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 Par le sang et les larmes....

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MessageSujet: Par le sang et les larmes....   Dim 7 Sep - 16:32

Par le sang et les larmes...

**- C'est pas à nous de fuir!!! Ils sont tous crevés, on craint plus rien, faut qu'on y retourne!!!
- Pour y laisser notre peau? Arrête ton délire. Seule face à une armée, on fait pas le poids. T'as bien vu ce qu'il s'est passé.
- Je suis pas aveugle, merci, je sais qu'il est mort l'autre con.
- Alors sois réaliste. On est plus en état. Pas contre tous ces mecs en même temps.
- Ils ne perdent rien pour attendre n'empêche. Je les aurais tous, dussé-je y passer ma vie.
- T'inquiète, tu seras pas seule mais là, il faut d'abord qu'on s'en sorte.
- Ils vont bien finir par abandonner. On a l'avantage ici.**


Avantage ou pas, j'étais plus que mal barrée. Rien ne s'était déroulé comme prévu et aucun plan ne pouvait me permettre de reprendre le dessus. Ils étaient trop nombreux. Saletés de membres de la Confrérie. Et connards d'Elementis renégats. Remarque, ça dois bien les arranger. Merde, le Roi est mort. Je n'ai rien pu faire, je n'étais même pas présente mais je suis arrivée sur les lieux et je l'ai vu. De mes yeux. Je sais que je ne peux pas m'être trompée. Je connais trop bien les armes pour savoir que trop de ses blessures seules étaient mortelles alors ensembles, elles ne lui laissaient aucune chance.

J'ai été repérée et, malgré mon envie de leur coller une sérieuse dérouillée, j'ai opté pour le plus intelligent: la fuite. Pour les clairsemer à ma poursuite et pouvoir m'en occuper par petits nombres. Car ils étaient nombreux, trop pour moi. A croire que la nouvelle s'était répandue comme une traînée de poudre et déjà, tous mes vieux ennemis me tombaient sur le dos. Enfin, tous ceux qui avaient envie de faire tomber une tête Domae supplémentaire cette nuit.

Je n'ai pas cherché à prendre de gants, j'ai tranché dans le vif du sujet. Des têtes, des bras et des jambes ont volés au milieu des cris et des bruits de lame. Mais malgré ma technique et mon familier, je ne peux tenir tête à tout le monde. Et le sol humide des pluies récentes à fait un excellent conducteur pour ce connard maîtrisant l'électricité. Lui il m'a donné du fil à retordre et quand j'ai enfin pu m'en débarrassé, je n'en suis pas sorti indemne.

**- Allez, courage!!! Il en reste plus beaucoup, les autres ont abandonnés la poursuite.
- Cours, ne t'occupe pas d'eux. Ce serait de la folie.
- Ils me suivront à la trace. Il ne reste que des élémenteux, et ils ont la rancune tenace.
- On va encore les séparer et on va s'en occuper.
- On a pas le choix de toute façon sinon, c'est nous qui y restons.
- Alors on arrête de courir et on affronte les choses en face!!!**


Très bien, on va faire comme ça. je préfère voir la mort en face qu'être assassinée de dos. Mais il me reste des cartes à jouer. Ash' continue sa course dans les profondeurs de la forêt, couvert de mon sang, alors que je reste dissimulée quelques instants. Ils le suivent alors je pars d'un autre côté. J'ai besoin d'espace pour évoluer. Je voudrais rejoindre un coin de clairière mais l'un des quatre restants est plus malin que ses comparses et me retrouve.

Heureusement qu'il maîtrise mal son élément, contre la Terre cela aurait pu très mal se passer pour moi. Mais je recule malgré tout. Je suis blessée, sérieusement même et je peine à garder un souffle régulier. Celui qui m'a planté au niveau du poumon n'est plus de ce monde mais je ne lui ferait pas le plaisir de le rejoindre. Quelques échanges de coup et finalement, ma lame traverse sa poitrine au niveau du cœur alors que la sienne ripe assez sur ma cuisse pour me ralentir à l'avenir. Il trouve la force de siffler, rameutant ses compagnons, avant de rendre l'âme. Connard, il m'aura fait chier jusqu'au bout.

Et maintenant, les voilà les trois revenus à mon niveau, avec un sourire mauvais. Je ne tremble pas mais ma prise est moins sure. Je fatigue et mes blessures ne m'aident pas, c'est une évidence. Cependant, je ne les laisserais pas m'avoir. Avec un peu de chance, cette grotte un peu plus haut pourrait m'être utile. Au moins pour profiter d'un changement de luminosité soudain qui pourrait me permettre de reprendre l'avantage. Ou de le perdre. Mais je n'ai plus beaucoup d'options, il faut absolument que ce combat prenne fin. Et très vite....
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MessageSujet: Re: Par le sang et les larmes....   Mar 9 Sep - 13:58

Les nuits commencent à se rafraîchir, ce que Visrin et moi apprécions. Les grandes chaleurs ne devraient plus nous embêter avant l'année prochaine, et l'automne fera bientôt son apparition, puis l'hiver et la neige, ma saison préférée, autant que celle de mon compagnon. En temps normal, il est déjà très difficile à repérer, mais une fois le froid installé, il devient totalement impossible à trouver. Son poil blanc se fond parfaitement dans l'environnement hivernal qui va gouverner le pays pendant plusieurs mois. J'ai plutôt hâte, même si je vis avec mon temps. Pour l'heure, sieste, chasse et entraînement occupent mes journées, comme souvent.

J'ai passé tout le jour à somnoler au frais de ma grotte, mais dès la venue du crépuscule je suis sorti avec mon ami pour profiter de la meilleure heure de chasse, avec l'aube. On avait envie de quelque chose de conséquence, alors on est partis sur la piste d'une biche. Ca a duré un moment, mais j'avoue que c'était voulu. L'attraper trop vite n'était pas amusant, et même si on ne fait jamais souffrir un animal, on apprécie la course. Ca nous fait un bon entraînement. En revanche, à partir du moment où on blesse notre proie, on met tout en oeuvre pour l'achever rapidement. Ce fut le cas cette fois encore.

