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 Un Animal sans Maître [solo]

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Exuld DrakerzUnité GhostMessages : 117
Date d'inscription : 02/09/2017


MessageSujet: Un Animal sans Maître [solo]   Mer 21 Mar - 0:11

Exuld
Drakerz


「 Un Animal sans Maître 」

Je marchai seul par les rues glacées. Une tempête se levait et le vent implacable, annonciateur de pluie, rôdait entre les murs tortueux du quartier Nereis. Le même froid furieux se tordait et bouillonnait en moi, passait de la colère à la haine, puis à la frustration, revenait à la colère, et faisait monter en moi une tension intolérable. Plus tôt dans la journée, j’avais échoué à tuer une de mes cibles et, pour la première fois depuis longtemps, elle avait réussi à s’échapper. Je tournai un coin de rue et me retrouvait sur le marché. Inquiets de la tempête qui approchait, les marchands les plus pauvres remballaient leurs affaires disposées sur des couvertures et des nattes. Ceux qui avaient des étals verrouillaient leurs volets. Je passai devant eux sans les voir. Les gens s’écartaient craintivement de mon chemin. Je les frôlais sans prêter attention à leurs coups d’œil effarés.

J’arrivai devant l’échoppe en plein vent du négociant d’animaux et me trouvai face à moi-même. Il était décharné, avec des yeux sombres et éteints. Il m’adressa un regard de pure méchanceté et les vagues de haine qui irradiaient de lui me submergèrent. Nos cœurs battaient au même rythme. Je sentis un tic léger agiter ma lèvre supérieure, comme si j’allais la retrousser pour montrer mes pitoyables dents d’humain. Je recomposai mon expression et refoulai impitoyablement mes émotions. Mais, dans la cage, le louveteau à robe grise et crasseuse me regarda et ouvrit sa gueule aux lèvres noires pour découvrir ses crocs. Je te hais. Je vous hais tous. Viens, viens plus près. Je te tuerai. Je te déchirerai la gorge après t’avoir tranché les jarrets. Je te dévorerai les entrailles. Je te hais.

  « Vous désirez quelque chose ?

-Du sang, dis-je à mi-voix. Je veux ton sang.

-Quoi ? »

Je relevai brusquement les yeux vers l’homme. Il était sale et graisseux. Et il empestait. Je détectai sur lui une odeur de transpiration, d’aliments rances et peut-être même celle de ses propres déjections. Il était vêtu de loques qui ajoutaient à sa puanteur. Il avait de petits yeux de furet, des mains crasseuses et cruelles et un gourdin de chêne cerclé de bronze pendait à sa ceinture. J’eus le plus grand mal à m’empêcher de saisir ce bout de bois pour lui en défoncer le crâne. Il portait d’épaisses chaussures aux pieds. Il s’approcha de moi et j’agrippai les pans de mon manteau pour me retenir de le tuer.

 « Le loup », fis-je. Ma voix avait un son rauque, étranglé. « Je veux le loup.

-Z’êtes sûr, jeune homme ? Il est mauvais, ce loup. »

Il poussa la cage du bout du pied et le loup se jeta dessus. Ces crocs claquèrent sur les barreaux de bois et il se fit encore mal au museau, mais ça lui était égal : s’il arrivait à croquer dans sa chair, il la lui arracherait ou ne lâcherait jamais prise. Le vendeur m’observa d’un air curieux. « Je sais ce que je veux. » Je parlais d’une voix sans timbre.

« Ah ouais ? » L’homme me dévisagea pour essayer d’évaluer ma fortune. Il me ferait payer autant qu’il pensait pouvoir me faire cracher. Mes vêtements déchirés ne lui plaisaient pas, ni ma jeunesse. Mais je supposais que ce n’était pas d’hier qu’il avait ce loup. Il avait espéré le vendre tout bébé et, à présent que l’animal réclamait davantage à manger, l’homme ne serait que trop heureux de s’en débarrasser pour n’importe quel prix. « Vous le voulez pour quoi ? » me demanda-t-il.

-Les combats, répondis-je d’un ton tout aussi désinvolte. Il est maigre comme un clou, mais il lui reste peut-être un peu d’énergie. »

Avoir fréquenté les plus bas quartiers de Quederla à la recherche de criminels m’avait appris beaucoup, notamment que la vie est parfois bien plus sombre qu’on le pense. Dans certains lieux mal famés, on organisait des combats d’animaux (pas des Pokémons) et parfois même entres hommes, jusqu’à la mort… Pour le seul plaisir de voir couler le sang. Mon but n’était évidemment pas d’y participer mais le piètre état de l’animal me permettrait d’en tirer un bas prix si je le destinais au combat.

