie de Rose. Mais il n'y avait pas que ça, j'avais fini par le comprendre à force.

Tu sais, je le vois dans ses yeux, elle n'a pas envie d'être avec moi. Ni même simplement confiance. En même temps, aucun n'en aurait envie après le premier. Je ne suis pas faite pour ça, la preuve, je n'arrive même pas à la comprendre. À répondre à ce qu'elle désire. Et pourtant, je suis présente à chaque instant depuis sa naissance ! C'était juste…. Juste une mauvaise idée de vouloir mon propre enfant. Autant que Kira s'en occupe, elle saura y faire convenablement comparer à moi….

Comment voulait-il que je me sente ? Ce n'était même plus une question d'être en forme ou non, c'était bien au-delà de ça. Qu'est-ce qu'il fallait que je fasse ? Que je devienne PDG d'une entreprise et que je pointe le bout de mon nez seulement le soir pour que mon bébé tolère ma présence ? Ce serait absurde. Autant qu'elle termine entre les mains d'une personne qui savait y faire et qui n'avait pas déjà tout gâché une première fois. Et puis, Kira avait les moyens idéals pour répondre à ce qu'il lui manquait, en plus d'une lui donnait une vie bien remplie de frère et sœur elle ne risquait de manquer de rien avec en prime actuellement, un toit convenable sur la tête. Là, j'étais loin d'une bonne mère qui pouvait tout lui offrir. De toute façon mon simple amour, elle n'en voulait pas. Ce qui en y pensant maintenant, fit monter la peine que j'avais refoulée à double tour dans un coin. Mordant un temps ma main pour ne pas me laisser submerger par l'émotion et fondre en larmes. Repris, un semblant de contenance, en tenant fermement l'autre main dans sa direction, malgré une voix chevrotante :

Vous formez une petite famille bien parfaite, qui s'aime. Je ne vois même pas ce que j'ai à y faire là-dedans. Ça ne fait qu'une tâche sur le tableau et je ne m'y sens quasiment plus à ma place. Laisse-moi au moins mes cachets que j'ai la vague sensation d'être utile pour quelque chose… Ne vient pas me prendre ça aussi.


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Bigby RawlinsMessages : 1070
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MessageSujet: Re: Chéri, on doit la rendre ! | Bigby   Ven 13 Oct - 11:59

Chéri, on doit la rendre !
En soi, l'équipe survivrait parfaitement sans m'avoir sur leur dos jusqu'à la toute fin de soirée. La patronne aussi a des mômes, elle comprendrait que j'aie besoin d'être un peu plus présent à la maison pour la mienne et surtout pour éviter à sa mère de finir par se crever à la tâche. En dehors du manque d'appétit de cette dernière, son sarcasme persistant me fit légèrement froncer les sourcils, dans la mesure où je souhaitais lui venir en aide, ce n'est pas exactement le genre de ton que j'attendais en réponse. En dépit de ses dires, elle n'allait clairement pas bien, alors pourquoi soutenir le contraire ou parler de pitié ?

Finalement, ce sont de nombreuses accusations sur l'affection de Winter qui se succédèrent, estimant qu'elle n'en recevait jamais de sa part malgré tout ce qu'elle faisait pour elle, sauf quand il s'agit de la nourrir. De manière générale, elle avait l'air persuadée que n'importe quelle autre présence était nettement préférable à la sienne pour contenter la petite. L'incompréhension m'ôtait tout moyen de répliquer quoi que ce soit, me laissant abasourdi au point de rester figé sur place comme un poteau. Passés les reproches adressés au bébé dans mes bras, sa capacité à s'en occuper correctement fut ensuite remise en question ; bientôt, c'est son rôle de mère qu'elle vient à discréditer :

« C'était juste…. Juste une mauvaise idée de vouloir mon propre enfant. Autant que Kira s'en occupe, elle saura y faire convenablement comparé à moi….
- Bordel, Lys, qu'est-ce que t'es en train de raconter... »

Si ce n'était pour son air grave, j'aurais préféré prendre cette remarque pour de la plaisanterie. Et heureusement que je devais tenir Winter pour m'éviter de tomber sur le cul avec la couche que Laelyss me rajoutait. La façon qu'elle a de se dévaluer avait cet arrière-goût désagréable de la période où il fallait faire face au décès de Kenji et de l'impact qu'a eu cet événement sur ses craintes de devenir parent par la suite.

