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 Orage, ô désespoir ! [Pv Jace]

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MessageSujet: Orage, ô désespoir ! [Pv Jace]   Orage, ô désespoir ! [Pv Jace] EmptyVen 5 Aoû - 22:51

Les nuages de chaleur avaient bien fini par se transformer en nuages d'orage, et la lueur à peine voilée d'un chaud soleil d'été s'était transformée en une pénombre digne de l'apocalypse, d'une façon ordinairement si rapide qu'elle n'avait pas surpris la jeune femme. Elle sortit sur le pas de sa porte, les pieds nus sur le bois de l'avancée sur pilotis de sa maison perdue dans la forêt. La clairière, qui plus d'un siècle en arrière avait été agrandie pour cultiver sans doute un carré de terre à peine plus grand que la moitié d'un champ nécessaire à une survie commerciale, était baignée d'une atmosphère particulièrement morne, comme si la menace des nuages pouvait à elle seule menacer toute vie présente entre les arbres et autour de la maison. Le vent qui serpentait entre les herbes avait quelque chose de glacé, d'insidieux. Elle ne savait pas quand, mais ça n'allait pas tarder à tomber. Et puisqu'elle n'aurait pas beaucoup de temps, autant s'y mettre tout de suite.

D'un pas décidé, elle retourna à l'intérieur et attrapa tous les outils nécessaires à la bonne réalisation de son projet du jour. C'était un jour de relâche, certes, mais en aucun cas une raison pour ne pas travailler. Et certainement pas l'occasion de perdre de la marchandise. Et puis ce serait aussi l'occasion de penser à autre chose. Les orages ne l'avaient jamais spécialement dérangée, au contraire elle avait passé de longues années à apprécier leur attente et leurs effets depuis divers endroits : le grenier de son ancienne maison à Quederla, sa chambre dans la belle maison de pierres de ses parents en Irlande, celle qu'elle avait loué sous les toits, quelques fois au beau milieu d'un camping, à couvert de n'importe quoi qui ne soit pas un arbre ou métallique, entre l'envie d'en rire et de trembler de peur... Mais depuis près de sept ans, les orages signifiaient souvent une humeur de chien de la part de David. L'électricité ambiante ne venait pas simplement du dehors, et comme il voulait toujours passer le plus de temps possible en sa compagnie lorsqu'il était à la maison, il lui paraissait impossible d'échapper à cette tension constante qui émanait de sa personne, même si elle ne faisait que lire dans la même pièce que lui ou qu'il était censé faire quelque chose pour laquelle elle ne le dérangeait sous aucun prétexte. Et cette tension revenait se poser sur sa nuque, se distillant dans ses muscles comme un venin particulièrement insidieux, à chaque fois que l'humidité ombrageuse d'un orage pointait le bout de son nez à toute heure du jour et de la nuit. Partout où elle se trouvait -et c'était encore pire quand elle était à la boutique-, une ombre se glissait derrière elle, prête à lui sussurrer comme une mauvaise rengaine ce qu'il convenait de faire ou de ne pas faire, comme si son propre cerveau décidait que le temps d'un orage, elle devait revivre le cauchemar de la contrariété grandissante de David, à chaque pas, à chaque souffle, à chaque chose en ordre ou en désordre. Elle le sentait elle-même en ces jours assombris qu'elle ne tenait pas ses mains ni son dos de la même manière, elle cherchait sans cesse de quelle façon il convenait le mieux d'attraper telle ou telle chose ou encore si telle tâche entrait dans les convenances ou non, comme si quelqu'un allait venir la voir exprès là dans la seconde pour lui dire qu'elle ne respectait pas un certain protocole que même en 1850 on avait déjà abandonné dans les cours royales les plus arriérées d'Europe. La nonchalance habituelle qui animait ses gestes allait se raidir à cause de son dos de plus en plus crispé, mais elle devait lutter contre ça. Elle devait se concentrer sur autre chose, ne plus y penser. Ou au contraire, si, le faire mais de façon constructive.

