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 Offre fortuite (PV Piper)

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Valet de l'Alliance
Niels Egilson

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MessageSujet: Offre fortuite (PV Piper)   Offre fortuite (PV Piper) EmptyVen 15 Mai - 18:45






L
e regard d'Altiel se perdit un instant dans les flots de ses souvenirs, se remémorant les évènements qui l'avaient menés ici. La jeune femme devant lui, occupante de ce bureau distingué, attendait sa réponse. Ainsi débuta-t-il, en remontant sa mémoire jusqu'au jour d'hier. Ne s'attardant pas aux détails inutiles, il ne comptait pas raconter un roman. Il n'aimait pas les bavardages inutiles, et préférait au possible se l'éviter.

- Hier j'ai payé un verre au précédent imprimeur avant moi pour le remercier de m'avoir formé. Il n'est pas resté longtemps. Pour une raison inutile, j'ai plus tard été pris dans une bagarre impliquant plusieurs personnes, dont monsieur Raymond. Le tenancier nous a remercié. Puis mr. Raymond m'a laissé un numéro le téléphone à joindre si je cherchais un autre emploi. J'ai décidé d'appeler, par curiosité. Mon travail d'imprimeur me plaît, mais génère peu de revenus. On m'a référé à votre bureau. Merci de me recevoir.

L'expression neutre et le dos droit, il leva les yeux vers son hôte.
Dégageant une nette impression de maîtrise de soi mêlé de pouvoir, elle était devant lui comme une entité presque surnaturelle. Le regard perçant de ses yeux noisettes bridés, ses traits fins et doux entourés de sa soyeuse chevelure qui ondoyait d'une façon hypnotique en suivant ses mouvements... C'était définitivement une belle femme. Et c'était probablement tout naturel pour quelqu'un de son grade social. Devant elle, il n'était pas sûr de se retrouver à sa place, se considérant un peu comme un homme de la pire espèce, une poussière en bas de l'échelle de la noblesse.

En entrant dans ce bureau un peu plus tôt, il ne s'attendait pas à grand chose.

Il s'était d'abord présenté en lui serrant la main, puis avait affirmé qu'il était là sur recommandation de Raymond, son homme de main personnel, et lui avait mentionné qu'ils pourraient avoir du travail à lui offrir. Mais en quoi cela consistait, il l'ignorait encore. Toujours est-il que si cet emploi n'interférait pas avec son actuel, peut-être pourrait-il se permettre de faire les deux. Il aimait l'imprimerie, pour sûr, mais quelques petites heures par jour et un salaire de base comme le sien ne le mèneraient pas très loin... qui sait ce que cette opportunité pourrait lui offrir?

Depuis qu'il avait retrouvé sa sœur, il ne savait plus trop où il s'en retrouvait avec sa vie, ni ce qu'il allait en faire encore. À ce point, il en était juste à vivre au jour le jour en profitant des opportunités qui s'offraient à lui...

Altiel reporta à nouveau sur elle son attention.
Habitué de s'adresser avec politesse et convenance, il prenait soin d'utiliser son meilleur parler pour s'adresser à elle. Il poursuivit:

- Si cela n'est pas trop demander, je n'ai eu aucun détail de la part de votre homme de main sut le type de travail que je pourrais faire pour vous. Navré de devoir vous le demander, pourriez-vous m'en parler?


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Piper Park

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MessageSujet: Re: Offre fortuite (PV Piper)   Offre fortuite (PV Piper) EmptyVen 15 Mai - 22:27


Offre fortuite


- Hier j'ai payé un verre au précédent imprimeur avant moi pour le remercier de m'avoir formé. Il n'est pas resté longtemps. Pour une raison inutile, j'ai plus tard été pris dans une bagarre impliquant plusieurs personnes, dont monsieur Raymond. Le tenancier nous a remercié. Puis mr. Raymond m'a laissé un numéro le téléphone à joindre si je cherchais un autre emploi. J'ai décidé d'appeler, par curiosité. Mon travail d'imprimeur me plaît, mais génère peu de revenus. On m'a référé à votre bureau. Merci de me recevoir.

Je le fixe. Stoïque. Un sourcil se lève. Je lui ai juste demandé de me dire ce qu'il faisait dans la vie et lui il m'a déballé sa soirée sur un ton bien trop sérieux et surfait. Trop pour que je puisse savoir qui il est vraiment.

Aïe.

Quelque jours avant, Raymond qui va bientôt devenir papa, est arrivé dans mon bureau l'air circonspect.

- Boss.

- Hm? ais-je demandé sans prendre la peine de le regarde le nez dans mes papiers.

- J'ai trouvé quelqu'un pour me remplacer.

J'ai tout de suite relevé la tête. Pas du tout convaincue.

- Laisse tomber Ray. Tu es le meilleur de mes hommes personne ne peut te remplacer. Je m'en passerais, ne t'en fait pas.

Mais Ray a insisté.  Il m'a dit qu'il avait rencontré dans une discussion à poings dans un bar. J'étais très rassurée après ça. Mais j'ai confiance en Ray et les rares fois où il insiste: il a une bonne raison. Alors je lui ai dit en soupirant:

- Okay. Envoie le moi dès que tu peux, je verrais ce que j'en ferais.


Et nous voilà là. Moi devant cette tête blonde trois fois trop guindée. Trop polie. Qui plus est, ce qu'il me montre ne reflète clairement pas ce qu'il a dedans. Ça se voit comme le nez au milieu du visage. Quelque part j'ai l'impression de me trouver en face de moi. Je n'aime pas ça.

Donc je le fixe et continue de l'examiner.

- Si cela n'est pas trop demander, je n'ai eu aucun détail de la part de votre homme de main sut le type de travail que je pourrais faire pour vous. Navré de devoir vous le demander, pourriez-vous m'en parler?

Je garde un silence et réfléchis en le regardant de bas en haut. Mes sourcils font un saut avant que je ne me redresse sur mon siège.

- Vous parlez toujours comme ça à tout le monde? dis-je en plissant les yeux. J'apprécie que mes employés parlent avec décence, mais par pitié: respirez. On dirait que vous vous retenez depuis que je suis entrée dans la pièce...

Je sors une feuille blanche avant de me mettre à écrire un début de contrat. Le nez plongé dans le contrat, je continue à lui expliquer.

- Je cherche quelqu'un pour remplacer Raymond le temps de sa paternité voire plus. Je gère une centaine de postes sur Quederla et bien plus si nous sortons de l'enceinte de cette île. Ceci dit le métier d'homme de main est le plus important. Il m'est bien plus personnel.  Raymond assurait plusieurs fonction assez importantes et c'est pourquoi je ne peux pas me permettre d'embaucher n'importe qui et surtout pas un homme que je ne connais pas, qui ne me montre pas ses cartes et ce qu'il a en tête.

Je fini d'écrire et vérifie le contrat pour le retourner vers lui en posant le stylo à côté, histoire qu'il vérifie et qu'il signe si ça le tente.

- Le métier de Raymond consiste à être mon ombre. Il est ma main, il assure ma protection à moi et mes affaires, il m'est entièrement loyal et dévoué. Il n'y a rien qu'il ne sache pas de moi ou de mes habitudes et je peux lui faire une totale confiance qui plus est, je tiens à ce qu'il me parle de coeur à coeur, il sait que considère tous ses conseils. Vous comprendrez que je ne peux pas vous faire une totale confiance dès le premier jour, cependant, si vous signez ce contrat d'essai, vous pourrez tâter le terrain pendant un temps.  

Raymond me craint. Il n'a pas peur de moi: il me craint.
Il pourrait se rebiquer et mal me parler, mais jamais il ne l'a fait. Il sait ce qu'il risque de perdre et sait où sont ses intérêts.
Il me respecte, ne me cherche jamais des noises, il est très libre de s'exprimer avec moi et il a une grande liberté d'action. Nous nous parlons de coeur à coeur et il veille sagement et intelligemment sur mon empire.

Un homme de main en somme.  

Je pousse ma chaise pour me lever et passe une main sur ma combinaison de lin clair.

- Au terme de cet essai, si vous n'êtes pas trop dépassé par l'importance du job, alors nous scellerons ce contrat et je vous apprendrais officiellement toutes les ficelles pour être mon "nouveau" Raymond.

Je le regarde dans les yeux et hausse les sourcils pour l'inciter à signer le contrat avant de lui tendre la main.

- Avons-nous un accord?
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Valet de l'Alliance
Niels Egilson

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MessageSujet: Re: Offre fortuite (PV Piper)   Offre fortuite (PV Piper) EmptyMar 19 Mai - 15:10






S
e détendant lorsqu'elle lui fit remarquer sa tenue trop stricte, il prêta l'oreille en silence pendant qu'elle continuait de lui expliquer la situation. Apparemment, le rôle qui lui était proposé était majeur. Elle était conseillère au sein de l'Alliance, et son homme de main, Raymond, effectuait et sa protection, et diverses tâches d'importance pour elle. En bref, être son ombre, mais aussi parfois être son bras, son représentant.
Un peu désemparé d'avoir pu décevoir une personne d'autorité, il conserva extérieurement son sang-froid, sachant pertinemment que si elle demeurait ouverte à l'idée ''d'essayer'' ses services, c'était seulement et uniquement parce que Raymond l'avait personnellement recommandé.

L'impression qu'elle laissait sur lui était déjà impressionnante; Sans même beaucoup la connaître encore, il sentait qu'il n'aurais pas de soucis à la suivre; c'aurait été une autre paire de manches si la personne aurait été non éthique, corrompu ou eu des mœurs inacceptables.
Il repensa brièvement au genre de travail qu'il avait fait pour cette famille... les Grinberg, dont il avait malheureusement fait parti. Il en avait fait, des missions de tout genre. Il estimait que puisque ce travail auprès d'elle était constant, ce pouvait être d'un niveau de complexité plus élevé. Mais heureusement, il avait déjà de l'expérience derrière la cravate...
Elle énonça ensuite qu'elle allait le mettre à l'épreuve temporairement afin de s'assurer qu'il était capable de remplir ce poste convenablement.
Reconnaissant qu'elle lui propose tout de même le poste, il acquiesça.

-Entendu.

Puis il lui serra la main, et s'approcha pour signer.
Revisitant rapidement les termes du contrat afin de confirmer que tout était en ordre, il prit la plume qu'il trempa dans l'encore et apposa sa signature. noir sur blanc. Une autre décision majeure qui risquait de lui apporter beaucoup de problèmes, ou beaucoup d'opportunités.  En redéposant la plume dans son socle, il se redressa et hocha la tête, comme pour finalement sceller ce contrat.


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Piper Park

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MessageSujet: Re: Offre fortuite (PV Piper)   Offre fortuite (PV Piper) EmptyMar 19 Mai - 17:51


Offre fortuite


 - Entendu.

On peut avoir plein de renseignements sur un homme rien qu'en lui serrant la main. On peut prendre son pouls sans qu'il le sache ce qui nous permet de savoir s'il est stressé ou détendu.

On peut sentir son odeur. Le parfum des gens en dit beaucoup sur leur caractère et leur odeur corporelle en dit encore plus sur ce qu'il se passe en eux. Mon odora de félin apprécie les odeurs pour ce qu'elle signifient.

Mais surtout, on peut remarquer les détails du corps. Les types de vêtement, les marques sur la peau, les types de cheveux... L'odeur du shampoing, l'after-shave...
Sa poigne est contrôlée. Sûrement parce que je suis une femme. Je me demande ce qu'elle est lorsqu'il ne se retient pas.

Il a l'air d'accord. Oh mon cher, je ne crois pas que tu sache vraiment dans quoi tu t'embarque... Sinon tu aurais douter avant d'accepter. Mais à tes risques et périls. Un fin sourire malicieux se dessine sur mes lèvres, mais je l'efface assez vite pour qu'il ne le voir pas... Ou peut-être que je l'ai fait exprès...? Le sens de l'observation chez un homme de main, c'est important.

- Bien, fais-je en me dirigeant vers la porte. Venez. Je vais vous faire visiter le lieu. Ici c'est mon bureau et en général, Raymond travail ici lorsqu'il doit s'occuper d'affaires avec moi.

