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 Delicately yours | ft Caenn

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Haiko ArekusuCitoyenMessages : 6
Date d'inscription : 08/11/2018


MessageSujet: Delicately yours | ft Caenn   Dim 18 Nov - 21:48

Akwa était revenu dans ma vie. Il était toujours présent et absent à la fois. Là sans être là. Je recevais de courtes lettres de lui en réponses aux miennes. Parfois j’en recevais une quand je pleurais, comme s’il avait senti à distance, deviné, que j’allais pleurer. Je me souvenais du temps où j’avais éperdument besoin de lui. Et j’apprenais à me rassasier de peu. Juste ces quelques mots valaient mieux que s’il disparaissait encore. Je ne sais pas pourquoi, je voudrais ne jamais le perdre. J’ai le sentiment que je voudrais qu’il soit là toute ma vie. Pourtant, qui sait de quoi sera fait demain, quand j’y songe c’est un peu bête. Je sais juste qu’il voit plus loin que moi, en quelque sorte, il comprend mieux que moi la vie, la plupart des choses. Je suis trop fragile et blessée, jamais je ne pourrais me considérer amoureuse d’un homme. D’ailleurs, mon côté féminin, ma personnalité de fille, n’a pas de raisons d’être. Si j’ai deux facettes, une masculine et une féminine, la féminine ne vaut vraiment pas grand-chose. Je l’ai appris, compris, vérifié. D’ailleurs, je ne me sens pas bien quand je pense que je suis une fille. Je n’ai pas envie de vivre en ayant cette pensée et ce sentiment. Pourtant Akwa est le dernier fil qui me rattache à ce que j’étais autrefois. Il m’a vue avant que je ne devienne Haiko, il connait mon vrai nom. J’aimerais parfois lui dire que je tiens à lui, qu’il compte pour moi, mais est-ce que ce n’est pas juste une manière de dire « tu es à moi ? » Est-ce que ce n’est pas simplement un filet que je jette sur lui, en quoi est-ce de l’amour de dire « je t’aime ». Alors en ayant ces pensées, j’essayais d’être plus sage, et surtout d’apprendre comment aimer. J’avais entendu dire qu’il y avait des langages d’amour, chacun parlant le sien, et qu’il fallait apprendre le langage d’amour de l’autre. Pour Akwa, je crois que ce n’est pas que je le lui dise directement.

C’était l’hiver de nouveau et bien sûr il faisait froid. Surtout à présent que mes cheveux étaient rasés, ils ne pouvaient plus me tenir chaud. Les premiers temps du moins, j’avais froid au crâne. Maintenant je me suis habitué. Mon corps était gelé. J’étais revenu frapper à la porte de William Siegfried. Je ne pouvais pas vivre constamment avec Mila, mais, je ne pouvais pas non plus vivre constamment cet homme qui m’avait sauvé dans le temps. Mais je n’avais toujours pas de lieu que je puisse considérer à part entière comme mien. Je partageais donc parfois la chambre de Mila, ou bien j’étais de passage dans la mansarde de mon sauveur ; ou encore, on pouvait me trouver chez Bart’, où j’occupais son canapé. C’en est fait des lieux les plus reluisants ; j’avais par ailleurs divers autres refuges moins accueillants dans Quederla.

Mais pour ce jour, j’étais chez le vieux M.Siegfried. Devant la cheminée, je réchauffais mes mains. Les os de mes doigts étaient plus ou moins comme des nœuds sur un fil. Je passais machinalement ma main dans mes cheveux rasés, comme le faisait couramment Mila. J’aime qu’on caresse mes cheveux quand ils sont très courts. Je réfléchissais en me disant que finalement, même si ma famille se trouve dans mon pays d’origine, une partie de ma famille est aussi à Quederla désormais, puisque trois personnes qui comptent pour moi y vivent.

Je regarde les flammes dans l’âtre.Tout en les fixant, je croise les bras pour me réchauffer. Je ne sais pas à quel point j’ai raison ou j’ai tort de faire ce que je fais. Je ne comprends pas moi-même, pourtant je suis du point de vue intérieur de l’histoire. Une partie de moi veut la protéger, une autre essaie de rester détachée. Un côté s’en fou peut-être, mais peut-être aussi que je n’ai pas conscience d’un attachement profond qui se crée entre nous. Peut-être aussi est-ce n’importe quoi et cela sera vite fini, mais Milawin m’aura marqué. Pourrais-je effacer cette marque ? Non, je ne peux effacer je que j’ai fait.

Cependant l’heure avançait. Une partie du feu s’effondra dans la cheminée, les flammes dévorant de plus belle le bois. Pensivement, je caressais le dossier de la chaise de bois que je venais de quitter. Puis j’allais m’approcher du porte manteau et je saisis la manche abîmée et tâchée de vernis et de peinture de ma blouse d’atelier. Il fallait que j’enfile mon manteau bleu foncé, et que je récupère les quelques petites annonces que j’avais moi-même calligraphiées. Je ne suis qu’une aide à l’atelier du pinceau d’or, je ne vaux pas grand-chose, aussi on ne me confie pas ce que je ne sais pas faire, mais dans mon domaine, je ne suis pas mauvais.

