Neigeux
-6°

La ville est en Février 2021
-42%
Le deal à ne pas rater :
Mi Home Smart4u Casque de vélo avec rétroéclairage LED
40 € 69 €
Voir le deal

Partagez
 

 Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Anonymous

InvitéInvité

Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE]   Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 EmptyLun 5 Sep - 16:26


    Elle avait été stupide. Vraiment stupide, voilà qu'un parfait inconnu et de surcroît étranger à Quederla lui balançait en pleine figure que tout le monde était en tort. Comment pouvait-il dire ça ? Bon oui d'accord à la base c'était la faute des deux frères mais les choses n'avaient-elles pas changées depuis ? Comment ça il n'y avait pas cohabitation ? D'accord les familles ne pouvaient pas se voir, il y avait toujours une guerre un peu sombre entre elles mais depuis d'arrivée du Gouvernement, elle avait l'impression que les Domae et les Elémentis combattaient ensemble face à l'ennemi, la cohabitation était donc possible. Tout ça pour dire que la demoiselle était totalement perdue par ce qui venait de se passer. Elle n'avait pas prévu cela, toute cette tirade et en avait lâché ses couverts qui étaient tombés sur le sol et elle, elle restait là, assise sur sa chaise, les bras ballants, le visage fermé. C'était du délire, du pur délire. Tout ce qu'elle vivait n'était que pur délire, un rêve éveillé se jouait en permanence dans sa vie. Et puis, son cerveau se remit en marche, elle cligna plusieurs fois des yeux avant de se baisser et de récupérer ses couverts qu'elle essuya avec sa serviette avant de repartir à l'attaque de son poulet pour terminer son assiette.

    Elle ne pipa plus mot le temps de terminer son repas et de faire le ménage dans ce qu'elle venait d'entendre. Oui, elle savait qu'elle n'avait servi à rien durant l'attaque au centre commercial, c'était ceux qui avaient été à l'intérieur qui avaient fait tout le boulot, elle n'avait pas de volonté de dire que c'étaient les familles qui avaient sauvés tout le monde, cela serait mal placé surtout qu'elle, elle s'était retrouvée inapte au combat en à peine quelques secondes. Néanmoins, pour le coup, ils avaient été à égalité avec le Gouvernement qui n'avait servi à rien lui non plus.
    Ensuite, il lui disait ne pas être de Quederla, oui elle s'en était douté mais le pensait être sur le continent depuis plus longtemps que cela.
    Et enfin, on en revenait aux différents groupes : auquel appartenait-il ? Elle parierait sur le Gouvernement s'il fallait qu'elle choisisse mais elle n'en était pas sûre. La jeune femme était plus ou moins encore perdue dans ses pensées quand elle termina son poulet et se décida à prendre la parole.


    - Je suis désolée si mes propos vous ont parus blessants ou injuriant envers le Gouvernement, ce n'est pas qu'il est totalement inutile puisqu'il permet aux familles d'avoir un ennemi commun, ne dit-on pas que l'ennemi de mon ennemi est mon ami ? Depuis que ses deux frères ont refusé la cohabitation, il s'en est passé des choses et je sais de source sûre que tous les membres de la famille Domae et de la famille Elémentis ne cherche pas la mort de l'autre famille. Nous sommes tous humains, nous avons tous choisis en notre âme et conscience de faire ou non parti de la famille. Chacun a ses raisons, plus ou moins sombre… A bien y réfléchir cela doit être la même chose pour les membres du Gouvernement et de l'Ordre mais je ne peux admettre que ce soit ici ou ailleurs que les dirigeants laissent leur peuple mourir afin de se sauver eux-mêmes. C'est ce que j'exècre le plus au monde et c'est ce contre quoi j'essaye de me battre à mon niveau. J'aimerais pouvoir redorer le blason des familles au près du peuple. Oui, il y a des guerres et des bains de sang, oui il y en aura certainement encore. Je ne suis qu'un soldat, si on m'ordonne d'aller tuer un tel je ne pense pas que je me demanderais si je dois réellement le faire ou non, j'exécuterais les ordres quels qu’ils soient à moins que cela aille contre mon sens du devoir de protéger la population. Je ne suis pas folle, je sais que mes propos peuvent paraître contradictoire et pourtant ce n'est pas le cas.

    Abigail avait parlé le regard baissé sur ses mains jointes sur ses genoux. La jeune Valet se devait de rester droite en ces temps d'incertitude, tout le monde commençait seulement à se reconstruire, à vivre de nouveau, elle ne pouvait devenir paranoïaque maintenant, pas encore en tout cas. Dans quelques années, oui, quand elle aurait atteint son but, quand on ne parlera plus des familles comme des monstres et du Gouvernement comme du héros, lorsque tous seraient mis au même niveau, là seulement, elle se laisserait emporter par la folie, mais pour l'instant, elle n'avait qu'une seule envie, s'enfuir loin de cette pièce où elle se sentait oppressée par Stèphen, par cet homme qui pouvait sembler comme quelqu'un cherchant à asseoir son idéologie et sa pensée sur les autres. Que n'aurait-elle pas donné pour qu'on vienne toquer à la porte, lui déclarant qu'il y avait un quelconque problème dans la ville et qu'elle devait s'en occuper mais cela n'arrivera jamais.
Revenir en haut Aller en bas
Anonymous

InvitéInvité

Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE]   Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 EmptyLun 5 Sep - 18:00







A
u vue des réactions de mon hôte, mes paroles l'avaient clairement perturbées. Au moment où ses couverts tombèrent au sol, je ne pus m'empêcher de me mordre la lèvre inférieure. J'étais allé trop loin, c'était certains. Je n'avais jamais tenu de débat de ce type, avant aujourd'hui, avec des personnes natives de Quederla. Que ce soit des membres du Gouvernement, que ce soit des personnes appartenant aux familles, que ce soit des membres de l'Ordre. La jeune Demoiselle face à moi semblait totalement désemparée, et je m'en voulais. Je ne souhaitais pas la pousser dans ses derniers retranchements, je ne faisais qu'apporter mon propre point de vue, un point de vu externe à celui des quatre groupes se partageant la ville.
Frénétiquement, je continuais de me mordiller la lèvre inférieure. Je ne connaissais que trop peu, le poids des mots. D'une certaine façon, je m'en rendais compte à mes dépends. Je devrais très certainement m'excuser, si j'en trouve le courage.
Elle semblait se résigner à terminer son assiette, sans m'adresser le moindre regard. Je soupirais légèrement, de façon à peine audible, et me mis à faire la même chose. Après tout, je ne pouvais pas me permettre de ne pas manger ce qu'elle nous avait préparé. Je ne voulais pas la mettre dans une situation encore plus embarrassante.
Une fois nos assiettes terminées, la jeune femme osa finalement m'adresser de nouveau la parole, puisant dans ses dernières ressources, n'osant pas pour autant me regarder de nouveau. Je me sentais très certainement aussi mal à l'aise qu'elle. Plus à ma place. J'avais perdu une occasion de me taire et je le ressentais bien réellement. Au fur et à mesure qu'elle parlait, d'une traite, comme si elle essayait d'expédier le plus de mot possible, comme si elle essayait de se convaincre elle-même de ses propres dires. Je ne pouvais pas m'empêcher de me mordre de nouveau la lèvre inférieure.
Ce n'est pas ça, ce n'était pas ça. Ses propos ne m'avaient pas semblé particulièrement blessants, ni-même injuriant. J'étais le premier à dire que le Gouvernement était inutile et que ses dirigeants ne pensaient qu'à leur petit nombril. Mais je regardais plus loin que ce fait avéré. Si le Gouvernement est ce qu'il est aujourd'hui, ce n'est pas que de lui-même. Si des habitants de Quederla en sont arrivé au point de soudoyer d'autres pays dans le but de former une armée, dans le but de libérer la ville des emprises des familles, c'est qu'il y a eut bien trop d'écart fait par ces mêmes familles vis-à-vis des habitants de cette ville. C'est le serpent qui se mord la queue. Tout est intimement lié. Alors oui, aujourd'hui les Elementis et les Domae subissent l'existence de ce Gouvernement nombriliste qui les étouffe. Mais dans le passé, c'était l'inverse. C'était l'existence de ces familles qui oppressait la population de la ville. Tout comme dans le futur, ce serait certainement l'Ordre qui fera encore une fois souffrir cette île. Tout est lié et tout est venu au monde de part l'existence de ces deux familles. Alors même si aujourd'hui, elles semblent œuvrer main dans la main contre des ennemis communs, qu'en sera-t-il une fois ces ennemis disparus ? Pourraient-ils vraiment cohabiter de façon sereine ? Pourraient-ils réellement oublier toutes leurs rivalités qui ont tant fait souffrir les habitants de par le passé ?
Finissant d'écouter ses propos, je vins poser ma main droite contre la partie droite de mon visage, le secouant légèrement.
L'instant d'après, j'arborai un visage détendu, un léger sourire aux lèvres, prenant la parole :