La nuit étant encore longue, j'ai dépecé la bête sur place avant d'enterrer le surplus, ne gardant qu'un morceau de cuisse pour la grotte. J'irai chercher le reste plus tard, peut-être dans l'après-midi. Je ne me fais pas de soucis, la viande est bien à l'abri, autant des yeux que des nez. Ceci fait, j'ai profité du calme des lieux pour flâner un peu, installé près d'un petit ruisseau, à passer la main dans la fourrure de Visrin de temps en temps. Courir après la biche nous a fait cavaler sur pas mal de distance, mais on est plutôt proches de la grotte : l'animal a tourné en rond et on s'est nous-mêmes rapprochés, par habitude. Au cas où une menace viendrait.

Un bruit parvient à mes oreilles et je me redresse tandis que Visrin bondit sur un rocher. Il y a du monde, plusieurs personnes, et ils courent. Je dirais... trois hommes, et peut-être un animal avec eux. Ou devant eux plutôt. Des chasseurs ? Vu leur façon de se déplacer j'en doute. Mon compagnon s'approche de leur trajectoire, invisible dans la nuit et la végétation. Ils s'arrêtent subitement alors qu'un sifflement retentit dans l'air. Un signal ? Apparemment oui, puisqu'ils font aussitôt demi-tour. Je n'aime pas ça. Il y a forcément d'autres hommes, et je doute que ce soit pour la viande qu'ils soient là. D'ailleurs l'animal qu'ils semblaient poursuivre a disparu, et son odeur empeste le fauve au nez de Visrin. On ne chasse pas les prédateurs.

J'abandonne mon ruisseau et laisse la cuisse de biche dans un buisson. Je repasserai plus tard si quelqu'un ne l'a pas récupéré avant moi. Au pire, je ferais un heureux parmi les autres carnassiers nocturnes. Pour l'heure, il y a plus important. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression que quelque chose de grave se joue plus loin et je compte bien mettre mon grain de sel dans le tas. C'est mon territoire, on n'y fait pas n'importe quoi. Je n'ai aucun mal à suivre la piste des trois hommes et à la rejoindre... près de ma grotte, légèrement en contrebas, dans la clairière. Je reste en retrait, sous le couvert des arbres et le vent par habitude. Personne ne m'a repéré pour le moment.

Par contre, je vois très nettement chaque être vivant ici. Il fait sombre, le soleil est loin d'être prêt à se lever, mais ma vue, sans être aussi bonne que celle de Visrin, est nettement supérieure à celle des humains normaux. J'ai un peu de l'once dans le regard. Voire beaucoup. Peu importe. Je vois clairement mes proies, elles sont toujours trois, leur siffleuse morte sur le côté. Et il y a leur propre cible, une fille qui leur fait face, en mauvais état. Mon compagnon émet un léger feulement, imperceptible mis à part pour moi et je comprends aussitôt. Difficile de se méprendre sur l'identité de cette personne. Les questions fusent, mais je les chasse. Pas le temps de s'en occuper, d'abord régler cette affaire prestement. Ensuite, j'aviserai. Il est bien sûr hors de question que je laisse ces gens jouer les caïds sur mon territoire, et encore moins avec elle.

Ils sont trois, ils me tournent le dos, et ne s'attendent sûrement pas à ce que leur cible reçoive la moindre aide. Ils rigolent, sûrs d'eux. Lâches. Ils savent bien qu'elle n'est plus en état de se battre efficacement. Elle a dû en descendre plus d'un avant d'arriver ici et dans cet état. Elle pourra peut-être en tuer un autre, mais elle ne tiendra pas plus longtemps, et ça pourrait bien être son dernier mort. Pas si j'interviens. L'attaque doit être foudroyante, et ça tombe bien puisque nous sommes les rois de ce style.

L'un des hommes commence à faire apparaître une sphère aquatique au dessus d'une de ses mains. C'est mon signal. Je bondis de la végétation avec le silence d'un félin tout en dégainant mon organix. Le bruit qu'il fait en s'enclenchant semble attirer le regard de l'homme de droite, ce sera donc lui ma première cible. Visrin se choisit celui de gauche, avec sa boule d'eau, et il me double comme un fantôme. Chacun sa proie. Alors que la mienne me voit à peine arriver dans l'obscurité, je lui tranche net la carotide avec ma première lame. Ma portée est trop grande pour qu'il ait le temps de penser à esquiver. Un mouvement rapide et je fais tournoyer mon arme pour qu'un des tranchants rencontre la chair de l'homme du milieu. Celui-ci a eu le temps de former une flamme mais il est trop lent, pris par surprise. Son sort ne fait qu'effleurer mon épaule, brûlant à peine le haut de ma chemise, tandis que ma lame lui transperce le ventre.

Je recule avec un dernier mouvement très large pour dégager mon organix, laissant les corps s'affaisser. Derrière, Visrin s'est assis sur sa propre proie. Il a un peu d'eau sur le bout du museau, mais elle se dilue vite dans le sang qui goutte de ses crocs. Il a égorgé bien proprement sa cible. La mienne, la première, se tortille à terre, les mains sur son entaille. Il fait trop de bruit. Je prends un petit élan avec mon bras et lui tranche la tête, redonnant à la forêt son silence naturel.

Ceci fait, je place mon organix le long de mon corps, laissant le sang goutter sur l'herbe. J'observe la proie de ces hommes. Elle n'a pas changé, toujours cette sauvagerie féline, et cette détermination à aller jusqu'au bout même si les choses tournent en sa défaveur. Et à emporter le maximum d'adversaires avec elle si tout est fini. C'est sûrement Ashkore que Visrin a senti tout à l'heure, tandis qu'il éloignait ces Elementis. D'où mon impression d'urgence. J'observe ma nièce, comme je l'ai déjà régulièrement fait depuis ma "mort", sauf que pour une fois elle me rend mon regard. Elle est sur mon territoire, mais son statut est loin d'être aussi simple que celui d'un véritable intrus. Je ne peux pas la chasser comme je le fais des autres, et elle a clairement besoin de soin. Cependant je ne bouge pas, pas encore. J'attends. Je ne sais pas quoi exactement. Combattre, c'est facile. Le reste...
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MessageSujet: Re: Par le sang et les larmes....   Mar 9 Sep - 20:59

Par le sang et les larmes...

