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 À double tour | ft. Haiko

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MessageSujet: À double tour | ft. Haiko   À double tour | ft. Haiko EmptyMar 31 Oct - 21:30


#don'tsleep
« got a head full of spiders, and a heart that isn't here, in a room full of liars, all my demons reappear broken cigarettes »
Où suis-je ?
Pourquoi est-ce qu'il fallait noir comme ça ?
Et, c’était quoi ce bruit ?


Ma tête, mes pensées, tout semblait embrumé. Brouillé. Un voile noir qui était difficile à chasser d’un revers de main. Rien n’avait de sens, toute logique avait disparu.
Inspire. Expire. Réfléchi

Un sursaut, qui frôlait amèrement la crise cardiaque, m'avait touché et, une étrange sensation d'avoir perdu le fil des événements en un simple claquement doigt me parcourait le long de l'échine. Remettre de l'ordre dans tout ce bazar devait être fait, mais sans savoir où commencé, mon esprit était comme un coffre à jouets qu'on n'avait pas dépoussiéré depuis des lustres. Rien ne paraissait cohérent. À commencer par le lieu où j'avais atterri et l'état dont j'avais la joie de bénéficier. Entier, certes, mais à moitié dans les vapes. Non pas, à cause de l'alcool, une migraine affreuse serait en train de me foudroyer sur place, néanmoins là, il était étrangement question de sommeil. Mon œil avait bien du mal à s'habituer à la pénombre de la pièce et il me fallait faire face à des bâillements répétitifs. Je m'étais endormi, comme ça, sans prévenir. Le tout m'étant tombé dessus sans mise en garde en m'emmenant maladroitement dans les bras de Morphée durant... Vraisemblablement des heures. Je connaissais la cause, pour ça, je n'avais pas besoin de réfléchir bien plus que la normale ; je manquais cruellement de sommeil ces derniers temps, je négligeais complètement le fait de prendre du repos et, me ruer sur les tâches allaient finir par me tuer, si ce n'était pas déjà le cas. Pourtant, même avec cet avertissement, même en sachant ce que cela pouvait me coûter, ce n'était guère suffisant pour me remettre en marche sur un rythme moins stressant. Je désirais en faire trop pour ne pas avoir à me pencher sur mes problèmes, mais à quel prix, hein .

Voilà une mauvaise manie dont j’avais bien du mal à me séparer depuis des années. Et qui, pour mon plus grand malheur, me faisait facilement retomber dans la boucle étouffante et horriblement longue de la dépression.
Ouvre les yeux, prends-toi en main, ne recommence pas. Pas encore.
Quelque chose qui restait bien plus simple à se répéter inlassablement que de passer à la pratique.

Un grognement extérieur des plus puissants se fit soudainement entendre, suivi d'un rayon de foudre qui éclairait spontanément le ciel, permettant par la même occasion d'illuminer la pièce un court instant. J'avais entrevu une longue rangée de livres, une porte fermée et une table remplie de feuille volante et autres dont je m'étais mollement affalé. J'entendis par la suite la pluie s'abattre sur la ville et je me maudissais intérieurement, comme un rappel de ne pas avoir pris de parapluie avec moi. Et petit à petit, les informations s'amusaient à surgir comme par milliers, éclairant ma faible lanterne pour qu'elle s'illumine à nouveau de mes souvenirs. J'avais refusé une énième fois l'invitation de mes colocataires pour prendre un verre dehors et me "changer les idées" comme ils aimaient, à le dire. Préférant rester le nez plongé dans un travail qui n'avait ni queue ni tête. J'avais ce dossier à terminer ─ dont le nom m'écorche les oreilles à chaque fois que je le prononce ─ et dont les fait furent si maigres que j'étais parti me réfugier à la bibliothèque. Ou plus particulièrement dans les archives une fois l'obtention de ladite “sainte clé” mise sous surveillance. Cependant, je ne m'attendais pas à décrocher si rapidement. J'ai dû tourner les pages de mes bouquins de manière mécanique avant d'abandonner. « Tu déconnes Al, tu déconnes… » Ouais, je sais.