J'ouvre la porte et sors en lui faisant signe de me suivre d'un signe de la main.  Nous longeons le grand couloir avant que je lui indique les différentes portes.

- Ça c'est le bureau de l'hôtel où on imprime les papiers importants, ou on passe les appels importants, c'est là que se gère toute l'administration de l'hôtel et uniquement de l'hôtel. Celui de Quederla. Ça c'est la réserve de fourniture de bureau. Ça c'est la réserve des cosmétiques et des draps pour les chambres et les soins et juste à côté: la buanderie.

Toutes des immenses salles à l'abri du regard des gens.  Nous débouchons sur le pallier vide presque trop vide. On peut sentir que vous n'avez rien à foutre ici. Comme une partie isolée de l'hôtel. Je descend les escaliers recouvert d'un tapis bleu, ma main glissant sur une rampe de cuivre doré. Au prochain palier, nous rencontrons un autre escalier en face menant à l'étage.

- C'est le penthouse. Rien d'important.

Si. C'est très important.

Mais il ne le saura que plus tard. Je préfère ne pas lui dire ce qui l'attend pour ne pas l'aider à se préparer. Vous comprendrez un jour.

Nous descendons encore et arrivons au 3 ème étage. En face de nous le lobby vu de haut. Des portes ornent les murs faisant face à d'autres portes de l'autre côté du vide qui les sépare. Je prend la gauche et lui fait faire le tour de l'étage. L'hôtel fait le coin de la rue, donc il est en rectangle.

Le lobby se trouve au coeur de chaque étage. Que vous soyez au premier, au deuxième ou au troisième: ou pouvez le voir. Comme dans un rectangle, l'une des côtés est légèrement plus petit que l'autre, c'est pourquoi mon père a pensé que donner deux vue sur le lobby en le divisant sur le milieu par des salons communs serait une bonne idée... Pour "plus de lumière".  

Rien de passionnant en soit. Il y a une buanderie à chaque étage et une réserve qui doit être réapprovisionnée chaque semaine. Sans compter le cagibi pour ranger les produits ménagers.  Nous descendons et visitons encore et encore.

- Tous les jours, je veille à ce que tout soit parfait. La moquette doit être propre, les plantes doivent être arrosées, les piscines et jardins entretenus, les chambres nettoyées, je veille même à ce que la cuisine soit à l'heure. Je vois le menu avec le cuisinier chaque matin. Et je change la décoration à chaque saison.  L'hôtel fait aussi office de salle de réception puisque nous avons trois grandes salles de réunion, une bibliothèque, deux piscines et trois bars en plus sur restaurant.

Nous arrivons finalement au lobby où je lève la tête vers le fenêtre circulaire tout en haut qui laisse la lumière passer. Plusieurs canapés sont disposés ici et là pour le confort des clients.

- Je surveille de près mes employés. Assez pour savoir s'ils manigancent quelque chose en secret. Il y peu, j'ai dû me séparer de certains d'entre eux pour une histoire de bonbons à l'opium. Comme si la drogue n'était pas déjà un calvaire ici, il a fallut que les Anglais s'en mêlent, craché-je en m'enfonçant dans un long couloir étroit menant vers le jardin intérieur.

Je ne suis pas peu fière de ce qu'il dégage: des odeurs de fleur d'oranger et de jasmin adoucit par les odeur de rose....

- Les clients ont tout ce dont ils ont besoin. Et si nous n'avons pas ce qu'il veulent, nous faisons en sorte qu'ils l'aient. Je met un point d'honneur à ce qu'il soient traités avec bienveillance et discrétion.  Cependant, j'attends d'eux qu'ils se comportent bien avec mes employés. Pas de violence, pas de vulgarité, pas de familiarité ou de fourberie. Mais si quelqu'un dépasse de sa zone d'action, il peut-être assurer qu'on lui rendra la monnaie.

Je me retourne vers lui en sourire sur le visage, les yeux légèrement plissés ... Plus qu'il ne le sont déjà.

- Je suis persuadée que vous comprenez ce que je veux dire. Cela fait beaucoup de choses à enregistrer pour aujourd'hui monsieur Selmine. Vous devez savoir que je dirige mes établissement avec ma mère, vous serez donc amené à la voir... Mais je pense que pour aujourd'hui, cela suffira.

Je lui montre le chemin inverse et le suit jusqu'au lobby.

- Nous aborderons tout ce qui me concerne demain. Un de mes employés viendra vous porter tous les documents nécessaires, les plans et le référentiel de tous ce dont je vous ai parlé dans les détails... Ils vont jusqu'à nos fournisseurs.

... Si tu réussi, tu pourras surveiller les comptes. C'est là que tu seras le plus utile.

Je marche avec lui jusqu'à la grande arche d'entrée et lui serre la main.

- Henry mon chauffeur va vous raccompagner. Reposez-vous monsieur Selmine, dis-je ne gardant sa main dans la mienne. Vous en aurez besoin pour demain.

Je lâche sa main lui souris avant de faire signe à Henry de lui ouvrir la porte.

Je le regarde monter dans la voiture et s'éloigner. Mon sourire s'efface. Andrea vient alors me retrouver très discrètement.

- Il n'aurait pas été plus judicieux de les lui remettre maintenant?

- Non. J'ai quelques annotations à faire et je vais tenter de semer des morceaux de pain histoire de voir quel type de bougre il peut bien être.

Je la dépasse et retourne à l'intérieur.

- "Bougre"?

- Tant que je ne le connais pas; il reste un "bougre" qui en veut à la thune plutôt qu'à mon bien et ceux de mes affaires.

Je rentre dans mon bureau en attrapant les papiers qu'Andrea m'a préparé et les annote. Sur certains endroits j'ajoute des pièces qui ne figurent pas sur le plan. Je lui met les renseignements sur nos fournisseurs, un dépliant sur notre hôtel et entre deux, je glisse une fiche de nombres ... Une fiche de nos entrées et sorties d'argent. Pas de titre.... Evidemment c'en est une fausse, mais je m'attends à ce qu'il remarque une anomalie ou me dise quelque chose. Nous verrons bien. J'ajoute un carton de rendez-vous pour le lendemains et met le tout dans une enveloppe que je scelle avec un cachet de cire blanche puis demande à un de mes coursiers de le lui apporter.

- Madame... Je devrais appeler pour votre réunion de demain?

- Oui. Dites bien aux gens de venir en avance. Il faut que je vois comment nous organiser. Préparez le penthouse.


Elle opine et se retire. La journée se finit comme ça pour ma part.


Le lendemain, je suis débout très tôt pour changer drastiquement la décoration de l'hôtel. Nous verrons s'il parvient à se diriger dans l'hôtel sans repères.

Plus tard, je suis confinée dans une salle de réunion avec quatre personnes. Des adultes, bien plus adultes que moi. Eux aussi sont maîtres de leurs propres domaines. Des collègues/partenaires à moi. Tous assis autours d'une longue table vernie. Ils attendent, un verre de quelque chose à siroté. Nous nous sommes entretenus.  Quant à moi, j'attends, appuyée sur le buffet au fond de la pièce, me demandant s'il trouvera.

- Êtes vous sûre qu'il viendra mademoiselle Park?

- Well... S'il est aussi futé que Raymond semble le dire, il trouvera sans difficulté.

- Sans difficulté? Votre hôtel est un vrai labyrinthe, mademoiselle Park... Et je doute qu'il soit de bonne humeur en arrivant ici.

- Son humeur m'importe peu, Monsieur. Cela m'arrangerait même de voir les angles de son caractère. Il est du genre trop poli pour être sincère, ça m'énerve.  Au diable ses manières, ça se corrige...

- Et votre secrétaire? Vous êtes sûre qu'elle...

- Andrea veillera à ce qu'il avance discrètement. Chaque grande porte qu'il franchira est supposée se refermer irrévocablement sur son passage.

- Et s'il reste bloqué dans votre petit jeu?

- Il y a toujours un moyen de s'en sortir: par la fenêtre, les conduits d'aération... A lui d'être imaginatif. N'est-ce pas le but d'un jeu?  L'imagination? J'en attends beaucoup de mon homme de main, dont savoir se débrouiller dans n'importe quelle situation.

- Et que sommes nous supposés faire en l'attendant?

Je me redresse et croise les bras en la regardant.

- Eh bien... Nous continuerons à boire ensemble, dis-je en souriant.
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Valet de l'Alliance
Niels Egilson

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MessageSujet: Re: Offre fortuite (PV Piper)   Offre fortuite (PV Piper) EmptyJeu 21 Mai - 23:05






L
'avait-il vu sourire?
C'était si bref et subtil qu'il aurait presque cru le rêver, mais il ne pouvait pas l'avoir imaginé comme ça s'il n'y avait pas d'abord eu déclencheur à ce doute. Par conclusion, elle avait sans doute souri. Mais il n'était pas sûr que c'était bon signe... Dans tout les cas, son avenir était maintenant scellé; il ne ferais pas volteface maintenant.

Piper lui fit scrupuleusement visiter l'établissement. Elle mentionnait en avoir plusieurs autres en sa possession. Déjà celui-ci était-il grand, Il devait supposer que tous les autres devaient être plus ou moins similaires... en taille, sinon en disposition et design. Les gestionnaires d'hôtels aimaient généralement conserver de l'homogénéité dans leurs possessions, car ça permettait de façonner et affirmer une image nette de l'entreprise, de sorte qu'ils sont facilement reconnaissables par tous, partout. Comme une marque de commerce. De même, lorsque chaque hôtel est fabriqué similairement aux autres, ça permets que le client reconnaisse facilement l'hôtel peu importe dans quel pays il ira. Ça l'encourage à toujours revenir chez cet hôtelier plutôt que chez un autre.

Pendant leur visite, Altiel s'efforça de mémoriser ce qu'il pouvait par mots clés et de cartographier le bâtiment en s'orientant par points cardinaux. Il vit que les dispositions des majeurs couloirs et salles étaient judicieuses et claires, faciles à trouver car aux mêmes emplacements sur chaque étage. Chaque lieu accessible au public était affiché grâce à des panneaux directionnels devant les sorties des ascenseurs et escaliers, aux intersections et tournants de couloirs, et que les salles nécessaires uniquement au personnel de l'hôtel avaient également un panneau sur la porte, pour éviter que le public n'ouvre accidentellement le placard à balais. Il salua au passage tous les membres du personnel à qui Piper pouvait d'aventure le présenter, auxquels il se présentait à son tour, poliment.

Alors que Piper lui avait sciemment fait tout visiter, il y avait cet endroit dans l'hôtel qui était interdit au public. Le penthouse. Lieux qu'elle ne lui fit étonnamment pas visiter plus que ça, ce qui le surprit. Pourquoi Piper irait-elle dans le détail de lui désigner des salles comme la buanderie et la réserve des fournitures de bureau, mais désignerait un penthouse d'hôtel comme ''pas important''?? Ce qui était manifestement illogique...  Il laissa ce questionnement en suspens lorsqu'ils quittèrent, se promettant de trouver réponse à cela dès qu'il en aurait l'occasion.

L'hôtel lui-même était digne des rois. Les architectes, artisans, ornementeurs, sculpteurs et peintres qui avaient unis leurs arts respectifs pour créer ce chef-d'œuvre avaient certainement été sélectionnés parmi les meilleurs de ce monde, car le tout était à couper le souffle, impeccable, et le travail des employés et gestionnaires le rendaient tout simplement irréprochable aux yeux du commun des mortels. Le simple fait de se trouver entre ces murs finement travaillés et sous ces plafonds décorés et gravés ornés des plus délicats lustres de cristal était en soi suffisant pour donner un ''choc de classe sociale'' pour lui, qui était issu du monde de la quasi pauvreté et avais rampé dans les plus bas fonds des rangs sociaux humainement possibles. Mais il regardait le tout avec un regard déconnecté, objectif. Il n'était pas de ce monde; Il en était l'employé. Il faisait parti du décor; il n'en pouvait point profiter.

