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 Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss]

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MessageSujet: Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss]   Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss] EmptyJeu 18 Fév - 15:53

Porteur de mauvaises nouvelles
Qui aurait cru que mon bureau deviendrait un tel moulin dans lequel ça circule à tout bout de champ ? Quand je ne réunis pas les différentes équipes de la semaine pour les briefer ou arranger les heures, ce sont des petits merdeux connus et reconnus sur lesquels je dois gueuler une fois de plus pour qu'ils cessent de dévaliser les magasins, pour deux paires de pompes et des vêtements de marque. Bon, au moins cela m'oblige à ne pas rester le cul vissé dans un fauteuil toute la journée, ce qui m'aurait insupporté davantage je l'avoue. Néanmoins, au milieu de ces allers et venus quotidiens, j'avais pu recevoir la visite surprise de la petite amie de Kenji, puisqu'elle faisait son shopping au centre commercial, pour m'interroger justement sur lui. Il ne lui aurait manifestement donné aucune nouvelle depuis deux jours, et ne répondait pas chez lui. Un brin excessif comme raison de se faire du souci, mais je promis malgré tout à la jeune fille de vérifier tout ça pour elle à la fin de ma journée, à l'occasion d'un détour dans les quartiers résidentiels pour passer à son appartement avant de rentrer. Allez savoir, peut-être que les choses ne vont pas si bien entre eux ces derniers temps, en dépit des dires de sa copine, et qu'il faisait simplement le mort en attendant que la situation se résolve d'elle-même. Putain... ce que j'ai horreur d'employer ce genre d'expressions quand elles ont tendance à se concrétiser.

Rien que le fait de faire face à la porte verrouillée de l'appartement du petit m'avait laissé une mauvaise impression, dans la mesure où certaines odeurs particulières ont commencé à remonter pendant que je sonnais et tapais pour manifester ma présence. Plus le temps passe en me faisant ignorer, au plus ces émanations m'interpellent, au point de prendre un peu de recul afin d'envoyer un coup de pied dans la porte. Au pire je lui réparerai tout ça si je me suis emballé pour rien, et bordel j'espère que c'est ce que je suis en train de faire. L'accès cède avec sa serrure et m'offre un bref aperçu de la pièce principale à la volée avant de se refermer légèrement, mais j'en ai déjà trop vu. Poussant la porte grinçante, la lumière du couloir s'infiltre progressivement à l'intérieur pour illuminer un corps allongé par terre, annoncé d'avance par une forte odeur ferrique qui avait fini par embaumer tout le logis. Après avoir parcouru le mur à tâtons pour trouver l'interrupteur, je viens rapidement m'accroupir près de Kenji, deux doigts placés sur son cou sans réellement croire que j'y trouverai le moindre pouls.

Merde... je reste con plusieurs secondes au-dessus de lui avant de parvenir à bouger, pour me remettre debout et aller refermer la porte d'entrée dans un premier temps, ou du moins la rabattre histoire d'éviter d'attirer l'attention. On dirait que personne n'a rien remarqué dans l'immeuble, certainement lié à l'absence de traces de lutte ici, hormis une chaise renversée. Qui que ce soit qui l'ait attaqué, tout s'est passé très vite, trop vite pour que le gamin puisse se défendre. Les taches de sang dessinées sur son t-shirt comme des points de ponction m'obligent à revenir vers lui pour les regarder de plus près, soulevant le tissu dans l'espoir de déterminer l'arme utilisée. Malheureusement, il faudrait des moyens dont je ne dispose pas pour se prononcer sur les causes de sa mort. À défaut de pouvoir enquêter de ce côté-là, j'occupe les minutes suivantes à passer l'endroit au peigne fin, et ne trouve rien de plus louche qu'un long cheveu blanc par terre, toute odeur suspecte s'étant largement évanouie depuis les faits. Et n'étant pas une machine d'analyse ADN ambulante, je ne peux que le conserver dans mon portefeuille en attendant de pouvoir en tirer quelque chose. Il faudrait contacter la police, qui saura réunir plus d'informations que moi sur toutes les circonstances. Mais avant cela, je dois surtout mettre Laelyss au courant.

Ma boule au ventre ne fait que s'accentuer à cette pensée, ridiculement faible comparée à la douleur que la nouvelle lui infligera. Après m'être assuré une dernière fois de ne rien avoir laissé de probant derrière moi, je force sur la porte pour la refermer dans son cadre puis m'empresse de rentrer à la maison. Du moins c'est ce que font mes jambes, car mon esprit est encore coincé dans cette pièce, à méditer sur ce qui était pourtant bel et bien arrivé, et plus particulièrement sur la manière dont je pourrai annoncer la chose à Lys. C'est essoufflé que je passe le petit portail du jardin pour arriver à la porte, cependant ma main se bloque sur la poignée au moment de l'enclencher. Je ne sais pas comme lui dire ça. Ou plutôt je ne veux pas, mais ce n'est pas quelque chose que je peux lui cacher. Et quoi qu'il arrive, je pense qu'il vaut mieux qu'elle l'apprenne de ma part plutôt que d'aller déclarer le corps au commissariat. Prenant une profonde inspiration, je m'oblige enfin à baisser la poignée et à pousser la porte. Sans dire un mot, je ne réponds même pas à l'accueil de Laelyss depuis la cuisine où elle s'active. La porte claque dans mon dos tandis que je la regarde se déplacer d'une préparation à l'autre, insouciante de ce que j'ai à lui dire, sauf si le sang séché sur mes mains suffit à l'interloquer. Chaque pas m'amenant vers elle pèse lourd, sans parler de ma bouche qui semble subitement manquer de salive lorsque je cherche à l'interpeller. Je finis donc par attraper son bras au moment où elle passe devant moi pour l'empêcher de reprendre la cuisine, peinant à dissimuler ma mine de six pieds de long.

« Lys... il faut que je te parle. Viens t'asseoir. »

Il vaudrait mieux qu'elle soit bien assise pour encaisser la nouvelle. Sans doute mon air grave avait suffit à la convaincre de se détourner des fourneaux, et je l'amène s'asseoir avec moi sur le canapé. Sa main dans la mienne, j'ai l'impression de devoir encore réfléchir des heures à la formulation, tout ce qui pourrait retarder l'échéance serait volontiers à prendre. Sauf que rien ne me viendra en aide à ce moment-là, alors je la regarde dans les yeux en lui parlant doucement, comme pour ne pas la brusquer avec mes paroles:

« Il n'y a aucune bonne façon de le dire. Je suis sincèrement désolé d'avoir à te l'apprendre, mais... je suis passé chez Kenji à l'instant, et je l'ai retrouvé mort. »
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Laelyss Hamilton

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MessageSujet: Re: Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss]   Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss] EmptyMar 23 Fév - 11:40


