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 Les derniers mots - ft. Kate

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Haiko ArekusuHabitantMessages : 37
Date d'inscription : 13/08/2017


MessageSujet: Les derniers mots - ft. Kate   Ven 29 Déc - 19:07

J'étais au dessus du vide. Je ressentait la tension de mon corps, et celle de mon esprit brûlant, entièrement immergé dans ma tâche, mais aussi ma liberté. Une liberté qui pourrait presque se muer en vertige ; je connaissais la frontière délicate qui me séparais de cette sensation. Je n'avais jamais le vertige, mais j'en connaissais l'effet: je l'avais éprouvé les rares fois de ma vie où par erreur il m'étais arrivé de glisser, et de manquer tomber. Mais je m'étais toujours joué de la gravité, j'avais toujours dansé avec le risque, j'avais toujours été le fils du vent avant d'être l'enfant des cendres. Tout en sentant le contact froid de la pierre, parfois rugueuse, parfois polie, tout en cherchant ses aspérités, je me revoyais à mes jours les plus tendres. J'avais coutume de parler au vent, et il me semblait qu'il se calmait au son de ma voix, lorsque j'étais perché bien loin au dessus du sol, debout sur une branche, perdu au milieu des frondaisons, seule âme humaine à côtoyer le pays des oiseaux, à entrer dans leur lieu sacré. Tel était mon bonheur, telle était ma nature. Oui, le vent était mon seul père. Le seul qui ait veillé au dessus de moi, le seul qui m'ait grondé, le seul qui ait joué avec mes cheveux. Je m'élançais dans ses bras quand je sautais d'une branche pour retomber sur une autre, plus basse, ou quand je prenais la première impulsion qui me jetais vivement sur la première branche de l'arbre.  

Et j'avais besoin de lui, besoin de mon père, du seul que j'ai jamais eu, aujourd'hui. Je devais l'enlacer. Je le devais.

Mais ma main s'accrocha à la racine d'une plante qui dépassais de la falaise. Penser trop quand j'escalade ? Ça ne m'arrive jamais. Penser ne rime à rien quand on s'élève dans les airs. Je savais juger de façon infaillible quand une branche allait supporter mon poids, et bien rares étaient celles qui ne le pouvaient pas. Je pouvais jauger avec exactitude lesquelles étaient plus ou moins solides, et je savais que cette racine était tout à fait adaptée comme prise. Je continuais donc, je m'en servis pour aller un peu plus haut. J'ai levé la tête. Bientôt j'aurais atteint le sommet, je serais parvenu à ce but que je m'étais fixé. J'ai décidé de m'arrêter un instant malgré la tension de mes muscles et mes doigts crispés sur la roche. J'avais encore assez d'énergie pour m'autoriser cela. Je me sentais extraordinairement libre.  En dessous de moi s'étendait tout ce que j'avais gravi jusqu'à présent. Et je repensais à tout ce qu'avait été ma vie.

J'avais déjà vu des dessins de lui, de mon père, enfin, j'avais vu le vent du Nord, celui du Sud, de l'Est et de l'Ouest représentés dans un livre. À l'est du soleil, à l'ouest de la lune. Je l'imaginais barbu comme une ancienne statue, en fait il ressemblait un peu à Poséidon, avec un regard redoutable. Il était là, présent avec moi comme chaque fois que je jouais avec le danger. Je lui murmurai le nom de mon frère jumeau et le mien. Ces noms étaient entrelacés à jamais, comme nos âmes qui elles aussi étaient jumelles. Même si nous avions deux corps différents, et quels que soient la distance et le temps, c'était comme si mon frère m'avait tenu par la main, au moment où j'avais entamé ma route, quand j'avais commencé à marcher pour me rendre aux falaises. Son  esprit et le mien étaient toujours étroitement reliés, et ce jour là, j'avais senti que nous étions plus proches que jamais.

Comme autrefois dans mon dos avaient vécu des ailes, celles-ci pourraient-elles à nouveau me porter ?

Je repris mon ascension. Mes mains, légèrement moites malgré la poudre de magnésie, s’agrippaient fermement à la pierre. Il faut dire que cela faisait des heures que j'avais commencé à grimper. J'étais torse nu, si ce n'est un bandage mince qui m'entourait, en raison d'une blessure que j'avais reçue, et je sentais mes longs cheveux noir qui dansaient légèrement dans mon dos, quand une brise se levait, tandis que je m'élevais progressivement.  Je continuais de baisser les yeux de temps à autre,  et je voyais les arbres immenses, majestueux, purs, et leur couleur vert presque turquoise, sur ma droite. Et je voyais les rochers aux angles aigus, bien sûr, loin, bien loin en dessous de moi.

