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 Là où reposent les morts résonne encore la voix de leur dulcinée...[Gwenvael Divasklet]

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MessageSujet: Là où reposent les morts résonne encore la voix de leur dulcinée...[Gwenvael Divasklet]    Mer 1 Oct - 21:39

Gwenvael Divasklet

Le mortel baiser de Morgarne
Frappe les êtres les plus forts
Et tandis que terre s'éloigne
Tu mènes la barque des morts...

PETITE PRÉSENTATION
NOM : Gwenvael
PRÉNOM(S) : Divasklet
SURNOM : Gwen', Gwegwe, Diva ou "Baronne Samdi".
DATE DE NAISSANCE : 7 février
ÂGE : 24 ans
SEXE : Féminin
CAMP : Habitante
METIER : Thanatopractrice passionnée.
SITUATION : Entretient une relation très intime avec son métier.
PERSONNAGE AVATAR : Originale, dessinée par Hachiyuki.
QUESTIONS

DE QUAND DATE VOTRE ENTRE DANS LA FAMILLE ?

De... jamais.

QUELS SONT VOS LIENS AVEC ELLE ?

Absolument aucun, si ce n'est que je ramasse les morceaux ici, et ici, et ici, et là-bas...

POSSÉDEZ-VOUS UNE ARME, SI OUI LAQUELLE ?
Mis à part les quelques seringues et poisons accrochés à ma jarretière, je n'en possède aucune. Je n'aime pas m'encombrer.
...
PAR CONTRE, j'ai un petit poignard caché dans mon ombrelle (détachable), un spray à poivre sous mon chapôw', une fourchette et un couteau de miam-miam sous le ruban de ce dernier, une oie (un monsieur) et un hérisson, mais je ne suis pas si sûre que ça compte.
Mais sinon, non non, je n'aime pas m'encombrer.
PHYSIQUE
Vous vous souvenez de la poupée en porcelaine que vous aviez vue autrefois, alors que vous n'étiez qu'un enfant, celle aux grands yeux verts et vides que vous ne vouliez pas dans votre chambre tant elle vous faisait peur, à vous observer ainsi sans un mot ? Et bien, si aujourd'hui encore cette dernière vous effraie, je ne serais en rien étonnée de vous voir m'éviter comme si j'étais porteuse de la lèpre. Malgré des traits juvéniles qui dissimulent mon âge à la perfection et mon apparence ingénue, ma stature n'en ressort pas moins imposante pour autant du fait de ma grande taille, couramment accentuée par de hauts talons compensés. Proche des mètres quatre-vingts pour un physique assez menu, aussi bien en haut qu'en bas puisque jamais mon corps n'a su développer une gorge rebondie (bien que cela m'arrange vu mon orientation sexuelle...inexistante.), mais cela n'empêche en rien la présence de quelques courbes gracieuses agrémenté parfois d'un corset, plus par soucis médical que par esthétisme.

Étrange créature à la peau de nacre où se distinguent quelques grêles veines violines signes de sa faiblesse corporelle, mes bras ne sont que de fines branches d'apparence si fragiles que rares sont ceux qui osent y poser le doigt tandis que mes mains de pianiste témoignent de phalanges graciles dont les ongles vernis baignent dans un océan de couleurs d'une agressivité certaine. La folie du spectacle ayant déjà envoûté mon petit coeur alors que je n'étais qu'une enfant, ma garde-robe s'avère parée de mille et une fantaisies ne s'accordant pas même de loin à ma génération : Des chapeaux haut-de-formes sans lesquels je ne peux mettre le pied hors de mon chez-moi, des robes de satin et de soie... Me qualifier de banale serait une belle erreur lorsque l'on sait toute l'attention qu'une dérangée telle que moi obtient à pavaner ainsi dans les rues. Dans mon dos... oh, vous ne voudriez pas voir ça, pas vrai ? Mais voici ce qui s'y trouve : Plantés dans ma peau en deux lignées se trouvent des piercings en boucles, reliés les uns aux autres par des rubans formant ainsi un corset. Cela ne se voit, bien entendu, que lorsque j'ai le dos dénudé, chose très fréquente. Je déconseille à quiconque d'y toucher... non seulement parce que je déteste les contacts physiques, mais aussi puisque le plaisir masochiste ne fait pas partie des mes péchés mignons... au passage, ma langue aussi, a été modifiée car fendue en deux.~

A travers cette couche de cire pure est moulé un minois des plus ravissants à mon avis des plus personnels, que j'aime voir recouvert d'une légère pointe de poudre blanchâtre afin d'accentuer l'aspect porcelaine de ce dernier. Un nez à la parisienne, des lèvres rosies juste à point et ourlées d'un vermeil plus pointé sur les bords pour ainsi mieux faire ressortir le teint blafard de la détentrice de ces dernières. Lèvres qui d'ailleurs, se voudraient parfois mieux fermées, moins ouvertes, plus silencieuses par la populace qui souvent s'exaspère à l'écoute de cette voix fluette et enfantine mais qui malgré tout cache celle d'une femme plus froide, voire austère, encore dissimulée derrière le masque d'une éternelle enfant pour ainsi mieux s'oublier, et se faire oublier pareillement. Le type de voix que l'on aimerait pas entendre la nuit, qui rappelle le film d'horreur vu la veille où le fantôme d'une fillette appelait du fin fond des couloirs en jouant à la balle.

Autour de ce visage chétif bien que décoré d'un duo de pommettes à la teinte d'églantine, se dévoile une masse capillaire oscillant entre le bleu céleste et le turquoise qui dévale le long d'épaules maigres, dont les os ressortent juste suffisamment pour ne pas rendre le tout grotesque. Naturellement ondulés, mes cheveux demeurent l'une de mes principales préoccupations tant ils nécessitent de soins en tout genre afin de les conserver dans leur forme originale. Une frange rejoignant des mèches gondolantes chez lesquelles la forme ne manque de faire remémorer les plus gourmands qui verraient au travers une ressemblance réelle ou fortuite avec les glaces à l'italienne, soutenus par un déferlement bleuté de vagues qui descendent telle un voile de soie jusque dans le bas d'un dos malheureusement en miettes par quelques malformations facilement oubliables.

