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 Le diable est rentré à la maison [Ulrick]

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Laelyss Hamilton

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MessageSujet: Le diable est rentré à la maison [Ulrick]   Le diable est rentré à la maison [Ulrick] EmptyLun 9 Mai - 0:15

Souffre en silence
Deux semaines.
Sept heures.
Trente minutes.
Et vingt-deux secondes. Vingt-trois. Vingt-quatre. Vingt-cinq…

Voilà déjà deux semaines que je l’ai enterré.

Très honnêtement, je ne m’y suis toujours pas habitué. C’est bien encore trop frais pour ça. Et je pense qu’au final que je n’y arriverais surement jamais. Cela a été dur d’aller à son appartement et de faire un tri dans ses affaires, de réfléchir à quoi en faire par la suite. Est-ce que je devais les garder et les entreposer dans le grenier ? Ou bien les offrir aux orphelins du quartier. Est-ce qu’il me serait seulement possible de voir un autre enfant porté les habits et autres bricoles du mien ? Certainement pas. Mais il n’était pas non plus question de les brûler. Je n’en avais pas la force.  Au final, j’ai gardé quelque souvenir pour moi, d’autres, j’en ai laissé à sa petite amie et le reste… À contrecœur, j’ai fini par les données à l’orphelinat. Il valait mieux ça, et, au moins le tout avait la possibilité de servir à quelqu’un qui le méritait.

Quand il a été enterré, j’ai continué mon petit manège. Et je le continue encore aujourd’hui, quoique cela semble de moins en moins simple et l’envie n’est plus vraiment-là. Faire comme si tout allait bien, géré la situation et sourire à tout le monde en disant que ça va, je tiens le coup. Alors que c’est littéralement faux. Je n’en dors que très peu la nuit. Voir même carrément pas quelques fois. Je carbure au café et me tiens éveiller par le travail et quelques pilules parce que la simple idée de fermer les yeux et de le voir me fait bien trop mal. Je passe limite plus de temps dans l’arrière-boutique que dans mon propre chez-moi. Manger ? Ouais, faut bien. Enfin, une petite bouchée d’un sandwich suffit à me faire tenir une journée. Je n’ai pas faim et je n’ai pas envie d’avoir faim de toute manière. Non, je n’essaie pas encore de me tuer en me laissant mourir de faim, ce serait horrible de ma part de laisser Big seul alors qu’il ne m’a pas abandonné jusqu’à présent. Mais je ne nierais pas en disant que cette solution ne m’a pas traversé l’esprit au moins une fois. Voir peut-être trois.

Comme d’habitude je lui aie dit que ce n’était pas la peine qu’il m’attende et que j’allais finir tard. Mais le connaissant je vais surement le trouver sur le canapé en train de bouquiner jusqu’à mon retour. Enfin en attendant que je décide d’ici-là de rentrée, je nettoie pour la troisième fois un vase Ming qui a une grande valeur et que j’espère voir partir rapidement. Il est propre, depuis déjà une bonne demi-heure, mais cela me calme de prendre le temps de passer et repasser entre les dessins pour enlever un tout petit grain de poussière. Sauf que, je sursaute subitement en entendant l'horloge sonnée les douze coups de minuits. À deux doigts d’en lâcher le vase au sol. Je m’en serais mordu les doigts. Il est généralement vendue à plus 16 millions dans les ventes aux chères, alors le voir se briser en deux pour si peu serait assez dur à encaisser. Cependant, je finis par arrêter avant de finir par l’abimer. Je me fais craquer le dos et attrape d’une main la petite boîte de comprimés blancs posé face à moi. Deux dans la main je les avale d’une traite suivi d’une longue gorgée de café. Cette nuit encore je regarderais le plafond dans le lit tandis que Big ronflera légèrement à côté. Et je le fixerais avec l’envie d’être à sa place.

Je soupire longuement en me levant et commençant à ranger un peu. C’est le bordel un peu partout en ce moment. Même ici. Je me dis que je devrais théoriquement me sentir un peu mieux en sachant que la coupable est morte de mes mains, il a deux jours. Pourtant, c’est loin d’être le cas. Au final, on ne se sent pas mieux parce qu’ont à envoyer six pieds sous terre les responsables. La personne qui a inventé cette théorie qui ressemble plus à une connerie qu'autres choses, devait être totalement stupide, ou bien bourrée à la limite. Mais j’arrête d’y penser en entendant la porte de la boutique s’ouvrir. Je grogne quelque peu entre les dents, autant pour être dérangé à cette heure, mais aussi pour avoir oublié de fermer à clé. Prenant sur moi et en profitant au passage pour aller déposé le vase dans son rayon, je sors de l’arrière-boutique avec la meilleure expression aimable sur le visage que je puisse donné.