Une main passant machinalement sur le visage, un soupir s'échappe avant de laisser tomber la lutte et de rassembler tout le bazar étalé. Mes dossiers personnels d'un côté et les documents empruntés de l'autre. Je dus me faire violence pour y voir quoi que ce soit. Qui avait coupé la lumière ? Était-ce le courant qui avait sauté à cause de l'orage ou une petite farce du jour de la part des employés ? Quoi qu'il en soit, il me fallut bien du courage pour retrouver dans la pénombre la place exacte de chaque papier et, cela, même en m'aidant d'un briquet qui faisait partiellement office de lumière. Puis, il ne me restait plus qu'à quitter les archives en refermant soigneusement derrière moi.

Honnêtement, je fus pris d'une surprise sans nom en voyant un calme plat régnait dans toute la bibliothèque. Lumière éteinte avec la faible lueur des réverbères qui traversaient les fenêtres, aucun chuchotement ne me parvenait depuis les nombreuses rangées de livres, même pas le bruit d'une page qui se tournait délicatement. À moins que mes oreilles commencent à prendre salement de l'âge elles aussi, je pouvais assurer que j'étais entièrement seul. Même l'accueil était entièrement désert. Avais-je réellement fini par m'endormir aussi longtemps ? La bibliothécaire, aussi charmante fut-elle, m'avait oublié au point de partir en m'enfermant ici ? Il fallait croire que oui. Mais, dans un doute et un espoir qui paraissait de manière évidente perdu d'avance ─ et après avoir laissé un mot sur le comptoir de la demoiselle en compagnie de la clé ─ j'essayai tant bien que mal d'ouvrir la porte d'entrée. Peut-être qu'avec une chance inouïe un garde faisait sa ronde et avait la bonté de m'ouvrir s'il pouvait m'entendre, à moins que, petite empotée de bibliothécaire, ait eu la bonté de mal fermer sa porte. Je ne pouvais que tenter qu'avais-je d'autre à faire en étant seul de toute manière ?

« Putain de…. Allez ouvre toi… Heho, y reste quelqu'un ici ! »



Dernière édition par Alaric J.R Watson le Dim 5 Nov - 17:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: À double tour | ft. Haiko   À double tour | ft. Haiko EmptyDim 5 Nov - 20:40


#don'tsleep
« got a head full of spiders, and a heart that isn't here, in a room full of liars, all my demons reappear broken cigarettes »
Oui, il restait quelqu’un.
Quelqu’un qui n’avait qu’une terrible envie de rentrer chez lui, d’ouvrir une bouteille de whisky et de se détendre avec une cigarette dans l’autre main. Quelqu’un qui regrettait doucement de s’être endormi aussi facilement et dont l’agacement commençait à se manifester. Devais-je pour autant me maudire ? Après tout, ceci n’était qu’un fait qui pouvait facilement arriver à tout monde. Sauf qu’au fond, ce n’était pas tant cet acte qui me donnait envie à me maudire, mais tout ce qui pouvait aisément entourer le reste.

Ma vie n'était qu'une succession d'échecs à répétition ; une majorité de ce que j'avais pu entendre jusqu'à présent ne faisait que s'écrouler sous mes yeux, sans me laisser la possibilité de rattraper mes mots, mes faits et mes gestes. J'avais cette boule au ventre qui continuait amèrement de me consumer à petit feu et, bien que, j'avais l'envie de lutter et de la combattre de pleins fouets, le repli et l'enfermement dans la solitude garder cette arrière gout de rassuranc. De plus, simple à gérer que d'affronter la réalité des choses. En soi, cela me faisait un mal de chien de l'admettre, mais Wilson - ou son alter ego Percy - avait raison. S'il n'y avait personne dans mon entourage pour me maintenir sur la surface de l'eau, m'emmener une barque pour que je m'y accroche fermement, je pouvais sans remords me laisser couler dans les profondeurs dans un aller sans retour.

Mais, à quel prix, hein ?