Le loup se précipita soudain contre les barreaux, mâchoires béantes, crocs dénudés. Je les tuerai. Je les tuerai tous, je leur déchirerai la gorge, je les éventrerai…

Tais-toi, si tu veux la liberté. Je le repoussai mentalement et le loup bondit en arrière comme si une abeille l’avait piqué. Il recula dans le coin opposé de sa cage et s’y tapit, les lèvres retroussées, mais la queue entre les pattes, envahi par l’indécision.

« Des combats de chiens, hein ? Oh, il vous fera du beau spectacle. » A nouveau, le vendeur tapota la cage du bout du pied, mais cette fois le loup ne réagit pas. « Il vous rapportera pas mal d’argent, celui-là. Il est plus vicieux qu’un furet. » Il cogna plus violemment dans la cage. Le loup s’aplatit un peu plus.

« Vous m’en direz tant », fis-je dédaigneusement. Je me détournai du loup comme s’il ne m’intéressai plus et observai les oiseaux encagés derrière lui. Les pigeons et les colombes paraissaient bien traités, mais deux geais et un corbeau s’entassaient dans une cage répugnante, pleine de fiente et de bouts de viande pourris. Le corbeau évoquait un mendiant vêtu de haillons noirs. Donnez du bec sur l’objet brillant, suggérais-je mentalement aux oiseaux. Vous arriverez peut-être à sortir. Le corbeau ne réagit pas, la tête enfoncée dans les plumes ; mais un des geais voleta jusqu’à un perchoir plus élevé, d’où il entreprit de taper et de tirer sur le verrou en métal qui maintenait la porte fermée. Je ramenai mon regard sur le loup.

« De toute façon je ne comptais pas le faire combattre : juste le jeter aux chiens pour les échauffer. Un peu de sang, ça les met en forme.

-Oui, mais il vous ferait un bon combattant ! Tenez, regardez : il m’a fait ça il n’y a pas un mois. J’essayais de lui donner à manger quand il m’a sauté dessus. »

Il remonta sa manche et me montra un poignet crasseux zébré d’entrailles livides, seulement à demi cicatrisées.

Je me penchai, l’air modérément intéressé. « C’est infecté, on dirait. Vous allez garder votre main vous croyez ? »

-C’est pas infecté. Ça met du temps à guérir, c’est tout. Ecoutez, jeune homme, y a un orage qui se prépare. Il faut que je remballe mes affaires et que je m’en aille avant que ça tombe. Alors vous me faites une offre pour ce loup ? Il fera un bon bagarreur.

-On pourrait s’en servir comme entraînement, mais guère plus. Je vous en donne, allez, six derlas. » J’en possédais royalement sept.

« Six ? Petit, on parle en dizaines de derlas sur ce coup-ci. Regardez, c’est une belle bête : en le nourrissant un peu, il va devenir encore plus féroce. Je pourrais en tirer six derlas rien qu’en vendant sa peau !

-Dans ce cas faites-le rapidement, avant qu’il ne meure de faim. Et avant qu’il ne vous arrache l’autre main. » Je jetai un coup d’œil vers le ciel. « L’orage approche. Mieux vaux que je m’en aille.

-10 derlas, petit. Et c’est donné.

A cet instant, le geai parvint à ouvrir sa cage. La porte de celle-ci s’ouvrit tout grand et l’oiseau s’en approcha en sautillant. Mine de rien, je me plaçai entre l’homme et la cage. Derrière moi, le geai alla se poser sur la cage des pigeons. La porte est ouverte, fis-je à l’attention du corbeau. Au bruit, je sus qu’il secouait son lamentable plumage. Je portais la main à mon portefeuille et le soupesait pensivement. « 10 derlas ? Je n’ai pas ça. Mais c’est sans importance, de toute manière : je viens de me rendre compte que je n’ai rien pour le transporter. Dans ces conditions, il vaut mieux que je ne le prenne pas. »

J’entendis les geais s’envoler. Avec un juron, l’homme se précipita, mais je m’arrangeai pour me mettre sur son chemin et nous nous affalâmes tous les deux. Le corbeau avait atteint la porte de la cage. Je me dépêtrai du vendeur, me relevai d’un bond et me cognai exprès contre la cage. L’oiseau effrayé s’élança, se mit à battre laborieusement des ailes et gagna finalement le toit d’une auberge proche. Comme le vendeur se redressai lourdement, le corbeau déploya ses ailes dépenaillées et poussa un croassement moqueur.