I want you to stay


B
ref, après avoir passé une dure journée à bataillé avec quelque client peu aimable dont je me suis débarrassé avec une si grande délicatesse, je me suis empressé de rentrer à la maison. Fatiguée, certes, mais il fallait bien que quelqu’un s’active à préparer à manger, puisqu’il semble que j’étais la première arrivée, mais avant ça, c’est Twister qui a droit à sa petite promenade du soir. Comme si celui-ci avait entendu mes pensées, il me fixe en agitant la queue gaiment, prêt à mettre le nez dehors après une longue journée à garder la maison des voleurs. Une fois la laisse autour du cou et un pied dehors, nous faisons le tour de deux trois maisons, gentiment. Saluant quelque voisin au passage qui pour certains font de même, d’autre qui rentre chez eux, ou bien à la place d’un chien se sont des poucettes qu’ils promènent. Cela me fait réfléchir à ce qui passe ces derniers temps. C’est étrange, même si cela fait un moment maintenant, je ne me suis toujours pas faite à l’idée que nous ne sommes plus que deux à la maison. Maintenant qu’il a sa petite amie, son petit travail et son appartement, ce n’est plus la peine de rester dans le dos de maman. Pourtant, je n’aurais pas dit non. Mise à part le chien qui me fait la fête tous les soirs et Big, ne plus voir une petite masse de cheveux dépasser du canapé accroché à un corps étalé sur celui-ci me manque un peu. Mais, personne n’a envie de rester chez sa mère jusqu’à la fin de sa vie. Après avoir fait le chemin inverse au bout d’une dizaine de minutes, je laisse le chien s’amuser dans le jardin, tant dit que je m’en vais préparer à manger.

La tête dans la cuisine à fredonner gaiment. J’entends la porte d’entrée s’enclencher. Sans pour autant relever les yeux de la sauce tomate qui peine à cuire, je le salue brièvement « Bonsoir chéri » sachant qu’il ne peut s’agir que de lui à une heure pareille, tournant encore et encore la spatule en bois dans la casserole comme l’exige la recette. Puis, j’enchaîne quelque aller et retour entre celle-ci et le comptoir derrière moi, rajoutant au fur et à mesure les légumes si durement coupés en petits morceaux, c’est ça de vouloir faire sa soupe maison. J’allais partir à la conquête des assaisonnements, quand la main de Big m’attrape au passage et m’oblige à me stopper dans toutes mes actions. Je le regarde en souriant sans vraiment comprendre ce qui passe, il a quelque chose dans les yeux qui me coupent toute envie de sourire, comme si une mauvaise nouvelle planant sur nos têtes, aller nous tomber dessus sans prévenir. Je le suis donc sur le canapé sans un mot, sagement. Plus je le fixe, et, plus je ne sais pas si je dois commencer à avoir peur ou non, son silence est pesant. Je ne tiens pas à le brusquer dans ce qu’il a me dire, mais l’attente me semble tellement longue que j’ai l’impression de vieillir sur place, est-ce qu’il faut que je m’inquiète où non ? Quand je vois enfin ses lèvres bouger après ce qui me semble être une attente interminable, je retiens ma respiration pour l’écouter attentivement…

♪ I have lost myself again
Lost myself and I am nowhere to be found
Yeah, I think that I might break
Lost myself again and I feel unsafe ♪

Je reste là à le regarder.
Je ne bronche pas.
Je ne parle pas.
Je crois même que mon cœur à manquer un battement.

Ses mots, malgré qu’il tourne encore et encore dans mon esprit, n’ont aucun sens. Est-ce que je rêve ? Si je rêve, c’est un cauchemar. Est-ce que je sombre ? Si c’est le cas… je ne me relève pas. Les secondes, les minutes passent, mais rien n’y fait. Je suis muette comme une tombe et mes yeux n’ont pas quitter les siens. Comme s’ils allaient me donner les réponses aux questions qui se bousculent sans cesse dans mon esprit. Mais il n’y a rien. Je baisse les yeux, sur ses mains ensanglantées, c’est comme si je me prenais un électro-choque. Lèvres tremblantes, je bégaie quelques mots avec grande difficulté :

N-n-n-on… Non ! Tu te trompes ! Ce n’est pas… Il n’est pas… Tu… N-non !

Le visage qui se durcir violemment, je lâche sa main qui tenaient la mienne reculant comme s’il avait attrapé la peste subitement, puis me lève d’un bon sans plus attendre balançant mon tablier en plein dans sa figure avant de m’empresser de quitter la pièce sans rajouter un mot de plus. Je ne peux pas et je ne veux pas y croire, pourtant cela n’empêche pas de ressentir une horrible douleur. Juste-là. Un trou, c’est former et s’agrandit de seconde en seconde. Surplomber d’une boule au ventre. Il se trompe. C’est obliger, il doit se tromper. Les choses se sont peut-être trop vite déroulé pour qu’ils les comprennent comme il se doit et interprète mal la chose, alors il sait empressée de venir me prévenir. Je tente vainement de me convaincre avec sa tant dit que je dévale les marches pour me rendre à l’étage, mais rien à faire. Je ne pourrais jamais admettre que ce soit une éventualité. J’entre dans notre chambre en trombe une fois en haut, et me dépêche de sortir un vieux sac noir de dessous du lit que je pose dessus. Les mains tremblantes, je n’arrive pas à ouvrir la fermeture éclair pourtant simple de celui-ci, alors je m’acharne contre, quitte à m’écorcher le doigt à plusieurs reprises parce que je n’arrive pas à me concentrer correctement. Je m’énerve à moitié contre moi-même au final.

Putain de fermeture de merde ! Et toi la ferme, je ne veux pas t’entendre ! Je t’interdis de dire qu’il est… Il n’est pas… La ferme... La FERME !

Je ne sais pas s’il m’a réellement dit quelque chose, ou si j’ai simplement anticipé une remarque alors que je le vois du coin de l’œil dans l’encadrement de la porte. Je relève d’ailleurs la tête pour le fixer et le foudroyer comme jamais des yeux. Je ne tiens pas à l’entendre. En réalité, je ne tiens pas à entendre qui que ce soit qui me dirait ce qu’aucune mère au monde n’a envie d’apprendre un jour. Je sens que la fermeture cède enfin et je n’en perds pas une seconde pour commencer à en sortir toutes sortent de lames en tous genre que j’avais planquer-là. Comme décider à partir à la bataille, peu importe ce qu’il dira ou fera, cela ne changera pas. Sauf que, je m’arrête subitement quand la photo de Kenji posé sur la table de chevet entre dans mon champ de vision. Je la regarde longuement, en tentant de me souvenir de quand elle date. Je m’approche de celle-ci oubliant ce que j’avais envie de faire deux secondes avant. La prenant entre mes mains, je caresse les contours de son visage, son sourire de grand gamin. Elle date de l’été dernier et pourtant, j’ai l’impression que c’était hier que nous étions tous ensemble a pique-niqué gaiment sur la plage. Il est heureux et il n’a absolument rien qui ne pourrait gâcher ça.

Rien mise à part la mort.

Cette photo qui parait si parfaite, me semble d’un coup beaucoup trop lointain. La réalité que je souhaite si durement ignorer, me rattrape avec violence. Les mains m’enlaçant moi-même, j’ai mal partout, à la tête, au ventre, à la poitrine. Bordel ce que c’est affreusement douloureux. J’explose de l’intérieur et je ne le retiens pas, j’explose aussi de l’extérieur, balançant la photo brutalement à l’autre bout de la pièce. Et si seulement je m’arrêter-là… Tout y passe. Tout ce qui trouve à porter de main s’écrase, au sol, contre le mur.