Mais outre ma délicate chevelure d'aigue-marine, ma seconde fierté se cache derrière de longs cils maquillés, recouverts d'un zeste de mascara à peine perceptible à moins d'avoir son joli groin à quelques centimètres du mien, chose assez rare lorsque l'on connait la méfiance que je porte envers mes semblables. Des yeux toujours grands ouverts, comme deux plaies béantes ouvrant sur l'étendue d'un esprit pas toujours très sain, mais dont l'innocence seule parvient à le faire oublier. Pierres de jade jumelles, souvent captivées par le reste de l'humanité dont jamais elles n'arriveront à en capturer l'essence, tels des prunelles d'animal sauvage refusant de détourner le regard, mais aussi par peur de se voir être attaqué s'il ne surveille plus ceux qui l'entourent.

Un regard désarmant mais aussi si révélateur de ma pauvre détresse mentale, comme celui d'une enfant égarée qui chercherait de l'aide sans jamais trouver le courage d'ouvrir la bouche. Malgré tous mes efforts pour baisser le rideau sur ces émotions qui jamais se tarissent, il a toujours été impossible de soutenir celui d'autrui, par peur peut-être, ou surtout par honte d'être mise à nue aussi facilement. Un peu comme lorsque l'on vous demande si vous allez bien après que vous ayez passé une heure à pleurer comme un veau sur la mort de Chef dans Rox & Rouky : Vos yeux sont rouges, gonflés, et la mission que vous vous êtes attribué pour que l'autre cesse de vous assaillir de questions et d'emporter ainsi le secret dans votre tombe, apparaît alors comme impossible à mener à bien.  

Mais aussi un sourire sincère, le sourire que l'on aime voir chez une femme (qui rit, mais qui jamais ne sera dans votre lit malgré le proverbe) mais que l'on aimerait vivement oublier lorsque cette dernière apprécierait de séparer votre tête du reste de votre corps. Une simulation de joie qui jamais ne quitte ce visage angélique pour ne pas être trahi par des yeux trop criants de vérité, une expression que je me plais à retranscrire tel que la vie me l'a appris. Je sais imiter n'importe quelle expression comme si mon corps n'était que de la pâte modulable, mais peu importe si mes yeux sont gorgés par les larmes, si mes sourcils sont froncés et mes lèvres pincées, jamais ce sourire ne se fane comme s'il était marqué dans ma peau au fer rouge ou à la lame façon Joker ou Jeff The Killer. Un vrai "sourire de l'ange"...

CARACTÈRE
Chérubine à la langue de reptile rampant et sournois, mes paroles se déversent en nuées et ne cessent que lorsque mon souffle se perd ou mon entourage disparaît par manque d'intérêt à l'égard de cette bouche bavarde qu'est la mienne. Lorsque je suis lancée, impossible de m'arrêter à moins de me coller un troupeau de phalanges entre les dents, bien que je risque amplement d'y répondre en bonne et due forme. Au travers de ces glapissements aigus s'écoule un venin féroce qui n'attend que le bon moment pour se répandre dans les veines de la cible des ragots émis par ce cerveau bleuté discrètement dissimulé derrière mon petit crâne.

Vulgaire enfant bouffie d'honnêteté et de médisance, quelle douleur qu'est la mienne d'être ainsi incapable de mentir sans me trahir à cause d'une quelconque éducation spartiate où le mensonge était père de suicide, d'être aussi incitée à faire du vide autour de moi en exprimant mes pensées à voix haute sans y imposer un filtre de sécurité... Ah, ces codes sociaux. Peu importe ce que disent les gens, personne n'aime réellement ceux qui daignent leur cracher la vérité et rien que la vérité sans éprouver la moindre gêne. L'hypocrite, bien caché derrière son masque sympathique lui, est bien moins pointé du doigt que moi, pauvre mortelle sincère qui ouvre grand son bec pour exprimer un avis parfois même non demandé. La vie est faite ainsi, que voulez-vous... On n'a pas forcément ce que l'on souhaite, de même qu'autrui n'agit pas selon notre humeur, et que grand bien m'en fasse !

Je reconnais que je comprends aisément que beaucoup n'apprécie en rien ma compagnie à cause de mon franc-parler qui m'est propre, doublé d'un langage cru qui ferait pâlir le plus grand beauf des fins fonds des campagnes, mais j'estime que personne n'a le droit de m'empêcher de dire ce que je veux, et surtout comme je le veux. Si je souhaite qualifier les blonds vénitiens de roux, les personnes âgées de vieux, les personnes de petite taille de nains, les personnes avec du charme de moches (langage féminin d'une étrangeté étonnante !), et bien c'est mon problème, et je pense que tout le monde a le droit d'en faire de même à mon propos. Malgré mon apparence des plus soignées, je me distingue haut la main dans les bas fonds de la grossièreté : Selon moi, les autres ne valent pas la peine que je prenne le temps (temps si précieux.) de tourner sept ou huit fois ma langue dans ma bouche avant de l'ouvrir. Je suis comme ça, un peu anticonformiste, le mouton multicolore parmi la masse blanchâtre....

Une misandre éhontée aussi, et doublée d'une androphobe paranoïaque, incapable de serrer la main de l'un de ses confrères mâles sans vouloir la rincer à l'acide par la suite : Mauvaises expériences, éducation stricte et faussée à propos des mâles, dieu seul sait d'où cela vient car dieu seul a vu ma vie. (et dieu sait aussi que je ne suis croyante ; Dieu sait beaucoup de choses pour un barbu qui squatte son nuage h 24.) De ce fait, hormis mes connaissances issues du milieu gay (vilain hétéro, vilain.), je ne bénéficie que d'une maigre quantité d'amies de sexe féminin, bien que ces dernières peuvent m'effrayer - et donc me faire fuir, à croire que rien ni personne n'est épargné de mes phobies. Rien de bien intéressant à ce sujet, le tintouin habituel : Peur de la nuit, peur de la foule, peur des hommes, peur des chiens... - sales bêtes.

