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 Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson]

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MessageSujet: Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson]   Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] EmptyLun 22 Aoû - 16:21


Commerce des indulgences

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« C'est infaillible : avec deux packs, il ne peut y avoir d'autres solutions envisageables que celle de me laisser entrer ! Tout est calculé. »
Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] K2wj

« Et comment tu vas les porter jusqu'à chez lui, avec tes ailerons de poulet et cette béquille ? »
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« ... fichtre. »

L'homme placé devant lui dans la file s'était retourné, pensant être concerné par les discussions du petit bonhomme à la tête fleurie dans son dos. L'acheminement des boissons du rayon jusqu'à la caisse du magasin relevait déjà de la prouesse physique, compte tenu de la béquille qui prolongeait son bras et l'empêchait donc d'y faire appel pour répartir le poids des deux packs de petites bouteilles ; aussi le trajet à effectuer encore jusqu'au domicile d'Alaric ne manquerait pas de se transformer rapidement en une performance olympienne, ou au moins digne d'une représentation au cirque itinérant en la compagnie des clowns. Il aurait certes été de bon goût de songer à ce genre de détails avant de faire pleuvoir les piécettes triangulaires entre les mains de l'employée de caisse, et nulle compliment de celle-ci sur la qualité de sa couronne de fleurs n'allait résoudre ce problème de dernière minute. Alors, à défaut de mieux, le scientifique dut se contenter du sac fourni dans lequel il entreposa ses achats, avant de le passer sur l'épaule de son bras libre. Des bières et du Perrier, double attention qui lui pèsera désormais sur le dos jusqu'à ce qu'il soit arrivé à destination, comme un dernier prix à payer pour le manque de respect desservi à leur futur bénéficiaire.

Les docteurs se sont montrés formels : immobilisation du genou et limitation des appuis. Pour cette raison, le petit Higgsbury était soumis au port obligatoire d'une attelle sur sa jambe droite, placée par-dessus son pantalon, ainsi qu'au soutien nécessaire d'une paire de béquilles. Arrivé toutefois en fin de traitement orthopédique, il pouvait se permettre quelque liberté dans la gestion de ses déplacements, du moment qu'il respectait scrupuleusement les conseils avisés des médecins. Affronter les trois étages le séparant de son laboratoire était donc tout bonnement impossible dans son état, aussi s'était-il retrouvé assigné à résidence, jouissant de congés forcés qui, en un sens, arrangeaient assez ses affaires. En effet, l'occasion était en or pour la personne chargée de saccager sans ménagement son lieu de travail, avec toute la liberté du monde pour ruiner définitivement les années de travail accumulées dans ses tiroirs. Au cours de son hospitalisation, l'intello à cornes avait pu recevoir la visite de Kira Seryk, d'une part avec la bienveillance de prendre des nouvelles de celui que son As Domae avait passablement abîmé, tel une piñata remplie de bonnes et juteuses vérités sur les causes de la perte de pouvoirs ; d'autre part, pour convenir d'une date à laquelle elle pourrait accéder à la requête du scientifique et aller détruire les dernières preuves de sa culpabilité, avant que l’entente éphémère entre les Familles ne justifie la visite des Élémentis, au risque de faire de bien sombres découvertes dans le bureau de celui qu'ils avaient pourtant fait éliminer des années plus tôt.

Peinant à trouver un équilibre durable avec le poids des boissons suspendues à son épaule gauche, Wilson fut amené à s'arrêter à de nombreuses reprises afin de repenser sa stratégie de locomotion, dans un souci de confort personnel ou pour éviter d'éveiller les quelques douleurs persistantes au niveau de ses côtes. Fort heureusement, la période estivale laissait au soleil l'autorisation de briller plus longtemps dans le ciel en fin de journée, de quoi laisser le phobique de son pendent nocturne arpenter les rues sans crainte de voir l'obscurité lui tomber dessus par surprise. D'une main libre et mutilée d'un doigt, il replaça la couronne de fleurs qui tendait à fuir son scalp dans sa démarche clopinante. Le bureau du consultant n'était plus très loin désormais, il espérait au fond de lui que le blond s'y trouve bel et bien. Travaillant, selon les dernières nouvelles, aux côtés de la juge Rothschild pour une affaire, il y avait une chance non négligeable pour qu'il se trouve actuellement au cabinet de cette dernière. Dans ce cas de figure, le petit livreur estropié se verrait dans l'obligation de déposer les packs de bouteilles devant la porte de l'appartement de Watson, puisqu'il se voyait assez mal les rapporter chez lui. L'absence de lumière visible depuis l'extérieur accorda un peu de crédit à cette éventualité, mais il prit malgré tout le parti d'aller toquer directement à sa porte pour en avoir le cœur net.

Se révéla alors à lui sa dernière épreuve de la soirée, à savoir les escaliers. Les évitant d'ordinaire comme la peste elle-même, de peur de ne plus jamais pouvoir disposer à nouveau correctement de sa jambe, si son genou venait à être plus usité que ce qui était toléré, il lui fallait pourtant affronter ces marches si cruelles envers sa condition de semi infirme. Et ne pouvant décemment espérer maintenir un équilibre adéquat, puisque sa patte immobilisée allait forcément le faire tanguer du côté de ses courses lors de l'ascension, il opta pour une méthode certes laborieuses mais efficace. Après avoir déposé sa lourde charge deux à trois marches devant lui, le chimiste s'attardait ensuite à les grimper une à une, rambarde et béquille à l'appuie, afin de convoyer sa jambe tendue de force. Un manège qu'il réitéra autant qu'il le fallait pour atteindre sa destination, un tantinet essoufflé au moment de faire face à l'entrée de l'appartement. Sac à terre devant ses pieds, Wilson se manifesta à la porte et attendit sagement, gigotant occasionnellement sur place pour faire partir les fourmis qui se faufilaient dans ses muscles.

Rien ? Avec une moue ennuyée, il dut malgré tout se résoudre à tourner les talons à un moment donné, laissant tout d'abord les courses derrière lui avant de se figer dans son départ. Qui sait si un voisin malveillant n'allait pas profiter de l'absence d'Alaric pour subtiliser ses boissons, pourtant soigneusement triées sur le volet ? Cette pensée lui déplut fortement, tant et si bien qu'il remit finalement le sac sur son épaule pour repartir ensuite, priant intérieurement pour qu'aucun courant d'air n'encourage le poids à se balancer en avant en emportant le frêle Higgsbury dans la foulée. C'est alors que le bruit de la poignée retint son pied dans le vide, la tête tournée vers la porte qui avait enfin daigné s'ouvrir. Luttant sur sa marche pour faire demi-tour et revenir sur celles qu'il avait descendu par manque de patience, comme si on venait de le prendre en flagrant délit de fuite, sa petite personne alla se représenter convenablement sur le pallier, saluant son interlocuteur d'une voix aussi légère que nerveuse :

Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] Nzxw

« Alaric ! Bonsoir ! Ah... est-ce que tu veux bien... ? Je crois que le sang a cessé de circuler dans mon bras il y a deux rues de cela. »

Épaule tendue vers l'avant, il ne comptait que sur l'intervention du consultant pour le soulager de ses courses et, par la même occasion, permettre à la moitié de son corps de revenir progressivement à la vie telle qu'il la connaissait avant le joug des packs de plusieurs kilos.
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MessageSujet: Re: Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson]   Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] EmptyVen 26 Aoû - 23:49

Aucune tranquillité

 
*T’es sur, que tu veux rester-là ?*
« J’ai du boulot, Will. »
*J’sais bien mais, t’arrête pas depuis quelques jours. C’est à peine si tu prends l’air.*
« C’est un dossier important… »
*Tu peux bien faire une pause cinq minutes. Il faut que tu te sortes la juge de la tête et…*
« J’ai dit NON William ! »

Ta réponse été trop franc.
Trop sec.
Une grosse pointe de colère plane au-dessus de ta tête et qui n’attendait qu’une seule chose, l’autorisation d’exploser au grand jour. Mais tu l’as contenu tant bien que mal. Tu tentes de garder le plus gros pour toi. Ais avoir une personne aussi insistante auprès de toi ne t’aide guère. Il pense bien faire évidemment, tu le sais. Il est plutôt ennuyé de voir dans quelle situation tu trouves aujourd’hui. Qu’il prenne soin de toi est bienveillant certes, mais en ce moment, tu n’aspires qu’à une chose ; un peu de paix. Et ne penser à rien d’autre que tu dois fournir pour demain. Il soupire péniblement, mal à l’aise. C'est bien moche d'élever la voix sur un sourd. Mais il abandonne l’idée de te forcer. Attrapant sa veste, ses clés, te disant que si tu changes d’avis, tu le trouveras dans votre bar habituel. Tu hoches à peine la tête histoire de dire que le message est passé. Autant lui que toi croit moyennement au fait que tu puisses revenir sur ta décision. Une simple bonne soirée est lancée avant d’entendre la porte claquer.