« Une pleine cagée de marchandises envolées ! » me lança l’homme d’un ton accusateur.

Il jeta un coup d’œil au corbeau : l’oiseau avait gonflé ses plumes pour se protéger de l’orage et s’était placé à l’abri d’une cheminée. L’homme ne le rattraperait pas. Derrière moi, le loup gémit soudain.

« Neuf derlas ! » fit brusquement le vendeur au désespoir. Il n’avait rein dû vendre de la journée.

« Je vous répète que je n’ai rien pour le transporter ! » répliquais-je. Je remontais ma capuche en regardant les nuages. « L’orage est là », ajoutais-je alors que commençaient à tomber de grosses gouttes, annonciatrices d’un temps très déplaisant. Je fis mine de m’en aller.

« Donnez-les-moi, vos six derlas, putain ! » beugla le vendeur au comble de l’exaspération.

Je les tirais de ma poche d’un air hésitant. « Et vous me le livrez chez moi ? demandais-je alors qu’il m’arrachait les pièces des mains.

-Débrouillez-vous ! Vous m’avez roulé et vous le savez très bien ! »

Là-dessus, il ramassa ses cages et les empila sur son dos en les fixant avec des lanières et partit sous la pluie.


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Exuld DrakerzUnité GhostMessages : 117
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MessageSujet: Re: Un Animal sans Maître [solo]   Mer 21 Mar - 18:28

Exuld
Drakerz


「 Un Animal sans Maître 」

La place du marché était déserte. Seuls la traversaient ceux qui se dépêchaient de rentrer chez eux, cols remontés, manteaux fermés pour se protéger de la pluie et des rafales de vent.

« Et maintenant, qu’est-ce que je vais faire de toi ? » Demandai-je au loup.

Fais-moi sortir. Libère-moi.

Impossible. C’est trop risqué. Si je le lâchais au milieu de la ville, il ne parviendrait pas vivant dans les bois : trop de chiens s’ameuteraient pour le mettre en pièces, ou des hommes l’abattraient simplement parce que c’était un loup. Je me baissai pour soulever la cage, afin de me rendre compte de son poids. Il se précipita, les crocs dénudés.

Recule ! La colère me prit aussitôt. C’était contagieux.

Je te tuerai. Tu es comme l’autre, un homme. Tu veux me garder dans cette cage, c’est ça ? Je te tuerai, je t’éventrerai et je m’amuserai avec tes tripes.

J’ai dit : recule ! Je le repoussai durement et il se blottit à nouveau contre les barreaux du fond, mi-grondant, mi-geignant. Je saisis la cage et la soulevai : elle était lourde, et les mouvements affolés du loup n’arrangeaient rien, mais je pourrais la porter, pas très loin, certes, ni très longtemps. Toutefois, en procédant par étapes, je parviendrais à emmener le loup chez moi. Adulte, il pèserait sans doute autant que moi ; mais il été décharné et jeune encore, davantage qu’il n’y paraissait à première vue.

Je me calai la cage contre la poitrine. S’il m’attaquait maintenant, il pourrait m’infliger de sérieuses blessure. Mais il se contenta de reculer en gémissant dans le coin le plus éloigné de moi, ce qui ne me facilita pas son transport.

Comment t’a-t-il attrapé ?

Je te hais.

Comment t’a-t-il attrapé ?


Il se rappelait une tanière et deux frères, une mère qui lui rapportait du poisson, du sang, de la fumée, puis ses frères et sa mère transformés en peaux par un tanneur. Il avait été extirpé du terrier en dernier, jeté dans une cage qui sentait le furet et nourri de charogne. Et de haine. C’était grâce à la haine qu’il avait survécu.

La route montait et le poids mal équilibré de la cage m’arrachait les épaules. Je redoutais de la laisser glisser et je devais m’arrêter fréquemment pour me reposer. Qui aurait cru qu’un petit louveteau tout galeux comme ça soit aussi lourd ?

Pas galeux. Il était indigné. Les puces. Cette cage est pleine de puces.

Ainsi, les démangeaisons de ma poitrine n’étaient pas le fruit de mon imagination. Merveilleux ! Je n’avais plus qu’à prendre un bain ce soir si je ne voulais pas partager mon lit avec des puces pendant les 3 prochains mois.