Tout se brise, tant dit que moi, je m’effondre.

Je ne pleure pas.
Les larmes n’existent pas.
Elle ne souhaite pas couler.
Ce n’est que la rage qui s’exprime.



Elle te parle en Brown

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Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss] -XoIUmuE5TkYuCFs1-XAHGdFZb8Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss] Zm9oyxG
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MessageSujet: Re: Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss]   Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss] EmptyMer 24 Fév - 18:25

Porteur de mauvaises nouvelles
Les mots tombent enfin, et je la sens progressivement se raidir sous ma main. Son visage se décompose à cette terrible nouvelle en me pinçant le cœur, tant il m'était impossible d'envisager un jour la voir comme ça, à la fois choquée et triste au point de ne pas trouver la force de répondre quoi que ce soit. Qu'est-ce qu'on peut bien trouver à répliquer face à la perte d'un enfant ? Je crois qu'aucun mot ne peut être à la hauteur de ce qu'on doit éprouver à ce moment-là. Son regard me quitte pour descendre sur les taches de sang qui recouvrent mes mains et la font tressaillir à leur vue. J'aurais dû me les passer sous l'eau avant de partir, mais cela m'était complètement sorti de la tête et ce jusqu'à ce que j'enclenche la poignée de la porte. Quel abruti de lui faire voir ça... comme réaction défensive, elle s'oppose dans un balbutiement à ce que je viens de lui dire, comme s'il s'agissait d'une décision que l'on pouvait refuser. Sa main fuit l'emprise de la mienne et vient arracher le tablier qu'elle portrait pour me l'envoyer au visage, puisque je suis en l'occurrence le premier sur qui elle peut défouler ses sentiments. Alors que son déni lui fait déjà prendre la fuite, je me lève à mon tour du canapé pour la suivre des yeux dans un premier temps, au cas où elle aurait en tête de sortir de la maison pour se rendre chez Kenji et voir d'elle-même de quoi il en retourne. Au lieu de ça, elle emprunte les escaliers pour se rendre à l'étage, et je m'empresse de la suivre. Hors de question de la quitter une seconde des yeux ou de la laisser seule dans son état, sans savoir de quoi elle serait capable. C'est dans la chambre à coucher que je l'entends faire du remue-ménage, alors que je l'aperçois en train de s'acharner sur la fermeture d'un sac posé sur le lit.

« Putain de fermeture de merde ! Et toi la ferme, je ne veux pas t’entendre ! Je t’interdis de dire qu’il est… Il n’est pas… La ferme... La FERME ! »

Pas eu le temps d'ouvrir seulement la bouche, je suis aussitôt réduit au silence par le regard furieux qu'elle me lance. La main perdue dans mes cheveux, j'essaye de comprendre ce qu'elle envisage de faire avec toutes ces armes qu'elle sort les unes après les autres de son bagage. La nouvelle est tout bonnement impossible à encaisser, mais de là à s'armer jusqu'aux dents, alors qu'on ne sait pas encore qui blâmer pour ce meurtre ? J'aimerais pouvoir lui dire que je dispose d'assez de pistes pour lui offrir un coupable, et la laisser panser ses douleurs en les faisant goûter à ce sac à merde qui avait tué Kenji, mais ce n'est malheureusement pas le cas à l'heure actuelle. Le tri de ses lames est cependant interrompu par la vision du cadre photo sur la table de chevet de son côté, qu'elle observe longuement comme pour la dernière fois de sa vie. Difficile de se dire qu'il ne reste plus que les photographies pour se souvenir de lui, au lieu de lui rendre visite ou de l'inviter à venir passer quelques jours à la maison comme on le faisait auparavant. Puis subitement, le cadre est jeté avec force contre le mur, au même titre que le reste des affaires disposées sur le meuble. En un rien de temps, tout ce qui a le malheur de lui passer sous la main valse de la même manière, dans un bruit de fracas ininterrompu qui me force à rentrer en levant la voix.

« Arrête. Lys, je t'ai dit "ARRÊTE" ! »

Arrivant dans son dos avant qu'elle ne retourne bientôt toute la chambre sens dessus-dessous dans un accès de rage, je retiens son bras d'envoyer un énième bibelot voler à l'autre bout de la pièce, puis lui saisis le deuxième pour essayer de la contenir un minimum. Je ne m'attendais pas à être cette fois-ci celui qui devait calmer l'autre, mais je ne peux pas non plus lui reprocher de s'énerver autant après ce qu'elle vient d'apprendre. Si ça avait été Luna, j'aurais clairement renversé tous les murs de la maison jusqu'à ce qu'il n'en reste que des ruines... Elle a beau lutter contre mon emprise, elle ne peut pas espérer rivaliser avec ma force, aussi je la ramène contre moi pour limiter au mieux ses mouvements violents. En espérant qu'elle finisse par se lasser de se débattre ainsi, à défaut de pouvoir accepter la mort de son fils, et que l'on puisse gérer cela ensemble. En attendant, j'essaye de la raisonner comme je le peux, en particulier sur l'envie qui la démangeait d'utiliser sa panoplie étalée sur le lit.

« Qu'est-ce que tu crois faire avec tes armes ? On ne sait même pas qui est derrière tout ça ! »

Pensez bien que si je tenais celui qui s'en était pris à Kenji, ce n'est pas ici mais directement chez ce salopard que je me trouverais, à lui faire regretter ce qu'il a fait. C'est sûr que ça ne me colle pas vraiment à la peau de donner des conseils sur la gestion de sa colère, mais même si je suis furieux de cette découverte, il faut bien que je m'occupe de celle qui en a le plus besoin. D'autant plus qu'à ce train-là, elle serait capable d'aller se mettre en danger dehors pour peu que je lui laisse un soupçon de liberté. Il vaut mieux donc continuer sur cette lancée d'ici à ce qu'il lui soit passé l'envie d'éclater tout ce qui l'entoure, moi y compris probablement. J'ajoute ensuite à son oreille, plus calmement:

« Je comprends ce que tu ressens, mais tu ne peux rien y faire et encore moins dans cet état alors je t'en pris, essaie de te calmer, ou tu vas finir par te blesser. »
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MessageSujet: Re: Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss]   Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss] EmptyJeu 25 Fév - 0:26

Spoiler:
 