Au fur et à mesure qu'elle lui énumérait la charge monumentale dont elle s'accablait pour être certaine que tout était parfait, Altiel espérait néanmoins qu'elle déléguait au moins une partie de ces tâches à son maître d'hôtel et son équipe, car il imaginait difficilement la présidente elle-même (et même Raymond)faire tout cela en plus de ses lourdes charges d'administratrice du groupe hôtelier ET de conseillère pour l'Alliance. Si c'était le cas, il devrait essayer de la raisonner un peu et de lui faire déléguer le menu travail à ceux qui sont engagés pour le faire.
Quelle ne fut pas sa surprise supplémentaire qu'en plus d'assumer elle-même tous les rôles précédemment mentionnés, elle faisais en plus le travail de ''police'' de l'hôtel en assumant elle-même (encore) le travail de garde hôtelier. Interdit, il fut presque sûr d'avoir mal entendu, mais non, elle l'affirmait aussi calmement et simplement que si elle discutait de la pluie et du beau temps. À ce point là, ce n'était plus de l'admiration pour son ardeur à la tâche qu'il ressentait envers sa nouvelle employeuse, mais un profond désarroi, à s'en inquiéter pour sa santé dans tous les sens du terme. À ses yeux, c'était complètement illogique de faire tout cela soi-même lorsqu'on se trouve dans une position telle que la sienne, au risque de courir soi-même à bras ouverts vers l'épuisement professionnel, la dépression ou même pire... Dans tout les cas, ce qui est sûr, c'est qu'elle devait avoir bien peu de temps pour seulement vivre... Comment alors profiter sereinement du succès et de la richesse de son entreprise?

Piètre fut son étonnement, quand informé que certains individus pouvaient parfois être sujets à des ''traitements particuliers''. Le soulagement de savoir qu'elle n'assumait pas ce rôle elle-même en plus du reste était suffisant pour que l'idée que de telles actions soient nécessaires ne passe pas de travers.
Mais après coup, il se dit que c'était malheureusement le lot quotidien, lorsqu'on possède un empire tel que celui de la grande Piper Park. En ce monde, les alliés sont précieux et les ennemis se créent beaucoup trop facilement... De sorte que des hommes tels que Raymond, et lui, il le supposait sans difficulté, soient nécessaires. C'était ça, Quederla. Belle et magnifique, mais également sombre et pleine de vices.
Altiel n'avait pas peur de se salir les mains. Comment s'inquiéter de le faire, alors qu'elles étaient déjà si sales? Derrière lui, dans le sillage de son parcours, il pouvait presque entendre le torrent de sang dans lequel glissent ceux qui se mettent dans son chemin. Et duquel jamais ils ne ressortent. Malgré qu'il l'évite au possible, s'il le doit, Altiel puise en lui son ancienne identité, Jan Grinberg, et lui lâche les chaînes qui le restreignent.
Peut-être est-ce fuir la réalité. peut-être est-ce protéger son esprit de ses propres actions. Mais c'est pour lui le seul moyen de se distancer du regret et des peurs. Le seul moyen de conserver un semblant de conscience humaine.

Déjà, Piper se retournait vers lui en souriant malicieusement, le ramenant sur la terre ferme pour confirmer les impressions qu'il avait déjà, et le prévint qu'il allait officiellement débuter son nouveau travail auprès d'elle le lendemain matin. Il recevrait sou peu tout les documents nécessaires à sa formation.
Satisfait, il hocha la tête et la remercia. Il lui serra une dernière fois la main, et l'encouragea à bien se reposer pour la suite. Il monta dans la voiture qu'elle avait fait venir pour lui, et quitta.
En chemin vers chez lui, il se questionna sur le pourquoi elle ne lui avait pas remis ces dits documents alors même qu'il était à l'hôtel. Il aurais ainsi pu les ramener directement... mais bon. Inutile de s'attarder sur ces détails. Il jeta un œil à sa montre à gousset; le soir approchait.

Un peu plus tard, il reçut la visite du coursier qui lui apporta les documents de l'hôtel.
Assis à son bureau dans son petit studio-appartement, il ouvrit le tout. D'abord le carton d'invîtation à son nom pour son rendez-vous du lendemain, puis le dépliant de l'hôtel, qu'il mit de côté avec un plan du bâtiment, et finalement une liste de fournisseurs proprement listés. Il en aurait certainement beaucoup d'autres à étudier à l'hôtel même... Les laissant de côté, il passa en revue un à un chacun de ces documents. Le dépliant, esthétique, montrait des gravures imprimées illustrant l'hôtel, extérieur et intérieur, le logo du groupe hôtelier, plusieurs informations sur les services offerts et les différentes succursales autour du globe.
Le plan détaillé de l'hôtel (chacun des étages) était une copie des plans originaux. En débutant à l'entrée principale, il posa son index sur le plan, qu'il glissa de couloirs en couloirs, de pièces en pièces, en se repassant en mémoire simultanément toute sa visite, et aux pièces plus importantes, il annota au crayon de plomb les mots-clés qu'il avait mémorisé. Bureau de l'hôtel: Administration. Tout important. Réserves: réapprovision 1x/sem, etc... Sur le côté du plan, d'autres notes: Tout matins: vérifier -propreté -plantes -jardin -piscine -menus -chambres, etc...
À quelques reprises, il répéta ce petit manège, de refaire la visite mentalement en suivant visuellement le plan. Bien sûr, beaucoup de pièces lui demeuraient inconnues. Ils n'étaient pas entrés dans chaque pièces et n'avaient pas ratissé tous les recoins de tous les étages, seulement faits les principales ères et couloirs. Et puis il y avait ça:
Cette zone ici. Ce penthouse qu'ils avaient ''délibérément'' évités...
Un peu trop curieux, peut-être, Altiel se pencha sur cette partie du plan qu'ils n'avaient pas visités. Ne s'y étant pas aventurés, il était très curieux de ce en quoi il consistait, et ses dispositions.
Se promettant d'y jeter un coup d'œil dès que possible, Il passa au document suivant. En prenant la liste des fournisseurs, il vit que celui-ci avait un autre papier qui était resté dissimulé, collé par statique à l'arrière.

Les posant tous deux devant lui, il les analysa, intrigué.
Il supposait que les deux devaient être liés, le deuxième papier représentant des montants d'argents de valeurs diverses du premier. Au coup d'œil, tout avait l'air normal.
Mais la questions se posait. Pourquoi, comme ça, la première journée, vouloir lui montrer des papiers de fournisseurs? Si l'on suit la logique d'une formation ordinaire, ce genre d'informations privées et importantes sont souvent présentées (avec explications) plus loin lors de l'apprentissage. Qu'est-ce qu'un nouvel employé avec aucune expérience dans le monde de la comptabilité ou de l'hôtellerie pourrait-il faire d'une liste et montants de fournitures? Quel était le but de Piper à travers ce choix? Lui demander son avis sur le choix des fournisseurs? L'informer de l'importance de choisir ses fournisseurs? Lui demander d'en trouver de moins coûteux?

De moins couteux.... Oh?
Portant ses doigts à son menton, il se pencha vers les deux feuilles, fronçant les sourcils.
À deux reprises sur la feuille de chiffres, figurait exactement le même montant, au centime près, et la même journée? S'il ne s'était pas posé directement la question ou n'avait cherché à trouver quelque chose, il n'y aurais probablement pas pensé. Mais là...

soupirant de frustration à l'idée d'ignorer la raison de ces transactions, il se dit que ce n'était probablement rien, mais qu'il pourrait le lendemain questionner Miss Park sur tout cela, histoire d'éclaircir sa lanterne.
Il remit le tout dans l'enveloppe, et la mit dans sa poche de manteau, avant de quitter pour l'imprimerie. En chemin et durant ses heures de travail, il profita de son temps pour continuer à se remémorer mentalement leur parcours dans les couloirs, visualiser le plan, et faire correspondre les mots-clés avec les cases de celui-ci. Lorsqu'un doute l'assaillait, il revérifiait le plan qu'il avait apporté.