Quand elle ressortit, le ciel lui paraissait un poil moins sombre. L'orage s'éloignait peut-être un peu, elle aurait plus de temps, finalement. Ses outils dans un grand seau en fer, elle s'approcha de la première allée de fleurs, les plus fragiles, et s'agenouilla sur le sol pour commencer à les couper, les disposant dans un grand panier d'osier qu'elle avait attrapé au passage. Un peu rustique, comme méthodes, mais le luxe de sa vie passée ne lui manquait pas le moins du monde. Au contraire, elle avait l'impression de revenir à quelque chose qui lui ressemblait plus, même si par ailleurs elle aurait pu jouer les maîtresses de bonne maison si tel avait été son choix ; les conditions qui l'avaient amenée à tenir cette fonction lui avaient finalement donné une appréhension profonde envers tout type de luxe et surtout pour les personnes vivant dedans. Avec une dextérité toute professionnelle, elle coupait les tiges une à une et plaçait ses petites protégées de sorte qu'elles ne s'abîment pas les unes les autres, chaque geste se répétant jusqu'à presque devenir absurde, un absurde absorbant, hypnotique, un tourbillon introspectif impitoyable et cruel. Et surtout qui la coupait du monde. Elle se rappelait tous ces gestes qu'elle avait fait pendant des années de façon machinale, comme dans un état second, guidée par la peur du faux pas, celle de ne pas avoir le temps de tout faire, qu'un détail ne puisse la conduire vers un éclat, une punition quelconque mais toujours douloureuse, plus sur le plan moral que sur le plan physique, autrement dit de la pire espèce. Des petits mots a priori sans importance qui vous trottait dans la tête jusqu'à se glisser sous votre peau et empoisonner chacun de vos souffles, chaque cellule de votre peau et vous pourrir l'existence jusqu'à la moelle. Il lui avait fallu du temps pour oublier et s'en remettre, la douceur mielleuse avec laquelle David avait instiller en elle ces nouvelles habitudes aidant pour beaucoup à accepter ces changements comme un trait de son don d'adaptation pour sa survie et non pas comme une preuve d'un caractère soumis et malléable à souhait. On se rassure comme on peut.

Elle avait fini de s'occuper des fleurs les plus délicates et d'une autre variété, cela faisait bien une heure pleine qu'elle travaillait et elle allait continuer, tant absorbée dans sa tâche que rien ni personne ne semblait pouvoir l'en détourner. Sa blouse écrue croisée et nouée autour de sa taille se mouchetait légèrement de vert par endroit, mais le pire était sans doute son pantalon vert sombre tout tâché de terre aux genoux. Avec cette tenue de camouflage, on ne risquait pas de la remarquer à couvert de ses allées d'arbustes en pot, sa petite taille lui permettant d'être, une fois à genoux, à une distance assez courte du sol. Ce n'étaient pas non plus les pâquerettes coincées dans la longue tresse de côté qu'elle s'était faite le matin qui risquaient de la faire repérer dans son jardin rempli de fleurs en tous genres, même si un œil avisé aurait pu repérer sa chevelure rousse à travers les feuilles de buis en pleine croissance. Ce fut pour cette raison qu'elle ne bougea pas quand il lui sembla entendre distinctement des bruits de pas, certes légers mais bien présents, à proximité. Elle se saisit de son sécateur, tenant fermement le manche pour ne pas qu'il s'ouvre, ayant l'impression de retenir son souffle, une désagréable sensation de picotement dans la nuque et le bas des reins. Le ciel s'était rassombri depuis quelques minutes. La tension ne pouvait pas être plus grande. Et si quelqu'un s'introduisait chez elle, il était hors de question de signaler sa présence. Même s'il y avait peu de risques qu'elle tombe sur un énième taré, elle ne voulait laisser de chance à personne en la matière. La seule chose qu'elle se reprochait était de ne pas avoir été assez attentive pour savoir exactement où se situait la personne, et son jardin constituait un excellent endroit pour se dissimuler entre toutes les plantes parfois très grandes qui s'y trouvaient. Elle sentait l'adrénaline monter, son cœur cogner tout doucement mais sûrement à ses tempes. Décidément, même dès lors elle continuerait à détester les jours orageux.
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MessageSujet: Re: Orage, ô désespoir ! [Pv Jace]   Orage, ô désespoir ! [Pv Jace] EmptySam 6 Aoû - 16:02