**- Eau, feu et inconnu.
- On a peut-être une chance de jouer sur l'annulation mutuelle de leurs éléments.
- Il nous faudrait une trop forte accélération, le contre-coup nous condamnerait.
- En même temps, on a pas beaucoup de choix.
- Laisse les approcher, je m'en vais leur faire comprendre leur erreur.
- On a plus le temps de jouer, là.
- Je ne compte nullement jouer....**


Moi non plus d'ailleurs. Ash' n'est pas encore revenu et ça, c'est mauvais signe. Avec lui, j'aurais pu tenter quelque chose mais là, je me retrouve dos au mur. Au sens propre du terme. Peu importe, si je meurs, ils périront avec moi. Ils m'observent, comme s'ils voulaient gagner du temps. S'il croit qu'attendre bien sagement suffira à me faire me vider de mon sang, ils peuvent toujours espérer, je passerais à l'action avant. Mais visiblement, eux aussi se lassent. Ils ont bien profité du spectacle et maintenant, ils comptent bien y mettre un terme. La boule d'eau qui se forme est plus claire que toutes leurs expressions de sadisme pur réunies.

Et là, un mouvement derrière eux, silencieux et félin. Pourtant, je sais qu'Ashkore n'est pas encore là du coup, je retiens mon geste. Et l'éclair blanc qui surgit soudain me fait l'effet d'un véritable coup de massue, me clouant sur place. Car l'ombre qui suit, cette arme au son si particulier, elle ne peut appartenir qu'à une seule personne. Un ermite. Au cheveux de feu et au regard mordoré. Mon ancien maitre d'arme....

**- Tonton!!!
- C'était donc vrai, la Rose n'a pas menti.
- ...
- Comment il a trop la classe, regarde-moi ça.
- On s'en va.
- Pardon?
- J'ai dit : On s'en va!!!**


Le combat est déjà fini, les trois hommes n'ont même pas eu le loisir de voir leur mort venir. Mais moi, je reste là, à défier du regard cet Homme revenu d'entre les morts, ce souvenir que j'ai tant de fois souhaité avoir oublié. Mon père était décédé mais lui, il avait osé faire semblant? Mes poings étaient serrés si forts que leurs jointures en étaient presque translucides. Mon familier était arrivé à mes pieds et ne savait pas comment réagir. Je ne ressentais plus aucune douleur malgré l'étendue de mes blessures. Juste le poids d'une insupportable trahison.

Mon regard à virer au bleu glacial. Profond et terrifiant. Jamais Enfelid n'avait manifestée une telle hargne et finalement, je la comprenais et tombais d'accord avec elle. J'avais tout sacrifié, il n'avait plus sa place dans mon existence. C'était ce dont elle voulait me convaincre mais au fond, était-ce ce que je voulais?

Résultat, je l'ai fixé des minutes entières, le silence de la forêt simplement perturbé par ma respiration sifflante et le bruit du sang gouttant de mes plaies. Puis, sans prévenir, je lui ai tourné le dos, ostensiblement, et je suis partie. Du moins c'est ce que je comptais faire. Un pas. Deux, trois, réguliers et égaux mais chacun me demandant 50 fois plus de ressources que le précédent. Avant que soudain, tout ne soit plus que ténèbres autour de moi et que le monde entier ne disparaisse.
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MessageSujet: Re: Par le sang et les larmes....   Mer 10 Sep - 12:12

Tout est calme, et pourtant une tension étrange règne dans cette clairière. Pas celle d'un combat, et pourtant ça n'en semble pas si éloigné, j'ai du mal à comprendre la chose. Alors j'attends. Je laisse l'initiative de je ne sais quoi à ma nièce qui me rend mon regard. Le sien est devenu totalement bleu, ce qui signifie qu'une partie d'elle-même mène la danse. Je n'ai jamais réellement su avec précision le détail de ces changements, et n'ai jamais voulu percer ses secrets jusqu'à tout connaître, mais ce que j'ai pu observer a été suffisant pour que je comprenne les grandes lignes. Tout le temps que nous avons passé ensemble à l'époque ne pouvait pas me faire passer à côté de ça.

Une petite brise nocturne se lève, jouant avec les feuilles des arbres, produisant un bruissement agréable. Dois-je dire quelque chose ? Je l'ignore. Je n'ai jamais été un grand bavard, même avec les rares personnes à qui je tenais, et je n'ai que rarement estimé utile de leur parler. Meron me comprenait instantanément avec un simple regard, et, même si Naeryan n'était pas à ce niveau, elle captait le sens de mon comportement plutôt félin. Pourtant, quand bien même nous sommes très proches de nos compagnons - et sans doute le suis-je à un point bien trop important pour être considéré comme normal - nous restons des êtres humains. Hélas. Ce qui ne m'aide pas à savoir quoi dire. Alors j'attends.

Les minutes passent, mesurées par le sang qui coule des lames et des plaies. Et puis un mouvement brise cette étrange scène. Naeryan me tourne le dos et s'éloigne résolument. Je hausse légèrement un sourcil, ne sachant pas comment je suis censé comprendre cela. En revanche, mon esprit pragmatique voit clairement qu'elle n'ira pas bien loin, son corps étant incapable de tenir longtemps dans cet état. Le mien se prépare à agir, et il n'a pas à attendre plus de quelques secondes. Un, deux, trois... je m'élance tandis que je vois ma nièce s'écrouler lentement sur elle-même. Je ne la laisse pas tomber et la rattrape, passant un bras autour de ses épaules et l'autre sous le creux de ses genoux. Avec tout le sang qu'elle a perdu, l'inconscience prend possession d'elle.