Et. Parce que toute pièce comporte une partie cachée, plus sombre, plus dévorée par le vice... Je suis la fille de la cruauté et de la barbarie, un monstre qui a tout vécu sans jamais rien apprendre tellement les méfaits se sont inscrits en lui au point de devenir sa seconde peau. Une source empoisonnée d'apparence si pure, aux idéaux teintés d'une profonde croyance immorale. La justice est un concept sur lequel je vomis mes entrailles sans éprouver le moindre remord, si bien que j'ai décidé de tendre la main vers la vengeance et toute la violence qui en découle. Malgré toutes mes phobies, s'il y a une peur que je n'éprouve pas, ou plus, il s'agit bien de celle de tuer. Un peu comme une enfant à qui vous donnez une arbalète, ce qui fait de vous le dernier des abrutis au passage : Elle tirera sur tout ce qu'elle n'aime pas.

C'est pourquoi je suis devenue celle que je suis aujourd'hui : Par haine de ceux que j'abats. A vrai dire, je ne pense en rien être une justicière, bien que mes cibles soient des criminels dangereux à l'égard de la société : Tout simplement parce que je ne le fais pas pour elle, mais pour ma propre personne. Mon petit moi. Ils le méritent, alors je les abats comme l'on abattrais un chien enragé que l'on ne peut pas stopper, pour peu qu'un canidé stupide vaut mieux que tous ces imbéciles aux fils pendants, très certainement capables de lécher le mur si le steak a trop juté dessus... En aucun cas je n'agis au profit de la veuve et l'orphelin dont je n'ai rien à faire, mais cette excitation à l'idée de dominer ceux qui imposent la crainte à tous, et ce besoin de voir mon monde purifié de tous ces vers grouillants au coeur de son ventre pourri... non, pour rien au monde je n'abandonnerai mon fardeau. Il est bien trop important pour être laissé dans un coin...

Pourtant, tous vous diront que je suis quelqu'un "d'adorable", malgré des défauts toujours aussi certains. Une jeune fille sans histoire, quoiqu'un peu étrange mais jamais méchante, ça non, à peine capable de planter sa fourchette dans une frite sans éprouver de la compassion à son égard : Cette pauvre pomme de terre n'avait rien demandé, c'est vrai, et malgré l'absence de ses crimes, la voilà avec le thorax ouvert, tandis que des crocs la dévorent et la déchiquettent de toutes parts... Triste fin pour une patate. Passons. Mon métier est mon seul amant, puisque mon coeur se ferme à tout être vivant en ce bas monde ; Je suis de ces choses qu'on qualifie d'asexuels, incapable d'éprouver la moindre attirance physique ou sensuelle pour autrui. Mais j'en suis plutôt satisfaite, même si je m'amuse à jouer des sentiments de mon entourage et de ma jolie frimousse ; Ne m'en tenez pas rancune, mais je les préfère... inanimés, disons. Plus... silencieux. Inaptes à me contrarier ou à me forcer à quoi que ce soit. Inutile donc de préciser que je préfère les morts aux vivants !... Mais quitte à choisir, je préfère bien plus la compagnie des dames plutôt que celles de ces messieurs.  Constamment joyeuse et chantante, personne n'irait imaginer toutes les choses que j'inflige aux déchets de cette ville, là où normalement ne devraient se trouver que les corps en attente de soins... Ne suis-je pas la preuve vivante que rien n'est vraiment comme il semble l'être ?

PÈRE CASTOR RACONTE NOUS UNE HISTOIRE !
Une enfant de putain, c'est ce que je suis et ainsi que l'on m'a longtemps décrite. N'est-ce pas merveilleux, cette première impression que je vous grave dans l'esprit ? Je sais parfaitement que je devrais faire preuve de subtilité... Pourtant, c'est la vérité.

Ma mère était une prostituée, exerçant ses charmes dans les rues hongroises dans lesquelles je vagabondais, enfant, à défaut d'avoir un toit sous lequel nous aurions pu nous abriter. Nous traversions toutes les deux ce monde qui ne semblaient pas vouloir de nous, les doigts entrelacés et le menton levé, mimant un courage que nous ne possédions pas vraiment. Ma naissance avait beau être un accident, mon père-client-à-portefeuilles alias « le con qui s'était fait passer pour stérile » inexistant, j'aimais ma mère et les jours passés à ses côtés ; Ce n'était jamais très simple, même loin de là, mais ça allait tant que je n'avais pas à affronter la vie et le regard des autres toute seule. Face à une enfant, le mépris humain ne perd aucunement sa force. J'étais la petite fille de celle aux mœurs faiblardes et sûrement destinée à reproduire les échecs qu'elle avait accomplis avant moi, portes fermées et gueules ouvertes, voilà ce à quoi j'avais droit dans le petit village où j'habitais. Ils n'étaient pas méchants pour autant, ils parlaient juste beaucoup trop, et trop fort pour que je ferme les yeux sur ces choses-là.

Je ne voulais pas finir comme elle, à errer d'un lit à un autre en se vomissant lorsqu'elle en ressortait et pleurant sur sa stupidité lorsqu'elle se rappelait du début de son enfer. Elle avait cru, et on lui avait menti. Amoureuse, elle suivit un homme en dépit des recommandations familiales, mais alors qu'elle pensait avoir trouvé le grand amour, il l'abandonna dans une auberge et ce fut le moment où elle comprit qu'elle ne pouvait plus faire demi-tour. Il était bien trop tard pour réaliser ses erreurs... Ses parents n'auraient jamais accepté qu'elle revienne, après tout, n'était-ce pas elle et elle seule qui les avait crachés avec l'arrogance de la jeune adolescente qui croit mieux savoir que les anciens ?