« Pardonnez-moi, si je vous ai offensé. Je ne comptais pas remettre vos croyances en question. J'essayais juste de donner un avis externe, différent de ceux des quatre groupes que vous connaissez. J'ai très certainement du mal choisir mes mots, j'en suis désolé. »

Je marquais un temps d'arrêt, le visage incliné sur la droite, je me sentais toujours assez mal à l'aise. Malgré que nous nous ressemblions sur pas mal de points, en définitive. Nous sommes tous deux prêt à obéir à des ordres, tant qu'ils ne dérogent pas à notre vision globale. Son souhait est de redorer le nom des familles auprès du peuple, tout en mettant en évidence le nombrilisme du Gouvernement qui ne fait que profiter de la situation. Tant qu'elle n'a pas a faire elle-même souffrir le peuple, elle exécuterait ses ordres. C'est un point en commun non négligeable que nous partagions. La différence étant que nous le faisions tous deux pour un camp différent. Et que très certainement, elle, a toujours vécu avec les idéologies de sa famille aux premiers plan. Tandis que moi, je m'éveillais lentement, dans un monde nouveau, me détachant de toutes idéologies déjà présentent. Selon moi, il n'y a pas de gentils ni de méchants. Il n'y a que des pires et des moins pires. C'était mes propres conclusions, faites au fil des jours, depuis mon arrivée en ces lieux.

« Je respecte votre vision et votre point de vue. Vous n'êtes pas folle, si vous l'étiez, je devrais très certainement être rangé dans la même catégorie. »

J'accentuais le léger sourire présent sur mes lèvres, avant de reprendre la parole.

« Je vous conseille de ne pas voyager en Russie, si vous ne voulez pas voir un Gouvernement encore pire, auprès de son peuple, que celui de Quederla.
Si votre but est de vous battre au nom du peuple, dans le but de l'émanciper de personnes prêtes à le sacrifier, dans le but de vivre où d'en tirer profits, je n'ajouterais qu'une seule chose : Noblesse Oblige. C'est une raison noble de se battre. Mais vous risquez de vous faire absorber par le combat. Cette île ne fait pas exception au reste du monde. Il y aura toujours des forts, des faibles, des riches, des pauvres, des personnes ayant du pouvoir, des personnes qui en seront dépourvues. C'est une triste réalité.
Mais si aujourd'hui, à vos yeux, vous comptez lutter contre un Gouvernement apathique plutôt que contre l'Ordre, qui a donné naissance aux récents bains de sang, dans la cité, tuant de bien nombreux habitants.. je pense que vous faites fausse route. »


Ce serait certainement les paroles de trop, pour mon hôte. Elle ne pourrait plus que me mettre à la porte. Et je l'aurai bien mérité, en définitive.
C'était à mon tour, de baisser le visage, regardant mon assiette vide, laissant échapper un léger soupir.


« Je voudrais tout de même vous remercier.. pour le repas. J'imagine que je vais devoir vous laisser. Je ne souhaite pas continuer de vous importuner. Vous ne méritez point cela. »

Le visage toujours bas, je me relevais lentement, prêt à récupérer ma veste, présente sur le dossier de la chaise.
(c) Lae/Matena


Revenir en haut Aller en bas
Anonymous

InvitéInvité

Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE]   Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 EmptyLun 5 Sep - 19:32

    Abigail avait gardé les yeux baissés même après avoir tout dit, d'ailleurs elle était peut-être allé trop loin, elle ne voulait pas dire tout ça et puis ce n'est pas tout à fait vrai, même si elle n'aimait pas le Gouvernement, il avait quand même pour la plupart de ses membres l'envie de protéger le peuple, il arrivait souvent que les familles se trouvent impliquées dans les problèmes et donc interviennent avant que le Gouvernement n'en soit averti. Mais elle ne s'était pas attendu à ce qu'il lui répondu cela. Abigail avait aussitôt relevé la tête et le fixait, le regard vide, la bouche entrouverte, elle voulait lui dire que ce n'était pas vrai, qu'il ne l'avait pas blessée, qu'elle s'était elle-même tourmentée toute seule.
    Et voilà qu'il la rassurait sur le fait qu'elle n'était pas folle, la jeune femme ne savait plus quoi lui dire, l'homme qu'elle avait face à elle était des plus sympathiques et gentils qu'elle avait connus jusqu'à maintenant. A ce jour, elle n'avait jamais connu quelqu'un qui lui ressemblait autant, il y avait bien Arias avec qui elle partageait les entraînements, ils se ressemblaient du point de vu de ne rien lâcher mais ce n'était pas pareil, peut-être était-ce dut au fait qu'il ne faisait pas parti des Elémentis ou des Domae. Elle n'en savait rien mais une chose était sûre, il se fourvoyait complètement et elle était incapable de parler.

    Et voilà maintenant elle en avait la certitude : il partait sur une idée qu'elle ne pensait pas, non ce n'était pas la vérité, elle avait baissé pour la seconde fois son visage. Fausse route ? Non c'était lui qui faisait fausse route et sur toute la ligne. Ses dernières paroles la laissèrent sans voix, elle était incapable de bouger maintenant, elle avait eu droit à la douche froide. Elle le vit prendre sa veste et commencer à se diriger vers la porte d'entrée. Et elle, elle restait là, assise bêtement. Quand il passa près de sa chaise, son corps s'électrisa tout entier. Ni une ni deux, elle s'était levée et l'avait retenu par la manche de sa veste. La tête baissée, elle ne le retenait que de deux doigts mais elle ne voulait pas qu'il parte, enfin pas comme ça sur un malentendu. Elle inspira plusieurs fois mais aucun son ne voulait venir à sa bouche, plusieurs fois elle failli lâcher mais elle se devait de lui dire ce qu'elle pensait.


    - Attendez Stèphen, je vous en prie... Ce n'est pas ça, vous avez complètement faux sur mon sujet : ce sont les dirigeants du Gouvernement que je n'aime pas, ses membres ne me gênent pas, pour la plupart ils sont comme nous, cherchant le bonheur et la sécurité du peuple. Je ne dis pas que les familles n'ont pas leur tort dans toute cette histoire, je le reconnais volontiers même si ça me fait mal de le dire. Ce sur quoi vous vous trompez le plus c'est sur ma volonté de me battre.