- Désolées, nous sommes fermés à cette heure revenait dem…

En levant les yeux sur l’individu devant moi, le temps s’arrête et je reste là sans bouger ne serait-ce que le petit doigt. Le vase que je tenais fermement jusqu’à présent me glisse entre les mains et je n’ai aucun moyen de l’arrêter dans sa course. Enfin, pour être plus exacte, je suis tellement perturbée parce que je n’essaie même pas de le retenir. Il s’écrase en mille morceaux dans un bruit sourd, et même si quelques éclats mon écorché la jambe, je ne bronche pas. Bouche-bée, je n’arrive pas en croire mes yeux. Ni même quoique ce soient d’autres. Est-ce que je rêve ? Ou plutôt dans ce cas-là, suis-je en train de faire un cauchemar ? J’aimerais avoir la force de m’enfuir, ou même juste crier à l’aide pour qu’un passant rentre ici, mais impossible. J’ai les jambes clouées au sol. Merde !

- Ed… Edw…

Rien à faire, les mots sont bloqués entraver de ma gorge. Je me vois mourir sur place. Les gens normaux ne réagiraient pas… comme moi. Des gens normaux qui retrouvent une personne disparut – et accessoirement mort au fin fond de l’océan – serait enjoué, heureux, il y aurait surement des cris de joies. Et tout le blabla habituel. Mais moi non. Comparait à eux, je préfère prendre mes distance en reculant de quelques pas. Mais impossible je suis déjà coincé par le comptoir dans mon dos. Je me sens piéger sans aucun moyen d’échappatoire. Comme si le diable en personne venait d’entrer dans ma boutique.

Plus j’y pense et plus ce point s’avère être vrai.
Le diable vient d’effectivement d’entrer...

 


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MessageSujet: Re: Le diable est rentré à la maison [Ulrick]   Le diable est rentré à la maison [Ulrick] EmptyLun 9 Mai - 22:58


Le Diable est rentré à la maison




Parfois, je me demande quel bénéfice peuvent trouver certaines personnes à gaspiller leur argent pour s'acheter des vieilleries sans intérêt. Je pense, et ce depuis ma plus tendre enfance, que ceux qui passent leurs journées dans les magasins d'antiquité ont développé une variante de ce complexe d'Œdipe élargi au fantasme sur leur propre grand-mère, et les vendeurs ne sont que des charlatans profitant du déséquilibre mental de ces individus. Je ne vois pas d'autre alternative à l'idée d'aimer renifler de vieux machins poussiéreux et datant de l'époque presque légendaire durant laquelle il n'y aurait pas eu de guerres à Quederla. Je n'ai que du dédain pour les riches, car étant donné les prix ayant l'air d'être mis en place dans cette vitrine, il n'y a que les riches pour pouvoir se payer ces idioties, qui farfouillent enchère sur enchère et magasin sur magasin pour trouver une autre pièce à leur misérable collection.

Pourquoi je me tiens devant ce magasin d'antiquité, dans ce cas ? Tout simplement pour pouvoir profiter de la stupidité de ceux qui seraient prêts à n'importe quoi pour se payer un artefact sans aucune valeur réelle. Les mains chargées d'une caisse en bois à l'intérieur de laquelle se trouve de la vaisselle cassée trouvée dans les poubelles de Quederla, que j'ai par la suite enterrée pendant plusieurs semaines dans le sable de la plage pour leur donner un aspect vieillot. On ne sait jamais, si ces pigeons sont prêts à acheter une statue d'un ancien maître du Conclave, pourquoi ne pas payer pour mes soit-disant découvertes archéologiques majeures ? Si ça peut me permettre de gagner ma vie, autant adopter cette solution sans se poser de questions. Même si je dois avouer que ce petit stratagème me sert surtout d'alibi au minime risque que je me fasse prendre. A presque minuit, il n'y a sans aucun doute personne dans cette boutique moisie, ce qui me laisse un large champ d'action pour échanger discrètement ce qui pourra se vendre pour plusieurs centaines de pièces d'or avec ma vieille vaisselle cassée. En ricanant légèrement devant la vitrine du Curious'Shop, j'essaie d'imaginer la tête du propriétaire du magasin, sans doute un grand-père croulant qui sent le fromage pas frais, en voyant ses précieux objets remplacés par ma camelote. Bah, je reste persuadé qu'il n'aura aucun problème à les vendre à ces pigeons.