Enfin, dans un dernier effort, je me suis hissé au sommet de la falaise. J'ai aussitôt senti la douleur de mes mains, qui étaient restées crispées si longtemps, et de mes doigts, qui avaient dû être si longuement être au contact avec la pierre. Je n'avais rien pris avec moi, je n'avais besoin de rien, si ce n'est d'une chose. Un ciseau de sculpteur, un burin plus exactement, un outil. Je n'ai jamais eu de maître et n'en aurais jamais, mon âme est trop éprise de liberté. Mais il est une personne et une seule, qui s'apparente à un maître pour moi. Parce qu'il m'est supérieur dans son art. C'est un homme âgé, à l'âme aussi rude que la matière qu'il travaille. Longtemps il a murmuré des mots d'amour à une femme insensible et froide, longtemps ses mains et son coeur ont composé pour elle des poèmes. Il a été mon guide, mon professeur, il le sera toujours, même par delà la mort. Lui qui connaît le chant de la pierre et entend, sent quand elle va se briser, lui qui sait si bien la tailler, il m'avait offert cet outil. Je l'avais emporté avec moi, et rien d'autre n'était nécessaire.

Je me suis agenouillé, au bord du vide. Au dessous l'immensité désertique s'étendait. Le vent vint caresser tendrement mon dos et soulever quelques mèches de mes cheveux. J'utilisai un caillou en tant que masse, et mon burin dans l'autre main, je gravai dans la pierre mon vrai nom et celui de mon frère jumeau. Cela fait, j'avais tout achevé. Je me suis relevé, pour regarder librement devant moi, à un pas du vide. Les derniers mots d'Akwa flottaient dans mon esprit...

Qu'il en soit ainsi.
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Kate MillèsMessages : 51
Date d'inscription : 30/09/2017


MessageSujet: Re: Les derniers mots - ft. Kate   Sam 30 Déc - 15:42

Les derniers motsNe tente pas le diable avant mon arrivée
Arekuzu
Haiko
Millès
Kate

Ce sentiment de nostalgie que je ressentais était.. courant en ce moment. Des brins de souvenirs revint à moi peu à peu. Les collines verdoyantes qui s'offraient à moi me fis repenser aux nombreuses balades que je faisais avec mes grands parents. L'odeur de l'herbe coupée et la sensation de vertige au bord de la falaise.. Non. J'ai clairement le vertige. Depuis que j'ai failli tombé de haut, j'ai peur des grandes hauteurs.. C'est peur être pour ça que je ne viens plus aussi souvent qu'avant ici. Peut importe. 
J'ai décidé de venir auprès de la nature pour respirer un coup. Je ne veux pas devenir folle en restant cloîtrer dans mon bureau, en regardant les aiguilles de ma montre tourner. Non, j'ai besoins de ma dose de calme quand même.
Je marchais sans vraiment avoir de chemin précis dans la tête. Je suivais simplement  un chemin de feuilles mortes. Jusqu'à ce que je me perde complétement dans la forêt. Tournant la tête dans toute les directions pour trouver un chemin à suivre. Mais apparemment non, le destin ne veut pas être clément avec moi aujourd'hui. Alors je marche, je marche quand enfin, je sortais de la forêt et vis le bord de la falaise. Etant heureuse, je pris une grande inspiration. Le vent fit valdinguer ma longue veste dans tout les sens, c'est vraiment une chose… agréable. Mais au moment où j'allais m'apprêté à partir, je vis une personne au bord du vide. De loin, je ne pouvais pas deviner si c'était un homme, ou une femme. Mais tout ce que je savais, c'est cette personne est en danger à deux pas du vide. Alors, par réflexe, je me dirigea vers elle, ou il. Jetant un rapide regard vers le paysage qui s'offrait à moi.
Non.. Ca me rappelle cet affreux instant où.. J'ai faillit..
Mourir.
Ayant malcontreusement glissé sur une pierre, voulant ramasser quelque chose. Heureusement que les réflexes de mon grand père étaient encore rapide à ce moment là.
Je posais gentiment ma main sur l'épaule de la mystérieuse personne, parlant d'une voix calme car si elle/il voulait sauter, c'est très dangereux de parler en l'agressant, ou en lui criant dessus. J'en ai déjà fait l'expérience.

-" E..Excusez moi, mais.. Vous devriez reculer. Vous pourriez tomber et vous blessez gravement"

Ne jamais dire que la personne pourrait perdre la vie. Jamais. C'est un conseil que j'ai toujours gardé dans un coin de ma tête.
J'ai peur d'effrayer la personne avec tout mes bandages. Serais-je prise pour une suicidaire? Venant ici pour mettre fin à sa vie? Je ne sais pas, je suis prête à croire n'importe quelle hypothèse, depuis le temps, j'ai l'habitude.
En attendant un quelconque geste, ou une quelconque parole, je regardais autour de moi. Mes cheveux virevoltant au gré du doux vent qui venait caresser mon visage.. 



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