    Abigail releva la tête, cherchant son regard, le sien était perdu, ses larmes lui montaient aux yeux. C'était avec beaucoup de peine qu'elle arriva à continuer son récit tout en le regardant :

    - Croyez-vous vraiment que l'Ordre ne m'inquiète pas ? Que je n'ai pas envie de me battre contre eux ? C'est faux, faux et archi-faux. Je veux leur faire payer ce qu'ils ont fait, ils ont tué des innocents pour imposer leur présence, ils ont impliqué des civils dans une guerre qui ne les concernaient pas. Alors oui, je veux les combattre mais je sais aussi que telle que je suis actuellement je suis incapable de les vaincre. Je suis lucide, il me faut devenir plus forte avant de m'engager dans cette bataille.

    La jeune Valet pleurait maintenant, ses larmes avaient percés le rempart de ses yeux, elle ne pouvait les retenir. Elle relâcha la veste de Stèphen et de ses deux mains tentait vainement de les arrêter. Elle s'excusa de ce spectacle plusieurs fois, ne sachant pourquoi elle pleurait.
Revenir en haut Aller en bas
Anonymous

InvitéInvité

Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE]   Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 EmptyLun 5 Sep - 21:14







J
e n'étais pas naïf au point de ne pas voir que ma présence était maintenant de trop, dans cette maison. Quand bien même, j'avais pu apprécier tous les moments passés en compagnie de mon hôte jusqu'à présent, je sentais et je pouvais m’apercevoir des conséquences de mes mots. Nous n'avions certainement pas réussi à nous comprendre. Je ne suis décidément pas doué pour ce genre de situation. Sur le champ de bataille, au moins, on ne parle pas, si ce n'est de rares provocations. Lorsqu'il s'agit d'expliquer sa vision des choses, trouver les mots justes est souvent hasardeux. Et dans le cas présent, je sentais qu'à chaque fois que j'ouvrais la bouche, la jeune demoiselle présente face à moi semblait s'enfoncer dans un mutisme certains. Elle ne cherchait même plus à me répondre, ni même me regarder.
Voilà qu'elle pointait de nouveau le bout de son nez dans ma direction, l'air complètement déboussolée. Cela ne dura pas, pour autant, elle me fuit de nouveau du regard, abaissante son visage. C'en était trop. Je devais y mettre un terme. Je ne pouvais pas continuer de la torturer ainsi, je ne pouvais pas continuer d'ouvrir la bouche, si tout ce que je lui dis se retourne contre elle, je devais me taire, je devais partir. Depuis le début, je n'avais souhaité que lui apporter mon aide. Je ne voulais pas lui faire subir ce qu'elle est entrain de vivre. Certainement, elle aurait eu plus de chance, de ne jamais être sur ma route, ce soir là, lorsque je quittais l'hôpital. Elle aurait mieux fait de s'en tenir à son plan initial, d'attendre la nuit venue, pour s'enfuir par les arbres.
Je m'en voulais. Tout en me levant avec quelques difficultés, tout en enfilant ma veste avec encore plus de difficultés, je ne la voyais pas réagir, malgré mon annonce de départ. C'est certainement ce qu'elle souhaitait, au fond d'elle. Que je la laisse tranquille et que je disparaisse de sa vie. Que tout ceci ne se soit jamais passé, que ce ne soit jamais arrivé.
Ma veste sur les épaules, je ne pris même pas la peine de m'étirer, je ne faisais que secouer légèrement le visage, en mordillant ma lèvre inférieure de façon plus assidue qu'auparavant. J'allais quitter cette maison et tout rentrerait dans l'ordre. Si nous nous recroisons un jour, je n'aurai qu'à rebrousser chemin, ne plus intervenir dans sa vie. C'était certainement la meilleure chose à faire, la meilleure solution.
Tuer, qu'est-ce que c'est simple. Partager ne serait-ce qu'un instant avec une autre personne, qu'est-ce que c'est compliqué. Je m'en rendais compte, maintenant. Le poids que peuvent avoir les mots. Je pouvais continuer de m'en vouloir, cela n'effacerait rien.
Mon pas était lent, trouvant difficilement mon équilibre, dans un premier temps. Je me contentais de contourner la table, dans le but de rejoindre le couloir principale, menant tout droit à la porte d'entrée. Je n'osais plus rien dire. Je devais passer à côté de la maîtresse des lieux, si je souhaitais sortir. La gorge nouée, je lui lançais un dernier regard. Elle semblait m'ignorer totalement. Soit. Je me devais de respecter sa décision, je ne voulais pas l'importuner plus que cela. Je n'étais pas là pour ça, je n'en avais jamais eu l'intention.



L
orsque j'arrivais finalement au niveau de la jeune demoiselle, ne regardant plus dans sa direction, scrutant l'embouchure du couloir, celle-ci se leva et m'attrapa la manche, instantanément. Au même moment, je me figeais littéralement, l'observant du coin de l’œil. Son visage était toujours baissé, fixant le sol. Elle ne me retenait qu'avec deux doigts, sans aucune force. Il me suffirait d'une seul pas en avant pour la faire lâcher prise.
Petit à petit, je tournais ma tête dans sa direction, arrêtant de me mordiller la lèvre inférieure, qui semblait être quelque peu abîmée, maintenant.
Cela faisait de nombreuses secondes, qui semblaient être une éternité, qu'elle m'avait arrêté. Elle respirait difficilement, même continuer de tenir ma veste semblait être un effort surhumain, qu'elle était entrain de s'efforcer de réaliser.
Mon regard était doux, un léger sourire ne put s'empêcher de se nicher sur mes lèvres légèrement abîmées. Elle n'avait pas encore prononcé un seul mot, mais tous les efforts qu'elle semblait fournir ne me laissaient clairement pas insensible.
Voilà. Elle prenait enfin la parole. Je l'écoutais, sans me faire prier.
La jeune femme semblait vouloir rétablir la situation, elle ne voulait pas qu'il y ait de malentendus entre-nous, et pour cela, elle était entrain de dépasser ses limites.
D'une certaine façon, elle gagnait mon respect et mon admiration. J'étais là, incapable de répondre quoi que ce soit, la regardant.
La petite tête du petit bout de femme qui se trouvait à mes côtés arrivait à se relever, elle cherchait désespérément mon regard. Nos regards se croisèrent enfin, tandis que des larmes commençaient à naître timidement autour de ses yeux. Cette scène ne dura qu'un bref instant avant qu'elle ne reprenne la parole, mais elle m'avait complètement aspiré.
Je me contentais d'écouter ce qu'elle avait à dire, ne détachant pas mon regard du sien.
Une fois ses dernières paroles prononcées, Abigail ne put retenir ses larmes, abandonnant son emprise sur ma veste, pour essayer de les empêcher de couler le long de son visage, des deux mains.
De mon côté, je restais là, face à elle, sans rien dire. Je ne faisais que la contempler, encore quelques précieuses secondes. J'en avais la gorge nouée. Je ne pouvais pas m'empêcher de m'en vouloir. C'était de ma faute, quoi qu'elle en dise, c'est moi, qui l'avait poussé dans ses derniers retranchements.
Doucement, je me tournais dans sa direction, afin de me retrouver réellement face à elle. Nous nous regardions, ses larmes continuaient de couler. Elle s'excusait de se montrer sous cet angle, comme elle le pouvait, non pas sans difficultés.
Je ne pus lui répondre qu'avec un large sourire. D'un côté, l'envie de la prendre dans mes bras me traversa l'esprit. Mais j'avais déjà causé suffisamment de dégâts comme cela.
De ma main droite, celle qui avait été retenue par la jeune femme quelques instants plus tôt, je vins lentement et doucement l'apposer contre sa joue. Comme pour lui demander d'arrêter de chasser ses larmes. Quelques larmes s'écrasèrent contre ma main. Ce n'était pas désagréable, c'était même le contraire. J'en balayais doucement du pouce, sans pour autant appliquer plus de pression sur la peau de la jeune femme.
Je ne pus m'empêcher d'afficher un sourire niais devant ce spectacle. Elle s'en excusait, mais j'avais conscience de tous les efforts qu'elle venait de fournir.
Tout en gardant ma main contre sa joue, tout en continuant de la regarder, tout en ayant ce sourire aux lèvres, je pris doucement la parole :