I want you to stay


L
es objets volent. Peut m’importe ce qui se trouve dans ma main, cela s’éclate avec violence contre l’autre bout de la pièce. Je me contre-fiche de savoir ce qui se brise. Cela ne sera jamais pire que ce qui se déchire à grande vitesse en moi. De toute ma vie, je n’ai jamais ressenti autant de rage m’envahir qu’à ce moment précis. Même à la mort de père, je ne me suis jamais sentie aussi mal. Et bon sang ce que c’était horrible. J’ai envie de hurler, de pleurer, d’exploser les murs et d’implorer le bon dieu si encore, il existait. J’ai envie de me dire que ce n’est qu’un simple cauchemar et que je vais me réveiller d’une seconde à l’autre au moment où le réveil va se mettre à sonner. Que ma petite vie paisible est quasi parfaite va reprendre son cours comme à son habitude. Et qu’il sera là. Là où il se doit d’être. Auprès de moi. J’aimerais y croire. Mais c’est impossible. La réalité aussi brutale soit-elle est là, sous mes yeux. Que je veuille ou non. Mais je ne peux pas l’accepter. C’est inconcevable. Qui le pourrait ? Qui pourrait un jour accepter la perte de son enfance ? Personne ne le peut. Personne n’est réellement près à supporter ça un jour. Je me suis toujours demandais, en imaginant que cela ne m’arriverait jamais, comment des parents pourrait survivre à la mort d’un enfant. Quand ce genre d’information fessait les gros titres du journal, je m’empresser toujours de changer de page tellement que cela été pénible à lire. Personne n’aime voir ça. Mais je me demandais toujours… Comment il pouvait reprendre une vie normale après ça ? Et comment… Comment il fessait pour respirer… La douleur sert la poitrine au point d’avoir la sensation de mourir de seconde en seconde. Et je ne sais pas quoi faire pour l’arrêter. Je ne fais qu’extérioriser ma colère, car c’est tout ce que j’arrive à faire pour le moment, je ne sais pas, je n’arrive pas à réfléchir calmement. Et je crois qu’au fond, je ne veux pas.

J’allais jeter mon réveil comme tout le reste, quand la main de Big m’empoignant m’en empêche soudainement. Ne souhaitant pas l’écouter, je me débats comme une folle pour qu’il me lâche. M’arrêter ? Pourquoi faire. Est-ce que cela aller calmer ma peine ? Non. Est-ce que cela aller, le faire, revenir ? Non plus. Qu’est-ce qu’il pouvait bien faire contre ça. Rien. Absolument rien. Il n’y a malheureusement pas de remède miracle pour ce genre de sentiment. Quitte à cogner, c’est de toutes les forces dont je dispose avec lequel je compte bien m’acharner sur lui. Il est certes l’homme que j’aime, mais cela ne change pas grand-chose actuellement. Ses mots non plus d’ailleurs, auquel j’y réponds froidement sans pour autant cesser de vouloir partir de son emprise :

Je m’en fiche. Je le retrouverais ! J’abattrais tous les suspects. Alors lâche-moi !

Quitte à faire un massacre jusqu’à tomber ou remonter sur le fautif de sa mort. Je le ferais. Ce n’est pas le fait d’avoir du sang sur les mains qui m’empêchera de dormir, mais savoir qu’il est encore envie. Qu’il rôde dans les rues de Quederla paisiblement dans l’ombre, satisfait de la peine qu’il a causé. Quand j’aurais mis la main dessus cette personne connaitra le vrai sens du mot enfer et souffrance. Mais pour ça, encore, faut-il que Big me lâche. Et à mon grand désarroi, il n’est pas près de me laisser en paix. Ce que je peux comprendre dans une toute petite partie de moi-même qui tente elle aussi de me ramener à la raison. Mais c’est vain. Je n’ai aucunement l’intention d’écouter l’un ou l’autre. C’est la dernière chose au monde dont j’ai envie actuellement. Ses mots qui pourtant font de leur mieux pour m’aider, m’énervent plus qu’autre chose. Comment peut-on dire qu’on comprend la peine qu’on endure quand on ne l'a pas ressentie au moins une fois dans sa vie. Il ne saura jamais ce que ça fait. Il ne saura jamais ce qui se bataille à l’intérieur. Il fait partie de ses biens heureux qui n’ont encore rien perdu. À cette simple pensée, cela m’en rage encore plus. Et je me remets à bouger tant tous les sens. Hurlant encore et encore la demande qu’il me lâche. Mais rien y fait. Il est têtu dans son genre. À ne pas pouvoir utiliser mes mains, j’utilise mes pieds. Après l’avoir poussé en arrière de tout mon maigre poids pour qu’il perde légèrement l’équilibre, je me sers de mes pieds pour lui faire un croche-patte et, malgré quelque difficulté, réussir à le mettre à terre. Même si j’ai suivi dans la chute, je me dépêche pour profiter de ses quelques secondes de liberté pour prendre le dessus. Me plaçant au-dessus de lui le bloquant entre mes genoux, j’envoie mes poings avec violence contre lui, n’épargnant aucune zone de son corps parce que nous sommes ensemble. Et je hurle. Je tente de répondre, mais mes mots sont enroulés de haine, malgré qu’ils arrivent à franchir mes lèvres :

Comprendre ? Qu’est-ce que tu peux comprendre ?! Tu as encore ta fille ! Moi, je n’ai plus rien ! Tu l’as verra grandir, tu assisteras à ses anniversaires, à son mariage, tu seras là à chaque moment important de sa vie. Elle n’est pas morte ! Alors ne me dit pas que tu peux comprendre parce que c’est faux !

Il ne peut comprendre ma douleur, ma haine et ma colère. Les trois ensembles c’est juste insupportable. Ma tête est à deux doigts de littéralement exploser. Et mon cœur ne cesse de saigner à chaque fois que je prononce le mot « mort » quoi que le simple fait d’y penser en fasse de même. Plus j’y pense et plus je commence à comprendre que je n’aurais jamais l’occasion de voir toute ces choses se réaliser auprès de lui Je n’apprendrais jamais qu’il est sur le point de se fiancer, d’être père ou bien simplement d’être à la tête de quelque chose d’important. Je n’entendrais plus ses rires et je ne verrais plus jamais son sourire. Je ne le prendrais d’ailleurs plus jamais entre mes bras… Secouant la tête à tout ça, je préfère continuer de frapper autant que je continue de vider mon sac.

Je lui ai promis de faire lui mon fils et de veiller sur lui comme si c’était mon propre enfant ! J’ai promis que je ne le laisserais jamais tomber et d’être toujours là pour lui ! J’ai promis qu’il ne lui arriverait jamais rien de pire que ce qu’il avait enduré avant ! Mais… j’ai… j’ai… pas…

Alors que mon poing allé s’écraser une énième fois contre son corps, je m’arrête à quelque mètre en réalisant ce que je viens de dire. Je me rends compte que j’ai fait des promesses que je ne peux aujourd’hui plus tenir. Et qu’au final, je n’aurais jamais su garder jusqu’à la fin. Je me mords la lèvre brutalement au poing de m’en faire saigner, sentant les larmes roulées le long de mes joues. Je me force à ne pas éclater en sanglots, mais c’est bien plus compliqué que je ne le pensais.

Je l’ai perdu… Perdu… C’est ma faute… Je n’ai pas su… Je ne suis pas une bonne mère… ! I-I-Il est mort par ma faute…

À vrai dire, je me dis cela plus à moi-même qu’autre chose. Mais la réalité est bel et bien là. J’abandonne la lutte. Je n’en plus la force maintenant que les premières larmes son tombés au sol. Je me laisse glisser sur le côté, me recroquevillant sur moi-même, elles coulent encore et encore au point de ne plus pouvoir s’arrêter comme je le souhaite. Une bonne mère n’aurait jamais laissé son enfant mourir. Une bonne mère aurait senti que quelque chose cloché depuis quelque temps et aurait su intervenir immédiatement. Je ne suis pas faite pour ça. Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Je ne suis pas une bonne mère… Et je ne le serais surement jamais.