Ce fut son lot jusqu'à son retour chez lui au milieu de la nuit, où il profita du sommeil afin de laisser reposer son cerveau et assimiler l'information dans sa mémoire.

~~~~~~~~~~~~

Le matin suivant, Altiel se vêtit de vêtements propres, mais un peu moins sérieux que le jour précédent. Aujourd'hui, il aurait certainement beaucoup à faire. Il reprit son enveloppe pour l'amener avec lui; le plan, pourrait toujours être utile. puis les papiers chiffrés afin de questionner Miss Park. Il partit afin d'arriver environ 30 minutes plus tôt car il voulait avoir le temps d'examiner ce  penthouse s'il en avait la chance.

Il fit ainsi son bout de chemin jusqu'à l'hôtel. Arrivé sur les lieux, il salua Henry, qu'il avait croisé le jour précédent,
et entra.
Dès qu'il eut traversé les portes vitrées, il fut immédiatement saisit par l'aspect du hall d'entrée. Changement de déco? Se questionnant un moment, il se souvint que Miss Park avait mentionné quelque chose en rapport à un changement de décoration selon les saisons... Dis donc, c'était un peu drastique et étonnamment rapide comme changement! On aurais presque dit un hôtel complètement différent. L'atmosphère également. Peut-être les parfums dégagés par les fleurs? Haussant les épaules, il alla prévenir la réception de son arrivée, mais leur dit aussi qu'il voulait explorer un peu avant de se diriger vers son rendez-vous, et demanda où il pourrait trouver Miss Park. À cela le maître d'hôtel répondit qu'il ignorait où elle se trouvait présentement.

Soupirant, Altiel les remercia et se dirigea vers le penthouse.
À son grand dam, celui-ci était verrouillé à clé, impossible d'y entrer. Et cela ne fit qu'attiser plus encore sa curiosité. Pensif, il se frotta le menton, puis revint sur ses pas, pensant déambuler un peu dans les couloirs. Il ignorait où pouvait bien se trouver Miss Park. Comme dans la plupart des cas, elle enverrait probablement quelqu'un le chercher à la réception. Mais il ne voulait pas se reposer sur cela uniquement.

En marchant, il remarqua avec étonnement que les panneaux pour s'orienter avaient été enlevés. Il trouva cela curieux; alors que le reste de la décoration avait été faite en un clignement d'yeux, c'était le seul aspect qui restait du changement. Un employé de passage lui expliqua que les panneaux avaient été enlevés pour être remplacés ou nettoyés, quelque chose comme ça...

Encore plus embêté, Altiel trouvait tout cela de plus en plus étrange. Oui, certainement il comprenant, mais... là, comme ça? aujourd'hui? c'était peut-être seulement un hasard, mais il croyais peu au hasard. Lui restaient les soupçons. Convenant qu'il ne pouvait rien y faire pour l'instant, il fut heureux d'avoir pensé à emmener la carte qu'on lui avait fait envoyer.

Il la suivit un certain temps pour se repérer, satisfait de sa mémorisation par points cardinaux. Pour un certain temps, cela fonctionna. Un certain temps.
Il réalisa vite que le bâtiment était beaucoup plus labyrinthique qu'il ne l'avais d'abord interprété. S'il parvenait à se souvenir parfaitement du chemin qu'ils avaient pris la veille, il ne put cependant emprunter le même. Certains passages étaient en train de se faire nettoyer la moquette et donc impossible d'y passer. Un escalier occupé par des employés déménageant du matériel et des meubles... Une porte verrouillée...
Se frottant la tête, Altiel avait l'impression d'avoir déjà tourné 3 fois sur ses pas.
Il n'avait pas perdu son orientation à proprement dit, mais la journée semblait être contre lui. L'heure avançait. son rendez-vous était dans 15 minutes. Pour le moment, sa meilleure piste se trouvait au bureau de la présidente, lieux qu'il n'avait pas encore pu accéder. Reprenant sa détermination à deux mains, il allait sortir de la salle de réception dans laquelle il se trouvait quand il réalisa que la porte était verrouillée.
Interdit, il confirma qu'il était bel et bien enfermé. En regardant autour de lui, il voyait une seule autre porte: celle des cuisines. Malheureusement elle aussi verrouillée. Sachant qu'il ne devait pas perdre de temps, il se pencha devant la serrure de la porte menant vers les cuisines.
Tendant les doigts vers l'ouverture, il fronça les sourcils en se concentrant pour puiser dans son psyché. Tout au bout de ses doigts, un filin d'énergie translucide s'infiltra dans le trou de serrure et se solidifia en prenant une forme de clé adaptée à l'intérieur de la serrure. saisissant l'extrémité solide émergeant du trou, Altiel la fit pivoter entre ses doigts jusqu'à ce que le mécanisme cède sans aucune résistance. Il sortit, et la clef disparut de la serrure.
Jusqu'à maintenant, il n'avait pas pu se diriger adéquatement vers sa destination. L'hôtel lui-même ne semblait pas être dans son état normal aujourd'hui. Que ce soit ménage de printemps ou changement de déco, il était manifestement tombé sur la mauvaise journée pour débuter. Les couloirs de tous les étages n'étaient pas tous nécessairement identiques d'étage en étage, provoquant facilement la perte d'orientation.
Il savait qu'il n'avait plus beaucoup de temps, aussi devait-il profiter des seules solutions qui s'offraient à lui, dans son environnement immédiat.
À savoir: Le monte-plat.
Il savait que ce type de mécanisme vertical ne serait pas assujetti aux restrictions de couloirs et d'escaliers problématiques. S'il voulait monter jusqu'au quatrième étage, c'était maintenant le moyen le plus rapide et direct de s'y rendre.

Soupirant à l'idée même de ce qu'il allait faire, il se dissimula un instant entre deux meubles et attendit le bon moment pour que le personnel de cuisine ne remarque pas son passage. Heureusement, le monte-plat était dans un coin moins achalandé des cuisines, ce qui lui permit de rapidement et silencieusement monter dans le petit espace, vite appuyer sur le bouton de remontée et fermer la petite porte.
Aussitôt le mécanisme se mit en branle, et en résistant quelque peut, se mit à monter lentement. Il alla ainsi jusqu'au quatrième, où il sortit. Vérifiant les allées et venues du personnel ou des clients, il referma doucement la porte et eut le bonheur de constater que le remonte plat était tout près du bureau de Miss Parker.

À sa montre, 5 minutes restantes.
Il cogna à la porte.
Aucune réponse.
Il cogna encore.
Toujours rien.
Il tenta d'ouvrir la porte.
Verrouillée.

Étouffant un grognement mêlé d'énervement, d'impatience et de découragement, il laissa son front reposer quelques secondes sur le plat du bois, avec l'impression qu'on se jouait de lui.
Ça ne pouvait pas être pire...
Cherchant définitivement à trouver l'endroit où Miss Park pourrait bien se trouver, il passa devant une fenêtre qui menait au jardin de l'hôtel.
Il vit, là, au fond du jardin, un petit bâtiment qu'il n'avait pas remarqué lorsqu'ils avaient visités le jour précédent, car quelque peu dissimulé par la végétation.
Ses yeux s'ouvrirent grand, comme si la réponse s'était imposée d'elle-même. Il vérifia sa montre à nouveau.
3 minutes.
Poussant la fenêtre d'un mouvement, Il passa jambe par-dessus bord, Et regarda seulement un instant le sol sous lui avant de s'élancer.

Il se laissa à peine tomber, qu'une plaque d'énergie translucide apparut juste sous ses pieds. Puis une autre. et encore une autre. Comme un escalier, Altiel dévala à grande vitesse les hauteurs qui le séparaient du sol. À chaque pas supplémentaire, la dernière plaque disparaissant et la nouvelle apparaissait.

Il posa les deux pieds au sol, le cœur battant un peu plus vite de la descente qu'il avait faite. Maintenant les deux pieds sécuritairement à plat au sol, il leva juste un instant les yeux vers la fenêtre ouverte du quatrième avant de marger à pas rapides vers le bâtiment dissimulé.
30 secondes...

5...

4...

3...

2...  Il ouvrit la porte et entra.

1. Un imperceptible sourire satisfait (et soulagé) étira les extrémités de ses lèvres. Il salua l'assemblée d'un hochement de tête poli.

- Bonjour, Miss Park.



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Piper Park

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MessageSujet: Re: Offre fortuite (PV Piper)   Offre fortuite (PV Piper) EmptyVen 22 Mai - 14:38


Offre fortuite


 
TIC. TOC. TIC. TOC. TIC. TOC. TIC...

Le pendule de l'horloge raisonne et me répète combien j'ai dû me tromper en croyant Raymond. Les bras croisés, je me demande ce qui aurait pu paraitre impossible aux yeux de monsieur Selmine. Ce qui aurait pu le faire échouer. Et soudain, je me reprend. J'inspire et décroise les bras.

Non. Il n'y a rien d'impossible. S'il n'est pas capable d'arriver à bout de simple contretemps, alors de quoi sera-t-il capable devant une arme? Qu'en adviendra-t-il de ma vie? Devrais-je le protéger lui ainsi que mon empire.

- Hmm, laché-je dans ma barbe.

Il n'est peut-être pas fait pour ça, me dis-je déçue. L'un de mes accolytes se tourne vers moi.

- Eh bien mademoiselle Park? Nous étions ravis à l'idée de venir vous aider, mais il semble que vous ayez un imprévu.

- Poser un lapin de la sorte...

- J'en suis désolée mes chers camarades. Je ne m'attendais pas à ce qu'il soit si peu endurant. J'avoue être déçue.

- Eh bien. Il n'est pas tout a faire l'heure, attendons jusqu'à la dernière minute et dans le pire des cas... La chance ne sourit pas toujours.

- Dans mon cas, je dirais que la chance n'existe pas.

Et là, dans une élan qui sent le dernier espoir, la porte s'ouvre. L'odeur est légèrement différente, le style est plus décontracté... Du musc... De la sueur?  Sur son visage, un fin sourire traduisant son soulagement. Ses cheveux d'or retombent sur son visage comme ceux d'un enfant qui aurait couru au bord de la plage après les mouettes.

Il est trop calme. Bien trop calme. Tout ce que je ne voulais pas.

- Bonjour,  Miss Park.

Son ton revendicateur me frustre. Cette défiance dans sa voix ne me plaît pas. Il se croit malin? Ou alors c'est juste pour me défier de le taper plus fort? Une façon de me dire que je ne peux pas venir à bout de ses forces? C'est comme s'il savait à quel jeu je joue et qu'il refusait de craquer.

Je tasse ma déception dans un coin de ma tête et me redresse du buffet lorsque mes compères se tournent vers moi silencieusement.

- Bonjour, Monsieur Selmine.

J'inspire un grand coup et vais attraper un verre pour lui vider de quoi se requinquer avant de lui apporter avec un dessous de verre pour ne pas tâcher ma belle table vernie.

- Vous avez trouvé le lieu. Félicitation, dis-je en m'asseyant à moitié au bord de la table.

Ma voix est posée, ferme bien que chantante. Il faut dire que je sais mettre l'accent sur les mots que je veux que l'on retienne. Je lui fais signe de boire en haussant le sourcils et me retourne vers mes quatre amis.

- Chers amis. Je vous présente monsieur Selmine Altiel. Il tendra à être mon nouveau Raymond dans les jours à venir. Je vous prierais donc d'être sans pitié pour ce qui va suivre.

Je sais ce que vous vous dites. "Elle est folle". Que je cherche depuis le début: c'est de le tuer.

Mais vous êtes loin du compte. Vraiment très loin.

- Monsieur Selmine. Voici, Lady Rose, dis-je en désignant une jeune femme à peine plus âgée que moi. C'est une jeune femme remarquable, née dans une bonne famille qui à fait fortune dans les joyaux. Je crois que cela peut se voir à ses bijoux, dis-je presque en me moquant d'elle. Lady Rose et moi-même somme très proches... Assez pour qu'elle puisse m'aider à satisfaire les demandes de mes clients lorsque le besoin se présente....

La jeune femme, brune lui fait un signe de tête, scintillante dans son tailleur rouge.

- Voici monsieur Horn. Il dirige ce que l'on peut qualifier être l'un des plus grands réseaux ferroviaires traversant les montagnes et j'en passe. Il va sans dire que les trains de ce monsieur sont des merveilles alliant rapidité et efficacité. Beaucoup de ses clients viennent loger ici, c'est pourquoi nous avons dû collaborer à plusieurs reprises et j'espère que cela continuera.

L'homme dessine un sourire derrière sa moustache et me fixe avant de faire également un signe de tête à Altiel.

- Voici... Lewis. Un ami de feu mon père. Il gère ses propres affaires dans la finance et a contribué à bâtir l'empire que je possède aujourd'hui. Je reste toujours en contact avec lui pour des conseils. Et enfin, David Huxley. Je supporte peu d'être assise à côté de lui tant il sent l'argent et le parfum des types de mauvais genre, dis-je en riant presque. Il gère des casinos où les gens viennent perdre leurs fortunes chaque jour. Entrez dans l'un d'eux avec votre héritage et vous pouvez être sûr de ressortir en roulant dans sac de jute.