« Vous êtes terrifiante. La gravité de vos paroles est atroce. Vous me donnez envie de vous emmener loin de tout cela. »

J'accompagnais mes paroles d'un sourire protecteur. De ma main libre, je vins la déposer sur l'épaule de la jeune femme, continuant de la fixer du regard, osant à peine cligner des yeux.

« Vos épaules doivent vous paraître bien lourde... Vous avez réussi, dans la même soirée, à me faire passer de sauveur, à quelque chose de totalement inutile. Quoi que vous disiez, vous ne me l'enlèverez pas : Je suis désolé. Je ne voulais pas que vous vous retrouviez dans cet état. Vous me donnez encore une fois envie de me rendre utile, pour vous. »

Avouais-je, timidement, gardant ma main contre sa joue, l'autre contre son épaule, balayant de nouveau, du revers du pouce, quelques larmes.
J'inclinais légèrement le visage sur le côté, un sourire inscrit sur mes lèvres quelque peu abîmées. J'aimerais pouvoir faire taire ces larmes et rendre le sourire à la personne qui se trouvait droit devant moi. Mais j'ai tout sauf confiance en mes capacités à réaliser cet objectif.

(c) Lae/Matena


Revenir en haut Aller en bas
Anonymous

InvitéInvité

Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE]   Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 EmptyMar 6 Sep - 15:58

    La jeune femme pleurait toujours, incapable d'arrêter ce torrent de larmes qui dévalait sur ses joues. Trop de question tournaient dans sa tête : est-ce que les membres des Elémentis allaient bien ? Et chez les Domae à combien s'estimait les pertes ? A quel point l'Ordre était-il fort ? Mais surtout avait-elle réussi à lui faire parvenir ses sentiments et ses pensées ? Y était-elle arrivée ? Elle connaissait le poids des mots, elle savait que parler n'était jamais simple, qu'avouer ses faiblesses n'était pas forcément signe de faiblesse mais elle n'aimait pas se montrer si fragile face aux autres, les seuls qui l'avaient déjà vu dans cet état étaient ses parents et ses voisins d'à côté qu'elle considérait comme la tante et l'oncle qu'elle n'avait jamais eu.

    Alors qu'elle continuait de pleurer et qu'elle s'excusait, elle put apercevoir un sourire sur le visage de Stèphen, son visage en pleurs était-il si drôle ? Elle n'en avait aucune idée. Mais une chose était sûre, lorsque la main de cet homme vint se poser sur son visage, ses larmes s'arrêtèrent l'espace de quelques secondes, elle était totalement perdue. La chaleur de sa main lui faisait du bien, elle la réchauffait, elle la rassurait. Abigail avait la bouche légèrement entrouverte et sanglotait par intermittence, elle aurait voulu lui rendre son sourire mais ce n'était pas possible, pourtant au fond de ses yeux, on pouvait y lire de la reconnaissance. Lorsqu'il se mit à parler, elle ne comprit pas ce qu'il voulait dire, ce n'est que la dernière phrase qu'elle intercepta : il voulait l'emmener loin de tout cela ? Qui ? Quand ? Où ? Comment ? Pourquoi ? La vie n'était peut-être pas simple mais elle aimait sa vie ici, elle aimait les habitants, elle y avait de nombreuses connaissances qui deviendraient peut-être avec le temps des amis. Lui aussi en faisait parti même si elle devait reconnaître que c'était légèrement différent. Elle avait l'impression de le connaître depuis toujours, qu'il avait toujours été là pour elle dans les mauvais moments comme dans les bons, qu'elle s'était depuis toujours confié à lui quand elle doutait et pourtant ils ne se connaissaient que depuis quelques heures.

    Tandis qu'il lui offrait un sourire protecteur, le regard d'Abigail était empreint de tendresse. Elle se risqua à déposer sa main gauche sur la main que Stèphen avait laissé sur son visage. Quand il lui déclara qu'elle devait avoir les épaules lourdes, la jeune femme secoua la tête. Inutile ? Lors de cette soirée, il avait été bien plus qu'utile pour la Valet Elémentis, il avait été une bouée de secours pour faire face à ce qui s'était passé et pourtant il s'excusait, il était persuadé que c'était de sa faute à lui si elle était dans cet état. Quel idiot mais elle était incapable de le lui dire car une boule obstruait sa gorge. A la fin de sa réplique, Abigail se laissa son corps pencher et atterrir sur le buste de son compagnon. Sa tête s'était nichée dans le cou de l'homme et sa main avait lâché celle de Stèphen et maintenant toutes les deux s'agrippaient désespérément à sa veste.
Revenir en haut Aller en bas
Anonymous

InvitéInvité

Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE]   Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 EmptyMar 6 Sep - 18:13







N
ous étions là, tous deux, debout, au milieu du salon où nous venions de manger, dans la maison de la jeune femme que je venais de rencontrer. Ces instants étaient brefs mais nous semblaient, certainement à tous les deux, durer une éternité. Mais ce n'était plus désagréable, au contraire. C'est comme si nous traversions le désert et qu'une tempête de sable nous avait forcé à nous réfugier dans un abris, se retrouvant seuls, coupé du monde emplis de doute et de désespoir. Nous étions tous deux gagnés de sentiments différents amenés par ce désespoir, mais nous trouvions tous deux en l'autre ce sentiment de réconfort dont nous avions tant besoin. Ces sourires et ces regards emplis de douceur et de tendresse qui n'avaient que pour seul but de ramener l'espoir qui semblait perdu.
Je ne pouvais plus détacher mon regard de celui de la jeune demoiselle se trouvant face à moi. Je n'en avais plus vraiment envie. Tout comme je ne voulais plus enlever ma main de sa joue. Le contact avec sa peau était agréable, les regards qu'elle me retournait l'étaient encore plus. Lorsqu'elle vint appuyer de sa main, contre la mienne, je ne savais pas comment réagir. Dans un sens, cela me rassurait, je n'étais pas le seul à apprécier ce contact que nous avions, à vouloir le faire perdurer, de précieuses secondes, de précieuses minutes supplémentaires. Je ne pouvais m'empêcher d'en sourire, niaisement. Voilà que je venais de perdre tout intérêt de bouger ma main droite, de perdre tout intérêt de cligner des yeux. Je ne voulais pas arrêter, ne serait-ce qu'un instant, de regarder le visage de mon hôte. Je voulais continuer de me perdre dans son regard, dans ses yeux humides. Je lui étais reconnaissant de s'ouvrir à moi de la sorte, de se montrer aussi vulnérable. Cela éveillé en moi de nombreux sentiments qui avaient toujours été enfouis. Grâce à elle, j'en avais la certitude, j'étais définitivement humain. Je me sentais comme tel, à ses côtés. Avec tout ce que ça implique, les bons comme les mauvais côtés.
De mon pouce, je vins timidement caresser la petite main qui s'était posée contre la mienne. Sa main me semblait si fine, si délicate, si fragile et pourtant si agréable, contre la mienne.