Voilà le calme plat. N’est-ce pas agréable ? N’est-ce pas ce que tu voulais ? Étrangement, il paraît bien plus triste, fade que tu ne l’avais imaginé. Soupirant à mi-chemin entre la frustration, la colère et la peine, cela fait bien longtemps. Trop longtemps que tout un tas d’émotion mélanger n’ont pas eu l’occasion de rentrer en conflit comme actuellement. Et pour quelle raison ? Pour une fille bien sûr ! C’est toujours à cause d’une fille de toute façon. Qui d’autre après tout pourrait rendre un homme dans un tel état ? Abandonnant la paperasse qui traîne un peu partout dans le salon est qui te prend la tête, malgré le fait que tu tentes de te réfugier dedans depuis ta prise de bec avec la juge, c’est en allant en direction du placard que tu trouves un certain réconfort. Sortant de là, une bouteille de whisky, puis une clope soigneusement prise dans la poche arrière dans du pantalon. Et dont tu t’empresses d’allumer comme si ta vie en dépendait. La première bouffée est toujours des plus exquises. Puis un premier verre de servi qui remplit ton gosier d’une traite. Prenant le second en ta compagnie pour aller t’affaler sur le divan de tout ton long.

Tenir à quelqu’un n’a jamais été aussi problématique. Quoique ce ne soit pas un point que tu as eu la bonne idée d’aborder. La possibilité et le moment n'était pas de ton côté au vu des foudres qu’elle te lancer dessus, mieux valait garder cette information rien que pour toi. Ce n’est pas pour autant que tu as été des plus tendres dans tes réponses. De quoi regretter certains mots échangés. Comme si les évènements de la prise d’otages n’avaient pas suffi à te rendre à cran, il fallait que maintenant ce soit des emmerdes personnelles qui prennent le relai. Au fond tu savais bien que les choses allaient finir par ce savoir, gagner encore un peu de temps n’était plus possible. Eh oui, tu aurais dû prendre de l’avance est lui en parler plus tôt. Mais cela resté délicat, on ne balance pas comme ça du jour au lendemain qu’on offre son corps tous les week-ends pour arrondir difficilement les fins de mois ! Le bon moment ne semblait jamais vouloir faire surface. Quoiqu'il n’y en a jamais réellement pour ce genre de détail. Et voilà qu’au final, qu’à force de jouer avec le feu, celui à finit par te brûler sévèrement. Tout ce que t’y gagne c’est de perdre quelqu’un en qui tu tiens…

À moitié endormi par le manque de sommeil que tu accumules ces jours-ci. Entre le dossier de Vilmos, une enquête qui n’a ni queue ni tête pour un gamin sans la possibilité d’utiliser ses jambes, les dégâts des derniers mois qu’il faut gérer et remettre en place – avec le sourire qui plus est – et cette chère Rothschild. Il parait bien loin le temps où tu pouvais te permettre de souffler deux secondes. Et c’est une chose qui s’éloigne de plus en plus. Lentement, mais surement. Et d’un coup, comme si cela ne suffisait pas, voilà qu’on vient de frapper des petits coups à ta porte. Qu’as-tu donc fait au bon Dieu pour qu’il décide qu’on vienne t’emmerder à une heure pareille ? Tu restes immobile, le temps d’émerger de ta sieste, mais aussi avec l’espoir que cette personne fasse demi-tour en n’entends rien. Puis, la pénible possibilité que ce soit pour une raison importante, vient, elle aussi toquer à ton esprit. Et c’est dans le plus beau des jurons que tu finis par abandonner ton état de larves. Ta clope a fini par se consumer toute seule en l’ayant oublié dans le cendrier, alors tu te contentes du verre encore plein, buvant une gorgée pour te rendre avec celui-ci en direction de la porte.

L’ouvrant à la volée, ton visage – qui n’aborder déjà pas des masses de sentiments joyeux jusqu’à présent – ne fait que se renfermer davantage envoyant qu’il ne s’agit que du petit scientifique. À la limite d’un simple « à ce n’est que toi » qui pouvait potentiellement s’échapper de tes lèvres. Qui d’autre après tout ? Mademoiselle t’a bien fait comprendre son message après tout. Ce n’est pas elle que tu verras débarquer ici.

« Wilson… Tu tombes au mauvais moment-là… Je n’ai pas… »

Tu voudrais lui dire ce n’est pas le moment. Qu’il tombe mal, que tu as beaucoup de travail. Un mensonge plutôt vrai en somme. Que si c’est une question de boulot qu’il devra attendre demain. Mais après l’avoir détaillé rapidement, les mots restent bloqués au fin fond de ta gorge. Que lui était-il arrivé depuis votre dernier accrochage ? Qu’on se le dise depuis cette histoire, ni l’un ni l’autre n’a fait le pas pour arranger quoi que ce soit. Fierté était présente surement, mais chacun restait cramper sur ces positions. Et plus le temps passé, moins cela devenait possible. Tu le soupçonnes d’ailleurs de t’éviter soigneusement dans les couloirs. Enfin, peut-être aurais-tu fait le pas si tu avais eu vent de sa situation actuelle un peu plus tôt. Roulant des yeux de manière désinvolte, tu attrapes sans peine son sac bien rempli est, le laisse entrée en t’écartant du chemin. Refermant derrière lui, tu poses tout son bien dans le salon. Qu’est-ce qu’il pouvait transporter d’aussi lourd qui mérite le déplacement en personne, malgré sa béquille ? Enfin, entre sa béquille, son attelle et son doigt étrangement manquant, tu te demandes bien ce qui a pu lui passer la tête de porter un tel poids. Verre avalé cul sec que tu fais claquer sur la table en déposant brusquement. Bras croisé et regard dénué d’expression, tu finis par lâcher d’un ton presque cinglant :

« Que me vaut donc la raison de cette venue surprise, je te prie ? La dernière fois qu’on s’est vue, tu me chassais de chez-toi. Tu comptes en faire de même dans mon propre appartement ? »

Pourquoi passer par quatre chemins.
Inscrit en gros sur ton visage : tu es d’humeur exécrable.
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MessageSujet: Re: Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson]   Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] EmptyMer 7 Sep - 19:40


Commerce des indulgences

C'est une perche blonde aux cheveux hirsutes et aux traits les plus renfrognés que le petit Wil avait jamais eu l'occasion de constater sur son faciès, d'ordinaire imprimé d'une sympathique nonchalance, qui venait de lui ouvrir la porte. Enfin, porter le moindre commentaire sur le physique du consultant aurait été bien audacieux de sa part, quand bien même ils partageaient tous deux les signes d'un cruel manque de sommeil. Seule l'humeur pouvait encore les distinguer, alors que le scientifique faisait de son mieux pour s'accrocher solidement à son sourire nerveux, là où Alaric semblait passablement agacé de sa présence sur son pallier. Par chance, celui-ci troqua l'accueil à coup de porte dans le nez pour la réception du colis qui lui était adressé, à deux doigts d'emporter son livreur bancal sous la force de la gravité. Comme une libération, il fit rouler son épaule avec une mine soulagée une fois le poids enlevé, retrouvant son équilibre juste à temps pour pouvoir passer l'encadrement de l'entrée et se faufiler à l'intérieur de l'appartement, rendu bientôt en une copie de son propre chez-lui tant la paperasse et le désordre régnaient en ces lieux. Il le savait travailleur, mais pas au point de s'y enterrer vivant ; cela était davantage le propre du petit chimiste. Et il ne faisait jamais bon de lui ressembler de quelque manière que ce soit.

Le choc du verre claqué contre la table le fait sursauter, tirant ainsi son esprit de ces pensées pleines de jugement pour le focaliser sur l'hôte, visiblement désenchanté de cette compagnie de fin de journée. Son invitation ne tenant sans doute qu'à un fil, ou plutôt à une béquille dans le cas présent, il ne manquait que les paroles acerbes du consultant pour confirmer que le petit Wilson n'était guère le bienvenu, et qu'il ne devait son passe-droit qu'à l'état dans lequel il se trouvait actuellement. Après tout, il n'aurait pas été dans le genre d'Alaric de faire preuve d'autant d'insensibilité -à son grand dam, probablement-. La remarque grinçante à propos de sa précédente action d'expulsion à son encontre, quant à elle, prit de court le scientifique.

Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] Vyrn

« N-Non, évidemment. Je... je suis justement venu te présenter des excuses pour mon comportement de la dernière fois. »

Pour une multitude de raisons, il n'avait été à même d'entretenir la houleuse conversation à propos de son implication dans la disparition des pouvoirs des Familles, se braquant sitôt ses compétences ouvertement bafouées, au point de ne plus tolérer la présence de l'ancien Domae. Le stress, l'anxiété de ne plus avoir Percy à ses côtés et encore moins de pouvoir compter sur les ombres pour s'y cacher, le tout couplé à ses insomnies avait fini par prendre le dessus sur sa capacité à raisonner à peu près correctement, ne serait-ce que pour envisager l'éventualité soulevée par le consultant, à savoir le détournement de ses travaux à des fins plus malveillantes que celles initialement prévues. Constatant que ce dernier n'avait encore disposé du sac de courses, Wilson se sentit le besoin de préciser, en le pointant du doigt :

Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] 42y1


« J'ai pris des boissons ! Deux packs même, pour être sûr. »

Sûr de quoi, il ne prit le soin de se montrer plus explicite. Parce qu'il était usuellement de bon goût de ne pas se présenter chez une personne les mains vides, parce que le chimiste n'avait pu se mettre d'accord sur la nécessité ou non d'apporter de l'alcool, ou parce qu'il craignait que cela ne s'avère suffisant à convaincre le grand blond de lui laisser une chance de se rattraper. Peut-être était-ce par égoïsme qu'il souhaitait regagner son amitié, dans la mesure où il ne pouvait tout à fait se vanter de les accumuler, afin d'avoir toujours des jupons sous lesquels s'abriter lorsque tout s'effondre autour de lui. Un poids, léger certes, mais un poids malgré tout, voilà ce qu'il devait être pour le consultant ; aussi remplir son réfrigérateur était bien le moins qu'il puisse faire en venant présenter sa dépendante personne sur son paillasson, comme une sorte de dédommagement pour ses services. Sa béquille cliqua ensuite sur le sol en direction du canapé, sur lequel il vient occuper la plus petite place possible contre l'un des accoudoirs, laissant son support sur le côté et gardant sa jambe libre pliée pour ne pas donner l'impression qu'il se prélassait sur un transat de plage.

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« Tu avais raison sur toute la ligne, comme à ton habitude. Ils m'ont tellement roulé dans la farine qu'il ne me reste plus qu'à cuir au four... J'aurais dû réagir avant que tout cela n'arrive. »

D'une façon ou d'une autre, il aurait fallut anticiper et prendre en considération le risque que sa formule soit reprise à mauvais escient. Comme s'il pouvait ignorer la nature fourbe de certains dirigeants du Gouvernement ! C'était pourtant sur cette corde que le petit scientifique avait fait jouer son entretien d'embauche, en les nourrissant de becquées d'informations sur son ancienne Famille jusqu'à ce qu'ils soient assez repus pour lui accorder un peu de place dans leur nid. Alaric avait été le premier à voir l'embrouille venir, et à vouloir la contrecarrer le plus tôt possible, si seulement le brun s'était trouvé dans la capacité de raisonner avec lui pour travailler ensemble à cette solution. Mais le mal étant fait, il n'y avait aucune utilité à ruminer ses erreurs, même si cela ne saurait l'empêcher de continuer pour autant. Se souvenant du désarroi de son collègue à la disparition de son gorille, le petit Higgsbury s'enquerra finalement de sa situation, en espérant qu'il ait également été concerné par le retour à la normal suite à l'essoufflement des effets du poison.

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« Est-ce que tu... as pu retrouver ton animal ? »


Dernière édition par Wilson P. Higgsbury le Dim 18 Sep - 10:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson]   Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] EmptyMar 13 Sep - 20:37

Le pardon ? J'crois pas, non

 
Ah délicatesse.
C’est une chose que tu viens d’expédier au fin fond dans les égouts au moyen d’un bon coup de pied dans le derrière ! Il faut dire que, t’avoir chassé de chez lui de cette manière-là est bien resté en travers de la gorge. À un tel point que tu serais presque près de lui renvoyer l’appareil. Mais, restant deux secondes supplémentaires un minimum diplomatique, mieux valait connaitre les raisons de ce déplacement si soudain avant de le jeter lui aussi. Et ce ne serait pas forcément avec un simple pied collé aux fesses. S’il était là pour que tu lui tiennes un peu compagnie, ou que tu l’aides sur un quelconque problème, le moment était clairement mal choisi. Tu en as déjà suffisamment sur les bras. Et pour une fois, il pouvait bien se débrouiller comme une grande personne. Il l’avait d’ailleurs bien fait comprendre au moment de votre accrochage. Monsieur peut s’en sortir sans toi, alors qu’est-ce qui avait bien pu changer entre-temps pour qu’il soit là aujourd’hui ? En rapport avec ses nombreuses blessures de toute évidence. C’est qu’en cet instant précis, tu ne le vois que comme l’homme qui pense à toi seulement quand il se retrouve dans un merdier pas possible. Et on ne peut pas vraiment nier que ce soit faux. À moins que tu ne décides de faire le pas – en prenant soin de te passer de son consentement –, jamais il ne lui viendrait à l’esprit de te proposer quoi que ce soit d’amicale. Tu n’es rien de plus qu’un sac de muscles, à la hauteur d’une perche avec la capacité d’effrayer et de protéger les nains comme ce fichu scientifique. Oui à l’heure actuelle, te montrer aimable envers l’espèce humaine n’est pas franchement une idée qui te plaît.

Alors que tu t’impatientes doucement, la réponse finit par tomber et elle te prend littéralement de court. L’entendre s’excuser n’est pas ce à quoi tu t’attendais. Sourcil remonté est expression de surprise sur le faciès. Avait-il pris un coup sur la tête ? Non, il semblait vraiment en pleine forme. Enfin, le mieux possible en fonction de son état. Alors peut-être était-ce justement à cause de ce fameux « état » qui le maintenait prit au piège pour une durée indéterminée ? C’est que la simple idée qu’il vienne te voir sans une raison saugrenue derrière n’est pas concevable. En tout cas à cet instant. Et la réponse que tu peux lui accorder s’arrête à un hochement de tête, comme priver subitement de la possibilité d’émettre un quelconque son. Prenant pour la peine la direction de son sac, dont son contenu ne cesse de te faire de l’œil. Bière et Perrier, voilà donc avec quoi il comptait remettre sur pied votre pseudo « amitié » . Tu es loin de savoir si ceci pouvait réellement marcher. Mais cela ne t’empêche pas de plonger la main ce sac de course pour prendre une boisson alcoolisée. Partant cherché dans la cuisine un décapsuleur toujours dans le plus grand des silences. Tandis que monsieur prend légèrement place, s’élançant dans un effort qui te paraît surhumain pour admettre que tu avais raison. Bon sang ! Des excuses et maintenant, ça, le tout en moins d’une dizaine de minutes. Ses blessures devaient l’avoir traumatisé a un point inimaginable ! Il aura tout de même fallu un certain temps pour qu’il se l’avoue à lui-même avant de le dire à haute voix. Est-ce que cela paraît inconcevable que tu ne puisses pas être en tort ? Au fond, tu ne trompes que très rarement – pour ne pas dire pratiquement jamais. Elle est belle la confiance qu’il te porte dit donc !

Le gouvernement est tellement fourbe, doué pour obtenir ce qu’il désire. Qui sait s’ils n’ont pas gardé une copie de son travail pour s’en servir un jour sans que personne ne le sache ? Un bon moyen pour accuser une nouvelle fois cette petite tête brune. Est où est-ce qu’il ira se réfugier ? Dans tes jambes pardi ! Mais pour l’heure, ceci n’étant plus un problème, il te faut répondre à sa question qui n’est pas vraiment évitable. Et quand tu y penses, tu te dis que cela reste tout de même un soulagement d’avoir retrouvé ton compagnon. Comme la grande majorité de cette ville, c’était bien insupportable cette sensation de vide, de manque, une moitié d’une même personne qui n’existait plus. Tu n’aurais certainement pas tenu plus longtemps.

« Ouais, je l’ai récupéré. »

Grand Dieu, mais tu as une langue ! Tu sais donc parler ?!
Bon, les mots auraient tout de même pu donner l’impression d’être un peu moins tranchants. Mais voilà que tu es enfin sorti de tes mutismes interminables. Bras croisé, après avoir bu une bonne gorgée comme si ta gorge, c’était dessécher pour quelques mots. Voilà que tu enchaînes sur cette lancée. Restant des plus neutres, néanmoins une pointe de sarcasme s’amuse à faire son apparition :

« C’est dingue ça, je me demandais justement combien de temps il te fallait pour admettre la vérité. L’entendre de ma bouche était la pire chose qui soit. À croire que j’aurais inventé ce mensonge moi-même alors que le tout été sous tes yeux ! Mais non, il t’aura quand même fallu plus d’un mois pour accepter. Je devrais te féliciter pour ça peut-être ? »

Un petit sucre pour le scientifique qui a fait une bonne action depuis des lustres. Un !
Tu le dévisages une fraction de seconde avant de porter le regarder vers l’extérieur. Qu’est-ce qu’il se serait passé si cette formule n’avait jamais connu de fin ? Mise à part le fait que le gouvernement en aurait grandement profité pour passer à l’action de manière définitive. Tout le monde ne l’aurait pas aussi bien vécu. Et une fois que le nom du coupable aurait été découvert, il ne s’en serait pas aussi bien sorti qu’aujourd’hui. Ce n’est pas qu’un simple doigt qui manquerait à l’appel, mais littéralement une tête.