« Tu fais un travail remarquable, je ne sais même pas comment tu te débrouilles pour en faire autant dans une journée. »

Tout le monde peut traîner son cul hors du lit le matin pour se rendre au travail. Mais prendre soin d'un petit être en demande d'attention constante, impatient et incapable de traduire ses besoins sans pleurer et crier, en plus de gérer la maison, les animaux, les repas de chacun et les affaires de deux boutiques sans pouvoir y travailler ? Merde, si ça n'est pas du boulot de titan... Rien que pour ça, elle ne peut rien se reprocher, à part essayer de faire de son mieux pour affronter des problèmes auxquels elle se confronte pour la première fois : il faut bien foirer quelques fois avant de réussir, si encore on pouvait appeler ça foirer. Préférant remettre la boîte de comprimés dans ma poche pour l'instant, je reviens ensuite m'asseoir sur le divan, Winter sur mes genoux, pour réfléchir à tout ça.

« Honnêtement ? S'occuper d'un enfant en bas âge est la tâche la plus ingrate qui soit, parce qu'il ne te le rend pas les trois quarts du temps. Si ça peut te rassurer, j'étais une vraie brèle avec Luna les premiers mois, elle ne me supportait pas, je perdais trop rapidement patience et ça devait l'impressionner. Elle a mis du temps à se sentir en confiance avec moi et comprendre que j'étais de son côté. »

Les gosses, ces tyrans. Rien d'étonnant à ce que ça mette mal au début, de recevoir aussi peu de reconnaissance pour les efforts monstrueux qu'on investit, alors qu'on a vite fait de ne plus avoir de vie à soi. Avec ma grande délicatesse, sans jamais avoir eu de geste regrettable à son encontre heureusement, il est clair que Luna ne m'a pas adopté de suite, préférant largement la douceur de sa mère au côté bourru de son père. Forcément, c'est le genre d'expérience qui me permet de mieux gérer la seconde fois, de me contrôler même lorsque la petite fait des crises et de me placer judicieusement pour qu'elle me voit comme celui qui est là pour la protéger et non lui vouloir du mal. Pour ce qu'il en est de la façon dont Laelyss est perçue, j'aurais quelques hypothèses à avancer :

« On ne dirait pas comme ça mais les bébés sont de vraies éponges. Tu es stressée, fatiguée depuis des jours, et Winter le ressent quand tu la prends dans tes bras. Ce n'est pas du mépris ou un manque de confiance : quand tu ne te sens pas bien, elle en est affectée et l'exprime. »

On n'a jamais vu de bébés plus détendus que lorsqu'ils sont bercés par des parents calmes et reposés, même si c'est un putain de paradoxe de pouvoir rester calme et reposé quand on doit gérer les premiers mois d'un bébé. D'ici que quelqu'un publie un jour le mode d'emploi infaillible pour ces petites choses, on en chiera quoi qu'il arrive pour s'adapter et faire les bons choix. Prenant la main de Lys, je l'amène doucement vers la tête de Winter pour la lui faire caresser, sans qu'elle ne cherche à rejeter son contact. Au fond, ils ne sont pas rancuniers, rien n'est facile pour eux non plus, c'est pour ça qu'on doit être là presque h24 pour les aider. Mais ce n'est pas une raison pour se surmener non plus.

« Elle ne te déteste pas, bien au contraire, elle est sensible à tes émotions mais elle ne sait te le montrer autrement qu'en pleurant. Tu ne peux pas prendre soin d'elle sans prendre un minimum soin de toi-même. »



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Laelyss ReissMessages : 913
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MessageSujet: Re: Chéri, on doit la rendre ! | Bigby   Mar 17 Oct - 21:24

Le Blues est au fond du couloir

Inutile est un mot un peu faible, comparé à ce que je ressentais réellement, mais actuellement, il résumait assez bien la situation. Si je n'arrivais même pas à me sentir aimer par mon propre enfant, comment est-ce que j'étais censé me sentir globalement ? Ce n'est pas comme s'il y avait de quoi sauter de joie, loin de là même. À cela, même lui ne voyait pas la même chose. C'est à croire que je rendais les choses plus dramatiques. Pourtant, tous les faits étaient là, je ne l'avais pas inventé puisqu'il s'agissait de la même rengaine tous les jours. Quand bien même j'avais tous ces arguments comme arme, la boîte de médicament ne me fut pas rendue. Ce qui malheureusement, ne m'empêcha pas de pester légèrement.