Mon manteau enfilé, la porte d’entrée grinça et claqua, l’air glacé mordit immédiatement mon visage. Le ciel était très pâle, à peine bleuté, davantage d’un gris clair. Je marchais à nouveau dans les rues de Quederla. Je ne sais pas pourquoi j’avais l’impression qu’une partie de mon histoire devait s’écrire en ce lieu. Et je respirais à nouveau de m’y retrouver. Comme si je m’étais rapproché de mes racines. Je n’avais pourtant rien à voir avec cette ville. Mais je me sentais comme si cette terre était fertile pour moi. Si j’étais un arbre, elle me nourrissait. Cette pensée me venait passionnément, comme j’aurais mordu à belles dents dans une tranche de pain.

Les maisons entourées de petits jardins, les barrières, d’un quartier à l’autre Quederla, étaient différente. De boîtes aux lettres en boîtes aux lettres, je déposais les annonces pour les services de l’atelier, à la demande du chef d’atelier. Je faisais pour ma part la sculpture, j’imaginais les dessins, et je me chargeais aussi de la peinture. Avec bien moins de talent qu’auparavant, à mon avis.

Toujours est-il que je m’approchai d’une nouvelle boite aux lettres, pour y glisser un de mes flyers, sans savoir sur quel énergumène j’allais par la suite tomber.
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Le Chef Elementis
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Caenn DrusdanLe Chef ElementisMessages : 99
Date d'inscription : 19/07/2018


MessageSujet: Re: Delicately yours | ft Caenn   Lun 19 Nov - 16:11







C
'était bel et bien l'Hiver. Les nuits s'étaient allongées et le froid était redevenu quelque chose de commun dans les esprits de tous. Plusieurs mois s'étaient écoulés depuis mon altercation à l'entrée de la ville. Quederla est un endroit qui se focalise vite sur un événement, puis, qui l’oublie aussitôt, comme s'il n'avait jamais existé. Les mois suivant cette fameuse affaire, j'avais fais de mon mieux, pour me tenir le plus loin possible de l'Orphelinat. Je ne souhaitais pas que l'établissement soit affecté par mes faits. Surtout les enfants, plus que l'établissement en lui-même. Alors je m'étais isolé de cette partie de moi. Je l'avais mise de côté et je m'étais consacré à mon travail de roi sans couronne. Temporiser, instaurer de nouvelles lois et obligations, rencontrer certaines personnes pour faire plaisir à d'autres et par mon propre intérêt. Au moins, eux, ils ne m'en voulaient pas pour mes actes et mes mains tachées de sang. Au contraire, j'avais gagné en autorité dans le mini-jeu de qui aura le plus d'influence, sur cette île. Ce n'était pas.. déplaisant, en soit. La veille de mes actions, je me souviens avoir provoqué le Roi de l'Alliance, tête haute, lui affirmant que je m'accaparerais de tous les hauts faits sur le champ de bataille. C'était plutôt un bon début, j'imagine !.. Mais en ce moment, la ville était redevenue plus calme, les villageois avaient repris leurs habitudes et leur joie de vivre était revenue. C'est une ville qui oublie vite.

J'avais donc repris mes petites habitudes, et ça me faisait du bien. Retrouver mon Orphelinat et mes braves petits enfants, tout sourire en ma compagnie, c'était certainement quelque chose de salvateur pour ma personne. Je ne m'en rendais pas encore bien compte, mais si mon humanité pouvait être préservée, elle le serait certainement grâce à tout ceci.
Depuis que j'occupais le rang d'As au sein de ma Famille, le temps que je leur accordais avait diminué. Cependant, cela rendait le temps que nous passions ensemble encore plus authentique qu'auparavant. Et ça.. c'était plaisant. Ils avaient bien compris que j'étais soudainement devenu un homme très occupé, après ces dix années de bons et loyaux services. Ils ne m'en voulaient pas, le reste de l'établissement non plus. Ils appréciaient juste ma présence, lorsqu'elle s'offrait à eux.
Et quant à moi, de mon côté, je me nourrissais de leurs sourires, rires, câlins ou autres altercations fantasques.