Quand elle était débordée, elle me confiait à ma tante qui lui intimait souvent de venir vivre chez elle, mais elle refusait d'une voix douce, gonflant son torse fièrement en disant qu'elle n'avait besoin de personne pour vivre. Elle était indépendante et orgueilleuse, haïssant les hommes qui partageaient sa couche et lui salissaient le corps.
Peu à peu, je me mis à les détester à mon tour. De quel droit lui faisaient-ils tout ce mal ? Pourquoi est-ce qu'ils l'empêchaient de vivre une vie normale, en la forçant ainsi à faire toutes ces choses qu'elle refusait de m'expliquer ? Au fond de moi, je préférai les considérer eux, comme responsables de notre quotidien déplorable et pas ma mère, car ç'aurait été l'abandonner. C'était de la faute du boulanger, de la gentille passante, du videur de poubelles, du vendeur de journaux et des souverains, peu m'importait du moment que ce n'était pas la sienne. Parfois, je disais que c'était la mienne, de faute, pour tester, LA tester elle et ses sentiments, mais elle se fâchait en m'injuriant de petite idiote, alors j'arrêtai et je recommençais à regarder les autres. Les ennemis, c'est autrui, ton ombre, le soleil ou la lune, tout ce que tu veux qu'elle me disait, mais jamais toi, tu ne peux pas puisque c'est sur tes épaules que repose tout ton futur : Si tu commences à te maudire toi-même, inutile d'essayer d'avancer puisque tu iras droit dans un gouffre.

Quelquefois, elle revenait avec des marques bleutées sur sa peau, chuchotant à sa sœur, paniquée, qu'elle n'arriverait pas à tenir à ce train-là, qu'elle avait besoin d'un peu d'argent pour les jours à venir, mais face à moi, les poings se changeaient en marches d'escalier et les poches vides en pertes et oublis. Personne ne l'avait battue, juste elle qui était tombée, tu sais, les femmes peuvent être maladroites en talons, ah, je n'en porte pas c'est vrai, ce n'est pas grave ma puce de toutes façons... Rien n'est grave quand on est pute. Pas censée ressentir le mal. Pas faite pour ça, sûrement.
Malgré la douleur de ne pas pouvoir bénéficier de sa confiance, je me taisais et appris à accepter les mensonges, prétendant de ne pas voir sa détresse et de ne rien ressentir. Si ça la rendait plus heureuse, je voulais bien faire semblant d'être une petite idiote, comme elle m'appelait souvent. Mais en tout cas, je le savais.

Même si ce n'était que très lentement, nous arrivions à ramper jusqu'à notre objectif commun : Se trouver un endroit où vivre, définitivement, plutôt que de survivre, comme des nomades à squatter des bâtiments désaffectés.  

Lorsque j'atteins la puberté malgré les carences qui empêchèrent mon corps de devenir celui d'une femme, je me mis à mon tour à travailler, jonglant entre les cours que je volais à mes cousins et le travail au noir, qui consistait à laver les cadavres à la morgue. Ce qui aurait fait vomir n'importe quelle fille de mon âge ne me répugnait déjà plus.
A 13 ans déjà, je frottai la peau crasseuse des morts, avec pour seuls amis quatre murs blancs qui m'étouffaient et m'enfermaient. C'était dégoûtant au départ, et il me fallut plusieurs semaines pour m'y habituer et ravaler le vomi qui remontait le long de ma gorge. Mais il fallait quelqu'un pour le faire, sinon les proches de ces gens-là allaient être tristes en voyant à quel point la mort pouvait être laide. Personne ne se serait douté qu'une enfant travaillait là-dedans... Je savais que ce qu'ils faisaient était interdit, mais personne vraiment ne voulait toucher ces choses répugnantes, allongées sur une table froide à attendre d'être corrompues par l'air et les microbes. Je tombai malade, plusieurs fois à cause du manque de propreté des lieux, mais j'y allais tout de même. Maman avait besoin de moi, et nous étions si près du but, trop pour se montrer faible... Le rêve que nous partagions me paraissait si difficile à accomplir, alors que tant d'autres l'avaient sans faire le moindre effort ; un seul faux mouvement sur le fil et c'était fichu.

Notre espoir était aussi difficile à conserver que des grains de sable, s'écoulant entre nos doigts sans qu'on ne puisse les retenir. Maman y croyait de moins en moins, et je passais encore moins de temps à ses côtés : Déshabiller les morts, brûler les affaires inutilisables, frotter, désinfecter, frotter, désinfecter, vomir en sortant, juste entre la route et le trottoir et rentrer à la maison, le bâtiment tout cassé où personne ne va à part deux femmes paumées. Même lorsque je perdais mon travail à cause de mon âge et de la législation, ma grande taille suffisait parfois à pigeonner les plus naïfs. Certes, je n'avais aucunement les courbes d'une demoiselle, mais le maquillage appliqué sur mes lèvres et mes yeux trompaient ceux qui n'en avaient pas de bons : C'était assez simple de mentir. Mais la vie, elle, commença à en avoir ras-le-bol de retenir son souffle, et déroba donc celui de ma mère pour se divertir.

Quand j'atteignis les 15 années d'existence, après avoir passé les deux dernières à danser et chanter dans les rues quand je ne pouvais pas laver les macchabées, maman tomba malade. Pas une maladie comme le rhume ou la toux, non, quelque chose de plus grave, qu'un homme lui avait offert comme on aurait donné une rose, avec seulement les épines. Même l'Homme le plus fort au monde n'aurait rien pu contre ça ; alors même si elle était courageuse, son corps ne suivit plus et elle dût s'arrêter, définitivement. Les gens riches avaient des médicaments pour ce genre de maladies, mais ce n'était pas pareil pour les gens comme nous, les vers qui grouillent dans le ventre pourri de la terre.
C'était déjà foutu pour elle.