... En PNL, il est dit que lorsque l'être humain pense à quelque chose en particulier, il ne peut s'empêcher de regarder dans une direction particulière.  Aussi, il a été prouvé que lorsque l'on réfléchit  en regardant à droite, nous utilisions notre imagination tandis que lorsque nous regardons vers la gauche, nous faisons appel à nos souvenirs. Vers le haut; la vision est sollicitée, donc nous pensons a quelque chose, quelqu'un ... Vers le bas, cela signifie que nous nous concentrons sur des sensations physiques.  

En gros, peu importe ce que vous faites et qui vous êtes: votre corps parle pour vous.

Je sais vous vous demandez pourquoi est-ce que je parle de ça.
Raymond était capable de repérer ces petits signes sans forcément comprendre ce que cela voulait dire. Il lui suffisait de voir ces micro expression pour savoir si quelque chose était louche ou pas. C'est ce qui s'appelle avoir du nez.

Il savait aussi détecter les mensonges. On dit qu'il y en a 5 présent et récurants chez les hommes.

Les mains, qui cachent les yeux, la bouche, le nez... C'est un réflexe qu'ont les menteurs. N'avez vous jamais remarqué ce que les enfants font quand il font une bêtise? Il cachent une partie de leur visage. Leur front, leur bouche... Leurs oreilles. De manière générale, les menteurs on tendance à vouloir se cacher.

Lorsqu'on ment, on emploie notre vocabulaire nous fait défaut. On emploie des mots qui ne sont pas les nôtres pour nous distancer du mensonge et cimenter nos propos.
Aussi le volume de la voix peut être un indicateur de mensonge. Un menteur parlera plus fort et plus aigu.

Le sourire... La plus évidente des preuves. Une marque de vanité, le summum du mépris envers les autres. "J'ai réussi à te duper, je suis plus malin que toi". Mais attention... Qui tente de justifier son sourire est coupable de quelque chose.

Et enfin, le regard.  

Soyons d'accord, je ne demande pas à Altiel de connaitre ces techniques. Nous les utilisons tous de manière générale, dans nos vies. De manière consciente ou inconsciente. La seule chose que je souhaite c'est de savoir à combien de pour-cent environ, monsieur Selmine utilise ses capacités et si elle sont assez équilibrées pour avoir un jugement correct.

 - Ces gens ne sont pas là pour rien, monsieur Selmine. Ils me connaissent assez bien et je les connais assez bien aussi...

Mes complices me regardent, la malice dans l'oeil. Je sais qu'ils s'amusent. Ils sont prêts. Mais j'imagine que pour Altiel, les choses sont un peu différentes. Il sort à peine d'un dédale de couloirs et de pièces et voilà qu'une autre épreuve se présente. Oui: il doit se demander ce qu'il fiche ici.

Je ferme la porte à clé pour que le lapin ne prenne pas ses jambes à son cou et me dirige vers le buffet que j'ouvre avant d'en sortir un coffret de la taille d'un bouquin.

- Ils ont tous un point commun avec moi. Ils ont investit dans cet hôtel. Argent, temps... Peu importe.

Aucun homme ne se sentirait en sécurité ou à l'abri du danger dans une telle situation. Et vous m'excuserez, mais je doute qu'un type comme Altiel puisse tenir à la pression. Ou alors, c'est qu'il n'a pas d'âme. Tout homme a ses limites, le tout est de connaitre la nature de ces limites. Comment est-ce qu'elles se manifestent. Pourquoi, comment...  Et bizarrement, lorsque nous les voyons, il nous est possible de discerner, là, incrusté dans l'âme et l'esprit, les vices qui nous rongent ou qui nous habitent.

La peur, la colère et j'en passe.

On en apprend beaucoup sur les gens à travers leur manière de gérer leur anxiété. Je n'ai rien pour faire pression sur Altiel afin de voir ce qui l'anime... Je ne tiens pas à être comme l'un de ces horribles cons qui prennent les proches des gens en otage.... Mais, je peux créer une source de pression.

- Cependant, l'un est plus dangereux que tous les autres autours de cette table, dis-je en revenant vers lui lentement. Chacun se défendra à sa manière. Avec un ou plusieurs arguments... Ce que je vous demande: c'est de trouver "qui".

Mes yeux sont plongés dans les siens. Ma tête penchée comme si elle ne tenait plus sur mon cou, l'expression légèrement amusée, comme quelqu'un qui n'a pas grand chose à perdre: je le fixe.

Monte moi tes limites. Cesses de te cacher derrière ta prétendue détermination et montre-moi que tu n'es pas capable de faire ce que je te demande... Ou montre-moi la vérité au lieu de te contenter d'être mon reflet.

Je glisse le coffret vers lui sans le quitter des yeux.

Si tu me montre que j'ai tort, tu auras gagné petit blond... Autrement: le lapin dégage.

Je m'éloigne ensuite de lui pour m'installer au bout de la table, avec mes camarades de jeu et croise les jambes en leur faisant signe de bien vouloir plaidoyer afin "d'aider" Altiel à faire son choix.

- Je n'ai rien contre Miss Park. Lui faire du mal reviendrait à me tirer un balle dans le pied. Je préfèrerais encore m'empoisonner. Qui plus est qu'est-ce que je ferais d'un empire comme le sien, je vous le demande?! Ce n'est pas moi qui suis dangereuse, se défend Lady Rose l'air très faussement indignée.

- Nos affaires sont étroitement liées à nous aussi. Bien que ma compagnie ferroviaire ne puisse pas souffrir de la disparition de la jeune demoiselle Park, je préfèrerais garder une alliée... Ce monde est plein de requins et elle ne le sait que trop bien... Nous devons... "protéger" nos arrières, comme qui dirait.

- Pour ma part, je connais Piper depuis sa naissance, dit Lewis le regard perdu dans ses souvenirs. Je n'ai pas aidé son père à construire tout ce qu'il a construit, investissant ma sueur et mon sang, pour rien! Quand elle en a hérité: j'étais le premier à lui venir en aide...  Je ne vois pas en quoi je serais une menace pour elle ni pourquoi je lui voudrais du mal.

- Eh bien... Vous mentez tous comme des arracheurs de dents mes amis!  Des menteurs, j'en croise à mes tables de poker et je peux vous dire qu'aucun d'entre vous n'est fait pour mentir. Ce serait presque une insulte pour les menteurs de vous reconnaitre une quelconque qualité dans ce domaine! Enfin... Il est vrai que c'est un sacré morceau que Miss Park tient entre ses mains et j'avoue que j'aurais voulu m'associer avec elle, dit-il en faisant un geste de lui à moi. Cependant j'ai cru comprendre qu'elle n'aimait pas les jeux d'argent... J'avoue que je suis attaché à mon fric, c'est vrai. Et je suis peut-être un mauvais bougre, mais je ne fais pas affaire avec des gens morts, alors je n'ai aucun besoin de tuer Miss Park si je veux son argent...

On peut sentir dans sa voix qu'il se retient de plein de sous entendus que j'ignore. De tous les accolytes, il est celui que je déteste le plus.

Je regarde Altiel fixement et lui fait signe d'ouvrir le coffret.
Dedans se trouve une arme à feu. Chargée d'une bal à blanc.

- Ces gens sont là de leurs plein gré. Ils savent exactement comment finira cette petite entrevue, dis-je solennelle.

Mon regard glisse vers l'horloge. Le tic tac retentit encore plus fort. Comme si c'était les dernière heures de l'un de nous. Cependant personne ne montre de signe d'angoisse, de peur ou de colère. Tous regardent Altiel, sereins voire coopératifs.

- L'arme est chargée. Je vous demanderais de l'utiliser uniquement en appuyant sur la gâchette. Toute autre action sera disqualifiante...  Je vous laisse dix minutes pour réfléchir ... Eventuellement poser des questions si besoin est. Et ce que je vous demande: c'est de trouver cette personne dangereuse et de l'abattre, avant de laisser repartir nos hôtes. Suite à quoi ....

Je fais un moulinet avec la main, en l'air pour désigner les actions futures.

- ... Nous procèderons, dis-je avec une certaine négligence contrôlé.

J'attends sa réaction. J'attends d'observer toutes ses mimiques, micros-expression, là, assise dans mon fauteuil. Je sais; c'est cruel de faire ça.

Mais vous savez ce qui est encore plus cruel?

C'est qu'il n'y a pas de menteur parmi mes hôtes. Personne ne ment, tous on joué le jeu ... S'il me connaissait, Altiel  saurait que j'ai horreur de la violence et que je n'aurais jamais osé tuer quelqu'un gratuitement.


La vérité, c'est que le seul menteur ici: c'est moi.

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Niels Egilson

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MessageSujet: Re: Offre fortuite (PV Piper)   Offre fortuite (PV Piper) EmptyLun 25 Mai - 20:37






L
En voyant le visage de Piper et l'expression qu'il dépeignait, ainsi que ceux de ses collègues, Altiel sut qu'elle avait tout orchestré. Qu'on lui en mette la main à couper si ce n'était pas le cas.
Jusqu'à maintenant, il avait laissé le bénéfice du doute à la malchance, au hasard qu'il avait réussi à surmonter et était jusqu'ici l'unique raison de sa satisfaction. D'avoir réussi à déjouer le sort.
Maintenant... C'était une toute autre histoire.
Une vague torrentielle de joie déferla en lui, s'illustrant vivement dans ses yeux. Ses lèvres s'étirèrent plus largement malgré lui, exprimant l'exaltation qui s'emparait de lui.
Elle voulait le défier? Le tester?...

Elle venait de toucher à la mauvaise personne.

Sa survie entière a été vouée à défier les probabilités, à se battre contre le destin, à surpasser les attentes au possible. S'il n'y arrivait pas, c'était la mort certaine.

Les épreuves comme celles-ci, il les mangeait au petit déjeûner.

Oh, si, bien sûr il savait reconnaître ses faiblesses et s'avouer vaincu lorsque quelque chose le surpassait. Mais tant que rien n'est scellé, il se faufilera toujours comme un insecte par la moindre interstice menant vers son objectif.

Son visage retrouva sa clarté lorsque son sourire s'effaça pour laisser place à une expression de marbre. Il était prêt.

Piper vint verrouiller la porte derrière lui, sans chercher à le dissimuler.
Puis elle déposa un coffret devant lui, sur la table.

D'accord.
Il jouerait le jeu.

Il écouta patiemment chacun des associés en écoutant attentivement chacun de leur plaidoyer. À chacun leur tour, il les observait, cherchait des yeux à lire à travers eux, stoïque et droit.

En baissant les yeux sur le contenu du coffret qu'il vient d'ouvrir, il fronça nettement des sourcils en pinçant légèrement des lèvres. Elle ne blaguait vraiment pas.
La main toujours sur le couvercle relevé du coffret, il leva les yeux qu'il riva directement dans ceux de Piper. Sans ciller, il froncis un peu plus les sourcils, ses yeux se réduisant à deux pupilles acérées. Puis il ferma les yeux, et de la main, il caressa doucement devant lui le métal aussi froid que l'est l'acte pour lequel il est destiné.

À nouveau serein, d'une certaine façon, il laissa perdre son regard dans les reflets du métal poli. Il regarda son miroitement lui renvoyer les images de celui qu'il était: Un monstre à l'âme aussi tordue que ce repoussant reflet. Sa tête oscilla un peu sur le côté, faisant balancer ses mèches blondes. Chargée, hm? Intéressant...
Il entendit d'une oreille qu'il devait se servir de l'arme, et de l'arme uniquement pour désigner le menteur, et avait dix minutes tapantes pour ce faire.
Il Prit sa montre de poche dans sa main gauche, et la détacha de sa ceinture. Tendant la main, il la déposa sur la table, près du boîtier, sans l'avoir ouvert.

Il reporta ensuite son attention vers la tablée.
Il fallait qu'il trouve le bluff... Lequel d'entre eux pouvait bien mentir, lequel aurait besoin de le faire?
Peut-être procéder par élimination? Hmmm non. Trop long.
Lorsque l'on sait avoir des ennemis, on prends soin de les garder encore plus près que nos amis.
Altiel s'arrêta sur les visages les plus près du siège de la présidente.
Peut-être ceux qui sont le plus près de l'entreprise d'un point de vue d'affaire?
lequel dépends le plus de Piper?
Sans s'en être aperçu, il avait porté la main gauche à son menton, dont il caressait les lignes de la mâchoire, pendant que l'autre reposait toujours sur le pistolet.
Ses yeux se voilèrent graduellement alors qu'il laissait ses pensées prendre le contrôle de son esprit.

Hmmm... Qui profiterait e quoi, et comment?
Qui pourrait vouloir s'approprier ses biens?