Je pousse la porte de l'échoppe, qui, à ma grande surprise, s'ouvre sans que je n'ai besoin de forcer moi-même la serrure. Sans doute un antiquaire négligent qui apprendra bien vite de ses erreurs. Ou alors, et je ne sais pas quel grand malade ferait ça, un travailleur acharné qui préfère rester sur son lieu de travail plutôt que de retrouver la quiétude de son lit.
La sonnette tinte alors que je pénètre à l'intérieur, et j'aperçois une silhouette avec une voix qui me semble impossiblement familière venant m'annoncer que le magasin est fermé. Je secoue la caisse devant moi, ne regardant pas la personne se tenant devant moi, préférant surveiller où je pose les pieds pour ne pas m'écrouler de tout mon long, et lance d'un ton directif :
"Je viens juste vendre un peu de ma vieille marchandise."
Ma phrase, brève, montre par la prononciation des mots, que, quoi qu'il arrive, je ne laisserait pas le choix à la vendeuse.
Le fracas d'un vase s'éclatant sur le sol me fait sursauter, et, enfin, je lève les yeux vers la personne qui me fait face.
Et je manque, moi aussi, de faire tomber ce que je transporte tant bien que mal sur le sol.

Mes yeux s'écarquillent quelques instants, aussitôt remplacés par un rire nerveux, à la consonance presque sadique et effrayante. Il y avait longtemps que j'attendais ce moment. Si longtemps.
Enfin.
Enfin elle est là, devant moi.
Enfin elle est à moi.
Laelyss.
Un nom qui, jusque là, me faisait trembler de rage semble soudain porter le doux espoir d'une délicieuse vengeance. Un sourire étire mes lèvres fines. Pas un de ces sourires joyeux à la perspective de croiser un ami qu'on n'a pas vu depuis longtemps, mais plutôt un sourire dangereux, carnassier, digne d'un prédateur s’apprêtant à dévorer sa proie. Je suis certain qu'un miroir aurait été disposé devant moi à cet instant j'aurais pu sans problème m'effrayer moi-même, que ce soit par mon regard fou, par mon sourire terrifiant, par mon visage presque figé dans ce rictus sadique.

Je m'approche d'elle, le regard fixé sur ses yeux verts, la contourne en prenant bien garde à la frôler du bout de mon large manteau noir rapiécé, et pose ma large caisse en bois sur le comptoir, juste à côté d'elle.
L'objet de toutes les pires pensées de torture de ces dernières années est coincée. A ma merci. Une occasion que je ne laisserais échapper.
Je ramasse un éclat de porcelaine du vase tombé au sol et fait mine de le regarder attentivement.
"Tu ne devrais pas bouger d'ici. Tu risquerais de te blesser., je sussure d'un ton faussement protecteur, en approchant le morceau aussi coupant que du verre de son visage. Ce sera dommage, tellement dommage que tu te fasses mal maintenant..."
Le timbre de ma voix est sifflant, mêlé à l'expression de mes fantasmes de voir son sang couler qui apparaissent dans mes pensées.
Les doigts soudainement glacés de ma main droite viennent caresser ses joues livides, et tendis que mon visage s'approche du sien jusqu'à presque le toucher, descendent jusqu'à son menton et enserrent avec force sa mâchoire. Je lui fais mal, sans doute, mais ce n'est rien, vraiment rien par rapport à ce qui l'attend.
Elle est à moi.
Oui, elle est à moi.
Je prends ma respiration, mêlée à son souffle si près du mien. Et je lui crache au visage. Elle le mérite. Ce n'est pas grand chose par rapport ce qu'elle m'a fait. Et ce n'est pas grand chose par rapport à ce que je vais lui faire.

Et oui, Laelyss. Je suis de retour. Et ce sera pire que ce que tu aurais pu imaginer dans les plus sombres de tes cauchemars.