C'était un peu.. au pif, que je m'étais retrouvé à cet établissement. Lorsque j'ai fuis le domaine familial ainsi que la famille Elementis, je ne savais pas vraiment où me rendre. Le continent m'appelait à sa façon, là bas, j'aurai pu devenir le mercenaire Général le plus réputé du monde. Mais ce que je portais sur mes épaules était bien trop lourd pour le monde normal. Je ne pouvais plus quitter cette île pour aller faire carrière dans l'armée, après avoir reçu mon élément. Et quel élément, ala ala.
J'avais donc choisi la vie de nonne, on peut dire. Celle de rejoindre l'Orphelinat et de consacrer ma vie à l'établissement, aussi longtemps que possible, comme si j'avais fais le choix de laver mes futurs péchés à l'avance.
Même au sein de cet endroit, cela avait été plus fort que moi, je m'étais impliqué et je l'avais plus ou moins réformé, petit à petit, à ma façon, à ma sauce. Nous avions donné plus de liberté aux enfants et nous avions grandement augmenté les activités que nous proposions. C'était quelque chose dont je me sentais légèrement fier, aujourd'hui.

Je ne m'étais pas changé en quittant l'Orphelinat. Je portais toujours ma tenue sobre, mes lunettes, mes lentilles bleutées, mes cheveux étaient attachés. En cette saison, il me fallait mieux les avoir ainsi. Quederla est une ville portuaire, ici, le vent est une denrée du quotidien. D'autant plus en hiver. Un léger vent humide, frais, revigorant. Je ne le trouvais pas déplaisant. Et c'est dans cet état d'esprit, que j'avais entrepris de traverser la ville, à pied, pour une fois.
Je faisais ce pour quoi j'étais certainement le plus doué : Marcher en m'abandonnant à mes pensées, à mes observations. Je regardais le monde évoluer autour de moi, sans pour autant interagir avec.
Certains commerçant, travaillant avec l'établissement, me reconnaissaient sur ma route, m'infligeant un léger bonjour accompagné d'un signe de main. Je m'efforçais, tant bien que mal, à leur rendre la pareille.

Finalement, je rentrais dans le quartier résidentiel Ouest. Celui qu'autrefois, était communément appelé le quartier des Elementis. Aujourd'hui, c'est bien différent. Ce quartier appartenait maintenant un peu plus à l'Alliance et aux retraités des familles, plutôt qu'aux Elementis. Mais cette perspective ne me dérangeait pas tant que ça. Ma demeure était assez excentrée. Et ceux qui la connaissaient, ou me connaissaient ne prendraient pas le risque de fouler mon territoire. Je ne sais de quelle façon cette grande villa était perçue du temps de mes ancêtres, mais il y avait de quoi héberger une bonne petite tripotée de personne. J'imagine qu'ils recevaient souvent du monde, en tant que bons aristocrates Elementis. Même si notre lignée était souvent rabaissée par celles qui accédaient au pouvoir. Après tout, pour eux, nous n'étions capable que de brûler le champ de bataille et basta.

Parvenant finalement aux portes de mon domaine, j'entrais, comme à l'accoutumée. Cependant, je m'arrêtais assez rapidement, écarquillant les deux yeux.
Au niveau des nombreuses boites aux lettres présentes, se trouvait une silhouette, semblant chercher celles encore en activité. Ala ala. Il faut avouer que tout est d'époque, il y a toujours huit boites présentes, mais une seule avait un nom inscrit dessus, la mienne.
D'un premier regard, la silhouette présente ne semblait pas être une menace, ni un danger, et au vu de son accoutrement, ce n'était pas un postier.
Je m'avançais doucement dans sa direction, tandis que cette personne commençait à s'appliquer à introduire une sorte de flyer dans la seule boite présentant un nom.
Bondissant légèrement en avant, avec une discrétion relativement élevée, j'atterrissais juste derrière la silhouette face aux boites au lettre de ma demeure. Dans la continuité, d'un mouvement élégant, j'attrapais le flyer avant qu'il ne soit aspiré entièrement. À ce moment précis, c'était évident que la personne qui se trouvait qu'à un ou deux pas de moi, de dos, avait remarqué ma présence.
De mon côté, ne réagissant pas à sa présence, dans un premier temps, je me contentais de lire le flyer en diagonale.

Illumination. Oh. L'atelier du pinceau d'or. Un atelier qui propose des services d'entretiens sur le ménager, excellent dans le bois, apparemment. Intéressant. Il était clair et limpide comme de l'eau de roche que mon paternel avait tout sauf essayé de préserver notre habitation dans un état convenable, après mon départ. Quant à ma mère, elle se contente juste de la poussière dans les pièces que nous habitons. Peut-être que je devrais faire appel à des experts pour essayer de sauver ce qui est encore possible ? Un léger sourire en coin, amusé, se dessinait sur mon visage. Je n'avais pas détaché mon regard du flyer. Je n'avais pas porté attention à la personne se trouvant tout juste devant moi. Tout en gardant mon regard fixe sur le flyer, je prenais la parole, d'une voix calme et légère :


« Je suis intéressé. Cependant, cela me semble assez compliqué d'apporter quoi que ce soit à votre atelier... Tout mon intérieur est en bois et est à rénové. Ala, ala. »


Je lassais échapper un léger soupir, à la fin de mes propos.

(c) L Y S / L A E / M A T E N A


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