Devrait-il se baser sur leur apparence? leurs plaidoyer? Leur richesse? leur position? leur personnalité? Leur vécu?
Qu'est-ce qui les motive? Quelle est la chose qui leurs est le plus précieux? Que veulent-ils protéger? Jusqu'où iraient-ils? Quels moyens légaux ou illégaux ont-ils à leur disposition?
Devrait-il se baser sur leur façon de mentir?
Quels sont les signes?
Serais-ce celui qui a parlé en premier, ou en dernier? Lequel a le plus hâte de faire ou de se débarrasser de ce test?
Lequel autait les meilleurs talents de menteur?
le plus dangereux....
Serais-ce... Piper?
Ses yeux s'ouvrèrent un peu plus grand à cet instant. Levant imperceptiblement le regard vers elle, comme pour déceler quelque chose dans le sien, son comportement...
Son comportement était celui d'une chasseresse.
Celui d'une dominante.

Bien sûr... ''L'un est plus dangereux que tous autour de cette table''... Or, elle EST à cette table...
Il ferma d'un clignement seulement les yeux, laissant échapper un souffle d'air s'apparentant à un discret éclat de rire.
Oh mais c'est qu'elle était rusée, cette femme...
Le sentiment qu'il avait ressenti un peu plus tôt revint discrètement, enroulant doucement ses bras chauds autour de Lui. La tension du moment était si délectable, ce genre de moment qui te fait vivre et ressentir chaque seconde tapante comme la dernière à vivre. Il frissonna, sentant presque une électricité venir dresser ses poils sur ses bras.
Oh oui... Il se sentait tellement vivant!
Il ferma les yeux, porta sa main gauche à son coeur battant, s'enveloppant dans cette sensation doucereuse.

Parmi ces invîtés, tous sont des gens de pouvoir. Tous sont pleinement et aveuglément confiants dans leurs propres moyens. Tous pensent avoir un avantage sur les autres, ou avoir une carte cachée dans leur manche. Tel est fait le monde des puissants. Baigné dans les alliances, les corruptions, les guerres de pouvoir, les dissimulations et les preuves de bonne volonté.

De la main qui n'avait cessé de toucher au pistolet, il s'en saisit, enleva le cran de sécurité et pointa d'un geste, le bras levé à l'horizontale, la mire vers Piper. Directement.
Tête orientée des trois-quarts, il la fixait du coin de l'oeil.

- C'est vous qui mènez le jeu. C'est vous qui commandez.

- ''Tous vont se défendre à leur façon''. C'est un fait. Mais non pas le mode de test.
« Intelligent sera, celui que le silence gardera. ». Ainsi va la devise de cette ville, non?
Les commissures de ses lèvres s'étirèrent imperceptiblement.
Celui qui garde le silence ne prends pas le risque de se dévoiler.
Il n'y a rien à présumer s'il n'y a rien à analyser.

...Celui qui est hors du jeu est celui qui est le plus dangereux. Tout comme le premier coup de couteau vient toujours de derrière. De celui qui a une ardoise vierge, car nul ne le suspecte ni ne sait encore de quoi il est capable.

En pointant les autres du menton, il enchaîna:

- J'ignore si vous êtes ou non la plus puissante ou dangereuse parmi vous. Vous l'êtes sans doute tous à votre façon. Mais ici, nous sommes chez vous. Sur votre territoire. Vous contrôlez tout ici, jusqu'à la couleur des chaussettes de votre réceptionniste, sans doute. Vous savez qu'il ne vous arrivera rien. Votre confiance en vous-même est votre plus grande faiblesse.

Il appuya sur la gâchette.




Ses oreilles silèrent pendant un court moment lorsque ses tympans se remirent du coup tiré.
Coup qui n'avait pas atteint sa cible ni créé aucun nuage de fumée. Car c'était une balle à blanc.

- ...''Laisser repartir nos hôtes'', avez-vous dit. Vous n'êtes pas une hôte. Vous vous êtes exclue vous-même de l'équation depuis le début. Ce test est votre mensonge.
Or... qui prendrait le risque de se faire tuer à son propre jeu tordu?
Vous ne prendriez certainement pas de chance non plus qu'un cadavre se retrouve sur vos bras, dans l'enceinte même de votre prestigieux hôtel, ce serait bien trop de saletés à nettoyer, n'êtes-vous pas d'accord?


Ramenant l'arme vers lui, Il la redéposa doucement dans le boîtier, qu'il referma doucement. Il reprit sa montre à gousset, dont il ignorait toujours l'heure, et la glissa à nouveau dans sa poche.

- Si vous êtes dangereuse, ne faites alors pas l'erreur de me croire sans moyens. Miss.

Suite à quoi il reprit le boîtier, et le redéposa lui-même dans le meuble duquel elle l'avait sorti. Puis, se retournant face à Piper, il lui fit une nouvelle salutation, plus basse cette fois. L'esprit heureux et serein, il contenait à peine le sourire qui pointait.  
Puis, se retournant vers les invîtés, il répéta le même salut.

- Merci de votre coopération, vous fûtes tous d'exceptionnels acteurs. Ce fut un honneur de vous rencontrer.


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MessageSujet: Re: Offre fortuite (PV Piper)   Offre fortuite (PV Piper) EmptyMar 26 Mai - 0:15


Offre fortuite


 

Mes hôtes ne bougent pas. Lady Rose a sursauté. David Huxley a éclaté de rire. Horn a sourit en coin en applaudissant et Lewis avait l'air aussi neutre que moi. Il avait juste l'air moins grave que moi. J'inspire profondément et décroise les jambes avant  de me lever.

- Merci chers camarades. Ce sera tout.

Chacun se lève et sans un mot, je leur ouvre la porte et ils partent en adressant un signe de tête à ma recrue. J'attends qu'ils partent avant de souffler et lui adresser la parole.

- Au penthouse. Maintenant.

Court, mais efficace.

Je le toise et sors également.
Mon humeur n'est pas du tout en adéquation avec l'ambiance relaxante du jardin. Les oiseaux le sentent et se mettent à courir partout là ou je ne suis pas. Les humains sont peut être trop stupides pour ne pas ressentir ce qu'il se passe en moi, mais les animaux, eux... C'est une autre histoire.

Andréa arrive alors, du haut de ses talon, presque en roulant du cul... Comme une oie. Je ne l'imagine pas courir... Elle tente de suivre mon rythme de marche, multiplie les petits pas rapides et se met à parler aussi vite qu'une locomotive en marche dont on aurait perdu le contrôle. Elle me fait un rapport live de tout ce qu'elle a observé d'Altiel et je l'écoute attentivement...

Tout ce qu'elle me dit colle parfaitement à ce que j'ai cru observer et entendre de lui. Mais rien de nouveau. Un esprit logique, presque militaire. Organisé, pas du tout bête. Cependant on pouvait voir l'ombre de ses pensées traverser son visage et cachant tout les détails que je souhaite connaitre. Quand à son impertinence, elle m'irrite. Elle brillait si fortement dans son regard. C'était désinvolte et offensif... Pas du tout comme Raymond qui fait ça pour plaisanter de temps en temps. Ce que j'ai vu, c'était un lame luisante, pointée sur moi. Et je hais ça.

Andrea se met à me parler de mes prochains rendez-vous de la journée et perd mon attention. Je l'arrête dans son élan:

- Merci Andrea. Ça suffira pour le moment. Veillez a ce que mes camarades soient escortés chez eux et décalez mes rendez-vous. Ce sera tout, insisté-je.

Elle arrête de me suivre, sans comprendre et je me retourne une dernière fois vers elle.

- Aussi... Que personne ne monte au penthouse. Je serais en réunion.

Elle acquiesce et s'en va. Je jette un coup d'oeil à Altiel, toujours l'air froide.
Puis je lui fais signe de monter. Nous arrivons devant une double porte massive que j'ouvre avant de laisser paraitre l'immense espace.  Sur ma gauche, une table avec une ribambelle d'armes blanches et un espèce de panier. Sur la droite... Une vue panoramique sur la ville.

- Nous utiliserons le rez-de chaussée. Déposez toutes vos armes dans le panier et si cela vous tenez à en avoir une, prenez en une sur la table.

Pour donner l'exemple, je retire mes chaussures, ma veste ainsi que mon arme à feu dissimulée dans mon dos. Mes boucles d'oreilles, mes bagues et tout ce qui pourrait être susceptible de me déranger ou d'être une gêne dangereuse pour moi. Tout ça dans le panier avant de m'enfoncer dans le penthouse en attachant mes cheveux et en défaisant les boutons de ma robe sur les côtés de mes cuisse.

Quand enfin, nous nous faisons face, je lui fais signe de s'engager un peu plus dans le fond de la pièce histoire qu'il ne fuie pas.

- J'aimerais vérifier vos compétences physiques maintenant que j'ai vérifié votre capacité à raisonner, dis-je en opinant du chef comme si je doutais de la légitimité de ces épreuves. Je n'allais pas vous demander de vous battre avec je ne sais qui, ce serait stupide, alors... La meilleure solution, c'est de vous battre avec moi.

Oui.
Et je me ferais un plaisir à lui rendre la tâche compliquée. Je ne te crois pas. Tu as peut-être une jolie gueule de lapin innocent, mais ne me fais pas croire que tu n'est pas un loup. Je les sens venir à des kilomètres.

J'aimerais rester correcte et lui dire que ce ne sera pas tous les jours comme ça... Mais je trouve ça fichtrement hypocrite et inutile. Qui plus est, depuis qu'il est entrée dans la salle de réunion, je n'ai aucunement envie d'être correcte avec lui, j'ai plutôt envie de le frapper et d'effacer ce sourire malin qu'il se traine sur la gueule.

... Et c'est pour cette même raison que je compte le garder.

Je comprend ce que Raymond a voulu faire en m'envoyant un type comme lui. C'est pas seulement ses capacités, c'est sa personnalité qui se rapproche anormalement de la mienne.
Raymond savait qu'après l'accouchement de sa femme, il ne pourrait plus avoir entièrement le nez fourré dans mes affaires, alors il a trouvé quelqu'un susceptible d'être comme moi ... C'est pour ça que je dois le garder: les gens comme moi, ça ne court pas les rues.

... Et d'un côté c'est dangereux d'être comme moi si on est pas de mon côté.

Vous connaissez cette sensation, lorsque vous vous regardez dans un miroir? Que vous voyez votre reflet et qu'il vous renvoie à toutes vos failles, vos craquelures... Juste pour se moquer de vous? Vous parodier. C'est juste énervant. Mais un miroir ça se brise. Et quitte à ce qu'il travaille pour moi: il est préférable qu'il sache dès maintenant quel genre de tempérament j'ai envers les gens qui m'emmerdent.  

Ça me permettra de faire sortir son vrai lui en plus. J'aurais peut-être l'air stupide, mais toutes les excuses sont bonnes pour forcer l'adversaire à dévoiler ses cartes.

Je sautille d'un pied à l'autre pour détendre mes muscles et lui fais signe de venir m'attaquer.  Cependant je le trouve trop calme et très lent à la réaction.  Alors je grimace quelque peu pour le narguer et crache même un rire presque euphorique.

- Quoi? Me dis pas que t'as peur de cogner une nana...

Rapport de tutoiement + attitude condescendante. De quoi créer un léger choc. Je croise les bras et hausse un sourcil.

- T'était si fière de toi tout à l'heure et là... Avec ton sourire plein de vanité... Ça colle pas. Les éléments collent pas, j'éspère que tu t'en rend bien compte?

Je le fixe. Fidèle à moi-même.

- Tu crois sûrement que tu as le dessus parce que t'as réussi à répondre intelligemment? Fallait te voir: t'étais si fier d'exposer ta science. Tu l'étalais comme on allonge de la confiotte sur une tranche de pain, si fier de nous éclabousser avec ton brillant esprit de déduction ... Tu n'as épargné personne de ton petit égo... Et là tu veux me faire croire que tu veux m'épargner? Laisse moi rien. Parce que je suis une femme peut-être...? Ou pour les bonnes moeurs? me moqué-je.

Un sourire se dessine au coin de ma bouche.

- Tu me tapes sur le système, vraiment. Tout ce que t'as réussi à faire, c'est de me montrer que tu sais te cacher. Je déteste les gens qui ne montrent pas ce qu'ils sont et ce qu'ils ont dans le ventre.

Oh que non. Je n'aime pas ça.

Je me rapproche les bras décroisés pour venir à sa rencontre.  

Face à lui, je le pousse du bout des doigts, pour le faire reculer et provoquer encore plus. Je dénoue ses bras, je met des petits coups dedans pour les faire bouger et petit à petit mes coups se font plus vifs, plus fermes et je tire même une mèche de ses cheveux, comme les gamins le font.

Je tape son front, ses épaules, tout le tronc, de manière à stimuler ses reflexes.. On dirait presque je le bizute, mais en même temps, j'observe les reflexes moteurs.

- Cesses de te cacher et de jouer les enfants de coeur, tu veux? J'y crois pas. Dis moi qui tu es vraiment. Et si t'es pas foutu d'aligner deux mots: montre le moi au lieu de te faire passer pour ce que tu n'es pas!