Je jette un coup d'oeil à Ashkore et hoche la tête à son intention, puis replie mon organix et gagne ma grotte. Il viendra quand il voudra, je ne doute pas une seconde qu'il a compris que je l'accepte sur mon territoire. Ni qu'il va sûrement me suivre pour veiller sur sa compagne pendant son sommeil. Je laisse mon arme sur le côté et installe Naeryan sur mon matelas. Visrin s'assoit à côté, surveillant de l'oeil l'entrée de la grotte. Je récupère une cruche conséquente qui me sert de réserve d'eau et m'occupe de Naeryan. Ses vêtements sont dans un sale état, alors je n'hésite pas à déchirer ce qu'il en reste avec un couteau, dégageant les plaies. Je lui laisse tout de même le minimum syndical, bien que voir une femme nue ne me dérange pas spécialement. C'est mis au même niveau que n'importe quel animal.

Il y a beaucoup d'entailles, mais le plus grave reste les brûlures, causées autant par des flammes que des éclairs. Elle a du mérite à s'en être sortie jusque-là, mais ça ne m'étonne guère, après tout je l'ai formée en grande partie et elle a toujours été la plus douée de mes élèves. Avec un chiffon propre, je nettoie ses plaies, passant de l'eau où je peux pour enlever le sang. Puis je récupère un pot d'argile qui contient une décoction de soin basique, faite à base de plantes. Ca ne vaut pas les baumes de Meron, mais je n'ai jamais réussi à faire mieux que ça, et elle a toujours dit que je suis incapable de comprendre les mélanges plus complexes. Enfin c'était déjà bien que j'ai retenu celui-là.

Je passe la pâte sur les entailles et les brûlures. Ca ne soigne pas si bien que ça, mais ça appaise la douleur et ça va aider son corps à prendre le relai efficacement. Ca devait éviter aussi les cicatrices, sauf peut-être pour les blessures les plus profondes. Le temps le dira. Je range les affaires, lui place un verre d'eau à portée au cas où, et laisse Ashkore s'approcher de sa compagne. Je lui rajoute juste une couverture simple, puis m'éloigne en récupérant mon organix. Je sors pour nettoyer ses lames dans l'herbe de la clairière, puis le range dans mon dos. Le matin est encore loin, mais il est bien sûr hors de question que je m'éloigne. Du coup je m'installe à l'entrée de la grotte, sur le côté, de façon à être totalement invisible pour l'extérieur, et assez loin pour ne pas déranger Naeryan. Ainsi, je garde un oeil sur la forêt et l'autre sur ma nièce.

J'aperçois d'ailleurs Visrin qui ne tarde pas à s'installer tranquillement contre elle, l'air de me dire "Ben quoi ?". Je me contente d'un haussement d'épaules, encore que je crois sentir un léger sourire au coin de mes lèvres. Je n'ai plus qu'à attendre que le temps passe, tandis que je sens les félins lécher les plaies de Naeryan. Je ne cherche pas à les arrêter, rien ne vaut la salive d'un félin pour désinfecter une entaille, et leurs langues vont enfoncer efficacement le soin dans la chair. Ca n'en sera que plus efficace.
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MessageSujet: Re: Par le sang et les larmes....   Mer 10 Sep - 21:18

Par le sang et les larmes...


Il fait froid. Très froid. Non, en fait j'ai froid. Oui, c'est ça. Je grelotte, toute entière alors qu'un son crissant mais régulier me parvient de loin. Je me lève, mais mes pas sont incertains. Je titube, trébuche, et le mur est mon meilleur soutien. Je ne sais pas pourquoi j'y vais mais c'est ce son que je veux rejoindre. Tout me parait flou, j'ai chaud soudain, à en suer à grosses gouttes. Mes pieds nus sur le sol ne font aucun bruit mais je sais que ma présence est repérée. Je sens le regard de braise de cette peluche géante me fixer. Et je manque de tomber en finissant d'ouvrir la porte derrière laquelle se trouve mon but.

Il est là, assis en tailleur, en train d'affuter son arme. A peine s'il m'adresse un regard mais je m'approche. Je n'ai pas peur, je suis trop vaseuse pour l'être de toute façon. Même les deux autres ne parlent plus et en fait, c'est ce silence qui me fait le plus peur. Alors, j'avance, à pas irréguliers. Je trébuche mais je ne tombe pas, il m'a rattrapé. Il se rasseoit, me gardant contre lui, avant de reprendre son travail. Malgré ma fièvre, je souris. Et le ronron doux et rassurant du bébé once venu se blottir contre moi me berce si bien que mes doigts cessent vite de grattouiller doucement son cou. Je n'ai plus peur ici, je peux me rendormir. Avec eux je ne crains rien. Ils sont ma famille. Vocruen et Visrin....


D’où viens cet échos étrange? Comme si j'étais entourée par ce drôle de ronronnement. Ashkore est là, je le sais, je le sens. Entouré autour de ma tête, comme un oreiller et en barrière à tout ce qui pourrait attaquer mon esprit éreinté mais l'autre? Et cette sensation familière au bout de mes doigts, faisant remonter ces images d'un lointain souvenir enfouies depuis une éternité. J'ai dû remuer car le félin change aussi de ton,même si c'est infime, comme pour prévenir quelqu'un. S'il est là, je me doute bien qu'il ne doit pas être seul.

Je n'arrive pas encore à ouvrir les yeux. Reprendre conscience de mon être est une véritable torture. Tout mon corps m'est douloureux, j'ai l'impression de redécouvrir chaque parcelle de ma peau et aucune n'aurait été épargnée. Il fait chaud, comme si des braises couvaient encore sous ma chair et pourtant, j'aurais plus le sentiment d'avoir froid. De la fièvre, sans doute. Vu mon état, cela ne m'étonnerait même pas.