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MessageSujet: Re: Le diable est rentré à la maison [Ulrick]   Le diable est rentré à la maison [Ulrick] EmptyMar 10 Mai - 21:13

Souffre en silence
Qu’ai-je donc fait au bon Dieu pour mériter ça ? Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi… Pourquoi tout simplement ! Comme si ma vie n‘était passez chaotique en ce moment, je n’avais vraiment pas besoin de ça ! Il devrait être mort et son corps devrait se trouver au fin fond de l’océan, ne restant que très peu de peaux sur ses os. Voir être en train de se faire digérer par un requin. Tout ça aurait dû être la fin pour lui. Il n’aurait pas dû survivre. Pourtant, il est bien là, face à moi. Et j’ai beau cligner des yeux plusieurs fois d’affiler en espérant que ce ne soit que mon esprit qui me joue des tours, cela ne change absolument rien au final. Il est vivant. Il a survécu. Mais, comment ? J’ai toujours eu peur de le voir revenir un jour, mais j’avais toujours imaginé que ce ne serait rien plus qu’un fantôme et que donc, j’avais de quoi survivre un peu au minimum, à moins qu’il ne me renverse une armoire dessus. Mais jamais je n’avais pensé à cette éventualité-là. Et très franchement, elle est loin de me plaire.

Je vois à son expression qu’il a aussi surpris que moi, même si cela ne dure pas plus au final. L’entendre rire n’est absolument pas ce qui a des plus rassurants. En même temps qui pourrait l’être quand on se retrouve en face de son ancien chef qu’on a vainement tenté de tuer pour sauver sa peau et celle d’un gosse ? Je ne peux imaginer à quel point il me hait pour ce que j’ai fait et au vu de comment c’était passer no séparation, je doute bien qu’il ne compte pas me prendre dans ses bras ravis de me revoir. Ça fait des années maintenant, même si je suis passé à autre chose pour ma part puisque je le croyais mort, est-ce que cela en était de même pour lui ? J’en doute fort. Dans mes souvenirs, il avait la rancune facile. Je le regarde s’avancer vers moi avec sa caisse entre les mains. Je n’ai toujours pas la force de bouger parce que j’ai toujours autant de mal à m’en remettre. Je l’étudie simplement de la tête aux pieds et étrangement, j’ai la sensation qu’il n’a pas changée depuis ces dernières années. C’est toujours le même, grand et imposant. L’âge n’a pas l’air d’avoir eu d’impact sur son visage. Mais il semble aussi plus terrifiant qu’il ne pouvait l’être autrefois. Ses yeux… Bordel, j’ai l’impression qu’il m’incendie sur place.

Tu es morte, Lae, c’est peu de le dire.

Pendant une fraction de seconde, alors qu’il me frôle pour déposer ses babioles sur le comptoir, je me demande s’il savait. S’il savait qu’il allait me trouver là ou si le tout n’était que finalement qu’un pur hasard et qu’une question de temps avant qu’on ne se croise. Je crois que s’il l’avait su plutôt, il n’aurait surement pas perdu de temps pour se manifester. Mais je chasse cette pensée alors qu’il se penche devant moi pour prendre un morceau du vase brisé. Oh il n’y a pas que ce vase qui va finir en mille morceaux. Sa voix résonne à mes oreilles et je me surprends à déglutir. Je l’avais oublié, chassé, banni de mon esprit. Elle ne me semblait pas aussi rauque auparavant. Et ce ton soi-disant protecteur, je ne m’y laisse pas prendre, voyons, je sais bien qu’il ne le sera plus jamais envers moi. Mais je ne peux m’empêcher d’avoir les yeux qui passent des siens à ce petit morceau tranchant. N’ayant aucune idée de ce qu’il en compte en faire, je ne préfère pas le quitter du regard. Je me passerais volontiers de le sentir s’enfoncer dans ma poitrine. Ses doigts glacé qui touche ma peau me font frissonner. Ce n’est pas le genre de frissons qu’on ressent par plaisir parce que la caresse est douce. Non, celui-là il m’effraie littéralement. S’il y a bien une chose qui arrive à réellement me faire peur, c’est lui.