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Dernière édition par Laelyss Reiss le Sam 5 Mar - 20:08, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss]   Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss] EmptyJeu 25 Fév - 11:49

Porteur de mauvaises nouvelles
Pas seulement en cassant des babioles mais particulièrement avec les ames qui sont disposées sur le lit. Dans une telle hystérie, elle pourrait sérieusement se blesser dans sa quête désespérée de trancher tout suspect potentiel, quand bien même elle ignore jusqu'aux causes de la mort de Kenji. Ce serait démesurée d'aller menacer chaque individu qu'elle trouvera louche pour le saigner sans le moindre discernement. Malgré mes tentatives pour la raisonner, on dirait qu'elle enrage plus encore, me donnant alors bien du fil à retordre pour la maîtriser tandis qu'elle me hurle de la lâcher. Je la sers donc plus fermement tout en réfléchissant à un moyen de lui faire retrouver ses esprits, en vain. Ses mouvements brusques pour se débattre deviennent moins chaotiques et ont l'air de me faire partir en arrière, et avant que je comprenne ce qu'elle cherche à faire, elle s'était déjà débrouillée pour nous faire tomber par terre. Et puisque j'ai eu le malheur de la relâcher dans la chute, je cherche à envoyer ma main vers elle pour l'empêcher de partir, mais elle n'en fait rien. Au contraire, je la retrouve aussitôt sur moi, les poings serrés pour me frapper avec. En dépit de la différence de force, on ne peut pas nier qu'elle cogne fort, en particulier quand elle voit aussi rouge que ce soir. Je me rends finalement compte de l'erreur que j'ai faite lorsque sa voix tonne à nouveau, sans arrêter d'enchainer les coups.

« Comprendre ? Qu’est-ce que tu peux comprendre ?! Tu as encore ta fille ! Moi, je n’ai plus rien ! Tu la verras grandir, tu assisteras à ses anniversaires, à son mariage, tu seras là à chaque moment important de sa vie. Elle n’est pas morte ! Alors ne me dis pas que tu peux comprendre parce que c’est faux ! »

Mes avant-bras levés devant le visage en parade, je la laisse taper autant qu'elle le souhaite. Même si je pourrais aisément intercepter ses poings, lui envoyer les miens en retour ou la pousser sur le côté pour me libérer, je ne bouge pas, à attendre qu'elle se soit suffisamment défoulée pour envisager de réagir ensuite. C'est tout ce dont elle a besoin dans l'immédiat, alors j'encaisse en gardant le silence. Évidemment que je ne peux pas comprendre, et j'ai d'autant plus mal pour elle en repassant dans ma tête la liste de tous ces évènements essentiels dans la vie de son enfant, chaque étape importante à partager avec lui, qu'elle ne pourra connaître avec le sien. Les coups portés un peu partout ne sont rien comparés à ce qui la fait souffrir. Elle évoque d'ailleurs la promesse faite à Kenji de prendre soin de lui coûte que coûte, quitte à laisser derrière elle une grande partie de sa vie forgée en mer. Sentant d'ors-et-déjà arriver les remords et surtout la culpabilité, pourtant mal placée dans ce cas, j'essaye d'ouvrir la bouche pour la dissuader d'aller sur ce terrain-là, lorsque son poing se fige juste avant de s'abattre et de me couper le souffle une nouvelle fois. Levant les yeux vers son visage, je constate qu'elle pleure.

« Je l’ai perdu… Perdu… C’est ma faute… Je n’ai pas su… Je ne suis pas une bonne mère… ! I-I-Il est mort par ma faute… »

Ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle n'endosse la responsabilité de sa perte, tandis qu'elle se laisse mollement tomber à côté, recroquevillée, pour éclater aux sanglots. Les coudes appuyés au sol, je me redresse enfin, non sans étouffer un grognement, puis viens me placer près de Laelyss afin de passer doucement mon bras autour de ses épaules. Pleurer ne l'aidera pas à aller mieux si elle pense réellement les reproches qu'elle se fait, aussi absurdes soient-ils. Mais c'est certainement le premier jugement que l'on se fait lorsqu'on perd un être cher.

« Ne commence pas à te mettre ce genre d'idées dans la tête, tu ne pouvais pas le couver toute ta vie. C'est uniquement la faute de l'enfoiré qui s'en est pris à lui, pas la tienne. »

Malheureusement, ce serait trop demandé à un parent que de pouvoir être là 24h/24 pour son enfant. Notre rôle est de les protéger, mais une fois grands et autonomes, on ne peut plus compter que sur eux pour prendre le relais et assurer leur propre sécurité, selon ce qu'on leur a inculqué. On n'est pas infaillibles, ni disponibles autant qu'on le voudrait, et on contrôle encore moins les conditions adverses, surtout à Quederla où le danger peut être partout. Qui sait d'ailleurs si Laelyss aurait été en mesure de le défendre comme elle le croit ? Ils pourraient être plus nombreux et redoutables qu'on ne le pense. Sans trop la forcer, je la tire tout contre moi pour la serrer dans mes bras. Je ne suis pas là que pour faire office de punching-ball, alors si elle doit pleurer à chaudes larmes jusqu'à ce que la peine s'allège, qu'elle le fasse sur moi. Caressant ses cheveux, je pousse un long soupir avant de lui présenter mes excuses:

« Tu as raison, je ne peux pas imaginer ce que tu endures... je suis désolé. Ce que je voulais dire, c'est que j'adorais Kenji, et sa mort me touche autant que s'il faisait partie de ma famille. »

Loin de moi la prétention de pouvoir partager la même douleur que celle qui l'avait sauvé et élevé depuis leur retour en ville. Il n'empêche que je m'y étais attaché, après tout il n'était pas un inconnu à mes yeux et le courant est toujours bien passé entre nous, même avant que l'on se mette ensemble avec sa mère. Je n'ai peut-être pas perdu un fils, mais il n'était pas moins un gamin qui comptait pour moi. C'est important qu'elle sache que nous sommes deux à traverser cette épreuve, qu'elle n'est pas seule. Mes doigts passent délicatement sur le côté de son visage et s'humidifient au contact des larmes qui coulent sur ses joues à n'en plus finir, pendant que je la rassure dans un murmure.