S
uite à mes paroles, elle secouait légèrement le visage, comme pour protester, comme pour me dire de me taire, cela m'amusait quelque peu. Je m'en mordis la lèvre inférieur, à cet instant. Je ferais mieux de me taire et de profiter de cet instant. Je ne vois même plus pourquoi j'essaye de parler, je ne ferais que dire des bêtises. Et voyant les réactions de la jeune femme, ce n'était pas de ça dont elle avait besoin, en ce moment même, de suite. Ce n'était pas de paroles ni d'excuses. Elle me le confirmait, s'affalant contre moi, venant nicher son visage contre mon cou, ses deux mains accrochées à ma veste.
Je ne réagissais pas.
Je ne savais pas comment réagir. Elle venait de me prendre totalement au dépourvu, nous échangions les rôles, encore une fois. Quelques instants plus tôt, c'est moi qui l'avait surprise, en posant doucement ma main sur son visage. Et maintenant, voilà qu'elle se blottissait contre moi. Je continuais de me mordre la lèvre inférieure. À ce rythme là, je finirais pas me l'ouvrir de nouveau, comme lors de la prise d'otage, mais pour des raisons différentes, cette fois. Pour une chose que ma frustration face à ces utilisateurs de pouvoir. Cette fois-ci, ce serait une façon comme une autre de surmonter l'épreuve à laquelle j'étais confronté. C'était la première fois de ma vie, qu'une personne s’immisçait autant dans mon espace vital. Enfin, pour le coup, elle était devenu mon espace vital. J'étais partagé entre de nombreux sentiments que je n'arrivais qu'à peine à décrypter.
Mon souffle se ralentissait quelque peu, tandis que les battements de mon cœur, eux, accéléraient dangereusement.
Son souffle s'écrasait dans mon cou. Je ne pus m'empêcher de frissonner un bref instant. Il était chaud et agréable. Je n'avais jamais rien vécu de similaire. Je continuais de me mordiller la lèvre inférieure, fermant lentement les yeux, appréciant le fait d'avoir le corps de la jeune femme contre le mien, appréciant le fait d'avoir son petit nez écrasé contre mon cou.
Et puis merde. Arrête de réfléchir, fais ce que ton corps te réclame.
Doucement, je passais mes bras dans le dos de la jeune femme, la serrant un peu plus contre moi. Je n'osais pas pour autant serrer fort, elle me semblait si fragile et si simple à broyer par inattention.
Mon bras gauche était au niveau de ses hanches, ma main remontait légèrement, apposée contre le côté de ses côtes. Quant à mon bras droit, lui, il était contre son dos, remontant jusqu'à la nuque de la jeune femme, où ma main avait en partie trouvé refuge. À défaut de pouvoir mettre mon visage dans son cou, ce serait une partie de ma main.
J'osais la serrer un peu plus fort, tout en restant sur mes pincettes.
Je fermais les yeux, tout en continuant de me mordiller. Tout ceci ne pouvait pas être réel ? J'allais me réveiller loin de tout cela, et ce ne serait qu'un rêve ?
Le souffle chaud qui continuait de s'écraser dans mon cou faisait tout pour me prouver que c'était bel et bien la réalité. La pression de ses mains sur ma veste, s'accrochant à moi, comme pour me dire de ne pas disparaître, comme pour me dire de ne pas partir, comme pour me supplier de rester auprès d'elle me prouvait que ce n'était pas un rêve.
J'osais une légère caresse, de mon pouce, au niveau du cou de la jeune femme, prenant timidement la parole, de nouveau :


« Tout.. tout va bien... Abigail. Je ne pars plus.. je reste. Je ne te laisserais pas seule. »


… Voilà que je venais de la tutoyer.
C'était la première fois de ma vie, que je tutoyais quelqu'un.
Je ne pus m'empêcher de me mordre la lèvre de plus belle. Je ré-ouvrais les yeux, abaissant légèrement mon visage, mon menton entrain en contact avec celui de la demoiselle présente dans mes bras.
Je venais de la tutoyer, mais... Cela m'avait paru tellement naturel. Je n'avais pas réfléchis à ce que j'allais dire, c'était sorti tout seul.. j'espère qu'elle ne m'en voudrait pas, qu'elle ne m'en tiendrait pas rigueur. Je la vouvoierai de nouveau, la prochaine fois que je prendrais la parole. Même si je n'avais pas plus que ça envie de prendre de nouveau la parole, je souhaitais juste continuer de l'avoir dans mes bras, de la serrer contre moi, de profiter de cet instant.

(c) Lae/Matena


Revenir en haut Aller en bas
Anonymous

InvitéInvité

Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE]   Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 EmptyMar 6 Sep - 19:52

    Abigail s'était blottie dans les bras de Stèphen pour y chercher un peu plus de réconfort. Elle n'avait pas prévu la suite parcontre : elle n'avait pas prévu que Stèphen y répondrait et qu'il la serrerait dans ses bras. En étant aussi proche de lui, elle put ressentir sa chaleur et sa tendresse. Il était là, près d'elle, la tenant contre lui comme une poupée de porcelaine. Elle sentit ses mains qu'ils l'entouraient bouger sur son dos l'une d'elle vint se poser dans sa nuque, un frisson la parcouru dans tout son corps mais ce n'était pas désagréable, bien au contraire. Tout comme elle, il semblait profiter de cette étreinte, ne cherchant pas à la faire reculer mais au contraire à la rapprocher encore d'avantage. Son visage était tourné vers le cou de l'homme qui se tenait à ses côtés et de ce fait, elle pouvait y fourrer son nez et jouer dans son cou. Enfin ça c'est ce qu'elle aurait fait si elle n'était pas entrain de pleurer.

    D'une voix faible, elle l'entendit lui dire qu'il ne partait plus, qu'il resterait là, qu'il ne la laisserait pas seule. A l'entente de ces mots, ses pleurs redoublèrent. Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas entendu de tels mots à son égard. Là dernière fois qu'elle les avaient etendus, c'étaient ses parents qui les lui avaient dit alors qu'elle n'était encore qu'une enfant. Malgré ses pleurs qui la gênait énormément, la demoiselle réussit tout de même à lui murmurer:


    - Merci... Stèphen...merci de rester. Je...je ne saurais pas...ce que...j'aurais fait...si...si tu... si tu étais parti.

    Elle ressera sa prise sur l'homme, lâchant sa veste pour aller accrocher ses bras dans son dos, tournant sa tête de l'autre côté, se cheveux se retrouvant maintenant dans le cou de Stèphen. Les minutes passaient lentement, seul le tic-tac de l'horloge pouvait la ramener à la réalité mais elle était si bien à cet instant que même le petit bruit ne la dérangeait plus. Petit à petit ses pleurs s'arrêtèrent, elle avait tant redouter ce moment où il la lacherait. Elle ne voulait pas que cet instant magique ne s'arrête. Elle refusait de se réveiller de ce doux rêve et de devoir faire face à la réalité et aux différents problèmes qu'elle allait amener. Non, c'était définitif, elle ne se réveillerait pas, en tout cas pas pour l'instant. Alors quand elle s'arrêta définitivement de pleurer, elle ressera encore plus la pression de ses mains sur le dos de Stèphen.

