La ville est en Octobre 2020

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 Le commencement d'une fin

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Spectre
Aaron Volund

Aaron VolundSpectreMessages : 88
Date d'inscription : 17/06/2020


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MessageSujet: Le commencement d'une fin   Le commencement d'une fin EmptyVen 2 Oct - 13:27

Il ne se souvient pas de tout...

Il y a des trous dans sa mémoire... Ou ces souvenirs n'ont aucune importance.

Il se rappelle de l'attaque de la ville. De son combat contre les robots. De la mort d'Ektor, submergé par la vague d'automate, simplement piétiné.
Il était là, mais il n'avait pas vu la mort le prendre.
Il était là et il a laissé la mort le prendre.

Il se revoit courir, fuir la zone infestée de machines. S'armer autrement car ils avaient mal évaluer la force des attaquants. Il se souvient de l'attaque blessant un peu plus Blood. L’amenant tout simplement vers la mort.
Il ne pouvait que le remercier de l'avoir sauvé.
Il ne pouvait que le regarder dans les yeux, ne le laissant pas seul face au froid.

Il se rappelle de Caïn. Un ami, un allié. Un traître.
Un soldat se doit de garder ses émotions, elles ne doivent pas le contrôler ou influencer ses actions.
Il avait tiré avec sa peine, sa peur, son désespoir, sa rage et son envie de vivre, de revoir ses enfants.
Et il l'avait eu. Il avait tué un des hommes derrière Salazar.

Il revoit les personnes qui avaient combattu à ses côtés, il revoit des automates se diriger vers la strate suivante.
Puis c'est flou. Il n'a pas tout. Il y a des trous, des flashs.
Il voit des automates, il se voit combattre, il se voit allonger dans un lit entouré de bruit. Il se voit avec un bras et un pied en moins.

Il revoit Cacendre avec un sourire. Il revoit Ssazek, sa tête enfoui dans sa nuque, ses petites bras l'entourer comme il pouvait, pleurer. Il revoit Adrielle pleurer, lui tenant la seule main qui lui rester.

Il voit des médecins, il se voit allonger dans une salle opératoire, il se voit allonger l'esprit embrouillé. Il se voit avec deux bras, un qui est une simple prothèse, légère. Il sent que ce n'est pas le seul élément étranger à son corps :

- Une prothèse simple de son bras gauche
- Des côtes gauches remplacés
- La peau gauche remplacée par de la ferraille souple
- La peau de sa cuisse remplacée par de la ferraille souple
- Une prothèse simple pour son pied droit

Il se souvient très bien de sa rééducation. Il se souvient très bien des propositions des mécaniciens prothésistes pour qu'il est un bras amélioré, un pied amélioré. « Voulez-vous un canon dans votre bras ? On ne sait jamais quand on va se faire attaquer. » ; « Un pied à propulsion peut être utile si vous voulez sauter haut. » ; « Des doigts extensibles ? Comme vous êtes mécanicien machiniste, ça peut être utile pour atteindre des zones très étroites. » ; « Un réservoir d'eau ? Transformer vos doigts en outils de jardinage ne serait-ce pas le summum pour un fleuriste ? »...

Il n'avait pas l'argent. Ils n'avaient pas l'argent.

Aaron avait vécu dans un cocon, coupé du monde extérieur pendant ses semaines à l'hôpital. Il n'osait pas poser de question à Cacendre qui semblait sur le point de s'effondrer à tout moment. Où était les autres membres de sa famille ? Qui était mort ? Qui était encore en vie ?


Il se souvient parfaitement du 3 Août 2020. L'hôpital était aussi plein qu'à son habitude, aussi bruyant mais quelque chose dans l'air avait changé. Plusieurs personnes distribuaient le journal « La Libre Pensée » beaucoup plus épais qu'à son habitude.
Aaron l'avait eu entre ses mains, assis sur son lit après un séance de rééducation, une de ses dernières. Il s'était très bien fait à l'idée des prothèses basiques, qui étaient légères et aussi maniables qu'un membre fait de muscles et de tendons.

« Quederla a survécu et elle se relève de ses cendres. » disait le premier paragraphe. « Le lendemain de cette nuit terrible, un recensement a été lancé par les membres de l'armée. ».

Un... recensement... C'était ça l'épaisseur inhabituelle du journal. Des pages et des pages de noms. Des pages et des pages de cadavre.

-Volund, Volund, murmura Aaron en tournant les pages de ce journal.

« Elanore Volund, 11 décembre 1964-21 juillet 2020. »



Sa mère était...
morte.

Elle n'était pas disparue, blessée. Elle était tout simplement morte. Seule ou entourée ? Écrasée par les éboulements, piétinée ? S'était-elle fait attaqué par un automate magique, armé d'une arme blanche, à feu ?

Il ne le saura pas.

Avait-elle des regrets ? Des dernières volontés ? Voulait-elle lui dire quelque chose avant de mourir ?

Il ne le saura pas.

Avait-il des regrets ? Voulait-il lui dire quelque chose avant de la perdre ?

Oui, il ne le savait que trop bien. Il voulait lui dire qu'il l'aimait une dernière fois, la remercier une dernière fois, la serrer dans ses bras une dernière fois, sentir son odeur une dernière fois, l'entendre rire une dernière fois, l'entendre dire son prénom avec l'amour d'une mère une dernière fois, ressentir sa fierté pour lui une dernière...

Mais il n'en avait plus, de dernière fois.

Il laissa libre cours à ses larmes en froissant légèrement le journal entre ses mains. Des sanglots ponctuèrent son moment de solitude extrème.



Il chercha par la suite Hyogo, sa sœur, son beau-frère et sa nièce. Malheureusement, les parents de Cer étaient décédés.
Puis il chercha ses amis, ses collègues...

« Vermeille Ektor, 29 octobre 1988-21 juillet 2020
Vermeille Marguerite, 14 juin 1989-21 juillet 2020
Vermeille Isabelle, 5 juillet 2011-22 juillet 2020
Vermeille Valent'in, 7 avril 2013-21 juillet 2020
Vermeille Vanille, 2 janvier 2015-22 juillet 2020 »

Son cœur se creusa davantage. Il voulait rendre visite à Marguerite après sa sortie de l'hôpital pour lui donner ses condoléances, annoncer qu'Ektor était mort en héros, qu'il avait sauvé de nombreux citoyens grâce à son courage.
Il n'y a plus personne à qui délivrer ce message. Ektor était mort, sa femme était morte. Leurs quatre enfants étaient morts. Le grand-père d'Ektor les a quitté il y a cinq ans.
La famille Vermeille venait simplement de disparaître du monde.

Il continua de chercher, ignorant ses joues humides, ses mains trempées, les tâches salées sur le papier du journal.

« Djeg'o Onnel'l, 2 septembre 1986-21 juillet 2020 »

Il ferma le journal.

Il devait faire son deuil. La Nuit de Lumière l'y aiderait grandement.


» Sherlock (www.)


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