Mon regard se durcit avant que je le pousse sèchement avant de l'éjecter brutalement du pied contre un buffet. J'engage la bataille. Je déterre la hache de guerre.

- Parce que s'il y a une chose que je hais: c'est les menteurs qui se prennent pour des petits malins! Il font de parfaits traitres. Alors crache le putain morceau!

Oui. Je sais. C'est loin d'être la conversation la plus intelligente que j'ai eu. Qui plus est; je n'aime pas particulièrement la violence.

Une partie de la population est capable de faire deux choses en même temps et d'autres sont juste  incapables d'être sur deux plans. Sur tout ces gens qui ont cette capacité à faire deux choses en même temps, la moitié est incapable de gérer correctement les deux choses dont ils s'occupent sans les relier l'une à l'autre.  

Croyez moi, je vais faire en sorte qu'il ne puisse plus le supporter mentalement et physiquement.  La seule chose dont j'ai peur, c'est de ne pas savoir arrêter s'il continue de jouer avec mes nerfs. Parce que comme je l'ai dit: il est difficile de battre son propre reflet sans briser le miroir a travers lequel on se voit.

- Debout! fais-je le regard froid.


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MessageSujet: Re: Offre fortuite (PV Piper)   Offre fortuite (PV Piper) EmptyJeu 28 Mai - 18:39






I
l les suivait légèrement à distance, suffisamment pour pouvoir les entendre parler, elle et son employée. mais sans pouvoir saisir leurs mots, prononcés à voix basse.
Pour lui, les émotions ressenties un peu plus tôt étaient à nouveau terrées calmement en lui, et il exprimait maintenant sa contenance et son calme coutumier. Depuis le début, il avait été impressionné par l'attitude contrôlée de Piper. Le regard dirigé dans son dos bien droit, il se remémora que jamais elle n'avait tiqué, jamais sué une goutte. Manifestement en total contrôle de ses émotions et de ce qu'elle dégageait / exprimait, il ne pouvait faire autrement qu'admirer ces qualités. Mais tout sang-froid a des limites.

Lui même s'était laissé emporter par le moment, un peu plus tôt.
Lui, Altiel Selmine, sait contrôler ses émotions. Jan Grinberg, en contrepartie, est une tempête de feu dans un palais des glaces. Ces moments comme plus tôt n'étaient qu'une preuve supplémentaire qu'il manquait encore de contrôle sur cette part de lui-même. Traiter Jan Grinberg de ''il'' ne servait strictement à rien. mais s'en dissocier lui permettait de se mentir, consciemment, en se disant qu'il n'était pas réellement ainsi. Qu'il était meilleur que ça. Sauf qu'il le savait. Il n'en était rien.

L'employée finit par quitter le côté de Piper, suite à quoi ils montèrent au penthouse.
L'attention d'Altiel fut immédiatement sur l'observation du lieu, qu'il n'avait pas pu visiter jusqu'à maintenant.
L'expression indéchiffrable de Piper ne pouvait rien laisser présumer; mais lorsqu'il vit l'endroit, avec cette table garnie d'armes de toutes sortes... il n'eut pas besoin d'une photo pour comprendre de quoi il en retournait.
Elle n'en avait pas terminé avec lui.

Il déposa toutes ses armes dans le panier comme elle le lui demanda. D'abord ses deux lames, puis son pistolet. Et bien qu'elle lui laissa le choix de prendre une nouvelle arme, il décida de n'en rien faire. S'ils devaient s'affronter, ce serait dans la plus pure simplicité.
Il suivit ensuite le mouvement de Piper en ne conservant que sa chemise et ces pantalons. Il roula ses manches et déposa ses chaussures et ses chaussettes près de ses effets personnels, avant de s'avancer.

Ainsi ce sera donc contre elle qu'il se battra... Oh, il ne doutait pas de ses capacités, et même il convenait que de tester elle-même ses compétences était certainement la meilleure façon de le jauger. Mais pour lui également, c'était une chance de voir de quoi elle était capable. Il était prêt.

Il se mit en position de combat, le corps de biais, un pied devant, l'autre derrière. Les yeux rivés sur elle, ses bras légèrement levés, prêt à toute éventualité.
Altiel habilla son visage de sa plus neutre expression afin de ne rien laisser deviner de ses intentions. Il ignorait encore tout des forces et les faiblesses de son opposante. Avec un peu de chance, elle attaquerait en premier, lui laissant ainsi l'opportunité d'analyser ses attaques.
Ainsi, il la regarda sautiller sur place un instant, suite à quoi et lui fit signe de l'attaquer. Préférant plutôt prendre une position défensive, il demeura immobile. Une seconde n'eut pas le temps de s'écouler avant qu'elle ne lui jette au visage;

- Quoi? Me dis pas que t'as peur de cogner une nana...

Il resta un instant interdit. Il y avait quelque chose qui clochait, d'un coup. Ne sachant mettre le doigt dessus, il continua à la fixer, alerte. Elle avait baissé sa garde, presque un peu trop confiante.
Mais que faisait-elle? Il haussa à peine un sourcil, attendant la suite.

- T'était si fière de toi tout à l'heure et là... Avec ton sourire plein de vanité... Ça colle pas. Les éléments collent pas, j’espère que tu t'en rend bien compte?

Il tiqua un instant, respira un bon coup. Elle le cherchait manifestement. Logique. Cependant, son choix de sujet était un terrain dangereux. Il ferait mieux de garder son sang-froid. Il savait qu'il s'était laisser échapper, tout à l'heure. Laisser paraître un tel détail avait été une erreur pitoyable.
S'en accusant lui-même, il fronça les sourcils, mécontent.

Sur le coup, elle enchaîna une autre suite d'insultes colorées, le visant encore personnellement. Chacun de ses mots induits de poison tentaient de percer ses défenses émotionnelles. L'un après l'autre, ils fusaient de sa bouche comme des lames chauffées au fer rouge.

Chacun atteignaient leur cible en venant se planter dans sa carapace, dans le but de la faire éclater.
Il fronça de plus belle les sourcils.
Si elle le cherchait ainsi, elle le trouverait.
Dans une situation comme celle-ci, inutile de s'en cacher. Elle avait entrevu cette part sombre. Il était d'ores et déjà grillé.

La bouche de Piper s'étira dans un sourire suffisant.

- Tu me tapes sur le système, vraiment. Tout ce que t'as réussi à faire, c'est de me montrer que tu sais te cacher. Je déteste les gens qui ne montrent pas ce qu'ils sont et ce qu'ils ont dans le ventre.

Il sentit presque les veines de son visage ressortir sous ces mots. Oh oui il se cache.

-...C'est inutile.
Marmonna-t-il d'une voix contenue, rauque et basse.

Aussitôt après, elle s'approcha de lui, presque trop désinvolte. Il recula et se mit à tourner dans un cercle afin de se tenir à distance respectable de son opposante.
D'un geste vif, elle veut le toucher, le pousser, lui donner des coups. Pas très puissants, elle cherchait à lui faire briser sa défense. Se remettant toujours en position, il sentait cependant une fureur sourde monter graduellement en lui, alors qu'il tentait de la contenir. Ce n'était habituellement pas chose difficile; mais il savait que sa résolution était faible. Il était conscient qu'il faudrait un jour ou l'autre qu'elle sache à quoi s'en tenir, s'il devait travailler pour elle. Mais il ne voulait pas se laisser exploser comme un vulgaire enfant en crise.
Ah mais ces mots... Soupirant de frustration, il retira son esprit en lui-même pour tenter d'éteindre les feux.

- Cesses de te cacher et de jouer les enfants de cœur, tu veux? J'y crois pas. Dis moi qui tu es vraiment. Et si t'es pas foutu d'aligner deux mots: montre le moi au lieu de te faire passer pour ce que tu n'es pas!

Exacerbé, sa contenance fut vaine. Ce qu'il n'était pas?

Ce qu'il n'était pas?

- C'est moi, non c'est moi que tu vois!
Une chaleur commençait à s'immiscer en lui;
Elle osait prétendre qu'il faisait semblant? Que ce n'était qu'une façade? Peut-être face de lui lui sert-elle à se dissimuler, mais jamais ô grand jamais n'était-elle factice. C'était lui, c'était bien lui, Altiel Selmine, qui menait les rênes!

Son instant d'inattention suffit à Piper pour le surprendre avec un véritable coup porté. Il fut projeté par un coup de pied contre un meuble qui se trouvaient dans la pièce. La force de l'impact suffit à lui couper le souffle sur le coup.
Il dut se retenir d'une main pour ne pas glisser au sol. Ébranlé d'avoir manqué un instant à son attention, le regard écarquillé, il fixait le sol devant lui, ses mèches retombant dans son visage.

- Parce que s'il y a une chose que je hais: c'est les menteurs qui se prennent pour des petits malins! Il font de parfaits traitres. Alors crache le putain morceau!

Un feu comme tout droit sorti des enfers coula à travers ses veines jusqu'au bout de ses membres.
Il en avait assez. Assez de ces mots empoisonnés.
Elle avait raison. S'ils voulaient collaborer en toute confiance, il valait mieux ainsi.
Elle aurait ce qu'elle cherchait.

- Debout! cingla-t-elle.

- Comme tu voudra... Ne viens pas faire la victime si jamais tu t'en mordait les doigts...

Il se redressa, puis la fixa d'un regard vide et froid à travers ses mèches, un petit sourire s'étirant sur ses dents blanches.

- Mais... ce que tu me montres là... est-ce ton vrai visage, à toi?
Oui... elle était trop différente de tout à l'heure. Jouait-elle un rôle ou se relâchait-elle elle aussi?

- Et qui c'est qui étale sa salive partout, maintenant, hein? lança-t-il, penchant la tête de côté et levant les bras et les épaules pour souligner ses mots. Il reprit: ...Qu'espères-tu obtenir ainsi? Cesses donc, tu veut? Fini de jouer...  
Il avait prononcé ces derniers mots avec le sourire, les yeux plissés, clamant le danger de toutes les fibres de son corps.
Retombant à une expression de marbre glacial, Il bondit. Désormais en mode attaque, il ferma le poing pour tenter plusieurs attaques puissantes successives. Elle les esquiva pour la plupart, les autres ne réussissant pas à la toucher avec suffisament de force pour la débalancer. Elle économisait ses forces. À certaines attaques, il feinta afin de détourner son attention et la prendre par surprise avec une combinaison d'attaques différentes venant d'une autre direction ou visant une autre partie de son coprs non-protégée pendant son esquive ou sa défense.
La première feinte qui la toucha avec succès lui fit perdre son équilibre, mais elle s'en sortir majestueusement par une roulade suivis de mouvements de réplique. son deuxième coup porta avec plus de succès. De plus en plus, ils commencaient à s'échanger mutuellement attaques et esquives, mélangeant force avec souplesse dans une danse hypnotique. De plus en plus, ils trouvaient et touchaient leurs points faibles.

Le visage d'Altiel demeurait majoritairement sérieux et attentif aux moindres mouvements et opportunités du combat, mais démontrait à quelques moments une ressurgence de feu dans ses yeux, et d'un sourire soit moqueur, soit hautain et satisfait, soit même de simple plaisir.

Dans l'espoir de prendre le dessus, Altiel tentait parfois des attaques ou des feintes inhabituelles; pas le temps de réfléchir. Coups sur coups se portaient, s'évitaient...

Mais il commençait à fatiguer. Il sentait déjà son corps faiblir, ralentir, il sentait les contusions, les zones sensibles l'élancer... Son souffle se raccourcissait, sa respiration s'intensifier.
Mais il n'était pas temps de s'arrêter maintenant.

- Tu pense que je cache quelque chose?
OOOhhh non, tu m'a vu, je sais que tu l'a remarqué.... tu as vu qui j'étais, non?
Clama-t-il en la pointant du doigt, le regard acéré rivé sur elle.
Je suis un monstre, un dysfonctionnel pour la société, je suis la pire horreur du monde, une honte de l'humanité! Si je le cache, c'est que j'en ai moi-même horreur, tant que je ne peux supporter de regarder mon reflet dans un miroir...

Puis il porta une main à son visage, leva la tête et explosa d'un rire tordu, et s'adressa à lui-même, le regard rivé au ciel, animé de la plus pure  rage.

-AHAHAHAAHAHAHAH mais tu t'écoutes ? tu joues encore l'homme bon en te donnant des excuses, TU VEUT LUI FAIRE PITIÉ????? Ne me fais pas rire.... ahahahah....
Altiel ramena un regard épuisé vers Piper.

- ...La vérité... c'est que je ne peut me l'avouer même à moi. Mais je suis la pire des ordures.
Je n'ai pas de coeur. Je n'ai plus d'âme. Plus aucune chance ne peut m'être accordée.
Je déambule à travers l'existence comme un pantin auquel on aurait donné vie et aucun but à atteindre.
Tout ce qu'il me reste de moi.... c'est ça.