Je ne pourrais même pas qualifier mon travail comme étant “remarquable”, pour moi, il est clair qu'il était insuffisant, que j'aurais pu et même du faire mieux depuis des semaines. Moi qui pensais m'en sortir, je n'avais clairement pas assuré sur la situation. Il avait beau user de tout le réconfort du monde ce n'était guère assez. Ni même rassurant à vrai dire. J'avais de la patience à revendre même si honnêtement, je me suis jamais autant sentie au bout de celle-ci que depuis l'arrivée de Winter. Un début à tout dira-t-on même si je m'en serais volontiers passé. Si en plus de cela, mon humeur pouvait jouer des tours sur le sien, je ne sais comment je devais prendre ça aussi. Et ce n'était pas faute de prendre sur moi pour qu'elle n'en soit pas affectée. Là aussi, j'étais loin d'avoir eu un résultat concluant. Si les échecs à répétition faisaient partie de la vie de parent, il y avait de quoi avoir de gros doutes sur le fait de l'assumer pleinement. Pourtant, je l'avais voulu, je l'aimais même, mais maintenant qu'elle était là… Il y avait tant de dépassement qu'il était pour moi facile de douter, même sur des choses on ne peut plus anodines.

En revanche, ses mots ne passaient pas dans l'oreille d'une sourde, même si pour moi, il n'y avait pas le secours et l'aplomb nécessaire pour me remettre sur pied. Peut-être qu'à force d'avoir pris une dose plus élevée de médicaments cela a fini par altérer bien plus que mon état. Ce n'est pourtant pas le genre de supposition que j'avais envie de croire, quand bien même j'étais vexé de ne pas avoir récupéré la boîte, je n'ai pas envie d'imaginer que j'en suis devenu dépendante. D'autant plus que cela amènerait un problème supplémentaire et qu'actuellement, j'ai la sensation désagréable d'avoir le poids du monde sur les épaules. Moi qui serais volontiers resté en repli sur moi-même à peser le pour et le contre, du fait d'être mère, cette idée est interrompue alors qu'il prend ma main pour l'emmener sur le visage de Winter. Et, pour une fois, je pouvais lui caresser tendrement le front, les cheveux sans qu'elle ne pleure dès la première seconde. Mais sa présence y jouait beaucoup. Il est clair que s'il quittait la pièce et qu'il me laissait seul avec elle, on en reviendrait au même point. Au final, ma main se dérobe délicatement pour revenir se serrer contre moi.

Comment est-ce que je suis censé prendre soin de moi ? Je n'ai pas le temps de me détendre, de prendre cinq minutes pour souffler un coup. Ce n'est pas que je ne veux pas, mais je ne peux pas... Au-delà de me sentir incapable et non aimé par Winter.

S'il n'y avait que ça, honnêtement, je serais déjà bien plus à l'aise pour prendre mon rôle entre de bonne-main. Mais en plus de sentir incapable, il y avait tout le reste qui ne cessait de me hanter et de revenir à la charge maintenant qu'elle était là.

Je suis effrayée. Et ce n'est même pas une question de m'en sortir ou de me sentir débordé, mais j'ai littéralement peur de la perdre elle aussi. Si je la quitte des yeux ne serait-ce que cinq minutes, elle…