Je donnerais n’importe quoi pour échanger ma place avec le premier qui entre, quitte à le payer pour qu’il meure à ma place s’il le faut. J’ai le réflexe de poser ma main sur la sienne pour tenter vainement de me débarrasser de son emprise. Il va me détruire la mâchoire à ce rythme-là. Néanmoins, je ne vois pas venir son action suivante dans l’espoir de l’éviter et je me mords la lèvre en supportant malgré-moi le fait qu’il me crache dessus. Je ne bronche pas, je l’accorde, je l’ai mérité. Pourquoi être surprise, venant de lui, c’est le genre d’action qu’il fallait forcément s’en douter. Je m’essuie rapidement du revers de la main avant de le repousser en arrière pour gagner un peu d’espace. Ça ne me sauvera que temporairement.

- Toujours aussi arrogant à ce que je vois… On ne change pas les bonnes habitudes.

Pauvre folle qui tente de gagner du temps.
Pauvre folle qui joue avec le diable.


C’est ça ou carrément le laisser me tuer. Je reste neutre dans mon expression, la plus neutre possible, du moins j’essaie. Pas question qu’il profite d’un quelconque avantage parce qu’il est en vie. Je cherche encore et encore un moyen de me sortir de ce merdier. Entière de préférence, mais cela me semble assez mal parti. Aller respire Lae, tu l’as déjà eu une fois, pourquoi pas une deuxième ? Sauf qu’entre-temps il a surement dû se préparer à une éventuelle rencontre. Je veux délimiter un bon espace entre nous, alors, sans le quitter des yeux parce qu’on ne tourne pas le dos à un pirate qui sait ce qu’il pourrait faire, on n’est pas très fair-play en général, je prends place de l’autre côté du comptoir. Comme si je m’y sentais un peu plus en sécurité alors qu’il ne lui serait pas difficile de m’atteindre.

- Tu veux la vendre ta camelote oui ou non. Si ce n’est pas le cas, je te prierai de dégager de ma boutique. Dans le cas contraire qu’est-ce que tu veux ? Me tuer ? Désolée, je n’ai pas encore décidé de rendre l’âme aujourd’hui, repasse un autre jour, tu seras gentil.

Ce n’est pas forcément conseillé de lui parler de cette manière, mais je ne vais pas non plus l’accueillir à bras ouvert avec plein d’amour. Cependant, j’ai une question qui me brûle les lèvres, et même s’il m’envoie balader par la suite, j’aurais au moins la satisfaction de l’avoir posé.

- Depuis combien de temps, tu es en ville ?

 


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MessageSujet: Re: Le diable est rentré à la maison [Ulrick]   Le diable est rentré à la maison [Ulrick] EmptyDim 29 Mai - 23:06


Le Diable est rentré à la maison




Jamais, jamais, jamais je n'aurais pensé la retrouver ici. Ni même qu'elle soit aussi facilement à ma portée. J'avais durant des nuits entières essayé de planifié des plans plus tordus les uns que les autres pour parvenir à repérer où elle vivait et découvrir ce qu'elle faisait. Je m'étais faussement imaginé qu'il me faudrait des mois de traque pour pouvoir lui tomber dessus, auxquels s'ensuivraient des semaines à l'espionner et à la suivre pour pouvoir me retrouver seul avec elle, sans personne pour la protéger des vices que je lui ferais subir. Mais, alors que je serre sa mâchoire entre mes doigts, je me dis que la vie est bien faite. Enfin. Après toutes ces années, la chance semble enfin me sourire. Maintenant, et sans même que je ne l'ai cherché, Laelyss est à moi, et à moi seul.

Elle me rejette en arrière et cherche à se libérer de moi. Je la comprends. Je la comprends tellement. Elle sait ce qui va lui arriver.
Elle me fait remarquer d'un ton neutre mon arrogance. Je lève un sourcil. Certes, la connaissant, je ne m'attendais pas à la trouver en larmes à ma vue, mais je dois avouer que j'espérais sentir la peur s'écouler jusque dans les pores de sa peau en me voyant. Un léger sourire étire mes lèvres. Son indifférence me donne d'autant plus envie de voir la terreur sur son visage. Je veux la voir trembler, pleurer, souffrir.
Je la regarde sans esquisser un geste se placer derrière le comptoir, établissant une barrière physique entre nous. Mais cela ne m'empêchera pas de lui faire du mal.