« Tu reviens comme une fleur une fois que la bataille est finie. Alors que tu aurais pu limiter pas mal de dégâts plutôt en créant un antidote. Je serais même venu t’aider si seulement tu me l’aurais demandé. Enfin, ce qui est fait est fait. »

Encore fallait-il que cette idée lui traverse l’esprit. Est-ce que ceci aurait seulement pu être possible ? Contre carrer la première formule pour l’annuler entièrement ? Même avec deux cerveaux comme les vôtres, la tâche n’aurait certainement pas été aussi simple. Fort heureusement, il ne te faudra pas te pencher dessus durant des mois avec une pression immense sur les épaules pour aider toute une ville. Un pari presque perdu d’avance d’ailleurs. L’effet était dissipé et la vie pouvait enfin reprendre un cours plus ou moins normal. Au fond, tu espères que la prochaine fois le scientifique réfléchira à deux fois avant de donner délibérément son travail au supérieur. Si ce n’est d’être en possession d’un plan de secours en cas de drame. Un bien meilleur que celui de se terrer au fin fond de son laboratoire ! Soupirant lourdement, tu quittes la cuisine pour prendre place sur le canapé. T’arrêtant néanmoins une demi-seconde à sa hauteur pour murmurer : « Ne crois pas que, parce que tu as emmené des boissons, tu es entièrement pardonnée. Disons que pour le moment, je réduis un peu ta peine, car j’ai grandement besoin de me noyer dans autre chose que du whisky. » T’affalant ensuite sur un côté, les pieds posés sur un espace de la table qui ne comporte pas une pile de papiers. Il avait beau venir avec de quoi t’amadouer, de belles excuses et tutti quantti, ce n’était en rien suffisant pour le moment pour effacer complètement cette histoire. Au moins, tu n’es pas non plus en train de le mettre à la porte. Du temps et des efforts. Mais surtout du temps. Celui dont tu avais besoin pour retrouver un semblant de gaieté.

« Alors, d’un simple regard, tu désignes tous ces bandages qui l’entourent, tu m’expliques ? »

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MessageSujet: Re: Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson]   Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] EmptyDim 25 Sep - 18:53


Commerce des indulgences

Son expérience de plusieurs années, ainsi que sa remarquable forme physique, faisaient normalement d'Alaric un candidat de choix à la récupération naturelle des pouvoirs, les effets bloquants du poison ne pouvant lutter indéfiniment face à un organisme accoutumé et apte à se défendre de lui-même. Le contraire aurait donc fortement étonné le petit scientifique, en plus de le mettre dans une situation plus inconfortable encore vis-à-vis de son infortuné collègue, si celui-ci n'était parvenu à reprendre le contrôle de sa capacité comme la majorité de la population concernée. Néanmoins, dans l'éventualité où son irritabilité avait été partiellement engendrée par cette perte au moment de venir lui sonner les cloches, quelles pouvaient bien en être les raisons aujourd'hui, alors que l'ancien Domae confirmait avoir retrouvé son animal ? Il espérait qu'il n'ait pas passé ces dernières semaines à ruminer uniquement à cause de leur dernière entrevue ; ce serait se prendre pour le nombril du monde d'Alaric.

Celui-ci se plaignit finalement du temps monstrueux qu'il fallut au petit scientifique pour reconnaître ses torts, tant il se bornait à passer outre les faits présentés. L'évidence même pour le consultant, rodé par l'expérience des enquêtes, au flair développé, et dénué de la moindre tare psychologique susceptible d'affecter son jugement. Wilson laissa son regard échouer sur ses genoux, honteux... et déçu ? Il n'attendait pas tant de compassion dégoulinante de la part du grand blond, ou que l'on raye sa culpabilité dans les événements ayant découlé de l'utilisation de sa formule, mais seulement un peu d'indulgence. Bien plus responsable de l'intégrité de ses travaux que de sa fragilité mentale, il avait imaginé pouvoir bénéficier d'un tant soit peu de compréhension de la part de l'unique personne, en dehors de son médecin, qui le côtoyait d'aussi près. Il allait de soi qu'Alaric pensait avant tout au bien-être des habitants, autrement mis à mal par les derniers méfaits de l'Ordre, qui n'avait pas manqué de saisir une telle opportunité. Cependant, aux yeux du petit estropié, c'était comme s'il avait été exclu du programme. Une fois de plus. Sur ces à-priori, renforcés par les derniers avertissements soufflés par le maître des lieux, il tripota nerveusement ses mitaines noires, remontées jusqu'au coude en-dessous des manches de sa chemise. Allant jusqu'à mentir lorsqu'il eût des explications à fournir sur son état.

Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] Ggwo

« Une chute. Dans les escaliers, en quittant mon laboratoire. Trois fois rien ! Je pourrai bientôt me passer de ce matériel. »

Quel besoin de rassurer, là où il n'y avait pas de réelle inquiétude derrière ? Il ne s'agissait que de se tenir informé, de la politesse tout au plus. Par chance, le petit Higgsbury n'allait pas tarder à rendre attelle et béquilles d'ici quelques jours, au moment d'entamer un certain nombre de séances de rééducation, en vue de réhabituer son genou aux mouvements du quotidien dont il avait été privé pendant un bon mois et demi. Pour ce qu'il en était des broches censées consolider l'articulation, il ne devait en entendre parler avant l'année prochaine, lorsqu'il faudra les lui retirer du corps. Une affaire qui se réglait seule, en somme, si tant est qu'il fasse suffisamment acte de présence auprès du kinésithérapeute pour aider à son bon rétablissement. L'homme avachi à côté de lui sur le canapé sentait l'alcool et l'exaspération, son précédent verre remplacé par l'une des bouteilles de bière fraîchement délivrées. La seule bonne chose que Wilson semblait avoir fait ces derniers temps, hormis la tâche qu'il s'était incombé au cours de sa peine purgée à domicile, à défaut d'avoir pu opérer sur son lieu de travail.

Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] Lpc6
« Je sais combien c'est tardif, mais l'élaboration de l'antidote est en bonne voie. Certaines personnes peuvent avoir, encore aujourd'hui, des difficultés à éliminer complètement le poison, alors... si tu en as dans ton entourage, je te ferai parvenir les échantillons nécessaires pour les guérir... lorsque ce sera au point. »

Sitôt en possession de son matériel, et accessoirement d'un endroit plus approprié que son propre salon pour effectuer ce genre de tests, achever la préparation du remède ne devrait lui prendre des lustres. À la condition, bien sûr, que la liste des ustensiles à remplacer suite au saccage de son laboratoire ait été correctement exaucée. C'est là tout ce que le petit chercheur pouvait faire pour réparer ses erreurs : rendre aux plus jeunes détenteurs d'un animal ou d'un élément, ainsi qu'à ceux dont la santé était bien trop faible pour en guérir, la possibilité jusqu'ici dérobée d'invoquer leur pouvoir. Le reste de la production reviendrait donc de droit à la Reine Domae, afin de tenir l'engagement qui lui avait valu sa survie, tandis qu'elle assurerait certainement par la suite la distribution à ses pions ainsi qu'à la famille adverse, sans jamais dévoiler l'identité du créateur de ce produit miraculeux. En dépit de la motivation dont il avait fait preuve auparavant, il ne fallait probablement pas s'attendre à ce que le consultant accepte de lui prêter main forte aujourd'hui, alors même que des excuses n'avaient pu suffire à faire couler assez d'eau sous les ponts. Cela dit, les actions du scientifique ne pouvaient raisonnablement justifier à elles seules l'humeur massacrante de son collègue, aussi essaya-t-il de tâter le terrain :

Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] Rg1x

« Aurais-tu, hum... des soucis en ce moment ? Pardonne-moi de le faire remarquer, mais on dirait que... qu'une tornade a retourné les lieux. »

Des problèmes d'ordre personnel auraient pu être à la hauteur de cette négligence qui ne ressemblait pas au grand blond, en plus de replacer ce dernier sur le devant de la scène. Tout ce qui permettait d'oublier une minute la piètre performance du petit Higgsbury, histoire de ne plus recevoir de tomates au visage et de souffler un peu, était bon à prendre. « Sans parler de l'odeur d'alcool... » ajouta-t-il également, en simple constat plus qu'un véritable reproche. Car en l'occurrence, elle ne passait pas tout à fait inaperçue.
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MessageSujet: Re: Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson]   Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] EmptySam 1 Oct - 20:10