Mais je ne veux pas rester là. Je ne peux pas. Je dois rentrer. Le Roi est mort et l'on m'a vu poursuivie. Le Conclave risque de me chercher. Et le Dojo, il faut que je donne mes cours. Ma maison, je dois rentrer.

**- T'es pas en état. Tu peux à peine penser.
- Tu ne fais que te chercher des excuses bidons pour t'en aller.
- Je... Dois...
- Te reposer, oui.
- Survivre serait déjà un bon commencement parce que là, t'es mal barrée.
- Tout le monde veille sur toi, profites-en un peu.
- On ne sera pas loin, si jamais....**


Et le silence qui s'abat de nouveau dans mon crâne. Non, pour une fois où je voudrais qu'elles restent avec moi, elles m'abandonnent, elles aussi. Je serre les dents, une larme m'échappe alors que je tente d'ouvrir les yeux. Mais même la faible luminosité m'agresse alors je les referme précipitamment. Je soupire, ma tête revenant se poser contre Ashkore qui vient me lécher le front. Le contact de sa langue rapeuse est apaisant à mon corps meurtri.

Mais c'est le contact quasi pelucheux contre ma paume qui finalement me fait le plus de bien. Visrin n'est plus le bébé que j'ai connu mais il reste un repère inébranlable. Indissociable de cet homme que j'aime autant que je hais. Que dois-je faire dans ces conditions? Je suis complètement dépendante de lui et cela ne me plait pas mais ais-je le choix?

Je parviens à entrouvrir les yeux au prix d'un effort surhumain et d'une douleur violente mais enfin, j'aperçois ce que je savais déjà. Cette silhouette floue et mal délimitée, c'est lui. A part la longueur de ses cheveux, il n'a pas changé. Qu'est-ce que je ressens, je n'en sais rien. Mais je serre un peu plus fort, soit d'une poigne infime, le pelage de Visrin, comme pour m'assurer qu'il soit bien réel. Et finalement, la question tombe.

"- Pour...quoi?..."

Je n'arrive pas à aller plus loin, une violente quinte de toux me coupe le souffle, réveillant mes plaies et me forçant à serrer les dents pour ne pas hurler. Mais non, je ne ferais pas plus que gémir. Orgueil, quand tu nous tiens. Mais ce simple effort me laisse hors d'haleine, complètement incapable du moindre effort. Auraient-elles eu raison en insinuant que je suis si proche que cela des portes de la mort?
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MessageSujet: Re: Par le sang et les larmes....   Sam 13 Sep - 12:30

Le temps passe, inéluctable. Petit à petit, la nuit s'éclaircit, laissant présager l'arrivée du soleil. L'aube s'installe, une des meilleures heures pour la chasse, que je ne compte pas mettre à profit pour mes réserves. Il est hors de question que je bouge de la grotte, et je ne manque pas de nourriture pour le moment. Je jette un coup d'oeil vers Naeryan, même si c'est inutile. Visrin veille sur elle autant qu'Ashkore, s'il y a le moindre changement je le sens à travers lui. D'ailleurs elle a certainement de la fièvre, il capte la montée de sa température. C'est une bonne chose, ça tuera d'éventuels microbes qui auraient pu pénétrer dans son organisme. Rien ne vaut les défenses naturelles d'un corps pour lutter contre ce genre de choses.

Lentement, la lumière éclaircit le ciel et la clairière devant ma grotte. Les petits animaux commencent à reprendre vie en même temps que l'astre du jour pointe le bout de son nez. Je sens Visrin me prévenir alors que la petite bouge. C'est léger, infime, mais bien présent. Je tourne la tête vers elle à nouveau, mais ne bouge pas, la laissant revenir à la conscience tranquillement. Je distingue son regard aux deux couleurs différentes tandis qu'elle entrouvre les yeux et m'aperçoit. Visrin relève un peu la tête pour lui donner un petit coup de langue sur le visage tandis qu'elle murmure une question étrange.

Je ne dis rien et me lève pour m'approcher. Elle tousse, parler n'est pas la meilleure chose à faire dans son état. Je m'agenouille à côté d'elle en repoussant la couverture pour inspecter ses plaies. Elles ne sont pas rouvertes, et en bonne voie de guérison, mais il leur faut du temps pour cicatriser correctement. J'attrape le verre d'eau laissé à portée pour la faire boire un peu, et lui passer le reste sur le front, retirant un peu de la sueur qui s'y est installée. Pour le moment, je préfère attendre encore un peu avant de remettre du baume sur les entailles et lui remets la couverture avant de m'asseoir à côté, réfléchissant à la question.

Pourquoi quoi ? Il me faut plusieurs minutes pour trouver un semblant de réponse logique. Il ne s'agit pas de l'attaque de ces hommes, elle sait sûrement bien mieux que moi ce qu'ils lui voulaient. Il ne s'agit pas non plus de la raison de mon aide, c'était trop évident. Qu'est-ce qui nécessiterait une explication de ma part ? Ma mort je suppose. Quelle réponse lui apporter ? La vérité. Je n'ai rien à cacher, j'assume les choix que j'ai faits, tout comme je m'y tiens.

- Parce que je n'avais plus rien à faire dans ce monde.

Peut-être que ça peut sonner comme dur à ses oreilles, mais c'est pourtant la vérité. A la mort de Meron, plus rien ne me rattachait à ce que j'avais connu. Je mentirais bien sûr si je prétendais que disparaître sans rien dire à Naeryan, avec l'optique de ne plus jamais la voir réellement, me laissait totalement indifférent. Mais j'étais incapable à ce moment-là de ressentir quelque chose. Et une fois mort, je ne pouvais plus revenir en arrière. C'aurait été peut-être même dangereux pour elle.
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MessageSujet: Re: Par le sang et les larmes....   Dim 14 Sep - 10:42

Par le sang et les larmes...