On partit alors vivre chez ma tante, mais je refusai d'y rester : Si maman n'était plus assez forte, alors j'allais le devenir encore plus. Je pouvais continuer à me battre pour deux jusqu'à ce que notre rêve n'en soit plus un : J'en fis la promesse et repris le travail à la morgue quand l'opportunité se présenta. Mais la roue du destin se mit brusquement en branle et apparut au beau milieu de la ville où nous avions fui, plantée au sol par des pics et érigée droit vers le ciel comme un don des dieux. Le cirque. Je m'y rendis avec mes cousins qui fronçaient le nez à chaque fois qu'ils avaient à me supporter, moi et mes relents de cadavre, mais je n'en avais rien à foutre. Eux me dégoûtaient bien plus que ce que je devais nettoyer tous les jours, même lorsque les organes lâchaient et qu'il fallait les dépêtre de leurs excréments. C'pour dire.
Mais ils étaient sympas, car du fait de mon genre féminin et de ma pauvreté, mon billet sortait comme par magie de leurs poches et retombait délicatement dans ma main. Être une pauvresse n'avait pas que des défauts.

Ce que je vis en revanche lorsque je m'assis sur l'un des sièges pour regarder la scène chamboula toute la vision que j'avais de la vie. C'était de la magie pure et simple, et j'applaudissais en chœur à chaque numéro terminé, criant avec les enfants pour en voir un nouveau. J'en oubliais même qui j'étais, m'imaginant à la place de ces belles femmes en costumes couverts de paillettes qui illuminaient le coeur de chacun de par leurs pirouettes élégantes et leur beauté aimée de tous. Lorsque vint le tour du lanceur de couteaux, l’entrebâillement de la porte s'ouvrit un peu plus et je vis au loin une petite lueur traverser le long couloir sombre de ma vie. Je fus choisie parmi la foule pour seconder cet homme qui, malgré ma peur m'incita à me placer contre un mur alors qu'il jetait non loin de moi les lames qui frôlaient ma peau. J'étais paralysée par l'effroi, mais l'excitation remplaça rapidement cette sensation : C'était tout bonnement géant, d'être applaudie aux côtés d'un professionnel. Certes, je ne brillais pas comme eux, mais pour la première fois de mon existence, les gens me regardaient avec le sourire aux lèvres.
La pitié n'existait plus dans ce monde que j'avais crée cette nuit-là, on me félicitait pour mon courage, on disait bravo à l'enfant de putain qui n'avait pas d'avenir. On me félicitait, moi... Moi !... Ce jour-là fut le premier où je pleurai de bonheur. J'étais enfin "quelqu'un".

Cette émotion ne fut pas esquivée par le regard de mon partenaire, qui me demanda de venir à sa loge après cet acte. Bien sûr, l'éducation spartiate de ma mère me poussa en un premier temps à baragouiner des excuses pour ne pas y aller, mais je laissai vite tomber tant l'envie de recommencer me secouait le coeur. J'y allai donc sans plus réfléchir, et ce que j'espérai me tomba comme le billet, pile entre mes doigts quand il m'expliqua qu'il avait besoin d'une coéquipière pour ses numéros. Il me parla de ces derniers, de ce qu'il fallait faire, et de ce qu'il avait vu au travers mes larmes qui malgré son air détaché, semblaient l'avoir suffisamment touché pour le troubler. J'étais prête à tout pour faire partie de ce monde, à jamais ; je ne voulais pas le quitter, pas retourner là-bas... Là-bas, il fait froid, il n'y a personne, et rien à faire, je voulais être une star et illuminer les visages comme le faisaient ces femmes-là. Avoir une autre identité que la laveuse de cadavres ou la fille de la catin syphilitique, être Gwenvael, ou peu importe le nom que je devais porter... Alors j'acceptai, sans même penser à ma mère.

Un cirque, ça ne reste jamais très longtemps au même endroit...

Ça oui, je le savais. Mais je ne voulais pas laisser passer ma seule chance de sortir de tout ça : Maman allait mourir, et je le savais trop bien pour faire semblant d'être idiote, pas cette fois, plus jamais. Je ne pensais qu'à moi, au mal que ça ne me faisait plus, quand je lui disais que j'allais partir avec le cirque. C'est de la folie, qu'elle me disait, mais oui maman, le cirque, ce n'est pas fait pour être logique ; je préfère être folle en prenant cette décision que de le devenir ici. J'allais gagner de l'argent et lui offrir sa maison, il fallait juste qu'elle tienne bon jusque là. Alors avec l'arrogance de la jeune adolescente qui croit mieux savoir que les anciens, je m'en allais, comme elle, les yeux fermés et les bras tendus pour me guider dans le noir. Je commençai au prochain spectacle, dans une autre ville. En attendant, Jude, mon partenaire m'entraîna à quelques tours, quand bien même je n'aurais rien à faire au début. J'étais une figurante, pour les premiers spectacles. Je me glissai dans la foule et il me pointait du doigt lorsqu'il lui fallait choisir sa coéquipière, ça lui économisait du temps et le rassurait...

Après tout, qui allait me pleurer s'il manquait son coup ? L'intérêt dans toute cette histoire, c'est que la société ne perdait rien d'important en cas d'erreur : Un peu en réputation, mais on pouvait toujours me mettre ça sur le dos. Pratique, la pauvresse.

Mais ce ne fut pas le cas très longtemps, car j'apprenais vite, très vite même, et avais gagné en souplesse au travers de mes danses de rue. Je pouvais donc être utile.  Au bout d'une année et demie, on m'autorisa à monter sur scène seule, pour exercer ce qu'ils appelaient la danse des rubans. Grande et fine, j'étais tout bonnement parfaite pour flotter dans les airs, enroulées dans les tissus bleus sous les regards émerveillés du public. J'obtins mon chapeau que j'accrochai à mes cheveux bourrés de paillettes puis enfilai mon costume avec l'angoisse de me planter devant tout le monde. Mais Jude était là, comme le reste de mon équipe, à m'encourager et me pousser en avant : La Baronne allait monter sur scène, et elle n'avait pas d'autres choix que d'être excellente.  Et ce fut le cas, ou du moins, je le pensais en retournant dans les coulisses. Les sourires et le silence qui pesait dans la salle m'avaient tant ravie que je voulus presque dépasser mon temps pour empiéter sur celui du prochain numéro... mais je n'avais pas été assez parfaite. On m'avait applaudie et aimée, mais mes geste manquaient encore de précision, ou alors, c'était moi qui manquais de "quelque chose".
Mais quoi ?...