    - Laisse-moi rester comme ça encore un peu s'il te plait.
Revenir en haut Aller en bas
Anonymous

InvitéInvité

Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE]   Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 EmptyMar 6 Sep - 21:45







E
lle pouvait se reposer, elle pouvait compter sur mon soutient, elle pouvait reposer sa tête contre mon épaule, elle pouvait se laisser aller. Je n'étais pas aveugle, la jeune femme qui se trouvait dans mes bras en avait besoin. Je ne la jugeais pas, enfin, si, mais pas à proprement parler. Je ne lui en voulais pas, de s'ouvrir à moi, de se reposer sur moi, je lui en était même reconnaissant, j'existais, en ces lieux, en cet instant, à ses côtés. J'existais pour autre chose que ce que j'ai toujours été. Elle avait déterré des sentiments si profondément enfouis en moi. À ce niveau là, je la remerciais, intérieurement. Ce que je ne jugeais pas, c'était le fait d'avoir besoin d'aide, c'est le fait de s'écrouler contre moi. C'est le fait de me montrer sa faiblesse. Personne ne peut prétendre être humain et ne pas posséder de faiblesse. Notre existence même en tant qu'homme, ou en tant que femme, est prouvé par le fait que nous ayons tous des forces et des faiblesses qui nous sont propres. La jeune femme qui se trouvait dans mes bras, relâchant la pression pesant sur ses épaules, contre les miennes, possédait des faiblesses qui lui étaient propres. Elle possédait aussi des forces bien à elle. À ces pensées, je me remémorais le moment où elle m'avait demandé mon aide, afin de récupérer ses affaires cachées dans l'arbre. Je ne pus m'empêcher d'en sourire, arrêtant d'abîmer mes lèvres, par la même occasion.
Nous étions tous deux, toujours au même endroit, nos pieds et nos jambes n'avaient pas bougé d'un seul centimètre, comme si nous étions ancrés dans le sol, prenant racine, figeant notre douce et tendre étreinte dans le temps.
Au stade où nous en étions, je me persuadais du fait qu'elle ne souhaitait plus quitter mes bras, afin de m'excuser de mon envie de la garder contre moi. Dans le cas où ces envies étaient partagées, ce n'était pas mal de désirer la garder contre moi, non ?
Je n'osais pas spécialement bouger mes mains ni mes bras, gardant mon emprise sur la jeune femme. Je ne bougeais, non plus, mon visage, le menton contre le haut du visage de la demoiselle. Je fermais de nouveau les yeux, continuant de profiter de cet instant. C'était le premier et peut-être le dernier. Même si je ne souhaitais pas vraiment y songer, c'était un fait réel. Peut-être que la jeune femme se trouvant dans mes bras n'avait besoin de mon épaule qu'en cette soirée. Peut-être qu'elle ne reposerait jamais sa tête contre mon cou. Peut-être que je ne sentirais plus jamais sa respiration s'écraser contre ma peau. Peut-être que je ne pourrais plus jamais lui toucher la joue, la caressant du bout du pouce. Je ne le sais pas, je n'en ai strictement aucune idée. Peut-être même que d'ici deux minutes, elle me repousserait, en me disant qu'elle se sent mieux, essayant de cacher la vérité d'un faux-sourire, décidant de me faire quitter les lieux. Je n'en savais rien. Tout ce dont j'étais sûr, c'est que je devais me contenter de ces précieuses secondes qui défilaient.



A
près mes paroles, qui avaient pourtant pour but d'essayer de la rassurer, elle se mit à pleurer de plus belle. Décidément, je n'étais pas doué, avec les mots. Le nombre de fois, ce soir, où je me suis dis que j'aurais mieux fais de me la fermer. Je ne les compte plus.
Me mordant la lèvre inférieure, comme pour me punir de mes torts.
Cependant, elle s'efforça de prendre la parole, retrouvant la voix, me répondant.. je m'étais trompé. Elle me remerciait, j'en souriais naïvement, laissant la paix à mes lèvres, bien rapidement. La jeune femme victime de mon étreinte me confiait timidement qu'elle était soulagée du fait que je sois resté à ses côtés. Enfin, j'imagine que c'est ce qu'elle essayait de me transmettre. Personne ne saura jamais ce qui se serait passé, si j'étais parti. Pour la simple raison qu'elle m'a retenu, lui demandant des efforts incommensurable. Je ne pouvais pas m'empêcher de m'en vouloir et de m'en sentir responsable. Je ne pouvais pas m'empêcher de me dire que je souhaitais pouvoir faire plus que de simplement la supporter, contre mon épaule. Mais j'étais aussi, plus ou moins persuadé, que si je prenais la parole de nouveau, cela pourrait se retourner contre moi. Je ne suis définitivement pas doué, avec les mots. Il faudrait que je m'entraîne, me disais-je, légèrement amusé, au même instant où je me rendais compte du fait que, la jeune femme présente dans mes bras changeait doucement de position.
Celle-ci vint passer ses bras dans mon dos, en profitant pour faire ce que je n'osais pas faire depuis le début : Se serrer plus fort contre moi. J'en soupirais quelque peu, à la fois entre l'amusement et le soulagement. Elle n'était pas si fragile que je le pensais. Mais, tout de même, je continuerais d'être à son contact avec précaution. Par dessus tout, je ne souhaitais pas lui sembler brusque ou maladroit.
En plus de changer de prise, pour ses mains, la jeune femme tourna son visage, se servant toujours de mon épaule comme réceptacle, mais mettant maintenant ses cheveux dans mon cou. Le contact de ma peau et de ses cheveux n'était pas désagréable, de plus, je pouvais incliner un peu plus mon visage, maintenant, finissant le nez dans ses cheveux. Elle pouvait très certainement ressentir mon souffle, s'écraser contre elle, maintenant. Nous échangions nos rôles, encore une fois.
Ma main qui était présente contre sa nuque, osait maintenant s'aventurer un peu plus haut, débordant sur le bas de sa joue, qui n'était pas contre mon épaule. La caressant très légèrement, du bout des doigts.
Je continuais mes très légères caresses, tandis qu'Abigail arrivait, peu à peu, à calmer ses pleurs. Ce n'était là qu'un nouveau prétexte, pour me mordre de nouveau la lèvre inférieure. Cela sous-entendait que tout allait s'arrêter, que je devrais la libérer de mon emprise, que je devrais la remettre en liberté, que je ne lui serait plus d'aucune utilité, que mon côté humain s'envolerait par la fenêtre, que je redeviendrais comme avant. Quoi que, non, je ne redeviendrais plus comme avant. Après avoir goûté à tant de tendresse et de douceur, je ne pourrais clairement pas oublier ces sensations, ces frissons. Donc je ne redeviendrais définitivement pas comme avant, mais j'en éprouverais le manque.
Voilà. Elle venait d'arrêter de pleurer. Cependant.. elle semblait resserrer son empire, sur moi, de ses mains. La jeune femme, toujours collée à moi, en profitait pour prendre la parole, juste après avoir accentué son emprise.