« Tu es une bonne mère, d'accord ? Depuis que je te connais, tu t'es toujours très bien occupé de lui. Mais ce qui arrive ne dépend pas de toi, alors cesse de te remettre en question. »
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MessageSujet: Re: Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss]   Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss] EmptyDim 6 Mar - 19:35


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J
e n’ai même pas envie de me convaincre du contraire tellement cela me semble évident. J’ai beau tenté de tourner ça dans tous les sens malgré mes pleures, rien n’y fait. À aucun moment, je n’ai percuté qu’il y aurait pu y avoir quelque chose qui aller aussi mal au point qu’il en perde la vie aujourd’hui. Et plus sa tourne, plus cela agrandit mon trou dans la poitrine. Plus les secondes s’écoulent et plus je me maudis sans cesse. Écoutant à peine les dires de Big qui tente de me rassurer sur ce que j’ai annoncé. À quoi bon, les faits sont pourtant là. Et ça rien n’y changera. Ce ne sont pas quelque mot réconfortant qui le ramèneront à la vie de toute manière. Rien n’y peut. Les miracles n’existent pas dans ce monde.

Je me laisse allée dans ses bras en pleurant à chaudes larmes. Pour la première fois qu’il me voit dans cet état, c’est à cause d’une nouvelle qui est loin d’être des plus joyeuses. J’aimerais lui répondre que je sais. Que je sais qu’il comptait pour lui et qu’il ne pensait pas à mal en disant ça. Mais je n’y arrive pas. Les seuls mots qui s’échappent de ma bouche ne sont que des couinements dont j’ai beaucoup de mal à faire taire. Mes doigts s’agrippent à son torse, comme si j’avais peur de le perdre lui aussi. Je n’y survivrais pas. Comment est-ce qu’on est censé reprendre le cours de notre vie après une bombe pareille ? Je vais me réveiller chaque matin et durant l’espace d’un court instant, je vais oublier cette tragédie avant qu’elle ne me revienne brusquement de plein fouet, comme s’il m’annoncer la nouvelle inlassablement. Je ne suis pas très sûr de pouvoir supporté ça tous les jours le restent de ma vie. Comment est-ce que ce serait possible de toute façon ?  

Je n’ai qu’une envie, c’est de mourir à sa place...

△ △ △
▽ ▽ ▽

Ma peine me semblait si immense que j’avais la sensation quelle ne cesserait jamais. Je n’avais pas la force d’ouvrir la bouche pour lui répondre quoi que ce soit. Même si je le voulais, la douleur reprenait toujours le dessus.  

Je ne sais comment, les larmes ont fini par s’arrêter. Je ne sais pas combien de temps il sait écouler entre le moment où j’ai cessé de le frapper pour m’effondrer et maintenant où je n’ai plus la force de verser quoi que ce soit. Peut-être une demi-heure, trois quarts d’heure, voir une heure. La notion du temps me parait lointaine et peut importante. Seulement, je ne peux pas rester ainsi toute ma vie, pleurant dans ses bras encore et encore. Mouillant sa chemise en m’apitoyant sur mon sors. J’ai toujours mal, après tout ce n’est pas comme une simple blessure qui finira par s’estomper d’ici quelques jours. Cela ne serait d’ailleurs jamais le cas, il me manquera toujours quelques choses même quand le temps aura fini par se tasser. Mais je ne peux pas rester ainsi durant des lustres, parce que je ne le supporte pas moi-même. Prenant durement sur moi, je décolle ma tête enfouie dans sa nuque. Séchant du revers de la main les dernières larmes qui s’échappent. Puis, je relève les yeux vers lui, j’imagine que j’ai une tête à faire fuir les morts eux-mêmes. Les yeux rouges et gonflés, humeur de chien, personne n’a vraiment envie de s’approcher de ça. Pourtant, cela ne m’empêche pas de poser délicatement un doigt sur sa lèvre fendu par ma faute et de retirer le filet de sang restant. Avec un peu d’hésitation, je finis par rompre ce silence pesant.

Désolée pour... Pour ça. Pour les coups… Tu ne les mérites pas… Je ne voulais pas…

J’étais en colère. Je le suis toujours d’ailleurs, mais à défaut d’avoir pu me défouler comme je le voulais, ceci s’est retourné contre lui. C’est surement mieux, j’aurais au moins évité de m’en prendre au premier venu sous le coup de l’émotion, même si cela ne m’aurai pas empêché de dormir ensuite. Mais savoir que c’est à lui que je m’en suis pris à la place n’excuse rien. Je m’en veux et je préfère baisser les yeux sur mes doigts dont je commence à en ressentir la douleur de mes coups portés, plutôt que de le regarder en face. Néanmoins, j’ose toute de même formuler une demande qui me perturbe depuis quelque temps et don la simple pensée en reste affreuse.

J’ai besoin de savoir… Est-ce… Est-ce que c’était si horrible que ça… ? Tu penses qu’il… Qu’il a souffert ?

Je ne souhaite pas m’enfoncer encore un peu plus le couteau dans la plaie, mais il faut que je sache, même si cela ne m’avancera pas à quoi que ce soit. J’ai tout de même du mal à imaginer que quelqu’un le fasse souffrir pour une quelconque raison. Pourtant, ce n’est pas un fait inévitable quand on vit à Quederla, s’il avait vu une chose qu’il ne fallait pas et qui l’a finalement conduit à sa perte. C’est absurde. Pourquoi vouloir prendre la vie d’un jeune homme qui n’a quasiment rien fait de mal de toute sa vie ? Ce n’est pas comme s’il faisait partie d’une famille et qu’il y avait une raison de vouloir le tuer. C’est  à peine s’il s’intéressait au conflit de cette ville, à mon grand bonheur, mise à part tenté de joué les héros quand certaines personnes étaient dans de mauvaise posture et sur son chemin. Mais cette ville est remplit d’être qui se fiche pas mal de savoir qu’ils ont enlevé la vie d’un enfant. Le simple plaisir de voir un cadavre de plus étalé au sol suffit à les comblés de joie. Cette pensé m’en donne la nausée. Je préfère chasser ça et me relever. Ne pouvant pas resté sans rien faire à pleurer sur sa mort, je m’occupe en rangeant, les lames étalées sur le lit. Maintenant que j’y prête attention, j’avoue ne pas y être allé de mains mortes avec mon acharnement. Plusieurs objets sont brisés en mille morceaux au sol, certain récupérable, d’autre non. Mais ce ne sont que des bibelots sans grande importance. En revanche, voyant la photo de Kenji, le cadre à moitié brisé par la chute, trainant au sol, je la récupère et la pose à sa place initiale. C’est là où elle doit être et là où elle restera. Après tout, c’est tout ce qui me reste, hors de question de la perdre. Sans la quitter des yeux, je finis par reprendre la parole :

▬ Promets-moi une chose… Si tu retrouves cette ordure… Tu me le laisseras. Qui que cela puisse être… Je veux m’occuper personnellement de son cas.

Elementis. Domae. Gouvernement. Qu’importe l’appartenance, je n’en ferais qu’une bouchée. Même si la possibilité qu’il soit de sa famille devienne un problème, je ne changerais pas cela parce que nous sommes ensemble et qu’il viendrait de chez lui. À vrai dire, rien ne pourrait me faire changer d’avis sur ce choix-là.