Le patron du cirque en vint alors à l'idée du siècle. Il décida de mêler l'ancienne idée du cirque avec la nouvelle, mélangeant la monstruosité décriée par la foule stupide avec la beauté du spectacle ; Faire de nous des bêtes de scène, en quelques sortes, pour que notre cirque se démarque des autres et s'encre dans toutes les mémoires. Faire de nous des monstres, des bêtes difformes pointées du doigt et applaudies pour leur étrangeté – à peine des êtres humains. Jude fut percé de partout, le sourcil, le torse, la langue, et forcé à se muscler au maximum pour se montrer plus imposant et menaçant à côté de moi. La « Belle et la Bête » comme ils aimaient tant le dire. Ma langue fut fendue en deux sous anesthésie pour contraster avec l'enfant-démon, mais quelque chose était toujours à faire. Je vis alors reluire dans leurs yeux la lumière du génie, tandis que Jude vint doucement caresser mon dos. La femme aux rubans... allait en arborer de magnifiques là, juste là, sur cette chair constamment nue. C'est de là que j'obtins mon corset et mes piercings, incrustés dans ma peau à la dure, avec les moyens du bord. Le coup de la langue était déjà trop coûteux... et Jude avait réussi à le supporter, alors pourquoi pas moi ? J'allais rester forte pour le groupe, grinçant les dents à chaque fois que l'aiguille se plantait en moi. Je n'avais pas mal. Ou du moins, je ne devais pas avoir mal.

Au départ, le résultat choqua, à tel point que tout le monde parlait de nous en ressortant du chapiteau. Nous étions des petits monstres, ou au mieux des fous masochistes, mais nous étions toujours quelque chose. Le patron était ravi, et c'était la seule chose dont nous avions besoin. Qu'aurions-nous été sans lui ? De pauvres ratés, tendant la main vers la masse aveugle et sourde aux appels des plus démunis. Au fil du temps, Jude et moi devenions inséparables, il demandait à venir avec moi à chaque fois, à participer au spectacle des rubans mais on le lui refusait : C'était à La Baronne, lui avait son numéro où il avait certes besoin de moi, mais le mien ne nécessitait pas deux personnes. Cependant, au fil des années, son affection à mon égard muta en agressivité. Personne ne pouvait m'approcher, mes tenues devenaient trop courtes ; non, pas celle-ci, elle moule trop, pourquoi pas ce costume ? Comment ça, il est pas pour les femmes ? Bah tant pis, non ?
Non ? Bon.

Il devenait agaçant, autant pour l'équipe que pour moi. Je ne voulais pas de ses sentiments, il pouvait se les ravaler, moi, je ne l'aimais pas – pas comme un homme, du moins, mais comme un frère. Un double. N'appartenir à personne, avancer toute seule... Je savais déjà tout ça, maman me l'avait appris : Je me devais d'être une louve solitaire moi aussi, si je désirais survivre. Suicider mon cœur, en quelque sorte – même s'il ne battait déjà plus. Pourtant, je voyais dans son œil froid  l'ardent désir qu'il éprouvait pour ma pauvre âme, et son besoin constant de me rappeler que malgré mes poignets nus en apparence, les chaînes étaient bel et bien posées sur chacun de mes membres... je le trompais sans même être avec lui, rien qu'en regardant la foule lors de mes danses. Quel homme idiot. J'en parlai avec l'équipe, mais tous me conseillèrent de l'éviter, ces derniers-temps, Jude n'a pas l'air de plaisanter, il a une lueur mauvaise dans la prunelle quand il te regarde... Il a changé, le Jude, il fait peur, qu'ils disaient. Plus pareil, la folie du cirque l'a pris et ne le lâchait plus. Moi je le voyais très bien, il n'était plus le jeune homme qui avait été touché par mes larmes. Mais je lui devais aussi beaucoup. Mais il me reprit aussi énormément en retour, le jour où je vins dans sa loge pour mettre les choses au clair avec lui.

Il s'était mis en colère, quand je lui ai dit que ses sentiments n'étaient pas réciproques. Il me plaqua contre le mur branlant et commença à hurler comme un enragé, les yeux injectés de sang et le poing tremblant, prêt à l'abattre contre ma chair : Comment ça, t'es toujours en train de me sourire, de me coller, de me montrer tes robes pour savoir si tu es belle dedans, je t'ai sauvée de la rue et de ta vie de merde, et c'est comme ça que tu me remercies ? En m'envoyant paître ? Mais t'es complètement malade ma pauvre, ça marche pas comme ça... Tu vas voir, tu vas vite changer d'avis...
Et arrête de gueuler, petite pute...

La Baronne était devenue la femme qui l'avait engendrée, de par la bouche de celui qui l'avait sauvée. Puis plus rien, noir complet. Mes yeux se sont fermés et je me suis tuée intérieurement pour ne pas avoir à vivre cela... je ne criais plus, ne respirais presque plus – je mourrai un peu plus à chaque seconde qui s'écoulait. C'était donc ça, le vrai visage d'un homme amoureux ? J'avais envie de vomir, comme lorsque je devais laver les cadavres  ; je ne voulais pas de lui, pas être touchée par qui que ce soit... je n'aimais pas les hommes, non je n'aimais rien ni personne, alors pourquoi me faire ça ?... Pourquoi à moi ? Qu'est-ce que je lui avais fait ? … Il profita de moi tel que l'on profiterait d'un bon vieux steak puis me laissa partir de sa cabine, ne réalisant pas encore ce qui m'était arrivée. Pour la première fois depuis le début de ce rêve, je voulais partir, partir voir ma mère. C'était donc ça, qu'elle ressentait après son travail... cette souillure dégoûtante... ? Je partis vomir derrière le chapiteau puis pleurer au patron ce qui m'était arrivé. Je ne voulais plus avoir à travailler avec lui...