Revenant d'un long voyage de plusieurs semaines, Jace avait eu le temps durant son périple de penser à ce qu'il avait aperçu cette nuit-là dans la forêt. Le temps d'y penser mais aussi le temps pour s'instiller cette pensée profondément dans son esprit, et d'une telle manière que rien d'autre ne trouvait plus grâce à ses yeux en matière de réflexion qu'essayer de comprendre. Ainsi il avait eu beaucoup de mal à profiter pleinement de la découverte de nouveaux lieux dont l'Histoire l'aurait fasciné en un autre moment. Mais désormais, il était de retour à Quederla, et dès le lendemain de son arrivée, il avait rejoint la forêt, à la quête de ce mystérieux symbole, gravé sur une pierre, mais aussi tracé sur son épaule.

 Il retrouva assez aisément cette simple pierre, mais ne put rien en déduire. Une pierre, comme une autre. Seule cette marque la différenciait des autres. Mais pourquoi quelqu'un l'aurait-il alors tracée ? C'est à n'y rien comprendre. Sans même prendre le temps nécessaire à une réflexion bien menée, il s'enfonça dans la forêt suivant son instinct, ainsi que le sentier principal, le seul présent à ce niveau-là. Entre les cimes des arbres altiers, il apercevait les nuages s'amonceler, et rabattu donc sa capuche, après avoir aperçu une bûche. Il ne savait pas pourquoi, il ne craignait pas la pluie. D'autant plus que sous l'orage il se sentait bien plus vivant. Mais toute forme de présence humaine éventuelle l'incitait à mettre celle-ci, comme pour mieux soigner son entrée. Or, la présence d'une bûche en plein milieu de la forêt suggérait des bucherons ou une activité humaine à proximité.

 Il continuait à progresser quand machinalement il s'essaya à exercer son pouvoir comme à chaque fois qu'il appréhendait ce qu'il allait trouver. Rien, le néant. Paradoxalement. Ainsi la rumeur était bel et bien fondée. Sans ses pouvoirs il devrait continuer à avancer. Mais il n'avait pas vraiment peur. Ce symbole si intriguant n'était pour lui que réconfortant. Il était peut-être en passe de lever le voile de l'un des plus grands mystères qui l'entourait! C'est plongé dans cette réflexion qu'il découvrit découvrit quelque chose. Une vieille souche couverte de mousse, mais dont l'infime partie découverte laissait apparaître une marque, comme si quelqu'un avait gravé quelque chose. La partie de la marque visible révélait une ligne arrondie, suggérant qu'il avait retrouvé ce signe. Il arracha la mousse pour ne trouver qu'un cœur, grossièrement gravé. La mélancolie s'empara de lui un instant avant qu'il ne blinde son esprit de nouveau. Maudite météo, si prompte a révéler les maux.

Repartant de plus belle, d'un pas plus rapide et assuré après s'être comme réveillé, il finit par déboucher sur un splendide jardin qui n'avait rien à voir avec les chênes et les cyprès qui l'avait jusqu'alors entouré. Cette végétation était bluffante, mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir oppressé parmi ces plantes florissantes, dont il ne connaissait pas l'once du quart de la moitié. Il s'avança prudemment, à défaut de pouvoir être discret en pareil milieu, pour essayer de comprendre comment un tel environnement pouvait exister ici. Il aperçut au loin une cabane quand son instinct lui fit comprendre que quelqu'un ou quelque chose l'observait. Il mit ainsi la main sur le pommeau de son couteau, restant suffisamment lucide pour se rendre compte qu'une rapière ne serait d'aucune utilité en un milieu aussi dense.
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MessageSujet: Re: Orage, ô désespoir ! [Pv Jace]   Orage, ô désespoir ! [Pv Jace] EmptyJeu 18 Aoû - 20:20