Elle serait plus-là. Comme son frère ne l'est déjà plus. C'est bien la dernière chose au monde que j'aimerais revivre. Et ce n'est pas faute d'avoir su faire un deuil avec le temps. Pour le moment, il est encore facile de la protéger, mais quand elle saura parler, marcher, qu'elle aura les moyens de quitter la maison… Ce ne sera plus pareil. Alors, de manière générale, elle sera toujours plus en sécurité entre ses bras qu'entre les miens. Il n'avait pas perdu Luna, ce qui était toujours plus rassurant pour élever un enfant. J'aurais voulu lui demander si c'est réellement une bonne chose d'avoir souhaité un bébé avec moi et pas que ; dans cette ville, avec tout ce qu'il fallait traverser dernièrement. J'étais prête à oser poser cette question très certainement plein de risques et de reproches, mais, le bruit d'un fracas eut le don d'arrêter ma bêtise. Praline étant enfin sortie de son placard, elle venait de faire tomber malencontreusement - ou non - un verre au sol, avant de se réfugier dans le panier du chien. Je ne pouvais même pas l'engueuler tant elle me sortait d'une position, mais surtout une demande délicate. Aussi, sans attendre, j'allais ramasser les débris avant que quelqu'un ne se blesse.

On ne peut pas revenir en arrière, mais n'est-ce pas un peu cruel pour elle ? Elle va vivre dans un monde où la violence est primordiale, où les gens prennent plaisir à s'entretuer pour une question de pouvoir. Est-ce qu'on peut vraiment lui offrir ça... ? J'aurai cette touille à chaque fois qu'elle franchira la porte. Je ne veux pas qu'il lui arrive quelque chose parce que… Parce que je n'aurais pas assuré… Encore une fois… Je ne sais pas comment être au mieux de ma forme pour elle avec ça constamment en tête… Alors, si elle sent tout, c'est ma peur qui domine le reste doit se ressentir à chaque fois que je l'approche. Et ça je ne sais pas comment le contrôler.  

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Bigby RawlinsMessages : 1070
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MessageSujet: Re: Chéri, on doit la rendre ! | Bigby   Lun 20 Nov - 15:52

Chéri, on doit la rendre !
Il y a un équilibre entre son propre bien-être et celui de son enfant qu'il faut parfois des années à atteindre ; alors d'ici là, à condition d'être un parent normalement constitué, on préfère donner la priorité à ses mômes, en se disant qu'il sera toujours temps de rattraper plus tard ces heures qu'on leur a exclusivement consacré. Sauf que, surprise, on ne récupère jamais le temps passé et parfois même ce qui a été perdu à cause de lui. Les circonstances seront forcément différentes pour chacun, selon beaucoup trop de critères pour faire la moindre généralisation, mais dans notre cas, nous avions au moins la chance de posséder l'un l'autre pour affronter les galères.

Un détail qui semblait avoir été omis dans l'esprit de la rouquine, tandis qu'elle retirait sa main de la tête de Winter pour contester sa liberté de privilégier également sa personne de temps à autres. Quelques craintes supplémentaires quant à la sécurité de la petite tuèrent dans l'oeuf toute réplique de ma part : il fallait qu'elle se confie davantage sur ce qui la troublait, sans que je vienne l'interrompre. Mais c'est la chute d'un verre qui manqua presque de s'en charger, alors que la petite coupable au pelage noir s'était rapidement éclipsée dans le panier de Twister après sa bêtise. Une excuse toute trouvée pour faire partir Laelyss une énième fois, si pressée d'aller nettoyer les dégâts que je craignais de la voir se dérober à nouveau sur ses problèmes ; heureusement que cet accident ne l'avait pas laissée muette :

« On ne peut pas revenir en arrière, mais n'est-ce pas un peu cruel pour elle ? Elle va vivre dans un monde où la violence est primordiale, où les gens prennent plaisir à s'entretuer pour une question de pouvoir. Est-ce qu'on peut vraiment lui offrir ça... ? J'aurai cette trouille à chaque fois qu'elle franchira la porte. Je ne veux pas qu'il lui arrive quelque chose parce que… Parce que je n'aurais pas assuré… Encore une fois… Je ne sais pas comment être au mieux de ma forme pour elle avec ça constamment en tête… Alors, si elle sent tout, c'est ma peur qui domine le reste et qui doit se ressentir à chaque fois que je l'approche. Et ça je ne sais pas comment le contrôler. »

Enfin, on creuse un peu plus profond, au-delà des appréhensions d'être à la hauteur en tant que mère se cachent les appréhensions de réussir en tant que protecteur. Des craintes très fondées dans sa situation, je le conçois parfaitement, et nous en avions déjà discuté au moment de découvrir sa grossesse, mais j'imagine que ces peurs ne se dissipent jamais aussi facilement.