Maman...
J'ai peur. J'ai peur de cet homme trop grand, de cet homme trop fort et trop fou qui me fait du mal. J'ai mal au ventre, mal au dos, mal au cœur, au cœur... je veux rentrer. Non, non, mieux, je veux mourir.

Je comprends Gwen, c'est extrêmement grave ce qu'il t'a fait, mais... mais le cirque a besoin de lui, je ne peux pas le virer comme ça... Il se trouvera une autre assistante, si tu veux... Si tu veux des vacances, tu peux les prendre, oui... mais ne dis rien à personne je t'en supplie... ! Si on apprend qu'un de mes employés est un v... vio... un... pervers, je risque beaucoup... enfin, ON risque beaucoup !

Je sentis les larmes me monter aux yeux, mais je ne pleurai pas. La situation me paraissait tellement grotesque, tellement absurde que je ne parvenais même plus à suivre. Qu'est-ce qui était en train de se passer ? C'était extrêmement grave - mais pas assez pour qu'on le jette du cirque ? L'équipe sut évidemment ce qu'il m'avait fait, et ce fut la panique générale sous le chapiteau. Mes amis voulaient aller lui en toucher deux mots, mais le patron surveillait tous nos faits et gestes. On ne cogne pas la marchandise, non. Ce n'est pas suffisamment magique pour le cirque, 'faudrait plus de paillettes, de confettis, peut-être même un clown dans le coin pour rendre la scène amusante... Le cirque était ainsi. L'intérêt s'avérait juste d'exposer un beau rôle une fois exposé aux lumières de la scène, car après tout, qui se préoccupait donc de ce qu'il y a sous le rideau ? Qui s'intéressait au clown au maquillage coulant, celui qui se regardait en pleurant dans la glace de sa loge, avec sa perruque rouge glissant de son crâne dégarni pour finalement tomber sur le sol ? Personne. Pas même moi, nous étions tous tellement enfoncés dans la merde que l'envie manquait souvent de baisser la tête pour voir qui se trouvait en dessous. Bref. Certains en revanche, m'accusèrent de l'avoir volontairement "allumé" pour ensuite me rétracter au dernier instant, comme le témoignait Jude. Après tout, tout le monde savait que les enfants de putains le tournaient aussi à leur tour, qu'il disait, c'était bien connu, qu'il disait. Il parlait beaucoup. Sans l'once d'un remord, il déballait tout ce qu'il savait de moi, de ces choses que je lui avais conté quand nous étions encore un frère et une sœur. J'étais folle de rage...  - comment osait-il ?  Au fur et à mesure, les choses empirèrent, et je compris vite que pour avoir enfin la paix, il fallait qu'un de nous deux s'en aille, et je refusai que ce soit moi. Alors je planifiai un petit tour, auquel il ne s'attendit pas...

Mon coeur ne pouvait être encore plus brisé, tout comme mon corps ne pouvait être encore plus souillé... Ce meurtre était tout ce qui me restait de ma vertu perdue, envolée. Volée. Cette traînée rougeâtre témoignait de la brûlure qui me dévorait de l'intérieur, de cette haine et de cette douleur qui me ravageaient, me tordaient. Je devenais folle à lier. Il devait mourir, ou alors c'était moi qui allais être tuée.

Je connaissais tout de lui. Son emploi du temps, l'heure à laquelle il finissait, commençait ses entraînements – ses penchants et ses répulsions. Jude avait plusieurs numéros à accomplir : Lancer de couteaux, jonglerie, sur le sol et dans l'air, sur un fil d'équilibriste. Or, cet idiot du haut de son arrogance, refusait toute aide extérieure qu'elle fut humaine ou non ; pas de filet ni de personnes en dessous, juste lui, pour faire sa petite starlette. Ce fut le début de sa future déchéance. Il allait briller, ah ! Ce qu'il allait briller...
Je limai sa corde avant même qu'on installe le terrain, la fragilisant sans la rompre pour qu'on ne la change pas, puis le laissai vagabonder dans mon champ de vision avec un petit sourire aux lèvres. Lui aussi me souriait, laissait glisser son regard sur mes courbes telles des mains putrides et obscènes, mais je ne disais rien : Je gardais mon masque. Il était d'un blanc éclatant, et personne ne comprit mon comportement en un premier temps. Je n'étais pas une "petite pute", j'étais plus que ça, plus que lui. Et j'allais le lui montrer. L'empoisonnement me faisait de l'oeil malgré tout, car je connaissais bien les effets de certaines plantes sur l'organisme humain, mais à défaut d'avoir trouvé les ingrédients assez vite, je préférai l'humilier lors de son spectacle, et montrer sa laideur à tous. La laideur de la mort – le crâne fracassé, la langue pendante et bleutée laissant s'écouler l'épais filet rouge. Son vrai visage...

Il se rompit le cou sous les yeux médusés des spectateurs, et bien évidemment, je fus directement accusée. Mais je m'en foutais – oh, ils pouvaient parler, me juger ! Où étaient-ils quand je les suppliai ? Il s'était imposé en moi comme le cintre s'imposa comme seule issue de ce cauchemar, alors je lui ôtai la vie. Un monstre comme lui... non, il ne devait pas vivre, il n'en avait pas le droit.  Je quittai le cirque ce jour-ci, voyant que je n'étais plus faite pour demeurer dans ce monde de fous, en emportant (volant) avec moi certains animaux que je considérai comme mal traités par l'équipe. De toutes façons, j'étais trop vieille pour cette magie enfantine... J'avais 23 ans, tout de même... Lorsque je me mirais dans mon miroir de poche, je n'y voyais plus la gamine qui avait rejoint cet univers sur un coup de tête. J'y voyais des cernes violacées, creusées, un regard éteint et une peau blanche comme du lait, laquelle affichant des hématomes bleuâtres infligés la veille de par ses propres poings. Se battre soi-même pour ne plus ressentir la douleur morale, se tailler, se couper sans jamais mourir – fermer les yeux et se retrouver dans le noir ferait trop peur. Malgré tout, j'aurais souhaité demeurer dans le cirque, pour me perdre de nouveau dans sa folie. Jude était mort, il l'avait mérité, comme plein d'autres que la justice oubliait : Il ne fut pas le seul, pas le seul à m'avoir fait du mal, différemment, d'une autre manière, mais ils finissaient tous pareillement. Il fallait peut-être rompre leur corde, à eux aussi. Ou leur en attacher une. Je n'avais pas encore vu que j'étais devenue folle, moi aussi.