Je plisse soudainement les yeux quelques secondes avant qu’une odeur désagréable ne chatouille mes narines. Qu’est-ce que… ? Je percute alors que le repas continu de cuir depuis qu’il est rentré et que personne n’a pensé à éteindre le gaz. Faut dire que ce n’était pas la priorité. Même le chien se met à aboyé sans cesse depuis le rechaussé. Sans perdre une seconde, je quitte la chambre pour me précipiter vers les escaliers déjà bien enfumés. Bravant celle-ci, je les dévale pour atteindre la cuisine, coupée le gaz et mettre le tout dans l’évier. Sauf que je m’étouffe bien vite avec ce surplus de fumée qui a encombré une petite partie de la pièce, alors j’abandonne l’idée de faire quoi que ce soit de plus et m’empresse d’aller ouvrir la porte baie vitrée du jardin pour prendre l’air. Toussant plusieurs fois avant de pouvoir respirer normalement à nouveau, il n’y aura pas grand-chose à manger ce soir. De toute manière, je me sens bien trop retournée pour avoir la force d’avaler quoi que ce soit. Je m’en vais m’asseoir sur les marches avec le chien, le temps que l’odeur disparaisse à l’intérieur. Il me regarde avec son air tout content, comme si cette situation l’amusé. Alors, je me demande en caressant sa tête, est-ce qu’il va comprendre que son maître ne reviendra plus à la maison ?

▬ C’est pour lui que j’avais acheté Twister… Il hésité entre un rat, un lapin et un serpent ce jour-là, dis-je en tentant un sourire raté. Puis quand il a vu sa tête de bébé… Il a littéralement fondu dessus. Ça m’arranger d’ailleurs, jamais je n’aurais su m’occuper d’une vipère.

Pas que j’en ai la phobie, mais… Comme à peu près tout le monde, à moins de posséder cet animal, je ne me sens pas des plus à l’aise en leurs présences. Puis avec les cours et tout ce qui s’en suivait à ce moment-là, c’est moi qui aurais eu la charge de nettoyer la cage. Sortir un chien et bien moins effrayant. Mais je pense qu’il finira par se rendre compte qu’il manque quelqu’un a l’appel. Il s’en remettra surement bien plus vite que moi.


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MessageSujet: Re: Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss]   Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss] EmptyMer 16 Mar - 16:08

Porteur de mauvaises nouvelles
S'occuper d'un adolescent, qui en plus n'est pas le sien, ne me semble pas être la tâche la plus facile qui soit, surtout pour une jeune femme seule qui n'avait eu d'expérience dans le domaine des enfants. Pourtant Laelyss avait parfaitement réussi à le gérer, avec une éducation qui ne laissait aucun doute sur ses capacités en tant que mère, aussi je refuse qu'elle puisse croire un seul instant avoir failli à son rôle et à ses obligations. On a bien assez d'un couple qui rôde quelque part en ville pour ne pas partager en plus sa responsabilité dans le meurtre de Kenji. Mais je n'ai droit à aucune réponse de la part de Laelyss à ce propos, si ce n'est des pleurs intarissables, et je la garde donc tout contre moi en attendant qu'elle se sente un peu mieux -quoi que moins mal serait plus juste-. Sans vraiment faire attention au temps qui a passé jusqu'à ce qu'elle en vienne à ne plus verser de larmes, je hausse doucement les épaules à ses excuses au moment de réaliser qu'elle s'était plus acharnée qu'elle ne le pensait. Ce n'est pas comme si je pouvais vraiment lui en tenir rigueur, et puis elle ne m'a pas mis en pièces non plus. Mieux vaut moi qu'un inconnu qui aurait eu à payer les frais sous la variété d'armes à sa disposition, ce que je n'ai heureusement pas eu à subir malgré sa colère. Me nettoyant la lèvre inférieure au goût ferrique avec un peu de salive, je continue de caresser sa tête pour lui faire comprendre que tout ça n'avait pas d'importance, jusqu'à ce que sa question me fige quelque peu:

« J’ai besoin de savoir… Est-ce… Est-ce que c’était si horrible que ça…? Tu penses qu’il… Qu’il a souffert ? »

Il fallait bien qu'elle m'interroge là-dessus à un moment ou un autre, malgré le fait que je ne dispose pas d'assez d'éléments pour pouvoir réellement éclairer sa chandelle comme elle l'attend. Est-ce bien judicieux de le lui en parler, d’ailleurs ? À y réfléchir, je dirais que ne rien savoir dans une situation similaire me tuerait, alors je soupire en me relevant enfin avec elle.

« Honnêtement, je ne sais pas. Il n'avait que quelques blessures bien précises, notamment sur les points vitaux, alors je pense que ça a été rapide... »

Rien de certain donc, en réalité j'espère surtout et de tout cœur que la chose a été trop rapide pour que le gamin ait eu le temps de sentir quoi que ce soit. En l'absence d'analyses plus poussées, je suis incapable de dire s'il est mort sur le coup ou s'il a souffert longtemps avant de rendre l'âme. L'ignorer est sans doute plus terrible que d'avoir une réponse. Pendant que Laelyss s'accorde finalement à ranger les lames étalées sur le lit, je fais en sorte de ramasser ce qui a le moins pâtis au cours des lancers de projectiles, écartant du pied les débris pour n'en faire plus qu'un seul tas à nettoyer plus tard, pour éviter que l'on ne se coupe. La voyant remettre à sa place initiale le cadre cassé de sa photo avec Kenji, je me dis qu'il faudra que je le lui remplace dès demain. De son côté en revanche, c'est autre chose qu'elle a à me dire:

« Promets-moi une chose… Si tu retrouves cette ordure… Tu me le laisseras. Qui que cela puisse être… Je veux m’occuper personnellement de son cas. »

Très franchement, il ne m'était même pas venu à l'idée de compter sur la justice pour régler cette affaire. Ni le Gouvernement, ni la police ni qui que ce soit n'aurait à intervenir là-dedans, à part pour tirer le maximum d'informations de la scène de crime puis de l'autopsie. De toute façon, pour une affaire de meurtre parmi tant d'autres, ils ne se donneront jamais la peine de s'investir à 100% dans la capture du tueur, contrairement à nous. L'odeur de brulé en provenance de la cuisine m'empêche toutefois de répondre à sa requête, et je la laisse descendre la première en la suivant de près. Tandis qu'elle débarrasse les casseroles fumantes, je vais pour ouvrir le plus de fenêtre possibles de ma main libre, l'autre plaquée sur le bas de mon visage afin que la fumée ne me fasse pas tourner la tête. Les mauvaises langues diraient que je devrais être relativement familier avec cette sensation, statut de fumeur aidant, mais le flair a surtout tendance à prendre cher. Aussi je ne perds pas de temps à suivre la rouquine dans le jardin et aller cracher mes poumons de la merde qui pour une fois ne provenait pas de la cigarette. Je l'avais pourtant senti se propager bien avant, mais je devais être trop concentré sur Lys pour m'en préoccuper. Lorsqu'enfin l'air se révèle être plus respirable, je me rapproche d'elle et m'assoit à ses côtés, le chien posté devant elle à réclamer des caresses en tout innocence, comme si rien de dramatique ne s'était produit.