A t'il seulement entendu ma question? Je n'en sais rien et je n'ai pas la force de la reposer. J'ai déjà connu les blessures du combat, la douleur ne me fait pas peur mais là, c'est différent. Jamais je n'avais eu à affronter en face le plus grand fantôme de mon passé. Et j'ai beau savoir ce qu'il est, qui il est et sa façon d'agir, à cet instant, son apparente indifférence me fait plus mal que les électrocutions et brulures répétées peuplant encore ma chair.

Il s'approche, par réflexe je me crispe un peu, m'arrachant une grimace de douleur. Ce n'est pas contre lui mais mon corps est resté en mode combat et quiconque m'approche est considéré comme un ennemi. D'ailleurs, après avoir ainsi disparu durant 5 ans, rien ne me dit qu'il soit encore mon allié. Mais la présence de Visrin m'est trop rassurante pour que j'arrive à les considérer comme des dangers. Oui, je ne veux pas croire que tout ai pu autant changer.

C'est à peine si j'arrive à décaler la tête, pour essayer de suivre les gestes de mon oncle disparu. Je bois, un peu, l'eau sur mon front est agréable. Et je l'observe s'asseoir près de moi. A portée de main. Ce qui me fait haïr ma propre faiblesse, je ne peux même pas l'atteindre d'où je suis. Ashkore chante, enfin il ronronne à sa manière, apaisante et chaleureuse, entourant mon esprit d'un calme appréciable. Les deux autres ont désertés, cela en serait presque inquiétant si elles ne m'avaient pas prévenu. Et alors que je m'apprêtais à reposer ma question, la réponse tombe enfin.

- Parce que je n'avais plus rien à faire dans ce monde.

Je ne sais pas si ma stupéfaction s'est notée sur mon visage ou sur mon corps, vu mon état déjà passablement abimé, mais je suis certaine que mon cœur à raté un battement. Car reprendre mon souffle après sa déclaration me parut un calvaire. Au point qu'Ash' se soit relevé pour frotter sa tête contre la mienne, avec force. Oui, je vais tenir, ne t'en fais pas. La pilule est juste difficile à avaler.

"- Je... Vois...."

Mon regard est devenu vide, lointain. Privé de tout éclat de lumière. Déjà que sans les assauts des deux autres, il ne devait pas être très vivant mais là, je crois que j'avais l'impression d'avoir été purement et simplement achevée. Il n'avait plus rien à faire dans ce monde. Donc, je ne comptais pas. Oui, j'étais blessée. Profondément. Davantage meurtrie par ses mots que par mon être tout entier. A tel point que je tente de me relever, faisant fi de la douleur et du reste. Ma place n'est pas ici alors je ne le gênerais pas plus longtemps.

Fierté, orgueil, tout y passe pour que mes dents serrées ne laissent rien échapper de la douleur que je voudrais hurler. Mais qu'est-ce qui me fait le plus mal au final? Je n'en suis pas certaine. Ash' gronde, feule, il ne veut pas que je bouge mais je ne lui demande pas son avis. Pourtant, je sais qu'il a raison car j'ai à peine réussi à me relever légèrement que déjà, je retombe lourdement, complètement à bout. De tout. Forces, nerfs, volonté même. Et j'en suis tellement frustrée que je ne peux retenir une larme alors que je tente désespérément de reprendre mon souffle et de calmer mon cœur tambourinant jusqu'à mon crâne, me faisant tourner la tête et me filant une nausée profonde que je contiens de mon mieux.
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MessageSujet: Re: Par le sang et les larmes....   Dim 14 Sep - 14:48

Je ne suis pas vraiment doué pour comprendre les gens, surtout parce que je ne m'en donne jamais la peine. A quoi bon ? Ils ne présentent aucun intérêt à mes yeux, bien trop... humain pour ça. Ils n'obéissent qu'à leurs émotions et leur cupidité, sans aucun respect pour les lois naturelles de ce monde, encore moins pour les animaux ou les plantes. Ils ne méritent donc aucune attention de ma part. Alors je n'ai jamais cherché à comprendre ce que signifie clairement un sourire à l'air faux, ou encore une remarque ironique signifiant le contraire de ce que les mots font pourtant comprendre. Je capte bien mieux le sens des regards des animaux ou du grondement d'un prédateur.

Pourtant, dans le cas de Naeryan, je pense sentir une certaine... désapprobation ? Non, c'est autre chose. Une déception peut-être ? Sa question était peut-être plus importante qu'il n'y paraissait. Sans doute même. J'observe son regard partagé entre le bleu et le vert, plus terne encore qu'auparavant, tandis que ses paroles sonnent creuses à mes oreilles. Je pourrais mettre ça sur le compte de son état misérable, mais quelque chose me dit qu'il y a autre chose. Visrin se relève un peu, restant contre elle en position du sphinx, me jetant un regard un peu désapprobateur. Je comprends bien pourquoi, mais je ne vais pas mentir à ma nièce. Elle voulait une réponse, elle l'a. Simple, directe et claire, certes, mais bien réelle et sincère.

Elle essaye de se lever, ce que je trouve passablement stupide. Elle n'est absolument pas en état de quitter ces lieux, je crois même qu'elle ne pourrait pas ramper sur plus d'un mètre, et encore. Ashkore est tout à fait d'accord et lui gronde un peu dessus. Elle tente quand même de continuer à se lever, mais ne tient pas bien longtemps. Je la laisse retomber, qu'elle prenne conscience que je n'ai même pas besoin de l'arrêter pour qu'elle soit forcée de se rallonger. Elle doit sûrement en être très irritée. Obligée de rester plus ou moins immobile, incapable de bouger seule, de se soigner, totalement dépendante, c'est une situation qui m'horripilerait également à sa place. Nos orgueils de félins indépendants n'apprécient pas ce genre de choses. Mais c'est ainsi.