Wilson est une poule

Wilson n’est pas qu’un nain. Il est aujourd’hui aussi un estropié. Mais pourquoi d’ailleurs ? Il faut dire qu’il ne passait pas inaperçu avec autant de bandage qui l’entoure. Tu ne pouvais pas t’en préoccuper auparavant, alors il te faut rattraper le temps perdu d’une certaine manière. Qu’est-ce que ce petit scientifique avait bien pu faire pour se retrouver dans un tel état ? Une simple petite expérience dans son labo n’aurait pas causé autant de dégât. Ou dans le cas contraire ceci aurait pu être bien pire. Le bâtiment du gouvernement en aurait souffert et cette histoire ferait actuellement le tour de la ville ainsi que des journaux. Alors que là, rien. Personne n’avait pris la peine d’évoquer quoi que ce soit à son sujet. Personne ne semblait d’une certaine façon s’en soucier, et même de base en être au courant. Et ce n’est pas les supérieurs qui auraient fait la démarche d’en parler à tous employés. Il y avait donc forcément une explication à tout ce bazar. Une explication qui, une fois annoncée te paraît bien loin d’être crédible. C’est un simple haussement de sourcils, que l’examine de long en large. Scrutant minutieusement chaque blessure. Soit, ces escaliers menaient dangereusement en enfer. Soit, se mentir à lui-même devenait une chose un peu trop récurrente. Qu’il ne souhaite pas en parler avec pour des raisons qui le concernent personnellement était son droit. Mais mentir à une personne qui passait son temps à courir après les criminels était sûrement la chose la plus stupide qui soit. Avait-il bu avant de venir, car il fallait tout de même avoir un peu de cran pour oser le faire face à un homme de l’ordre. Peut-être espérait-il secrètement que tu n’y prêtes pas plus attention. Malheureusement pour lui, c’était assez mal te connaître.

Laissant cela de côté pour un temps, même si tu n’oublies pas et compte bien revenir à la charge sur cette histoire au moment opportun. C’est une mine un peu plus rassurée qui s’affiche l’espace de quelques secondes sur ton visage. Apprenant qu’enfin un antidote a été développé. Dans un sens mieux valait tard que jamais. À ta connaissance, personne de ton entourage n’avait eu le malheur d’être encore atteint des fameux syntones. William l’avait récupéré bien avant toi, de manière assez particulière d’après ses dires en pleine activité plus intimes. De quoi en être ravis. Bigby et sa compagne ne semblaient pas en souffrir encore. Et Clélia… Clélia allée tout aussi bien. Le tour des personnes suffisamment proche de toi été assez rapide en fin de compte. C’est donc en allant te noyer dans une gorgée, que tu hoches la tête en guise de réponse. Ce n’est pas le gouvernement qui irait forcément donner ce remède à tous les habitants de la ville. Ce n’était donc pas dit que cette décision venait d’eux. À moins de vouloir remettre sur pied les quelques personnes ayant un pouvoir qui bosse pour leur cause et qui ont une grande utilité à leurs yeux. Ils ne risquent pas de faire circuler ceci dans toute la ville comme un distributeur de marchand de journaux. Wilson était-il en train de s’adonner à des travaux clandestins ? Où avait-il un second patron ? Tu as l’étrange sensation qu’en l’espace d’autant de temps, après tout ce qu’il y a pu avoir, le nain n’a jamais été aussi mystérieux qu’aujourd’hui.

Un petit «  On va dire ça. » s’échappe entre deux, tandis qu’il semble subitement s’inquiéter de ton état mental. Tu vas bien. Enfin, selon toi il n’y a pas de quoi s’en faire. Ce n’est qu’une petite période assez basse à passer avant que tu ne retrouves ta joie de vivre habituel. En attendant celle-ci, tu ne peux pas vraiment nier qu’il marque un point. Ce n’est pas qu’une simple tornade qui est passée dans l’appartement, mais littéralement un tsunami. Pour un homme qui est généralement plutôt achevale sur l’ordre et la propreté il y a eu pas mal de laisser aller. Mais ce n’est pas tant cette remarque qui te pique, car tu es toi-même le premier à l’admettre. En revanche, l’entendre se plaindre de l’odeur d’alcool, te fait tourner la tête vivement dans sa direction pour le dévisager de manière quasi sanglante. Passant une partie du temps ici et en étant plus qu’habituer à l’arôme que laisse un bon whisky une fois la bouteille ouverte, ce n’est certainement pas toi qui en ferais une telle remarque. Même William a eu la décence de se taire sur ce point-là. Dans un soupir, tu finis par te lever. Un petit élan de compassion frappant à ta porte, tu ouvres la fenêtre donnant sur le balcon. Laissant ainsi son petit nez respirer plus paisiblement. Prenant en plus de cela le temps d’éclaircir légèrement la situation :

« On m’a donné pas mal de boulot ces derniers jours. Et puis ça ne va pas forcément au beau fixe avec… La juge. Ce qui n’aide pas vraiment au bon déroulement du travail. Mais il faut faire avec. Le plan personnel passe après tout le reste. Donc, ce n’est pas forcément contre toi si je parais plus froid dans mes paroles. Ce n’est pas à prendre personnellement »

Ce serait quelque chose de personnel avec lui, tu l’aurais déjà pris entre quatre yeux pour mettre les points sur les « i » et les virgules à leur place. Cependant, les raisons actuelles sont bien différentes et tu ne tiens pas spécialement à y rentrer dans les détails. C’est assez barbant d’y penser tous les jours et, comme tu le répètes suffisamment en ce moment, tu as vraiment besoin de te sortir cette fille de la tête. Alors, pour la peine, bras croisé et appuyer contre le rebord de la fenêtre. Fixant le petit Higgsbury longuement, tentant vainement de percer ses secrets. Tu en reviens doucement sur cette histoire absurde de ses blessures.

« Wilson. Je ne suis peut-être pas au meilleur de ma forme actuellement. Mais accessoirement je suis un flic. Et que tu le veuille ou non, je le vois bien qu’il y a quelque chose. Cela risque d’être un peu compliquer de me faire croire qu’une simple chute à causer autant de dégât. En particulier en perdant un membre de cette façon. »

Tu n’es ni chirurgien, ni médecin, ni quoi que ce soit dans ce domaine-là. Pourtant, tu n’as nullement besoin de tes talents de génie en ce qui concerne l’observation. Tu pouvais le voir à des kilomètres, la manière dont son doigt manqué à l’appel n’avait rien de réellement naturel. Une chute n’aurait pas laissé une cicatrice aussi droite. Un accident non plus. Néanmoins, tu doutes qu’il se soit infligé cela lui-même pour bénéficier des congés payés. Où de simple avantage à être considéré comme étant infirme aux yeux de la loi. Il n’était tout de même pas aussi fou.

« Que tu ne veuilles pas rentrer dans les détails, ou simplement ne pas m’en parler c’est ton choix. Et je te signale que je sais être respectueux envers autrui. Mais fait au moins l’effort de ne pas me mentir. Où dans le cas contraire fait cela correctement. Mais, tu es de toute façon un piètre menteur. Une poule pourrait faire cela mieux que toi, c’est pour dire. »

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MessageSujet: Re: Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson]   Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] EmptyLun 3 Oct - 23:39


Commerce des indulgences

Évidemment, le consultant ne s'était jamais privé d'un verre d'alcool ou deux le soir pour décompresser de ses journées. Mais il était suffisamment rare de le voir prostré à ce point pour se soucier d'une consommation supplémentaire, voire de trop, en accompagnement de ce laisser-aller. Pourtant, le regard que le concerné jeta en direction du petit Higgsbury eût presque l'air assassin, comme s'il l'avait traité d'ivrogne à voix haute. Sa bouche se figea en une moue crispée, attendant dans le calme annonciateur que la tempête résonne et fasse trembler les murs de la chaumière, pour avoir eu l'audace de formuler une remarque involontairement désobligeante. Le grand blond se hissa hors du canapé, mais au lieu d'abattre son jugement sur le condamné miniature et estropié une fois debout, ses pas le menèrent vers le balcon dont il ouvrit la fenêtre en grand, de façon à aérer l'intérieur et dissiper ainsi l'odeur qui gênait tant le nez sensible de son invité. D'un hochement de tête, celui-ci le remercia en silence de son initiative, quand bien même il ne lui avait pas spécifiquement demandé de se donner cette peine, n'en ayant fait mention que pour le relevé des choses qui sortaient de l'ordinaire en ce jour.