Un instant, elle crut avoir rêvé ; le temps d'un quart de seconde, une suspension insoutenable, un vide absolu comme si le monde avait arrêté de tourner le temps de cette fraction de seconde, une asphyxie spatiale et temporelle qui situait cette intrusion malvenue dans un second plan de la réalité, un onirisme à la fois détestable et si tentant. Certes, se rendre compte qu'elle était paranoïaque à ce point ne lui ferait pas plaisir, elle ne pouvait pas nier qu'elle préférerait de loin n'avoir aucun être vivant en ce moment à proximité. Surtout si l'être vivant en question était un humain. A la rigueur un petit renard ou un sanglier pourrait encore l'arranger, même si après mûre réflexion -d'un dixième de seconde-, il était plus facile de négocier avec un humain qu'avec un sanglier contrarié. Encore que la détermination de certains hoinidés n'avait rien à envier à l'entêtement de ces drôles de bêtes. Cependant, elle devrait faire avec ce qui se promenait en ce moment dans son jardin.

La tension était palpable, et pas seulement à cause du temps qui d'un moment à l'autre risquait de virer à une pluie diluvienne. Et pas seulement non plus à cause de la propre tension qu'elle sentait dans son dos et ses jambes, déjà prêtes à la faire se relever le plus rapidement possible. Il y avait quelque chose, quelque part, qui se méfiait aussi. Elle ne savait pas vraiment comment l'expliquer ni comment elle pouvait le ressentir, mais c'était comme un instinct de survie gravé à jamais dans sa chair. Présence égal danger, c'était tout ce qu'il fallait retenir dans l'équation réduite à sa plus simples expression. Le pire restait qu'elle ne savait absolument pas quoi faire si elle devait bel et bien faire face à un intrus malintentionné. Attaquer ? Courir jusqu'à la maison et s'enfermer ? Crier au cas où quelqu'un l'entendrait ? Toute une panoplie de bien jolies idées qui ne rimaient à rien, si ce n'était à se faire repérer. Et qui mieux qu'elle pouvait savoir que se faire repérer était la mauvaise idée par excellence ? Toujours rester discrète, se fondre dans le décor, n'être rien d'autre qu'un élément comme un autre, à peine vivant pour ne pas risquer de mourir. Mais bon sang, tout de même, un intrus dans son jardin, chez elle ? Oui, chez elle, pas au domicile d'une autre personne, c'était son espace, régi selon ses règles et ses envies. Elle n'avait aucune raison de rester transparente. Sauf si bien sûr, la personne en question était là pour de mauvaises raisons. Dans ce cas, il convenait plutôt de faire la morte par avance, histoire de prendre un petit acompte sur le sommeil éternel et un petit crédit sur la vie.

Il s'était écoulé moins d'une minute depuis qu'elle avait entendu les bruits de pas, et elle n'avait toujours pas décidé quoi faire. S'il y avait bien quelqu'un à quelques mètres d'elle en cet instant, plusieurs options s'offraient à elle : appeler pour voir s'il y aurait une réaction quelconque, se lever d'un bond pour effrayer l'intrus -idée brillante si la personne en queston était armée et prête à intervenir-, ou attendre bêtement que la personne ne lui tombe dessus et voir ce qu'elle voulait. La panoplie de la parfaite potiche de maison, il devait bien y avoir autre chose à faire. Déjà, se renseigner. Profitant de sa petite taille, elle jeta un coup d'oeil plus attentif à travers le feuillage des buis en pot et malgré un manque cruel de lumière, elle discerna entre les petites feuilles foncées une haute silhouette sombre, encapuchonnée ; un bien mauvais signe, une mauvaise augure sur deux jambes visiblement solides, et des intentions nébuleuses, à peu près aussi opaques que l'épaisseur de l'étoffe qui empêchait de discerner ses traits. Le peu d'informations qu'elle parvenait à récolter sous cet angle de vue lui disaient que c'était un homme. Une autre mauvaise nouvelle parmi tant d'autres qui pouvaient s'accumuler au fil des secondes, même si pour l'instant elle ne pouvait rien savoir de plus. Une manière comme une autre d'être obligée de faire l'autruche.