Laissant échapper un cri rauque mêlant peine et douleur qui se transforma en un rire exalté, Il se relança de plus belle dans le combat, et fit une remontée impressionnante, mais qui finit par retomber au bout d'un certain temps. Ses capacités d'endurances n'étaient plus exceptionnelles, et porter des attaques puissantes ou essuyer des coups forts ne pouvaient plus se succéder bien longtemps. Son corps entier lui criait pitié, et il persistait à vouloir le pousser jusqu'au bout.
Mais s'il continuait ainsi, il finirait par briser son corps.
Sentant sa tête tourner, il dut mettre un genou à terre. Le souffle court, il avait l'impression que ses poumons allaient éclater dans sa cage thoracique et que sa gorge enflammée allait se déchirer à chaque respiration.
Son corps ne voulait plus lui obéir. Toute sa force mentale ne communiquait plus avec ses membres.
Il était défait.
Dans l'absence de mouvement, son corps lui donnait l'impression de se liquéfier. Toute force finissant de le quitter, il se laissa retomber sur le dos, et ferma les yeux, tentant tant bien que mal de calmer sa respiration.
Son esprit s'était vidé. Son corps s'était vidé.
Il se releva tant bien que mal, et évita le regard de Piper en se retournant de dos à elle, vers la sortie. Debout, là, peinard, il soupira. Après cela, personne ne voudrait d'un homme aussi brisé et dysfonctionnel, il s'en doutait bien...

- Je... suis désolé si je vous ai fait perdre votre temps.



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MessageSujet: Re: Offre fortuite (PV Piper)   Offre fortuite (PV Piper) EmptyVen 29 Mai - 17:07






I
l est presque blasé par la réplique de Piper, trop épuisé pour se questionner.
Figé sur place, dans l'attente, il ne sait que répondre.
Pourquoi le garde-t-elle? Il a été incompétent, son combat bâclé...

- Assis. Quoi?
Lorsqu'elle revint ensuite avec une bouteille d'eau fraîche, Il la prit, Et la vida lentement, gorgée après gorgée, se délectant de la fraîche hydratation jusqu'à la dernière goutte. Il redéposa doucement la bouteille sur la table, avant de se laisser tomber sur le divan, presque à semi couché, la tête retombant vers l'arrière sur le dessus du dossier, les bras et les jambes étendus comme des loques sans consistance. Même immobile, Tout son corps semblaient appeler à l'aide dans une plainte silencieuse. Il ferma les yeux, désirant presque ne faire qu'un avec le divan.
C'est à moi de dire si j'ai perdu mon temps : pas à toi. J'ai fais ce que j'ai fait pour voir ce que je voulais voir. J'ai vu et je suis en mesure de vous confirmer que vous commencerez demain... Si tu le peux.
Suite à quoi elle lui demanda d'enlever sa chemise.
 ...?
Rouvrant un œil pour voir si elle était sérieuse, il soupira et toujours le plus immobilement possible, leva les mains pour défaire ses boutons, un par un. Sa chemise maintenant froissée et humide de sa sueur lui collait à la peau de façon plus que désagréable; Pouvoir l'enlever était une bénédiction. Il gardait pendant ce temps une oreille attentive à ce que Piper expliquait sur elle-même, sa personnalité, qui elle était.
Maintenant que l'adrénaline était redescendue, chaque mouvement lui semblait laborieux. Il sentait chacun de ses muscles d'une façon dont il ne les avais pas senti depuis bien longtemps. Lorsque le dernier bouton fut détaché, il se redressa, non sans laisser échapper un râle. Il dévêtit chacune de ses épaules, ses bras... garda en main le vêtement et par question de respect, prit la peine de la plier et de la poser sur la table près de ses effets personnels. Il reprit place sur le divan, mieux assis cependant, mais la tête toujours adossée, la tête tournée vers Piper, les yeux à semi ouverts, mais à l'écoute.

Ainsi, elle aimait bien ''collectionner'' des individus inhabituels... Il aurait presque pu laisser échapper un petit rire s'il n'avait pas eu mal aux côtes, mais il ne broncha pas, continuant à écouter son histoire, au sujet d'Andrea et de Raymond....
Tout en lui parlant, elle se sortir une cigarette, animant instantanément en lui l'envie de s'en prendre une également. Mais il venait de se rasseoir... Tant pis...
Il comprenait mieux maintenant pourquoi Raymond l'avait référé à ce travail... Il ne savait pas trop s'il devait être... reconnaissant? Mais... oui, probablement... Maintenant qu'il connaissait mieux la situation de Raymond, il avait plus d'admiration pour lui. Le fait qu'il avait pu se frayer un chemin lumineux dans ce monde obscur lui faisait chaud au coeur... peut-être étais-ce temps, pour lui aussi, d'essayer de trouver sa place.
Un faible sourire serein éclaira le visage d'Altiel à cette idée. Oui... peut-être.

Piper le regarda dans les yeux un moment, suffisamment pour qu'il commence à se poser des questions.
Elle envoya finalement Andrea chercher le tailleur. Altiel haussa un sourcil; le moment lui semblait étrange pour ça, n'étant pas dans sa meilleure forme il n'était pas sûr que c'était idéal. Oui d'accord il n'avait qu'un seul costume, mais...

Clignant des yeux, il remarqua que Piper lui tendait sa propre cigarette. Avait-elle lu dans ses pensées?
Reconnaissant, il leva la main pour en prendre l'embout, la tapota du doigt au-dessus du cendrier qui se trouvait à côté du divan, puis la glissa entre ses lèvres.
Fermant les yeux de bien-être, il inspira très lentement pour pouvoir apprécier ses effets. Tournant sa tête toujours posée sur le dessus du dossier, il regarda le plafond et entrouvrit les lèvres pour laisser échapper la bouffée de fumée qui se répandit presque avec lassitude dans les airs l'entourant.
Poussant un soupir d'aisance rauque, il émit un  son qui ressemblait à ''merci''.

- Ils ont su saisir leur chance. Donc la question est simple: est-ce que tu veux travailler AVEC moi? Parce que si "oui"... Il y a des règles et des conditions à respecter. Je me suis bien fait comprendre?

Altiel continua à fixer le plafond, pensif, en appréciant la fraîcheur de l'air sur sa peau nue. une faible chair de poule le chatouilla brièvement pendant qu'il laissait échapper un deuxième filet de fumée.
Son offre avait véritablement son attrait. Malgré lui, il devait se l'avouer; avec son expérience, il était taillé d'un bois adapté aux besoins de Piper. Et hors d'ici, pas beaucoup de métiers lui allaient. Être imprimeur était plaisant, il adorait faire ses heures dans la tranquillité nocturnes de l'imprimerie. Mais il sentait que ce travail pour Piper lui apporterait peut-être beaucoup plus, et offrait déjà plus d'opportunités pour lui qui ne pouvait malheureusement pas pratiquer des tonnes de métiers, n'ayant jamais poursuivi des études au-delà de ses 15 ans.

Maintenant qu'il y pensait, il était un peu misérable de ne pas avoir pu étudier plus... Il ne s'en était jamais vraiment inquiété, puisque les Grinberg l'avaient formé au fur et à mesure de leurs besoins, et bien sûr il n'était pas fait pour être comptable, journaliste, politicien. En vérité, la majeure partie de ses aptitudes actuelles lui venaient de son expérience ''sur le terrain'', ou appris de façon autodidacte.
...En espérant que ça suffirait pour Piper.
Il écrasa sa cigarette tête première dans le cendrier.

Elle le tira de ses pensées.
- Alors?...
Allonges-toi, j'vais faire un peu de magie chinoise...


Sous ces choix de mots, Altiel laissa échapper un rire qui se transforma en toux lorsqu'il traversa sa gorge à vif, puis en râle. découragé lui-même, il pivota prudement sur lui-même pour s'étendre sur le dos, à même le divan. D'un regard curieux, il regarda Piper préparer son matériel. Il était complètement étranger à ces ''ampoules''; n'en ayant jamais entendu parler. Il s'imaginait que ce devait être une technique de soin quelconque, certainement...

De sa même voix enrouée, il répondit;

-Je vous suis. J'accepte.

La première ampoule le fit sursauter. Mais... quelle sensation étrange. Désagréable, mais pas entièrement. Au bout de quelques instants, il s'y fit, parvenant à étrangement apprécier les effets du traitement. Il ferma les yeux, à l'abandon. Il se sentait bien, du coup; ses muscles semblaient s'endormir, ronronner, presque... ses courbatures se faisaient encore sentir, mais elles s'estompaient suffisamment pour qu'il puisse souffler un peu, oublier les maux un moment. Il écouta sa nouvelle ''patronne'' lui expliquer le fonctionnement de ces ampoules ''magiques'' d'une oreille plus ou moins distraite.

- En quoi consistent ces règles et conditions?
...Vous m'avez déjà expliqué dans les grandes lignes la diversité et les genres de rôles à tenir, ainsi que la possibilité de quelques missions... ''particulières'' au besoin... Est-ce ce dont vous parlez?


Se repassant par la suite les évènements de plus tôt durant leur affrontement, il poursuivit:

- Veuillez m'excuser pour mon attitude tout à l'heure. Je suis conscient que vous cherchiez cela, mais... me laisser emporter ainsi était inhabituel et indigne de ma part. Sachez-le.
Je veille à mon comportement en tout temps, à mon habitude. S'il m'advenait de vous faire honte ou de vous porter tort, n'hésitez pas.

Il avait seulement sous-entendu, sans nommer les mots. Que ce soit une situation méritant pénitence ou passible de renvoi, voire qui mérite une sanction fatale, il s'abandonnerait à son choix. Il avait conscience qu'un empire tel que celui de Piper comprenait des risques divers, à tous les jours leurs défis. En travaillant pour elle à titre d'homme de main, il se devait de prendre sur lui et assumer tout, peu importe la situation. Tel son bras droit, il devrait prendre les coups pour elle, autant que les coups PAR elle.
Sa vie ne valant pas beaucoup plus que ses actions et son rôle auprès d'elle maintenant; c'était évident.
Pensivement, il pensait aussi à sa sœur. Oui. Pour elle aussi. Il l'avait si longtemps exclu de sa vie pour la protéger, que de la considérer à nouveau comme une partie active de sa vie ne lui était pas encore naturel.
Oui. elle aussi.
Sans vraiment savoir pourquoi il abordait le sujet, peut-être étais-ce son état relaxé qui lui faisait descendre ses barrières, mais le tout était qu'en ce moment même, il n'en avait cure, il se sentait déjà en totale confiance avec Piper. Comme c'est étrange... Ouvrant les paupières seulement à demi, les yeux perdu dans le voile de ses pensées, il parla d'une voix calme, profonde, presque un murmure.  

- ... J'ai... une soeur. Une jumelle.
...Elle est tout ce qu'il me reste de famille.
Je l'avais perdue de vue, depuis bien des années.
Je l'ai retrouvée il y a quelques jours... par hasard.
J'ai appris qu'elle me croyait mort.

Juste comme ça. Rien de plus, rien de moins. peut-être avait-il eu besoin de le dire à quelqu'un. Les mots s'étaient révélés d'eux-mêmes, sans qu'il leur oppose aucune résistance.

Ravalant la salive amère qui lui montait à la bouche, il leva un bras qu'il vint poser devant ses yeux, sur son visage.

- ... à nos quinze ans... J'ai...

C'était étrange. Ce qu'il avait toujours gardé pour lui, caché, enterré dans les plus profonds replis de son coeur, semblaient sortir naturellement, comme si... ''le temps'' était venu. comme s'il était prêt.
Et cela, il le déballait tout à une femme qu'il connaissait encore à peine.

- ... on m'a volé à ma famille.
...On m'a acheté. Utilisé. Transformé en ce monstre indigne d'être appelé ''humain'' que vous avez vu plus tôt.

La main du bras qui lui cachait les yeux se serra, tremblant sous la force.
À quelque part, j'essaie de l'enterrer, de l'oublier. Mais il fait parti de moi, je l'ai sous la peau.
Je fus celui qu'on voulait que je sois. Ces gens ne sont plus. Je ne suis plus.
J'ai voulu protéger ma sœur de tout cela. Je me suis laissé tomber dans l'oubli. J'ai caché Altiel dans un coffre. Pendant si longtemps que lorsqu'il est sorti j'avais du mal à le reconnaître. Je me sentait avec moi-même comme avec un étranger. Je mène ma vie comme on mène une mascarade. J'essaie d'être Altiel à nouveau, mais tout se mêle à présent. Jan Grinberg... Altiel Selmine... tout.


Peut-être étais-ce un rayon de soleil qui lui chatouillait l'iris, mais une larme salée venait de couler de son œil, complètement inattendue, dissimulée par son bras.
Surpris lui-même, il l'y laissa, savourant presque cette sensation humide qu'il avait l'impression de ne plus avoir goûté depuis des années.


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