Je rentrai voir maman. Elle était déjà morte maman, presque dix ans quand on est malade, c'est long, c'est difficile, c'est pour ça que les lettres ne me parvenaient plus, mais je n'en étais pas triste. Elle pouvait enfin se reposer après avoir autant souffert. J'avais voulu rentrer plusieurs fois, mais j'étais toujours trop loin, ou trop occupée. A quoi bon ? Elle n'allait pas revenir, et je ne pouvais pas pleurer contre son épaule en lui disant que j'étais désolée pour l'avoir quittée alors qu'elle avait besoin de moi. Je ne pouvais plus me caler contre sa poitrine, ne pouvais pas lui dire « Maman, on m'a fait du mal, oh maman, je leur en ai fait bien plus... ». J'avais enfin l'argent pour lui payer une jolie maison...
Je l'usai pour lui offrir une sépulture digne de ce nom, même si c'était un peu tard. Plus tard, quand je mourrais, je la rejoindrais pour accomplir son rêve et qu'on vive enfin sous un "toit", ma promesse n'était pas entièrement morte. Tout comme moi...

Avec l'argent qui me restait, je repris mes études afin d'obtenir un diplôme de ce pour quoi j'étais la meilleure : Les cadavres. Les phobies qui me rongent aujourd'hui naquirent durant cette période : Les hommes me faisaient peur, surtout ceux qui me regardaient comme le faisait Jude. Instinctivement, je m'armais de tout ce qui pouvait me servir ; fourchettes, couteaux, foulard, spray à poivre, seringues, poisons... Mon ombrelle de scène fut fendue en deux, et je l'envoyai chez un expert pour la changer en arme ; je pouvais ôter le manche emboîté pour m'en servir de poignard, "au cas où". Ma paranoïa m'aidait à vivre, tout comme elle m'empêchait de le faire sereinement. Je me sais malade, folle à en cracher, en vomir - les rouages sous mon crâne ne tournent plus très très bien, mais tout va bien. Il le faut, après tout... que tout aille bien.

Les deux années passées, suivies de plusieurs entraînements, je piquai un peu d'argent à ma tante endeuillée et touchée par mon envie de vivre malgré la douleur qu'on m'avait infligée, puis décidai de m'en aller ailleurs, là où l'on aurait besoin de moi. Un endroit où les morts étaient nombreuses, et les thanatopracteurs largement réclamés...

Et mon choix tombe sur... Un-deux-trois-ce-sera-toi-que-je-choisirai... hm... au-bout-de-trois-Que-der-la !~ ♫

 


Et en vrai ?

{Euh... Capoué ?}

PRÉNOM/SURNOM : Juliette, Joul ou Juju.
ÂGE :  18 balais. (et toutes mes dents)
COMMENT ETES-VOUS ARRIVÉ ICI : Triple-compte~. (Volkh'/Gaea)
UN COMMENTAIRE ? UNE IDÉE ? : Nein.
LE CODE DU RÈGLEMENT : Ok by Kira


Dernière édition par Gwenvael Divasklet le Sam 4 Oct - 23:04, édité 2 fois
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Kira SerykMessages : 3069
Date d'inscription : 15/08/2012


MessageSujet: Re: Là où reposent les morts résonne encore la voix de leur dulcinée...[Gwenvael Divasklet]    Mer 1 Oct - 21:48

Alors toi, on ne t'arrête plus Razz
Re-Re-Bienvenue parmi nous :3

*va te voir enfin jouer une fille*




Je vous grogne dessus en darkblue.







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MessageSujet: Re: Là où reposent les morts résonne encore la voix de leur dulcinée...[Gwenvael Divasklet]    Mer 1 Oct - 22:10

Re-Bienvenue
J'espère que tu me harcèleras moins sous ce compte ^^
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MessageSujet: Re: Là où reposent les morts résonne encore la voix de leur dulcinée...[Gwenvael Divasklet]    Mer 1 Oct - 22:16

Merci, merci :3
Aha, c'est toi qui ne peux plus te passer de Gaea. L'as-ci, l'as-ça... il est ouvert aux garçons aussi, le monsieur, n'aies pas peur de te lancer~. 8D
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MessageSujet: Re: Là où reposent les morts résonne encore la voix de leur dulcinée...[Gwenvael Divasklet]    Mer 1 Oct - 22:25

Ah non désolé, pas sûr que ça fasse plaisir à Bloodyne que je fasse du charme à l'As ^^
Et puis c'est mieux si je me fais désirer ^^
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MessageSujet: Re: Là où reposent les morts résonne encore la voix de leur dulcinée...[Gwenvael Divasklet]    Jeu 2 Oct - 17:50

Reeeeeebienvenue alors ! Elle est jolie la madame bleue.

C'est mignon, on parlait un peu des thanatopractriciens en cours hier xD
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Kira SerykMessages : 3069
Date d'inscription : 15/08/2012


MessageSujet: Re: Là où reposent les morts résonne encore la voix de leur dulcinée...[Gwenvael Divasklet]    Dim 5 Oct - 14:01

Bon aller, z'ai tout lu :D (oui oui 8D) et je t'annonce que tu es validée !




Je vous grogne dessus en darkblue.







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MessageSujet: Re: Là où reposent les morts résonne encore la voix de leur dulcinée...[Gwenvael Divasklet]    Dim 5 Oct - 15:10

Je te crois Kiki, je te crois... e__e
En attendant... *prend une grande inspiration*


YIPPIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !~


Meurchi~.
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MessageSujet: Re: Là où reposent les morts résonne encore la voix de leur dulcinée...[Gwenvael Divasklet]    

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Là où reposent les morts résonne encore la voix de leur dulcinée...[Gwenvael Divasklet]
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