T
out naturellement, après avoir entendu ses mots, je vins lui déposer un léger baiser contre ses cheveux, comme pour lui dire que j'acceptais de la garder contre moi, encore un peu, si elle le voulait.
Je me rendis compte, aussi, du fait qu'elle m'avait tutoyé, en réponse. Les deux fois où elle venait de prendre la parole. Je n'avais pas vraiment calculé la première fois, la tête un peu trop dans les nuages, pour m'en rendre compte.
Définitivement, c'est un large sourire, qui était présent sur mes lèvres, maintenant.
Je ne savais pas combien de temps elle comptait rester contre moi, je ne savais pas ce qui se passerait ensuite, je n'en savais rien, je n'en avais aucune idée. Peut-être même qu'elle n'oserait même pas me lancer un regard, une fois cette étreinte terminée.
Mais je savais ce que je voulais, au fond de moi. Que cette situation continue et perdure, au moins quelques minutes de plus.
Je restais silencieux, ne voulant pas gâcher ce moment de mes mots encore mal jugés, encore mal employés. Quoi que.
Je prenais timidement la parole, ma voix quelque peu étouffé par les cheveux de la jeune demoiselle nichée dans mes bras, mais le silence régnait en maître, autour de nous, elle n'aurait pas de difficultés à m'entendre :


« Tu peux.. aussi longtemps que tu le voudras... Et aussi souvent que tu le voudras. »
(c) Lae/Matena


Revenir en haut Aller en bas
Anonymous

InvitéInvité

Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE]   Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 EmptyJeu 8 Sep - 13:04

    La jeune femme était toujours enserrée par les bras de Stèphen, elle prolongeait l'instant magique qui les avait tous les deux réunis dans cette pièce. Elle devait se dégager ou tout du moins, il faudrait qu'elle se dégage de cette étreinte mais elle ne voulait pas, le souffle chaud de Stèphen qu'elle pouvait sentir sur sa nuque était un réel bonheur, sa simple présence l'appasait, le moindre mot de sa part et elle passait du rire aux pleurs, des larmes au bonheur. C'était un sentiment très particuliers qu'elle ne connaissait pas et dont elle souhaitait profiter. Et puis au bout de cinq minutes, Abigail dessera ses bras du dos de son comparse, non pas qu'elle ne voulait plus de ce contact mais elle pensait d'abord à Stèphen, il avait certainement d'autres choses à faire que de s'occuper d'une folle dans son genre.

    La période magique était rompue et elle se trouvait bête, elle se mordait la lèvre inférieure et détournait le regard de Stèphen, elle ne voulait sous aucun prétexte qu'il ne la voit ainsi. Son visage devait être une catastrophe et puis elle aperçu la vaisselle encore sur la table. C'est cela, elle allait faire la vaisselle pour couper court à ce silence gênant qui venait de s'imposer. Pendant qu'elle débarrassait la table, elle se demanda si elle devait réutiliser le vouvoiement quand elle s'adresserait à Stèphen, après s'être creusée la tête sans pour autant avoir la moindre réponse, elle décida de tenter le tout pour le tout. Il lui dirait lui-même à sa façon de réagir si cela ne lui plaisait pas :


    - Dis-moi Stèphen, tu veux une tasse de thé ?

    Elle attendit quelques temps près de la table pour avoir sa réponse puis se mit au travail, un peu d'eau dans une bouilloire et hop sur le feu, deux tasses sur un service à thé, quelques grains dans une théière, du sucre dans une coupelle, le tout sur un plateau. Pendant que l'eau bouillait, elle entreprit de faire la vaisselle. Les assiettes, les couverts et les verres y passèrent tous mai pas moyen de trouver un sujet de conversation pour éviter ce silence pesant. Lui en voulait-il de s'être ainsi laisser aller ? D'avoir rompu le doux contact qui s'était installé entre eux ? Elle n'en avait aucune idée et n'osait pas lui demander. Et puis que pourrait-elle dire ? « Tu m'en veux ? Pourquoi ne dis-tu rien ? Parle-moi ! » Stupide, voilà comment elle se voyait à cet instant. Ce fut le sifflement de la bouilloire qui la fit revenir sur terre, Abigail attrapa l'objet, coupa le réchaud et passa l'eau dans la théière avant de venir s'installer dans la partie salon, où elle invita Stèphen à venir s'asseoir. Elle prit place sur le canapé et servit les tasses.

    - Comment trouves-tu Quederla ?

    Ce fut la seule chose qu'elle trouva à dire pour mettre au silence, un sujet bateau mais elle se devait de commencer quelque part si elle voulait en apprendre plus sur cette personne qu'elle aurait pût qualifier d'étrange, sympathique mais qu'elle percevait surtout comme quelqu'un de compatissant et d'attentionné.

Revenir en haut Aller en bas
Anonymous

InvitéInvité

Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE]   Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 EmptyJeu 8 Sep - 15:05







D
éfinitivement : Je ne m'en laissais pas. Si je le pouvais, si cela n'en tenait qu'à ma personne, je m'abandonnerais sur l'instant présent, encore de nombreuses minutes. Et par chance, c'est ce que la jeune femme qui se trouvait dans mes bras, faisait, elle aussi.
Cependant, cela ne pouvait pas durer, pour toujours. Et inévitablement, cela arriva. Abigail desserrait petit à petit ses mains, dont les bras m'entouraient encore. C'était le début de la fin, le signal que tout se devait de s'arrêter.
J'avais beau essayer de me le remémorer, mais je n'avais strictement aucune idée de combien de temps nous étions resté collés, l'un à l'autre. Plusieurs minutes ? Plusieurs dizaines de minutes ?.. J'étais incapable de me prononcer, cela m'avait paru si court. Doucement, je relâchais mon étreinte. C'était terminé. Je devais la libérer. Elle semblait aller mieux, maintenant. Elle ne pleurait plus, elle n'avait plus besoin de se reposer contre mon épaule. Elle n'avait plus besoin de moi.
Cette idée n'arrêtait pas de s'amplifier au fur et à mesure que la jeune demoiselle qui était toujours présente contre moi s'activait à se dégager. Je n'étais pas dans sa tête, je ne pouvais pas savoir à quoi elle pouvait bien penser. Je ne pouvais même pas en avoir une fichue idée. Je ne la connaissais pas suffisamment pour ne serais-ce qu'avoir un avis sur la situation.
Et voilà, ses bras ne m'entouraient plus. Cela indiquait bien, que ce serait finit d'ici une seconde ou deux.
Aussi-tôt dégagée, aussi-tôt retournée. Elle semblait vouloir me cacher son visage. Certes, elle avait pleuré, beaucoup, mais était-ce réellement une raison pour fuir mon regard ? Comment dire, cela amplifia quelque peu cette idée qui m'avait traversé l'esprit : Elle n'a plus besoin de moi.
Tandis que l'attention de la jeune femme se redirigeait en direction de la table, je secouais légèrement le visage, de droite à gauche, avant de finalement l'abaisser en direction de mes mains. Je n'y voyais rien d'autre que le vide. Elles n'étaient plus posées contre quoi que ce soit, contre qui que ce soit. Du vide. Il n'y avait plus que du vide à l'intérieur de ces mains. Le regard quelque peu troublé. Je commençais déjà à m'imaginer loin d'ici, épée en main, me concentrant sur un combat, pour ne plus penser à tout ce qui venait de se passer.
Peu à peu, toute la chaleur, que nous nous étions partagé, venait à disparaître. Je n'étais pas spécialement frileux, je n'avais pas froid facilement, mais sentir cette chaleur si particulière m'abandonner, disparaître de mon corps, était quelque chose que je n'avais jamais pu expérimenté. Qu'est-ce que c'est déplaisant. Qu'en était-il pour elle ? Comment le ressentait-elle ?.. Je ne sais pas, je n'en ai aucune idée. Je ne me voyais pourtant pas prendre la parole et lui demander. Je ne me voyais encore moins lâcher un petit « Froid... » l'air de rien, histoire de mettre des mots sur ce que je ressentais en ce moment. Elle n'a plus besoin de moi. Fourres-toi le dans le crâne. Tu lui as déjà dis que si elle le désirait, elle pourrait utiliser de nouveau ton épaule, qu'elle pouvait l'utiliser comme elle le désirait. Ce n'est pas pour toi, mais pour elle. C'était une bien triste réalité qui s'emparait de moi, maintenant.
Je ne m'en étais pas rendu compte, mais cela faisait maintenant plusieurs minutes que nous nous étions séparés, que nous n'étions plus l'un contre l'autre. Je n'avais rien dis, je n'avais pas bougé, je n'osais qu'à peine cligner des yeux. Je me sentais bien plus perturbé maintenant que lorsque je l'avais dans mes bras, contre moi. J'avais agi de façon tellement naturelle, par instinct.. que maintenant, je n'avais plus aucune idée de ce que je devais faire, de comment je devais me comporter.