Finalement, elle se décida. Presque deux minutes entières s'étaient écoulées pendant lesquelles elle n'avait absolument pas bougé. De ce qu'elle voyait, l'inconnu se trouvait encore vers l'entrée du jardin, elle était plutôt proche de sa cabane. En restant près du sol, elle contourna les allées par l'autre côté, essayant de se faire la plus discrète possible dans le silence mortifère qui planait sur la clairière. Elle n'était pas sûre de rester parfaitement invisible ni inaudible, mais elle connaissait les petits endroits par lesquels passer pour rester sous la surface des plantes les plus hautes ou les plus fournies. Ses pieds frôlaeint l'herbe verte et tendre, ses yeux tentaient de s'accrocher à la position que devait avoir la silhouette indésirée. Elle se donnait l'impression d'être un animal en pleine traque. Un animal pas très adroit, et certainement moins agile qu'elle n'aurait souhaité l'être, mais elle faisait comme elle pouvait. Le comble du ridicule serait qu'il la remarque, mais elle priait pour que ça ne soit pas le cas ; elle faisait de toute façon attention à ne pas faire de bruit. Le moins possible, du moins.

Quand elle eut fait le tour des limites plus ou moins floues de son jardin et qu'elle parvint dans le dos de l'inconnu, à deux bons mètres, elle se demanda l'espace d'un bref instant ce qu'elle allait faire. Lui sauter dessus par surprise ? Il ne valait mieux pas, elle se rappelait de trop cuisants souvenirs avec ses frères lorsqu'elle tentait de résister à leurs assauts certes fraternels mais profondément agaçants et surtout injustes. Alors tenter le diable avec un inconnu n'était peut-être pas la meilleure des choses à faire. A la tactique fourbe, elle préféra essayer la surprise. Elle espérait seulement qu'il n'était pas armé et surtout qu'il n'ait rien entendu.

« Je peux peut-être vous aider ? » lâcha-t-elle finalement d'une voix sonore, le sécateur toujours à la main. C'était le moment de vérité.
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MessageSujet: Re: Orage, ô désespoir ! [Pv Jace]   Orage, ô désespoir ! [Pv Jace] EmptyVen 19 Aoû - 17:09

Cela faisait bien quelques minutes qu'il scrutait ce jardin si atypique, tantôt tentant de glaner quelque information sur ce qui pouvait se terrer dans la végétation, tantôt contemplant cette magnifique végétation. Il se résolut finalement à progresser quand soudain un bruit, non, plutôt un son retentit. Il s'agissait en réalité d'une voix. Située derrière-lui. Proche. Trop proche. Il tira instinctivement sur le manche de son couteau qu'il dégaina en se retournant se mit en garde en une fraction de seconde. Puis il s'aperçut qu'il s'agissait d'une question tout ce qu'il y a de plus banal. Il abaissa alors presque instantanément son couteau, se sentant idiot d'avoir réagit de cette manière, d'autant plus que son "agresseur" ne semblait absolument pas menaçant. Il la toisa rapidement avant de définitivement en conclure qu'il ne courrait aucun danger. Il conserva toutefois son couteau à la main, se rappelant qu'il n'avait plus ses pouvoirs, et qu'il valait mieux prévenir que guérir.