Le petit loup était ramassé sur lui-même, chétif et pitoyable, sans plus de colère ni de haine pour le soutenir. Il avait faim. Je pris une décision.

Je vais te faire sortir et je te porterais dans mes bras.

Rien. Pas de réaction. Il ne me quitta pas des yeux pendant que je déverrouillais la cage et ouvrais grand la porte. J’aurais cru qu’il se précipiterait pour disparaître dans la nuit et la neige, mais il resta blotti sans bouger. Je l’attrapai par la peau du cou pour le tirer à l’extérieur et, en un éclair, il fut sur moi, me heurta la poitrine, la gueule ouverte sur ma gorge. Je ne lui lâchai pas la nuque et lui enfonçais l’avant-bras entre les mâchoires, trop loin pour son confort. Il pédalait des pattes arrière sur mon ventre, mais mon manteau était assez épais pour me protéger des plus gros dommages. En un instant, nous nous retrouvâmes en train de rouler dans la neige, à gronder et à claquer des mâchoires comme des bêtes enragées. Mais j’avais pour moi le poids et la force, ainsi que l’expérience de la lutte. Je le plaquai sur le dos et le maintins dans cette position tandis qu’il agitait violemment la tête et me traitait de noms intraduisibles dans le langage des hommes. Lorsqu’il se fut épuisé, je me penchai vers lui, lui saisis la gorge et plantai mon regard dans le sien. C’était là un message physique qu’il comprenait. J’enfonçai le clou : Je suis le Loup. Tu es le Louveteau. Tu vas m’obéir !

Je ne le lâchai pas des yeux. Il détourna rapidement les siens, mais je ne bougeai pas jusqu’à ce que son regard revienne sur moi et que j’y constate le changement attendu. Je le libérai alors, me relevai et m’écartai. Il resta dans la même position. Debout. Viens ici. Il se remit sur ses pattes et s’approcha de moi en rasant le sol, la queue entre les pattes. A mes pieds, il se laissa tomber sur le flanc, puis me montra son ventre. Il gémit doucement.

Au bout d’un moment, je me radoucis. Ce n’est pas grave. Il fallait simplement que tout soit clair entre nous. Je ne te veux pas de mal. Suis-moi. Je voulus lui gratter le poitrail, mais à mon contact il poussa un glapissement et je perçus l’éclair rouge de sa douleur.

Où as-tu mal ?


Je vis l’image du gourdin cerclé de bronze du vendeur. Partout.

Je le palpai le plus délicatement possible. De vieilles croûtes formaient des bosses sur ses côtes. Je me redressai et donnai un coup de pied haineux à la cage. Le petit loup vint se coller contre ma jambe. Faim. Froid. Très fatigué. Ses émotions se déversaient à nouveau dans les miennes. Lorsque je le touchai, j’eus du mal à démêler mes pensées des siennes. Cette indignation devant les traitements qu’il avait subis, venait-elle de moi ou de lui ? C’était sans importance. Je le pris avec précaution dans mes bras et me relevai. Sans la cage, tenu tout contre moi, il ne pesait presque plus rien : il n’avait que la fourrure sur ses os en pleine croissance. Je regrettais la violence dont j’avais usé sur lui, mais c’était le seul langage qu’il comprenait. Je me forçais à parler à voix haute : « Je vais m’occuper de toi. »

Chaud, fit-il avec reconnaissance et je rabattis mon manteau sur lui. Il transmettait ses perceptions, qui se mêlaient aux miennes. Je sentis ma propre odeur, mille fois plus fort qu’il ne me plaisait : sang, alcool, cigarette et une trace du parfum de Bay que j’avais croisé plus tôt. Je m’efforçai de séparer ma conscience de ses perceptions, le serrai contre moi et me mis en route sur le chemin qui menait chez moi. D’ici une semaine ou deux, peut-être un mois, il serait assez remis et vigoureux pour s’occuper de lui-même. Alors, je l’emmènerais dans la forêt et le relâcherais.

Viande ?

Je soupirai. Viande, promis-je. Aucun autre être n’avait perçu mes pensées si complètement ni imprimé les siennes en moi avec tant de clarté. Il était aussi bien que nous ne devions pas nous fréquenter longtemps. Mieux valait qu’il disparaisse rapidement de ma vie.

Chaud, rétorqua-t-il. Il posa le museau sur mon épaule et s’endormit en me soufflant de l’air tiède et humide dans l’oreille.



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