Loin de s'être refermé à la communication pour autant, Wilson écouta sagement le récit de ce qui pesait sur les épaules de son collègue, d'un point de vue aussi bien professionnel que privé. Car si le travail ne progressait pas à l'allure escomptée, le relationnel quant à lui ne se portait guère mieux. Amené à travailler aux côtés de celle qui lui posait tant de soucis sentimentaux, il devait être difficile de faire la part des choses et passer outre les complications qui persistaient entre eux afin d'aboutir à un résultat. Quelque part, le petit brun se doutait assez de ce qui pouvait tracasser le consultant, puisqu'il le savait contraint à assister la juge Rothschild en personne ; mais cela le rassurait malgré tout de recevoir la confirmation directe qu'il n'était pas lui-même, d'une façon ou d'une autre, responsable de la mauvaise humeur d'Alaric. Préférant rester posté au niveau de la fenêtre, il en vient finalement à exprimer ses doutes par rapport à l'histoire du blessé, qui ne saurait embobiner celui qui témoignait d'une longue carrière dans la police. Le scientifique n'avait effectivement jamais eu dans l'idée de le berner facilement ; un prétexte aussi anodin qu'une bête chute dans les escaliers avait pourtant le potentiel de passer pour la vérité, jusqu'à ce qu'il lui fasse remarquer son doigt amputé. Le seul détail qui coinçait avec sa version des faits, et il s'empressa alors de cacher la main coupable entre ses genoux.

Démasqué et bientôt traîné par l'oreille sur la place publique pour y reconnaître ses fautes, le blond chargé de lui sonner les cloches ne manqua pas de lui rappeler, au préalable, qu'il n'avait en aucun cas l'obligation de fournir un rapport détaillé de ce qui bousculait ponctuellement son quotidien, mais qu'il pouvait se permettre en revanche de laisser tomber les mensonges qui ne trompaient personne. Affolé de la vitesse avec laquelle l'ancien policier l'avait percé à jour, le petit chimiste voulut encore se raccrocher à son alternative idéalisée :

Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] Dpg5

« Les marches... le rebord est d'un angle plus pointu qu'il n'y paraît, et en... en tombant de tout son poids, il est possible de... »

Qu'importent les savants calculs qu'il aurait pu lui pondre en vue de soutenir l'éventualité de sectionner une à plusieurs phalanges au moment de la chute, pour peu qu'elle soit étudiée, rien n'avait l'air digne de convaincre le sceptique consultant d'accorder ne serait-ce qu'un soupçon de crédit à ses histoires d'escaliers. Sentant qu'il se heurtait à un mur, Wilson baissa honteusement la tête, comme un enfant pris avec une antisèche pendant son devoir. À quoi l'avait-il si originalement comparé ? Ah, oui...

Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] 1sy4


« Je suis une poule... »

Se résignant donc à son nouveau statut, quoi qu'il se plaçait encore en-dessous des compétences de cet animal d'après les dires d'Alaric, le petit scientifique s'autorisa à libérer sa main de la cachette de ses jambes pour aller replacer sa couronne de fleurs. Certes, il n'avait en sa possession le charisme d'un bonimenteur chevronné, mais il aurait dû se douter de la difficulté à duper le flair d'un tel individu, largement rodé par l'expérience et l'appréhension de nombreux menteurs avant lui, et bien meilleurs de surcroît. Dire qu'il n'avait eu d'intention plus mauvaise que celle de ne pas inquiéter son hôte, et laisser son cas couler tranquillement dans la conversation lui semblait être la solution la plus appropriée pour éviter de porter à nouveau l'étiquette de la victime à secourir. Pour une fois, rien qu'une seule, il espérait ne pas avoir à s'enchaîner à la cheville du consultant comme le poids de plomb qu'il était dans ses pieds.

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« Disons que... depuis le temps, tu dois en avoir assez de t'occuper de moi au moindre problème. Et aujourd'hui encore, je ne voulais pas que tu te sentes obligé d'être concerné par mon état en me voyant arriver ainsi. »

À vrai dire, il ne serait pas étonné pour deux sous si telles avaient été les pensées premières du grand blond au moment de le découvrir sur le pas de sa porte, avec son lot de béquilles et attelle. Le petit bonhomme à dépêtrer des embrouilles, boiteux et dépareillé dans le compte de ses doigts, ne pouvait qu'être annonciateur d'énièmes et fatiguant efforts à fournir au cours des prochains mois, pour éviter qu'il ne se fasse agresser par ses propres lacets ! Un véritable homme de main et surtout des plus dévoués, quoi qu'il était généralement de bon goût de financer ces services de protection personnelle, ce dont se passait royalement le petit Higgsbury par-dessus le marché. Sur un ton qui se voulait sarcastique, ce dernier se chargea donc à lui seul de conclure sur sa mésaventure, toujours passée sous silence, tandis qu'il grattait plus intensément les coupures sur ses avant-bras que les mitaines noires recouvraient jusqu'aux mains.

Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] Yyze
« Enfin, s'il y a un avantage à en tirer, c'est que mon hospitalisation aura offert des vacances à tout le monde : j'ai réussi à dormir plus de 4h par nuit, tu n'as pas eu à passer derrière moi pour réparer les pots cassés, et personne n'a souffert d'une autre de mes expériences ratées. Il faudrait m'y envoyer plus souvent. »

Peut-être que cette fois sera la bonne et qu'il n'en reviendra plus. À se demander alors, puisque le secret du bonheur reposait sur son absence, pour quelles raisons il avait préféré coller négligemment quelques sparadraps sur ses mutilations plutôt que de les tailler dans la chair jusqu'au bout. Probablement parce qu'un lâche demeurait un lâche, et ce même pour en finir.
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MessageSujet: Re: Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson]   Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] EmptyDim 9 Oct - 19:53

Fait la poule, fait la poule

Venais-tu réellement de le comparer avec une poule ? Non il n'était pas une poule, mais celle-ci pouvait littéralement mieux réussir ses mensonges que lui.

Pourquoi tenter de te mentir d'ailleurs, alors que tu pouvais comprendre le fait qu'il ne veuille pas en discuter ? Ses blessures n’étaient pas de simples petites écorchures, loin d'être du genre à cicatriser en quelques jours avant qu'elles ne disparaissent définitivement. Des traces, des séquelles, des parties manquantes qui allaient rester à vie. Il n'était pas difficile de voir que ce genre d'expérience resté à sa manière traumatisante, et il était légitime que ce ne soit pas une chose qu'il souhaite aborder comme si ce n'était rien. Que ce soit vis-à-vis du coupable, ou de l'absence de son doigt. S'il y avait bien quelqu'un qui pouvait respecter ça convenablement, c'était bien toi. En tant que borgne, il n'y avait pas de pires sensations que de perdre l'un de ses membres. Il faut un temps pour s'y faire. Quoi que, pour ta part, et même après des années, voire d'un seul œil était toujours aussi compliqué. Frustrant. Pire encore délicat quand on te demander des explications détaillées. Morbide dur les bords. Il n'avait pas besoin de mentir, le simple fait de dire qu'il ne souhaitait pas en parler suffisait à ce que tu n'insistes pas sur le sujet. Enfin, d'ici à ce qu'il assimile cela, il restait en un sens une poule. Comme il venait si bien de le dire.

Il faut avouer que l'entendre de sa bouche avait quelque chose de bien plus drôle que tu ne le pensais. Tu te mords la lèvre pour ne pas être pris d'un soudain fou rire. Reprenant bien rapidement ton sérieux. Au moins il aura égaillé quelques secondes cette journée déprimante. L'écoutant d'une oreille, tu t'en vas dans la cuisine pour aller lui remplir un verre de sirop de fraises, puisque lui proposer avant était bien la dernière chose à laquelle tu pensais jusqu'à maintenant. Le souvenir de lui et de l'alcool revenant en mémoire ainsi que la nuit affreuse que vous avez passé… Ou plutôt que tu as passais tandis que lui dormait paisiblement à te voler ta couette et donner des coups de pied. Depuis ce jour, mieux valait le faire boire pour de très bonne raison et occasion. Même s'il faut avouer que ce fut un moment bien agréable. Sa boisson prête tu reviens auprès de lui en la déposant sur un espace libre de la table. Répondant à ses mots qui te font lever les yeux au ciel.  

«  Wilson, Wilson, Wilson. Tu ne cesseras jamais de m’étonner. Un jour il faudra que tu arrêtes de te morfondre, d’imaginer que tu es sans cesse un poids pour ton entourage. En particulier si ce n’est pas le cas. Franchement, s’il n’y avait que ça pour que tu te tiennes tranquille, alors oui, il vaudrait peut-être mieux que tu habites définitivement à l’hôpital. Mais très honnêtement, ça me ferait un peu chier de respecter des horaires pour venir t’embêter. Et puis, si je n’ai plus la possibilité de reprendre sur tes erreurs en chimie, ça va finir par te manquer. »

Il devait cesser de croire qu'il était un poids pour toi, car ceci n’était nullement le cas. Mais comment faire comprendre cela à une personne aussi bornée dans son genre ? Peut-être était-ce la manière dont tu te comportais avec lui, qui renvoyait cette fausse image. Il n'était en rien un boulet à tes yeux, loin de là, c'était un homme brillant avec un grand potentiel, mais qui avait la mauvaise tendance à se rabaisser un peu trop où, à se laisser marcher dessus facilement. Pourtant, il avait démontré il y a quelque temps de ça qu'il savait se faire respecter et comprendre, imposant ses idées. Bien que pour le coup, l'exemple du mois dernier n'était peut-être pas la meilleure idée qui soit actuellement. Néanmoins, il n'avait pas eu peur de défendre ses propos contre toi quitte à te mettre à la porte en les tenants jusqu'au bout. Et en te tenant tête par la même occasion. Qui plus est, ne pas t'avoir dans ces pattes finirait par le lasser et l’ennuyer grandement. Il est peu probable que quelqu'un d'autre décide de prendre ta place pour le divertir, il obligeait à sortir quand il est resté un peu trop enfermé entre ces quatre murs. Tu étais mon ami et tu l'es toujours d'ailleurs. Tu es là quand il en a besoin voilà ce qu'il devait finir par se rentrer dans le crâne.