En effet, si certains combattants trop téméraire auraient baissés leurs armes et auraient peut-être même été pris d'un fou rire face à cette situation, Jace, lui, ne céda pas face à l'ironie de la situation: une jeune femme, particulièrement petite, à la toison rousse et aux yeux bleus, le toisant d'un air presque menaçant un sécateur à la main. Elle lui ferait presque penser à un petit écureuil. Sauf qu'on n'a jamais encore vu d’écureuil un sécateur à la main.

Un dilemme se pose alors, qui paraîtrait absurde à tout autre, mais qui a de l'importance: comment réagir ? Il est évident qu'il va répondre, mais sa cape, avec le port de sa capuche doivent paraître assez menaçant, et surtout à cette minuscule dame, même si elle ne semble pas vraiment intimidée. Connaissant les rudiments du savoir vivre, il décide d'ôter la partie de son habit masquant son visage, d'autant plus qu'elle gêne sa visibilité, donc ne serait que peu pratique lors d'un affrontement.

Presque une longue minute s'est écoulée quand il révèle enfin son visage en répondant finalement d'une voix hésitante et timide: « Connaissez-vous bien cette forêt ? » Il raffermit sa prise sur son arme en attendant la réponse.

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MessageSujet: Re: Orage, ô désespoir ! [Pv Jace]   Orage, ô désespoir ! [Pv Jace] EmptyJeu 25 Aoû - 22:14

Elle crut comprendre qu'elle venait de surprendre l'intrus dans son jardin et ne fut pas mécontente de son petit effet. Elle était certes encore loin de la classet et l'envergure des héros des livres de Sergio Leone dont son père était fan, mais elle se contenterait aisément d'une petite surprise bien ménagée. Comme elle s'en était convaincue, elle était chez elle ! Elle pouvait bien utiliser sa connaissance du terrain pour éviter aux intrus de prendre le dessus immédiatement. En revanche, au vu de l'arme qu'il tenait en main, s'il décidait de prendre le dessus dans la minute, il aurait l'avantage avant même d'avoir entamé un geste pour commencer. Elle n'était déjà pas une foudre de guerre, l'inconnu faisait plus d'une tête de plus qu'elle. Ah ça, pour être imposant, il l'était ! Et sa tenue n'aidait pas à le trouver rassurant, même s'il avait sûrement ses raisons de porter une telle tenue. Malheureusement, aucune raison que l'on pourrait donner sans en savoir un peu plus ne serait autre qu'inquiétante, irrémédiablement. Cacher son identité par exemple, qui impliquerait qu'il serait recherché ou qu'il ne faudrait pas qu'il soit vu en ville ; ancien malfrat, tueur en série en activité, jeune homme poussé par des véléités vengeresses suite à une quelconque tragédie d'enfance. Dans tous les cas, ça ne présageait rien de bon car si elle venait à le voir alorsqu'elle n'aurait pas dû, il pourrait vouloir se débarrasser d'un éventuel problème sur deux pieds, même s'il y avait peu de chances pour que Neyth connaisse l'identité de cette personne. Certes en tant que commerçante, elle en avait vu défiler, du monde, mais ce n'était pas suffisant. Deux ans d'études, quatre ans de séquestration, près de dix ans de retour en Irelande, combien d'évènements avait-elle pu rater ? Une infinité. Il aurait été improbable qu'elle tombe à nouveau sur un fou ou un magnat du couteau, mais sa malchance légendaire pouvait encore la conduire au très connu « jamais deux sans trois » qu'elle redoutait plus que tout. Et ses gestes assurés ne lui disait rien qui vaille sur la nature de son anonymat textile, un tueur à gages payé par quelqu'un en ville pour aller jusqu'au manoir de façon discrète, par un chemin détourné ? Ce qui serait sans doute un échec, on allait pas jusqu'à cet endroit sordide à moins d'y être fortement obligé.