Elle me demande si je suis bien ici pour vendre les objets se trouvant dans ma caisse. J'hausse les épaules. Bien que le désir de la voir dépérir est plus fort que tout, je ne refuserait pas d'empocher quelques pièces.
"Pourquoi j'aurais porté ça jusqu'ici si ce n'étais pas pour vendre ?", je réplique avec un sourire sarcastique. "Les temps sont durs depuis que j'ai perdu mon bateau et mon tavail, tu sais.". Mon ton ironique et accusateur perce dans ma voix. Je pose mes mains à plat sur le comptoir, et, prenant appui, approche mon visage du sien. Dans un souffle dans lequel se mêlent sans doute les dernières effluves de la bouteille de rhum que j'ai terminée ce matin, je murmure, sans répondre à sa question, m'interrogeant sur depuis combien de temps je suis revenu en ville :
"Et puis, n'ai-je pas le droit de revoir ma fiancée ?"

Je m'approche encore d'elle, et empoigne sa main gauche, que je tire vers moi. Je renifle d'un air méprisant, et, avec un regard inquisiteur, lui demande d'un ton sec, les yeux fixés sur son annuaire :
"Où est ma bague ?"
Si je n'espérais en aucun cas respecter cet engagement que nous nous étions faits des années auparavant, j'avais néanmoins pensé que, par culpabilité ou par simple respect, elle l'aurait gardé. Lorsqu'on frôle la mort comme je l'ai fait, on s'imagine que même ceux qui nous détestaient essaient toujours de se souvenir de nous. Mais elle, cette sorcière, n'a visiblement pas assez de morale pour chercher à se repentir de la mort d'un homme innocent qu'elle a tué de ses mains. De tout simplement honorer la mémoire de son capitaine, de son ami, de son amant, qu'elle a sans réfléchir un seul instant, trahi.
Bah, je n'aurais pas dû en attendre tant de Laelyss.

Je secoue la tête en riant nerveusement.
"Je l'avais payée de façon la plus honnête qui soit, tu sais. Elle m'a coutée cher, très cher. C'est la raison pour laquelle j'espérais la récupérer une fois que je t'aurais coupé tes misérables doigts un par un."
Le morceau tranchant du vase qu'elle avait fait exploser au sol quelques minutes auparavant toujours entre mes doigts, je pose brutalement sa main à plat sur le comptoir.
Avec un sourire en coin, je siffle :
"Au moins j'aurais la décence de te demander lequel de tes doigts tu voudrais que je tranche en premier. "
En fronçant les sourcils, j'ajoute :
"Pense aussi à me dire où tu caches l'argent de ta boutiques d'idioties. J'aimerais bien récupérer le bénéfice de ma vente au passage lorsque tu seras dans l'incapacité de le faire toi-même."




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MessageSujet: Re: Le diable est rentré à la maison [Ulrick]   Le diable est rentré à la maison [Ulrick] EmptyMer 1 Juin - 20:49

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Oui, depuis combien de temps est-il là ? Deux jours, deux semaines, deux mois, plus ? J’aurais dû le croiser depuis bien lustres si c’était le cas, à moins que la chance ne fût de mon côté jusqu’à présent. Comment est-ce qu’il a bien pu survivre alors que je l’ai vu coulé au fin fond de l’océan. Ce n’est pas la peine que je me pose la question du pourquoi, sa motivation à vouloir me voir morte aujourd’hui a dû être plus forte que tout. Peut-être que j’aurais dû aller me terrer au fin fond de l’Australie comme je l’avais imaginé de nombreuses fois, j’aurais dû sauter, le capter et me lancer. Cela m’aurait évité pas mal de désagrément aujourd’hui et de perte inutile. Agréable de remuer le couteau dans la plaie. Très agréable.

Je plisse quelque peu les yeux, alors ce ton ironique employé sonne plus comme un reproche à mes yeux. Enfin, il y avait de quoi me le reprocher dans tous les cas. C’est bien ma faute s’il se retrouve soi-disant au chômage. Quoique cela ne l’empêchait pas de repartir à l’aventure au lieu de vouloir assouvir une piètre vengeance. Ou bien simplement de trouver du travail comme tout le monde. Ce n’est pas ce qui manque dans cette ville, ni même une tout autre ailleurs. Je me recule légèrement alors que je le trouve bien trop près, quand il s’appuie sur le comptoir. Cette odeur d’alcool ancré chez lui ne m’avait pas manqué. Mais à comparaison, j’avais l’habitude, et même pris goût à la sentir autrefois. Buveur un jour, buveur toujours. Chose qui n’est absolument plus le cas aujourd’hui. C’est qu’il pourrait réveiller un mort avec si peu. Je me mords la lèvre inférieure avant d’oser lui répondre, ce qui sonne comme un simple murmure au final « Ex-fiancée… » Mais je crois qu’au fond, c’est une chose que j’exprime plus pour moi que pour lui. Les années sont passées, j’ai refait ma vie quand bien même il m’arrivait quelquefois de penser à ces souvenirs perdus. Il n’en reste pas moins que je le croyais mort, je n’allais pas rester une fiancée effondrée jusqu’à la fin de mes jours. N’avais-je pas droit à un peu de bonheur après ça ?