Je n'aime pas détailler mes pensées, encore moins parler de moi. Je n'y trouve aucun intérêt. Et puis je n'ai jamais trouvé quelqu'un de confiance avec qui discuter de ce genre de choses, à part Meron et Visrin. Je suis sûrement un vieil ermite mystérieux jaloux de sa tranquillité et de son statut de fantôme. Cependant... j'observe Naeryan, en sale état, à bout de forces, d'ordinaire si imperturbable, en train de verser une larme. Légère, discrète, mais bien présente. On ne me fera jamais croire que c'est la douleur qui la lui arrache. Alors quoi ? Ma réponse ? Je ne juge pas utile d'expliquer ce qui s'est totalement passé il y a 5 ans, j'estime que dans un sens elle doit me connaître assez pour comprendre par elle-même. Pourtant... ce n'est peut-être pas le cas ? Durant toutes ces années, elle a pu construire une image différente de ma personne. Les souvenirs peuvent induire en erreur.

Visrin s'abaisse pour allonger son museau sur la poitrine de Naeryan, protecteur, tout en me jetant son regard intense, patient. Il attend que je parle, et il compte bien ne pas me lâcher tant que ça ne sera pas fait. Je suppose que ma réponse était trop vague. Trop dure. Dans un sens... quel félin abandonnerait son petit de cette façon ? Même si j'ai toujours été là, en retrait, à la protéger sans qu'elle ne le sache, de son point vue rien ne changeait. J'étais mort. J'ai beau réagir comme un félin, je reste un humain, et j'en garde certains défauts. Peut-être sont-ils moins grands depuis, peut-être suis-je moins sensible, puisqu'une des seules personnes auxquelles je tenais tant a disparu. Mais le fait est qu'à l'époque, la disparition de Meron m'avait trop affecté pour que je réfléchisse.

- Je suis réellement mort cette nuit-là. Avec Meron. J'étais incapable de faire autre chose que disparaître une fois la vengeance accomplie.

Je maîtrise ma voix, du moins je crois. Il y a peut-être une légère variation quand je parle de Meron, car malgré le temps je garde toujours le souvenir de cette douleur ressentie à sa mort, et son absence me hantera jusqu'à la fin de ma vie. Mais globalement, je m'en sors bien. Visrin continue son ronronnement, plus discret qu'avant bien que toujours présent. Il attend la suite, mais je ne vois pas vraiment quoi rajouter. Je n'estime pas avoir d'excuses à faire. J'ai choisi cette vie, et même si ce n'est pas forcément la meilleure, elle me convient. Peu importe les regrets.

- Je n'ai jamais été très loin, même si tu ne m'as jamais repéré.

Je ne crois pas que ça soit un réel lot de consolation. D'un autre côté, je suis incapable d'envisager sérieusement que ma disparition l'ait touchée à ce point. Je ne suis pas l'être le plus émotif au monde, et elle le sait très bien. A moins que je ne sois trop animal pour ressentir les choses comme il faut. Est-ce un mal ou un bien, je l'ignore. Probablement les deux. C'est ce que je suis, c'est tout ce dont je suis sûr. Et ça ne changera plus.
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MessageSujet: Re: Par le sang et les larmes....   Dim 14 Sep - 16:01

Par le sang et les larmes...

- Je suis réellement mort cette nuit-là. Avec Meron. J'étais incapable de faire autre chose que disparaître une fois la vengeance accomplie.

Non, il n'était pas réellement mort. il ne pouvait pas dire une chose pareille. Sa mère était morte, son père également. Le Roi venait de mourir également mais lui, non. Il avait fui, il avait fait semblant et cela, je n'étais pas encore capable de le digérer. Oui, je savais parfaitement ce que pouvait représenter Meron à ses yeux. Ma tante bien que peu connue était une dame adorable, je n'ai que d'agréables souvenirs d'elle, tous associés aux plantes. Oui, elle n'avait pas méritée ce qui lui était arrivé mais la vie était injuste. Elle aussi en avait fait les frais après tout.

Les ronronnements de Visrin se mêlent à ceux d'Ashkore et me bercent doucement. Je ne cherche plus à bouger, c'est inutile, je le savais avant même de tenter quoi que ce soit. Je me contente d'écouter le peu de paroles que mon oncle daigne laisser s'échapper. Il serait presque bavard, c'est étrange. Je le fixe, mon regard toujours aussi terne et éteint, le visage inexpressif.

- Je n'ai jamais été très loin, même si tu ne m'as jamais repéré.

"- C'est le propre du fantôme...."

Oui, c'était de l'ironie. Je l'avais mauvaise, pas la peine de le nier mais je ne pouvais rien faire. Au fond, je crois que cet aveu me blesse encore davantage. Alors en plus, il me surveillait? Donc il m'a abandonné mais en plus, il me surveillait? Comme si j'avais besoin de son aide. Même ce soir, je m'en serais sortie. Toute seule, sans lui. Comme je l'avais toujours fait.

Alors pourquoi cette boule dans ma gorge et cette douleur dans ma poitrine, qui n'a rien à voir avec mes blessures? Je me blottis un peu plus contre Visrin, ce contact m'a manqué, tellement plus que je ne veux l'admettre. Oui j'ai Ash' mais c'est différent et il le sait très bien. Il n'est même pas jaloux. Le silence s'est à nouveau installé et malgré le sommeil qui me guette, je refuse de m'assoupir. Les fantômes disparaissent si facilement.

"- Père est mort...Il y a 3semaines.... Et cette nuit,... Le Roi a été tué."