Il abaissa finalement son arme, vraisemblablement moins enclin à se battre en la découvrant comme menace plus que risible. Même si avec un bon entraînement, elle aurait pu faire une excellente exécutante, au vu de l'effet comique qu'elle produisait à chaque fois qu'elle avait pitoyablement essayé même de se défendre elle-même. Il y avait de quoi rire devant ce face à face en chien de fayence, pluôt atypique, dans un jardin qui n'avait rien d'un décor de duel et tout d'un cadre pour une rencontre exceptionnelle digne de Madame Butterfly dans le meilleur des cas, d'une opérette d'Offenbach avec plus de malchance, mais on était loin des classiques duels à l'épée pour sauver son honneur ou des passages étroits et boueux que l'on imaginerait parfaits pour les bagarres de rues. Et leurs postures témoignaient bien de desseims pour l'heure peu amicaux encore que pas nécessairement hostiles. Mais il y avait bien de quoi rire : un petit bout de bonne femme qui surprenait un grand gaillard avec l'allure et la carrure du chasseur, rappelant d'une certaine façon l'adage que l'on sort de façon bienveillante aux enfants lorsqu'ils prennent peur devant un insecte ou une souris. « Ce n'est pas la petite bête qui va manger la grosse. » Adage que l'on sort d'ailleurs sans faire fi de ces horribles petites choses diverses et variées que l'on voit dans les livres de biologie au lycée ou à l'université et qui sont particulièrement voraces mais heureusement bien éloignées de Quederla. Même si par ailleurs certains Domae pourraient en attirer quelques unes. Mieux valait ne pas y penser, d'ailleurs, car en ce cas précis, la petite bête ne mangerait certainement pas la grosse et ne lui ferait absolument pas peur, c'était certain.

Il finit enfin par relever sa capuche et la rabattre sur ses épaules. Un homme, plus jeune qu'elle, vraiment jeune, même, la vingtaine tout juste, sa stature lui paraissant toujours floue avec sa cape et sa tenue. Cheveux châtains, yeux noisettes, pas de signe distinctif, le teint hâlé, rien qui ne puisse lui donner un quelconque indice sur son identité. Ce n'était pas un mal en soi, être discret ça avait du bon. La seule chose qui l'intéressait dans le fait de voir son visage, c'était qu'il n'avait pas d'intentions belliqueuses, à première vue. Sa légère maladresse en disait aussi long sur ce qu'il devait sans doute être, mais elle ne préférait porter aucun jugement hâtif. Elle n'avait plus besoin de garder pour elle la peur et l'appréhension qu'elle ressentait face à une menace sans nom ni visage. Comme quoi, les années de cohabitation avec David lui auraient au moins servi à quelque chose, même si elle aurait préféré ne pas avoir à contenir sa peur pour paraître la plus froide et la plus impassible possible dans une situation qui aurait pu la faire trembler comme une feuille autrement. Encore que sa froideur d'esprit lui faisait parfois accomplir des miracles selon la logique humaine.

Puis elle entendit le son de sa voix et d'une certaine manière, elle se détendit.Timide, hésitante, même s'il assurait à nouveau sa prise sur son couteau. Un angoissé ? Quelqu'un qui n'aimait pas la compagnie des gens ? Un timide maladif ? Elle trouverait bien mais elle n'était pas pressée de connaître la vérité du moment qu'il ne comptait pas lui faire du mal. Avec un infime sourire, elle se fit moins menaçante avec son sécateur, le tenant beaucoup plus nonchalamment. Elle engagea sa réponse avec un léger haussement d'épaules :

« Plutôt bien, oui. Mais tout dépend de ce que vous y cherchez. A part les cueilleurs de champignons on ne peut pas dire qu'on voie passer beaucoup de monde dans les parages. »

Un roulement de tonnerre se fit entendre un peu plus loin. Instinctivement, elle tourna la tête vers l'endroit d'où cela provenait. Une averse pouvait débuter d'une minute à l'autre dans le coin. Ce fut la fleuriste qui fit un premier pas vers l'inconnu, aussi bien physiquement que moralement :

« Je m'appelle Neyth Shalindrak, je suis fleuriste en ville. Vous pouvez ranger votre couteau, ce n'est pas moi qui pourrais vous faire grand chose. Au contraire, vous auriez bien plus vite fait de compter sur ma capacité à me blesser moi-même avec mon sécateur. »

Une petite pointe d'humour, ça ne faisait de mal à personne.