« C’est pour lui que j’avais acheté Twister… Il hésité entre un rat, un lapin et un serpent ce jour-là. Puis quand il a vu sa tête de bébé… Il a littéralement fondu dessus. Ça m’arranger d’ailleurs, jamais je n’aurais su m’occuper d’une vipère.
-Il a vu juste, les chiens sont les meilleurs compagnons qui soient. »

Pas sûr que ça suffise vraiment à détendre l'atmosphère. Une chance malgré tout qu'il se soit contenté d'un animal à quatre pattes plutôt que de taper dans les bestiaux plus originaux, en particulier pour celle qui devrait s'en occuper en l'absence de son propriétaire. Difficile de croire que c'est désormais ce qu'elle aura à faire avec Twister, qui ne recevra plus les visites occasionnelles de Kenji. D'une main, je caresse doucement son dos pour la détendre, à défaut de pouvoir la consoler de quelque façon que ce soit, car à part lui garantir ma présence auprès d'elle, je ne peux à moi seul faire passer cette peine. Tout à coup, je constate l'état de ses paumes après avoir empoigné les casseroles à pleine mains, et me lève donc pour retourner à l'intérieur et aller prendre la trousse de soins. Dire qu'elle n'y avait même pas réagi... de retour avec le matériel médical, ainsi qu'une bouteille d'eau du frigo et un morceau de tissu, je me place ensuite face à Laelyss pour soulager dans un premier temps les sensations de brulures à l'aide du linge mouillé.

« Lys... je ne remplacerai sans doute jamais sa présence, mais sache que je serai toujours là pour t'aider à combler le vide qu'il a laissé. Même si tu as besoin de taper dans quelque chose pour te soulager. »

Je suis solide dans mon genre, alors je devrais pouvoir encaisser de nouvelles séries de coups si elle doit se défouler. La bouteille tendue vers elle, je libère une de ses mains pour qu'elle puisse boire et s'hydrater un peu.

« Je te fais la promesse de retrouver ce salopard. Et lorsque je lui aurai mis la main dessus, il te sera ramené sur un plateau. »
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MessageSujet: Re: Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss]   Porteur de mauvaises nouvelles [Laelyss Reiss] EmptyJeu 24 Mar - 2:56


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À
ce moment précis, j'aimerais être à la place de Twister. Insouciant à ce qu'il se passe et cette envie constante de vouloir s'amuser. Quand on y pense sérieusement, pour éviter tout souci et genre de peine, être un animal est vraiment ce qu'il y a de mieux. Malheureusement, on ne peut ni échapper à la réalité quand on est un être humain, ni au monde dans lequel on vit. Aussi cruel soit-il.

Alors que Big disparaît subitement sans un mot, je me rends finalement compte de la douleur de, mes avant-bras. Forcément, je n'avais pas réfléchi en prenant la casserole, trop occupée à éviter de faire cramer la maison. Et accessoirement, vu mon état, je pense que je n'aurais pas senti grand-chose du premier coup de toute façon. Sauf que maintenant, je douille. Mais heureusement, celle-ci finit par être quelque peu soulagé quand Bigby revient avec tout le nécessaire en mains et surtout ce morceau de tissu mouiller. Voilà au moins quelque chose qui peut être apaisé dans cette fin de journée des plus horribles. C'est toujours ça de gagner en fin de compte. Je prends la bouteille qu'il me tend et en bois un peu avant de la déposer sur la marche. Ce n'est pas désagréable après tout ce que j'ai pleuré. Je dépose ensuite ma main sur sa joue en la caressant faiblement, tentant un sourire qui ne s'affiche guère.

Je sais et je te fais confiance sur les deux cas. Merci d’être là pour moi.

Je sais qu’il ne me laissera ni tombée, ni sombré et encore moins cette pourriture s’en sortir aussi facilement. Les choses seront plus simples à supporter avec lui à mes côtés. De toute façon, il le faut bien...


*


Le lendemain, assez tôt le matin, j'ai passé environ deux heures sous l'eau chaude. La première, j'avais besoin de pleurer en paix. Du moins, même si au vu de la situation, c'était compréhensible, je ne me sentais pas de fondre en larmes comme une madeleine devant Big. Même si hier ceci avait déjà été le cas, je n'aie jamais aimé qu'on me prenne en pitié en me voyant ainsi. La deuxième heure, été plus pour me calmer et réfléchir. Qu'allais-je faire maintenant ? Il y avait tant à faire. Il fallait s'occuper de ses affaires, prévenir ses amies… Sa copine. Et, accessoirement, préparer un enterrement. Cette simple idée me fessait mal au cœur, mais il n'y avait pas d'autre choix. Cela allait devoir arriver dans les jours à venir une fois que la police aura fini de faire mumuse avec, mais me connaissant suffisamment bien, c'est une chose qui était partie pour être repoussée encore et encore le plus tard possible. Personne n'est près pour ça. Dans tous les cas, je savais déjà qu'il n'était pas question d'invité tout Quederla. Seulement la famille et les personnes réellement proches. De simples connaissances et toute la clique n'avaient rien à faire là. Ce qui réduisait la cérémonie à une dizaine de personnes et certainement pas plus. Il était aussi d'ailleurs hors de question de compter sur moi pour un buffet ou quoi que ce soit. Je n'en voyais – et n'en vois toujours pas d'ailleurs – l'intérêt après une telle épreuve. Comment pouvait-on manger tranquillement et rire après avoir enterré quelqu'un ? Au fond, la plupart ne venaient que pour cela. Pour avoir la possibilité de manger à l'œil.

J'avais fini par mettre ça de côté en tentant de concentrer sur cette journée qui débutait à peine. Ne voulant pas me laisser sombrer dans la déprime, je me suis dit qu'il n'aimerait pas me voir ainsi parce qu'il n'est plus là. Alors, avec mon courage à deux mains, je suis sorti de la douche pour me préparer à aller travailler comme d'habitude, affichant mon plus grand sourire habituel avec l'air des plus naturelles. Je franchis le pas du deuil à ma manière. À vrai dire, mise à part Big personne n'ait au courant. Et les choses resteront ainsi jusqu'à ce que j'aie la possibilité de récupérer son… corps. Je n'ai pas envie de le crier surtout les toits et avoir tout le monde qui vient me voir en lâchant des « Oooooh, je suis si désolée pour toi… » Qui résonnent plus faux qu'autres choses. Quand je chercherais un minimum de sympathie, je le ferais savoir.

En attendant, même si je ne pouvais pas cacher tout ceci aux yeux Big, je lui demandais tout de même de ne pas trop ébruiter la chose pendant sa recherche du ou des coupables. Même si je savais qu’au fond, à moment ou un autre, j’allais avoir besoin de mon amie, je ne tenais pas à ce que cela lui arrive aux oreilles pour le moment. C’est ainsi que j’ai commencé ma journée comme si rien n’avait pratiquement changé. Je lui ai préparé son petit-déjeuner même si je n’avais pas encore la force pour avaler quoi que ce soit. J’ai promis de gérer la situation et de ne pas faire n’importe quoi même en croisant une personne louche. Puis, je suis partie sans plus attendre en me répétant sans cesse tout le long du trajet que les choses allaient bien se passer. Elles n’avaient pas trop le choix après tout. Il fallait vraiment que ce soit le cas…


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