Pourquoi est-ce que je dis ça? S'il m'a suivi, il doit le savoir. Mais je ne sais pas, j'ai besoin de le dire. Par pour m'expliquer sur mon état, j'assume mes actes. Peut-être plus pour lui faire comprendre ce que je peux ressentir. Il avait perdu son seul repère avec Meron. Aujourd'hui, j'étais comme lui. Je n'avais plus rien ni personne. Jusqu'à ce qu'il réapparaisse. Et à présent, je ne savais plus comment réagir.
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MessageSujet: Re: Par le sang et les larmes....   Dim 14 Sep - 19:21

Je ne m'attends pas à être compris, tout comme je ne le demande pas. Je ne fais pas spécialement d'efforts pour me mettre à la place des autres, alors ce serait bien bête d'attendre la chose de leur part. Et puis je ne crois pas être compréhensible de toute façon. Je ne pense pas que Naeryan puisse vraiment comprendre la relation que j'avais avec ma soeur jumelle. C'était bien trop fort et important, voire vital pour moi. Seul quelqu'un vivant la même chose peut avoir un aperçu de ce que c'est. Meron n'était pas juste un membre de famille que j'aimais. C'était une partie de moi. Me l'enlever revenait à m'arracher la moitié de mon être, et j'étais bien incapable de gérer une chose pareille à l'époque. A partir de là, personne ne peut vraiment comprendre pourquoi je suis resté à la place du mort qu'on m'a donné.

Je n'essaye donc pas d'expliquer cela. C'est impossible. Naeryan a sûrement déjà sa propre idée et je ne juge pas utile de la connaître précisément, ni de l'en faire changer. C'est son choix, tout comme c'était le mien de disparaître à l'époque. Bon ou mauvais, à elle seule de le décider. Le passé est passé, seul le présent m'intéresse. Elle me qualifie de fantôme, ce qui est plus ou moins exact. Je ne suis pas capable de me dématérialiser ni de me rendre invisible comme celui que j'ai croisé quelques temps plus tôt. Disons que j'arrive à être aussi discret qu'elle, ou presque.

Je suppose que lui apprendre ma surveillance, même partielle, ne lui plait guère. Je connais son orgueil, j'ai plus ou moins le même, et elle ne peut pas imaginer avoir eu besoin d'une aide quelconque, encore moins celle d'un "fantôme". Pourtant, il y a plusieurs moments où, sans mon intervention discrète, elle aurait pu se faire méchamment agressée, voire tuée. Je n'ai d'ailleurs jamais agi lorsque j'étais certain qu'elle s'en sortirait. Je connais ses capacités mieux que personne, alors je sais juger de cela. C'est rare, mais il arrive qu'elle ne puisse pas s'en sortir seule. Cela dit, je ne compte pas le lui prouver. Ca ne servirait à rien, et j'aime autant lui laisser sa fierté, je lui en ai déjà bien assez pris comme ça.

Visrin tourne la tête pour lui léchouiller le menton quand elle se blottit contre lui. La sensation est toujours étrange, surtout depuis le temps. Il n'a jamais été proche avec quelqu'un d'autre que moi, à part Meron et Naeryan. Je me contente de l'observer ronronner, démontrant sûrement bien mieux que moi ce que je ne suis même pas conscient de ressentir. C'est toujours aussi bizarre, mais j'ai appris à ne plus m'en soucier réellement. Comme les quelques fois où je me suis retrouvé par la force des choses à prendre soin d'une petite égarée. C'était déroutant au début, et puis finalement l'instinct de félin suffisait à gérer la situation.

Ma nièce parle à nouveau, m'annonçant ce que je sais déjà : la mort de son père, mon frère aîné. Vaincu par la maladie. Je n'ai jamais été très proche de lui, et bien sûr inutile de préciser qu'à côté de Meron il n'était rien. Cependant, il a fait partie de ma famille, alors, en pleine nuit, j'ai pris la peine de passer sur sa tombe, simplement pour y être. Une façon de reconnaître son départ, et à partir de là son existence, aussi discrète fut-elle dans la mienne. Rien de plus, je ne voulais pas trahir ma présence, et puis je n'avais rien à déposer sur une pierre froide.

En revanche, la mort du Roi est une nouvelle réelle, bien que peu surprenante. La guerre fait toujours rage dans cette ville, et les têtes des familles sont les plus importantes à trancher. Cela va sûrement provoquer de nouvelles batailles, de nouvelles tensions, et continuer à motiver les troupes. Le conflit ne risque pas de s'arrêter de si tôt. Un autre Roi verra le jour, puis un autre, et ainsi de suite. Ce qui ne me concerne pas. Par contre, en tant que Valet, Naeryan pourrait très bien être la cible suivante. Il serait logique d'éliminer tout le Conclave. Je pense que je vais la surveiller davantage dans les prochains jours, surtout vu son état.

Cela dit, je ne crois pas que ce soit pour ça qu'elle m'annonce ces morts. Le dernier membre officiellement en vie de sa famille n'est plus, et le meneur de sa meute également. Ca lui laisse peu de repères, même s'il en reste. Elle fait partie d'une grande famille, elle se repose sur d'autres membres, comme l'As, même si le lien n'est pas aussi important. Ceux du sang possèdent toujours une force particulière, même si la distance s'installe. Un respect particulier aussi. Je ne vois pas vraiment ce que je peux faire dans cette histoire. Je doute fort être le mieux placé pour l'aider à faire face à cela, d'autant que je ne sais pas où elle se situe en matière de responsabilité. Je n'ai jamais eu de poste au Conclave malgré les demandes.

- Je ne suis ni ton père ni ton Roi. Je ne suis qu'un fantôme qui a toujours été dans ton ombre pour t'aider. Je n'ai pas forcément fait les bons choix, et ils ont pu être maladroits, mais c'est ainsi que j'agis.

Je tends un bras pour attraper un sac d'où je tire quelques lamelles de viande séchée, du sanglier. C'est fort mais extrêmement nourrissant, et Naeryan a besoin de se nourrir. Peut-être aussi de savoir ce que l'avenir lui réserve, à un certain point. Je n'ai pas de vision absolue à lui offrir, seulement ce que je projette de suivre comme ligne de conduite.

- Je ne compte pas changer cela, à moins que tu ne le souhaites.

En tant que fantôme, je n'avais pas de soucis à me faire ni de questions à me poser. Maintenant, même si je sais très bien que je pourrais continuer à la suivre sans qu'elle ne me repère, je ne veux pas que ce soit contre sa volonté. Visrin arrête de ronronner et se cale davantage contre ma nièce, bien décidé à ne pas la lâcher facilement.
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