Je revins à la réalité lorsque mon hôte me proposa du thé. Je n'avais pas spécialement l'habitude d'en boire, mais si cela me permettait de rester en sa compagnie, je m'imposais moi-même d'en boire. J’acquiesçais, timidement, sans vraiment oser croiser son regard.
Je ne disais pas non à rester quelques minutes de plus. Je ne voulais plus partir, je ne voulais pas avoir à rentrer maintenant, dans le froid, traverser la ville dans la nuit. Je devrais le faire, certainement, mais le plus tard possible. J'arrivais déjà difficilement à assimiler ce qui venait de se passer. Je n'étais pas spécialement prêt.
Un léger sourire en coin se figea sur mon visage, il n'exprimait pas vraiment de sentiment. Il ressemble à ceux que j'arbore, sur le champ de bataille, lorsque je commençais à perdre un peu la raison.
Abigail s'activait, comme elle le pouvait, elle préparait le thé, faisait la vaisselle. Une vraie petite fée du logis. Cela n'en avait pas l'air, mais j'étais tout bonnement incapable de reproduire tout ce qu'elle avait accompli, ce soir, en terme de gestion de maison et de cuisine. Cette pensée eut pour effet de chasser mon sourire de mes lèvres, me ramenant un peu à la raison. Ma main droite vint trouver mon visage, me massant un très bref instant le front.
Elle n'avait plus besoin de moi. Mais elle ne me mettait pas encore à la porte pour autant.
C'est alors que je me décidais à retirer ma veste, une nouvelle fois. Je la posais sur le dos de ce qui avait été la chaise d'Abigail lors de notre repas. Inutile de préciser que ma veste avait été humidifiée par les pleurs de la jeune femme. Cela ne me dérangeait pas, je l'aurais bien gardée sur le dos, mais je tenais à la retirer, comme pour signaler de nouveau à mon hôte, que je ne comptais pas partir, que je ne comptais plus partir.
En observant les traces de pleurs, j'eus un sourire presque nostalgique, me perdant quelques instants dans mes pensées. Comment j'en étais arrivé là ? Pourquoi, tout à coup, est-ce que je me mettais de nouveau à avoir envie que la jeune femme se mette à pleurer, venant trouver mon épaule en guise de réconfort ?.. Je dois être quelqu'un d'atroce pour penser de la sorte.
Je ne savais pas quoi dire, je n'étais pas vraiment apte à prendre la parole non plus. Nous semblions tous deux perdus dans nos pensées. Nous agissions comme si rien n'était arrivé. J'étais droit comme un piquet, près de sa chaise. J'essayais de me convaincre, une nouvelle fois, qu'elle n'avait plus besoin de moi, qu'elle n'utiliserait plus mes bras, que je me devais de chasser toutes pensées à ce sujet là. Ce n'était pas pour moi. C'était pour elle que j'avais agi de la sorte. Même si j'avais cruellement envie de l'étreindre de nouveau, de la sentir contre moi...
Je secouais de nouveau le visage. Arrête. N'y penses plus. Stop. C'est terminé. Elle va mieux, c'est tout ce qui compte. Ne pense même pas à reproduire cette scène. Elle ne le mérite pas. Je le savais très bien, qu'elle ne méritait pas cela. Je ne voulais pas qu'elle s'écroule de nouveau, je ne voulais pas qu'elle se mette de nouveau à pleurer. Tout ce que je désirais, c'était de la prendre de nouveau dans mes bras. Est-ce une si mauvaise pensée ?

Le thé était prêt. Plus d'échappatoire possible. Maintenant, nous allons nous retrouver de nouveau côte à côte, et nous allons devoir reprendre la parole.
Lorsqu'elle m'invitait à la rejoindre sur le canapé, timidement je m’avançais dans leur direction. Comment m'asseoir sur ce ficus canapé ? De quelle façon je devais me comporter ? Qu'est-ce que je devais faire ? J'en ai foutrement aucune idée.
Par réflexe, je m’asseyais à l'opposé de la jeune femme, contre l'accoudoir, essayant de me faire plus petit que je ne le suis. Je n'osais pas tourner le visage dans le but de la regarder. Elle avait caché son regard, en s'éloignant de mes bras. Depuis lors, nos regards ne s'étaient pas croisés de nouveau.
Voilà qu'elle prenait la parole. Je me rendis compte seulement maintenant qu'elle continuait de me tutoyer. Cela ne me dérangeait pas, bien au contraire. Ce qui me dérangeait, c'est le fait que ça me remémorait le fait que maintenant, elle n'était plus dans mes bras.
Je laissais échapper un fin soupire, une fois qu'elle termina sa phrase, me demandant ce que je pensais de la ville. Pour être franc, actuellement, je n'en pensais rien, et surtout : Je ne pensais pas à ça. Mais je ne voulais pas paraître impoli, je ne voulais pas lui manquer de respect, alors je cherchais désespérément en moi les forces pour lui répondre :


« .. comment je trouve Quederla... »

Je marquais un temps d'arrêt. Du son était sorti de ma bouche. J'avais réussi à prendre la parole, c'était un bon début. Je ne savais pas quoi y ajouter. J'en fronçais légèrement les sourcils, contrarié. Je n'arrivais pas à chasser de mon esprit ce qui venait de se passer entre nous. Je devais être le seul de nous deux, apparemment...
Reprenant la parole, assez calmement, d'une petite voix :


« Je pense.. que je commence à m'y habituer... C'est assez loin de ce que l'on m'a décrit, quand je suis arrivé... Cela ne me déplaît plus d'y vivre.. et d'une certaine manière, je trouve aussi la vie en ces lieux plus calme et agréable.. que d'où je viens. »

Je marquais de nouveau un temps d'arrêt. J'avais oublié sa question. C'était vraiment ça qu'elle me demandait ? Je ne sais plus... Je n'arrive plus à penser comme il se doit.

« J'ai mis un peu de temps à m'adapter.. à la réalité qui existe ici. Mais je pense que je commence à m'y faire.. j'ai peut-être eu un peu de chance, aussi, jusqu'à présent... Je ne sais pas trop.. je dois t'avouer que j'ai pas vraiment pris le temps d'y réfléchir, réellement... »
(c) Lae/Matena


Revenir en haut Aller en bas


Contenu sponsorisé

Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE]   Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE] - Page 2 Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
Un nouveau jour... Une nouvelle rencontre [TERMINE]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Quederla :: Les Archives ~ :: Les Archives :: Les RPs 2016-