« Et si vous me disiez plutôt ce que vous faîtes dans le coin, mmh ? »
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MessageSujet: Re: Orage, ô désespoir ! [Pv Jace]   Orage, ô désespoir ! [Pv Jace] EmptyDim 28 Aoû - 14:24

La voyant se détendre et relâcher sa prise sur son arme de fortune, il fut rassuré et détendit sa poigne sur son outil. Il ne s'agissait visiblement ni d'une Domae, ni d'une membre de l'ordre, et encore moins d'une criminelle de grand chemin. Quoique son jardin luxuriant lui rappelait bien certains contes pour enfant dont les tenants étaient tout sauf rassurant pour celui qui s'aventurait dans la forêt. Quand il l'imagina en sorcière dévoreuse d'enfants, il ne pu s'empêcher d'esquisser un léger sourire devant le ridicule de ses pensées présentes, sourire qui répondit à celui qu'elle avait adopté un instant plus tôt.

À sa première réplique, il comprit la force de son erreur, lui qui se voulait discret. Quel idiot! Il n'avait évidemment pas l'air d'un cueilleur de champignon. Ni même d'un bûcheron ou de tout autre personne qui travaillerait dans la forêt. Il n'avait pas prévu de couverture ou d'explication pouvant justifier sa présence. Mais après tout, il n'était pas hors-la-loi, il pouvait juste avoir eu l'envie de se promener au grand air. Mais non, il n'était pas crédible avec sa longue cape l'enveloppant. Il s'imagina se rencontrer au milieu des bois, et il comprit la réaction de cette petite femme qui semblait assez courageuse.

 Le tonnerre retentit l'interpellant dans ses pensées. Il la vit alors avancer d'un pas. Il raffermit légèrement sa prise sur son couteau. Elle se présenta alors. Une fleuriste? Cela semblait cohérent à la vue du lieu. Toutefois, si son sourire s'agrandit devant son ironie, il la jugeait tout de même capable de se défendre. Elle semblait tout de même assez forte et peu docile, surtout pour un petit bout de femme de cette carrure. Quoiqu'il en soit, il ne comptait pas se battre. Cela l'avait toujours dérangé d'affronter des femmes, même des Domae. Non pas qu'il les considérait comme inférieures, mais c'est surtout qu'il avait toujours été assez galant.

 Survint alors un dilemme avec sa question. Qu'allait-il lui dire? Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait qu'il pouvait lui confier les raisons de sa visite sans risque que cela ne s'ébruite trop. En effet, il semblait évident qu'elle récoltait sa marchandise dans ce jardin, et la maison qu'il apercevait devait être la sienne. Or, si elle vivait ici, c'est qu'elle était assez solitaire, donc il y avait peu de chance que ce qu'il dirait fasse le tour de la ville. D'autant plus que même si elle était une commerçante, et que ces derniers avaient tendance à discuter avec leurs clients, il pourrait probablement l'intimider si il jugeait son caractère trop enclin à révéler ce qu'il ne faut pas. Mais ce qui le persuada vraiment, c'est avant tout qu'elle semblait assez bien connaître cette forêt et qu'elle pourrait alors l'aider dans sa quête. Il se racla la gorge pour éviter d'avoir une voix trop chevrotante, et poursuivit cette conversation atypique:
« Je m'appelle Xetros. Jace Xetros.»
Sa voix était plus ferme et son ton plus assuré. Il prit une profonde respiration et releva alors sa manche gauche et montra son tatouage à son interlocuteur.
« Avez-vous déjà vu cette marque dans les parages?»
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