Tout cela ne serait pas arrivé si… Il avait tenu sa promesse comme convenu il y a des années…

Revoilà ses doigts froids qui me touchent. Il me faut m’armer de courage et surtout me retenir pour enlever ma main de son emprise et l’écraser à la place sur sa joue. Ce n’est pas l’envie qui me manque, mais ce serait aussi lancé ma perte qui pour le moment est assez retardée. J’aurais surement du m'y attendre, mais je ne pouvais pas me permettre de garder une bague de fiançailles au doigt alors que le fiancé lui-même n’était plus de ce monde. Enfin, techniquement. Je dois bien avouer qu’elle avait de la valeur, il m’aurait été facile de la revendre à un prix abordable, conserver en bon état et toujours aussi brillante. Pas une seule trace de rouille n’est visible. Il fallait bien admettre qu’il avait eu du goût ce jour-là. Mais je n’ai pourtant pas été aussi horrible que ce qu’il s’imaginait. Je serre les dents alors qu’il repose brutalement ma main à plat ; des picotements me parcourent le long des doigts, mais je ne bouge pas. Il lui serait si facile de me planter avec ce bout de porcelaine que je n’ai absolument pas envie de lui offrir une raison de le faire.
 
Quoi que je fasse, je pense que je suis condamné à mourir ce soir. Même en tentant de lui planter un stylo dans l’œil et de m’enfuir – oui cette idée de l’utiliser  comme arme m’a effleuré l’esprit une fraction de seconde. Ce ne serait qu’aggraver mon cas, et je n’ai pas pour habitude d’être une fuyarde. Mais je tiens tout de même à défendre certains faits. Quitte à devoir rendre l’âme autant être honnête sur tous les points.

- Contrairement à ce que tu crois, je n’ai jamais jeté la bague. Et encore moins vendu. Elle est simplement rangée dans un étui adéquat à l’abri des regards indiscrets et de potentiel voleur. Ce n’est pas parce que j’ai essayé de te tuer que je pouvais pour autant te rayer de ma vie comme s’il n’y avait jamais rien n'eut entre nous. J’étais réellement amoureuse de toi autrefois. Libre à toi de me croire ou non. Mais je ne te permettrais pas de dire que je l’ai balancé sans aucun scrupule !

C’est que je serais à deux doigts de me sentir aussi blessé qu’outrée pour de telles accusations. Cela a était dit comme un reproche, plantant mes yeux verts dans les siens. J’ai tout de même un minimum de respect pour les morts. Même pour lui. S’il tenait vraiment à la récupérer, je pouvais la lui rendre sans problème, il ne faudra que pour ça qu’il me lâche, pour que je puisse me rendre dans l’arrière-boutique. Sous une dalle du plancher, là où elle n’attendait qu’à revoir la lumière du jour. Je soupire en tentant vainement de retirer ma main, tout en rajoutant :

- Il me semble qu’une bien trop grande partie de ce qui a été pillé sur les bateaux, ou volé sur terre, tu les as eus grâce moi. Cela t’était bien utile d’avoir un assassin qui arrivait à s’infiltrer sans mal en te donnant les points faibles avant de passé à l’attaque. Donc cela me revient tout autant qu’à toi. C’est ma part du butin qui mérite sa place dans cette boutique idiote.

C’est tout de même plus agréable d’avoir quelqu’un qui se charge du salle boulot, en y risquant sa vie avant d’aller frapper un grand goût. Il ne pouvait pas le nier, je lui avais été bien utile. Répondant toujours présente pour aller me jeter dans la gueule du loup. Ce à quoi j’estime avoir ma récompense pour service rendu et fait proprement.

- Et puis, il faut apprendre à partager avec sa… fiancée… non ?

 


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