« Commence par te dire que tu n'es pas seule. On est une équipe, tu te souviens ? Tu n'as pas à tout supporter de ton côté, tu peux aussi compter sur moi, surtout quand ça ne va pas. »

Un fardeau, ça pèse moins lourd quand on accepte que quelqu'un nous aide à le porter. Je sais qu'elle a tendance à se refermer sur elle-même et se terrer dans le travail quand elle va mal, encore que les médicaments étaient une première, et je ne cesserai peut-être jamais de lui rappeler qu'elle peut se tourner vers moi dans ces moments-là. Elle est comme ça, c'est donc à moi d'aller jusqu'à elle pour l'aider à y voir clair. Même si présentement, je me rends surtout vers la rouquine pour rapprocher la poubelle, Winter encore accrochée à mon autre bras, afin de lui permettre d'y jeter directement les débris de verre.

« Ensuite, dis-moi ce qui pourrait bien arriver à Winter avec des parents comme les siens ? Elle ne peut pas être mieux gardée. Je peux t'assurer que les futurs prétendants vont en chier pour être à la hauteur. »

Après tout, nous pouvons nous targuer d'une certaine expérience dans le domaine pour la défendre, bien que c'était dit principalement pour essayer de la dérider un peu. Puisque la petite était calmée et que l'heure du repas allait être décalée, je me rendis à son berceau pour l'y déposer délicatement, sans oublier de l'entourer de ses peluches au point de lui bâtir une forteresse, la laissant ainsi batailler hardiment avec la barrière de doudous tandis que je revenais auprès de sa mère si préoccupée. Arrivant dans son dos, j'enlace cette dernière en croisant les bras au niveau de son ventre, le temps de la serrer en silence contre moi quelques secondes avant de reprendre la parole :

« On n'a peut-être pas choisi le climat dans lequel elle sera amenée à évoluer, mais on a pris la décision de concevoir un enfant malgré tout, parce qu'on s'est promis de l'élever pour la préparer au mieux à cette vie qu'on lui a donnée. Même s'il y a des endroits plus paisables ailleurs, c'est ici qu'elle grandira et qu'elle forgera ses propres expériences. Elles ne seront pas toutes bonnes, ça fait aussi partie des aléas de la vie, il n'empêche que nous serons là pour l'aider à traverser les meilleurs moments comme les mauvais. »

Il ne faudrait pas non plus qu'on se mette à projeter sur Winter nos plus mauvaises expériences de vie comme si elle allait forcément devoir passer par des épreuves similaires. Elle ne vivra pas ma vie, celle de Laelyss ou encore de Kenji, et quand bien même ce qui lui est arrivé était tragique, il demeure un cas aussi particulier que malheureux pour s'être trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment. Cette ville est dingue, mais s'arrêter de vivre le serait sans doute encore plus. Sans vouloir déborder de candeur ou d'optimisme dont je ne dispose pas de toute façon, être aussi alarmiste sur l'avenir en raison d'un quotidien agité ne ferait que nous emprisonner dans toutes ces angoisses. Après, il se pourrait aussi que je ne sois pas celui dont Lys ait besoin pour traiter de ces dernières.

« Est-ce que tu as essayé d'en discuter avec quelqu'un ? Kira est certainement passée par là avec ses enfants, elle te serait peut-être de bon conseil pour appréhender ces problèmes... pas que j'essaye de te refiler à quelqu'un d'autre, mais je ne sais pas si je suis le mieux placé pour te rassurer. »

Du moment qu'elle trouve un certain soulagement, qu'importe si ce n'est pas grâce à moi, c'est ce qui compte le plus. J'imagine que Kira a suffisamment d'expérience avec la maternité et les troubles qui y sont liés pour lui venir en aide, avec des propos mieux maniés que les miens. Mes mains finissent par quitter sa taille pour remonter sur ses épaules, qu'elles commencent à masser doucement dans l'espoir de la détendre.

« À défaut de séance de psy, je peux te proposer, ou plutôt t'obliger à lever le pied et prendre un peu de repos bien mérité. S'il faut poser des congés, quitte à prendre ceux de l'année prochaine, pour te permettre de souffler et faire le point, c'est le moins que je puisse faire. »



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Chéri, on doit la rendre ! | Bigby
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