« Tu sais, je ne me ferais pas du souci pour toi si je ne te considérais pas comme un vrai ami. Il est clair que dans le cas contraire je ne bougerais certainement pas le petit doigt pour te sauver à chaque fois. Alors, détend toi, je suis là quoi qu’il arrive. Enfin, tant que tu ne m’utilise plus comme cobaye. Cette expérience m’a littéralement traumatisé. »

S'il n'y avait que ça, pour le reste, il pouvait disposer de toi comme bon lui semble enfin, dans la limite du raisonnable. Il faut dire qu'être utilisé comme cobaye n'est certainement pas la meilleure expérience de ta vie, en particulier quand tu as eu la sensation d'y laisser celle-ci. Au final, ce n'était peut-être pas une si mauvaise chose puisque cela a pu améliorer vos relations aujourd'hui. Tu l'enjambes doucement pour prendre ta place sur le canapé. Gardant cette précieuse bouteille alcoolisée entre tes mains. Une question te trotte en tête depuis que le sujet a été abordé et tu finis par la laisser sortir avant qu'elle ne te hante définitivement :  

«  Dis-moi un peu, depuis cette histoire avec la perte de pouvoir… Qu’en est-il de toi et le gouvernement ? Maintenant que tu sais qu’ils ont ouvertement utilisé ta formule contre ton gré sur toute la ville… Est-ce que vos rapports quels qu’ils soient ont évolué, dégradé ? Où est-ce qu’ils sont délibérément partisans de l’indifférence et de l’ignorance ? Je ne peux qu’imaginait que ce n’est pas une situation facile désormais… »

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MessageSujet: Re: Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson]   Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] EmptyLun 31 Oct - 18:51


Commerce des indulgences

Une fois accommodé aux aiguilles sous la peau et à l'odeur de désinfectant dont sont imprégnées quasiment toutes les surfaces des lieux, le quotidien à l'hôpital n'est pas aussi terrible que ce que l'extérieur a à offrir en échange. Loin du laboratoire et de son matériel, aucune expérience farfelue ne verrait le jour et n'irait ruiner la vie de centaines d'habitants dans son dos, ce qui constituait déjà un argument de poids en faveur d'un séjour prolongé. Certes, le temps a tendance à se faire cruellement long lorsque les distractions viennent à manquer, d'autant plus que celles du petit intello décoiffé ne se trouvaient pas vraiment dans les magazines laissés à sa disposition. Mais quand il s'agit de se vider l'esprit des derniers événements fâcheux, le moindre article sur les meilleurs régimes de l'été à adopter pour rentrer dans son plus joli maillot de bain avait tout de suite l'allure d'un prix littéraire. Faut-il pour autant qu'il aille également se vider de son sang par les poignets pour bénéficier d'une literie aseptisée, avec service de chambre en blouse blanche ? Il y avait au moins l'avantage d'un certain contrôle sur la situation, une chose qui lui échappait généralement lorsqu'un tiers se chargeait de l'amocher à sa place... en particulier si aucune Reine Domae ne se trouve dans les parages pour y mettre un terme à temps.

Un verre de ce qui s'apparente à du sirop apparaît alors devant le petit Higgsbury, gracieusement déposé sur la table basse par le maître des lieux ; celui-ci devait y avoir réfléchi à deux fois avant de partager son pack de bières avec le piètre buveur qu'était son invité. Après avoir déplacé sa jambe bloquée du milieu, il se pencha jusqu'à sa boisson pour la ramener à lui, songeant qu'il fallait profiter de cet élan de politesse qui revenait progressivement. Le blond plaisanta ensuite sur cette riche idée d'aller se reclure au sein de la structure médicale, pour les contraintes que cela viendrait à causer aux ennuyeuses habitudes qu'il avait de venir le perturber dans son travail. Contrant par la même occasion cette idée fixe, et pourtant incontrôlée, que l'existence du chimiste était une nuisance pour qui avait le malheur de s'en encombrer. Ses ongles cessèrent de griffer le tissu de ses mitaines et Wilson laissa un « Merci. » se perdre dans son verre, autant pour la boisson que pour le reste. Ces propos avaient quelque chose de rassurant, et dans le même temps, il savait pertinemment que le consultant ne pouvait être là en toutes circonstances, pour passer l'éponge sur chaque tache laissée derrière lui. Une fois sa place retrouvée sur le canapé, il s'inquiéta des rapports subsistant entre le petit scientifique et l'institution qui avait exploité le fruit de ses recherches, rappelant ainsi à son bon souvenir les entrevues qui suivirent sa sortie de l'hôpital.

Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] 8wxj
« Ils ont invoqué les conditions de mon contrat pour justifier leurs actions. En résumé, tout ce que je produis leur appartient de droit, et ils peuvent en disposer à souhait. Ce... ce n'étaient pas les termes exacts qui ont encadré mon embauche, mais je n'avais pas vraiment le luxe à l'époque de m'attarder sur les exigences. »

Parmi toutes les choses que l'ex-Élémentis bouleversé s'était montré prêt à donner au Gouvernement, au-delà du vomi d'informations compromettantes censées lui épargner les cases prison et potence, il n'avait seulement songé à formuler la moindre remarque préventive quant aux éventuels détournements de ses propriétés intellectuelles. À une période où le petit brun aurait cédé jusqu'à son âme pour une chance de vivre à nouveau, et si possible hors d'atteinte de sa négligente Famille, l'occasion de le dépouiller jusqu'à la moelle, si manquée, aurait été presque trop honnête de la part de ses employeurs, si ce n'est aux antipodes de leur réputation. Aussi de telles conditions ne présageaient en rien un climat de travail favorable, bien qu'il s'en soit plus ou moins accommodé jusque-là, mais il n'était pas de ceux qui pouvaient se permettre, sur un coup de tête, de claquer la porte au nez du patron :

Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] K1yg
« Malheureusement, ce n'est pas comme si j'avais beaucoup d'autres alternatives vers lesquelles me tourner. Même s'ils n'ont pas un soupçon de respect pour moi et pour mon travail, le Gouvernement demeure la dernière protection valable contre les Élémentis. Sans eux, je me retrouverais livré à moi-même... si toutefois ils me laissaient démissionner sans représailles. »

Un détail sur lequel Wilson préférait ne jamais devoir se pencher, on ne peut plus conscient de ce que l'institution possédait contre lui, et les années de bons et loyaux services se feraient certainement balayer sans aucune hésitation dans l'éventualité où il déciderait de changer de voie. Bien entendu, il ne s'était jamais bercé d'illusions sur cette relation de subordination au point d'en baser les fondements ailleurs que sur les intérêts communs, en plus du sursis de peine pour l'ancien membre de Famille qu'il était et demeurait, en dépit des conflits évidents avec cette dernière. Mais quelque part dans l'équation se trouvait l'erreur de s'être considéré comme un agent du Gouvernement à part entière, alors qu'il n'était tout au plus qu'un élément dont on pouvait disposer, tant qu'il mettait sa science au service des bonnes personnes.

Les paroles d'Harley résonnent tout à coup en écho dans son esprit, et le scientifique dissimule nerveusement sa main gauche entre sa cuisse et le sofa, comme pour empêcher quiconque de la mutiler davantage. Pertinentes, beaucoup trop ajustées pour l'avoir épargné, même des semaines après ; il le sait, puisque c'est sa voix à elle qu'il entend à chaque fois qu'il essayait de convaincre sa raison de mettre un terme à cette fatigue permanente. Abandonnant pour l'instant l'idée d'altérer sa gorge nouée par la culpabilité, l'estropié repartit finalement en quête des failles dans le traitement d'Alaric à son égard, dans la mesure où il avait davantage à se reprocher que le fait d'avoir éconduit son collègue venu le secouer chez lui.

Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] 29dq
« Ces attaques, en ville et au centre commercial... elles n'auraient certainement jamais eu lieu si je n'avais pas mis au point cette formule infernale, n'est-ce pas ? J'ignore pourquoi tu ne m'as pas encore fait passer au travers d'un mur pour ce que j'ai indirectement causé... ! »
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MessageSujet: Re: Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson]   Commerce des indulgences [Alaric J.R Watson] EmptyVen 4 Nov - 17:02

B R E F

Une situation facile. Est-ce que celle-ci existe seulement ? Le gouvernement a eu ce qu’ils désiraient, il est bien peu probable que cela leur à coûter des remords quelle qu’ils soient. C’est à se demander aussi s’ils savent réellement ce que ce mot veut dire. Ils auront ni plus ni moins entièrement profité de la générosité et dévotion de ce pauvre Higgsbury. Tout cela pour quoi ? Pour ne pas trop se salir les mains et rajouter une couche d'ennuis. Comme si cette ville n’en connaissait pas suffisamment. Doué pour se décharger de toute responsabilité une fois son désir obtenu. Laissant un goût d’amertume après leurs passages. Cependant tu ne peux qu'imaginer le besoin que cela représente pour lui d'être dans leur bonne grâce. Des raisons bien éloignéeset différentes des tiennes. Mais était-ce aussi bon d’en dépendre autant ? Une fois qu’ils avaient retourné leur veste, le revers de la médaille été bien loin d'être aussi satisfaisant. L’espace d’un instant, tu oses penser que serait ta vie si les rôles étaient inversés. Il y a alors très peu de chance que tu en finisses aussi anéantie. Et tu aurais sans aucun doute poussé une bonne gueulante contre eux. Ils avaient l’art et la manière de manipuler un contrat à leur guise, se fichant bien des contrecoups qui auraient tendance à se manifester. C’est qu’en fin de compte, tu ne peux même pas lui suggérer de changer de branche, de repartir à zéro en tournant le dos au gouvernement. Faire ce que bon lui semble. Il était pris au piège entre deux. Ce n’était pas une vie ça, finalement le petit scientifique avait tout de même bien plus de cran pour surmonter tout ça que ce qu’il laissait présager.

« Ce gouvernement me tue, il a une logique à toute épreuve. De quoi se mouiller sans forcément sombrer la tête la première. Les sbires d'abord pour sauver leur peau. Tss, tu parles d'hommes fiables. »

À ces mots tu les noies d’une gorgée de bière. Qui avait-il de plus à répondre de toute façon ? Il y avait là près de toi un homme qui sans hésitation vendit son ancienne famille simplement pour se faire bien voir et avoir un peu de sécurité au-dessus de sa tête. Ce qu’il gagne en retour n’est rien de plus qu’un amas de personnes lui marchant dessus sans crainte. Lui vole son travail et le tienne pour responsable dans le cas où les choses ne tourneraient pas selon leur bon vouloir. II n’y a pas à dire le gouvernement mène vraiment une belle vie. Et on est censé compter sur eux pour soi-disant sauvé cette ville. Un pari qui n’est pas près d’être gagnée s’ils comptent se comportait ainsi sans arrêt. Déposant la bière sur la table, tu te passes une main dans les cheveux en soupirant. Voilà qu’il aura au moins réussi à te sortir durant un temps de ta morosité du jour. Même si les nouvelles ne sont pas les meilleures pour autant. Main jointe entre elles et pendant entre tes jambes, tu le regardes en haussant un sourcil assez surpris de ses propos. Avant de finalement y songer en reprenant un air des plus sérieux.

« Voilà une bonne question que je me pose tous les jours tient. Tu as raison j'aurai dû le faire. Occasion manquée ! J'y penserai la prochaine fois. »

C’est vrai quoi, on dit que les claques se perdent en voilà un bon exemple. S’il n’y avait que ça pour qu’il réfléchisse à deux fois tu veux bien te dévouer pour le plaquer contre un mur, la tête la première à chaque fois qu’il met la vie de ses habitants en péril. Néanmoins, le rapport de forces étant considérablement différent, tu risques de le tuer à la troisième tentative à force de le recadrer aussi violemment. En soi, cela n’en vaut peut-être pas la peine d’en venir à des méthodes aussi poussées. Une petite tape derrière la tête devrait amplement suffire. Cela marche généralement bien avec William. Enfin, tout dépend encore de la raison et de son humeur bien évidemment. Abandonnant en fin de compte ce visage si sérieux qui se penchait réellement sur la question, souriant tu lui tapotes légèrement l’épaule pour qu’il cesse donc cinq petites minutes d’imaginer des histoires où tu pourrais être aussi brutal avec lui. Qu’il se détend donc un peu cela lui ferait le plus grand bien. À force des rides finiront par faire son apparition sur le sommet de son crâne.

« Sérieusement, je ne vois pas ce que j'y gagnerais à faire cela. Même sous le simple coup de la colère. C'était une grosse erreur certes, qui a causé pas mal de dégâts. Mais tu as finalement fait de ton mieux pour te rattraper et arranger les choses. Ce qui en un sens est plutôt admirable puisque le gouvernement lui-même n'en aurait pas fait autant et aurait laissé tous les habitants s'entretuer avant d'oser lever le petit doigt. »

Les premiers actes étaient bien loin d’être d’une quelconque façon héroïque. Celles-ci ont littéralement mis la panique générale dans toute la ville sans exception. Pourtant, une fois la vérité acceptée, ce n’est pas tout le monde qui aurait pris la peine de se pencher sur un antidote. Et pour preuve, le petit scientifique était bien le seul à l’avoir fait, tandis que le reste du gouvernement préférait se tournait les pouces à ce niveau-là et en profiter quelque peu. Une médaille pour avoir sauvé toute une population serait peut-être un tantinet excessive puisque les choses ont mal commencé. Mais un peu de reconnaissance en valait tout autant la peine. En particulier si cela pouvait lui remonter le moral pour qu’il cesse donc de broyer du noir et ruminer toute cette histoire. Il était plus que temps de tirer un trait dessus et de passer à autre chose. Le présent et l’avenir étaient tout de même bien plus intéressants et attrayants que le passé.

« On dit qu'on apprend des erreurs qu'on fait, je pense que celle-ci a été plus qu'instructive pour toi. Et puis, j'ose espérer que cette fois-ci tu viendras me voir avant de faire quoi que ce soit qui ne paraît pas normal. À quoi ça sert d'avoir des amis si tu ne leur demande pas un coup de main ! »

Ce n’est pas le genre de choses qu’on peut se permettre de crier sur tous les toits. Il s'agit tout de même du gouvernement. Mais une personne qui y travaille et en qui la confiance règne devrait largement convenir. En particulier si cela permet de peser le pour et le contre avant de passer à l’acte. De quoi limiter grandement les dégâts. Certes, la décision finale reviendra toujours au supérieur, mais au moins les droits et son travail seront un minimum défendu. Qui plus est tu seras aux premières loges pour savoir de quoi il en retourne. En soi, c’est un fait qui se passe entièrement de l’accord du premier concerné. De quoi le materner davantage comme si tu n’en faisais pas déjà suffisamment. Un soupir traversant tes lèvres, il était largement le temps de changer de sujet et revenir à quelque chose d’un peu plus joyeux. Puisque tu es désormais d’une humeur bien plus détendu qu’à son arrivée, en profiter n’était pas une si mauvaise idée. Une main partante fouillée sous la pile de papiers face à toi, tu cherches désespérément ton paquet de clopes. C’est vrai qu’à y réfléchir un peu de ménage ne ferait pas mal. Surtout si tu ne peux pas compter sur William pour le faire quand ton État est au plus bas. Il est clair que sans toi pour passer derrière lui, il serait telle une brebis égarée en plein milieu d’une forêt sans la possibilité de retrouver son chemin. C’est que pour lui cela à du bon d’avoir un homme ménage puisqu’il peut se tournait les pouces en attendant. On l'a toujours dit, ce sont toujours les mêmes qui bossent. Le saint Graal finalement trouvé après une lutte acharnée, la clope sortie et placée entre les lèvres. C’est au tour du briquet de manquer à l’appel. Est-ce qu’on a prévenu que tu avais la poisse aujourd’hui ? Te pinçant l’arrêt du nez un instant pour souffler, tu remets en quête du second trésor. Tandis que tu fais part d’une pensée dans le but de discuter d’autre chose que ce boulot dont vous vous tuez constamment à la tâche, tout ça pour un salaire des plus minables. Une vie de merde.

« Le gouvernement mis à part, arrête-moi si je me trompe mais, je ne sais pas si c'est une bonne idée que tu restes seul chez toi constamment. Non pas que je doute que tu ne puisses pas te débrouiller sans aide. Tu as quand même monté un sac lourd et dans ton état c'est plutôt un exploit. Pourtant, je sais pas... je pense qu'un colocataire ne te ferait pas mal. Autant par ce que cela te rendrait social aux yeux du monde, que tu en serais moins effrayé de rentrer à la maison. J'ai vécu un temps avec toi je sais de quoi je parle. Tu devrais éplucher les petites annonces. »

© ASHLING DE LIBRE GRAPH'


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