Soupirant, ma poigne sur la porte se referma davantage et je tirais une nouvelle fois dessus pour produire un vacarme supplémentaire. Non pas pour prévenir de ma présence si quelqu'un passait par-là, mais tout bonnement pour moi. J'avais ce besoin de cogner quelque chose et de laisser sortir la bille qui s'installait confortablement au fond de moi. Mais, peut-être était-ce déjà trop, peut-être avait-elle déjà trouvé sa place depuis des années et qu'il était bien vain de vouloir s'en débarrasser maintenant. Plus encore si je m'étais habitué à sa présence.

Nouveau soupire.
Chassant ces problèmes-là, qui pour l'heure n'avait pas lieu d'être, il fallait simplement que l'attention reste sur la porte. Il fallait simplement un moyen de sortir d'ici. Il y avait pire comme endroit, j'aurais pu me retrouver coincé dans le jardin botanique avec toutes les fleurs - bien qu'au parfum magnifique - m'aurait naturellement agressé l'odorat. Là, à moins, il y avait calme et tranquillité, avec la possibilité de lire tout un tas d'ouvrage à disposition. En soi, un petit coin de paradis qu'il serait presque regrettable de négliger. L'idée de se plaindre était vraiment loin d'être au rendez-vous. Mon seul bémol, si vraiment, j'allais devoir y passer la nuit, était le manque de nourriture. Dans mes souvenirs, il n'y avait pas de distributeur à porter de main, ni même une simple fontaine à eau. Peut-être que l'espace des employés cacher quelques petites friandises qui permettaient de tenir une tenir. Mentalement, je me promis de leur acheter une boîte de chocolats si vraiment, je venais à bout de leurs ressources. Quoique au vu des circonstances, ce serait plutôt à eux de m'offrir des mets en guise de dédommagement. Une idée qui durant un court instant avait réussi à décrocher un vague sourire sur mes lèvres. Celui-ci disparut à la seconde où le timbre d'une voix se fit légèrement entendre à mes oreilles. Tournant la tête dans cette direction, j'en cherchais la provenance. Ce n'était pas la bibliothécaire, j'en reconnaîtrais le son légèrement doux et mélodieux, là, celle-ci était littéralement inconnue. Et la silhouette qui s'en approchait peut après tout autant.

Il fallait croire que je n'étais pas le premier à avoir rêvassé sagement dans mon coin sans prêter attention à l'heure. N'était-ce pas mieux d'être deux dans cette même galère qu'entièrement seul ? Sûrement, oui. Mais, cette personne s'attendait peut-être à ce que je lui ouvre la porte, comme ce que ferait un bon gardien, si seulement il savait faire leur travail convenablement.

« Désolé de vous faire une fausse joie, mais malheureusement, je ne suis pas un employé et je n'ai, ni de clé, ni de moyens d'ouvrir cette porte. »

À première vue, je n'en avais aucun. Le seul que j'avais en ma possession, pouvait m'engager à plusieurs semaines de réparation et de frais extrêmement coûteux pour avoir touché à la porte d'une bibliothèque municipale. Si cela ne tenait qu'à moi, je passerais outre les petits protocoles pour n'en faire qu'une bouchée, néanmoins, j'avais encore un minimum de raison pour ne pas me laisser tenter. Quand bien même cela me démangeait au plus au point.

« J'ai tenté d'appeler, dans l'espoir que quelqu'un m'entende, mais, tout le personnel à quitter les lieux. Et je ne suis pas sûr qu'un garde ait entamé une ronde à cette heure. Il va falloir s'armer de patience. »

Une patience qui pouvait tout autant durer une demi-heure, comme au-delà de six heures. L'avantage - si encore, on pouvait l'appeler ainsi - était que nous étions à l'abri du tonnerre et de la pluie qui s'abattait sauvagement à l'extérieur. De quoi ne pas tomber bêtement malade. Je ne sais, si les traits de mon visage étaient visibles avec cette faible lueur, mais, je l'ai senti se radoucir doucement. Non pas dans la simple idée de paraître aimable avec autrui sans avoir à cracher mon venin sur des êtres innocents, mais, avoir soudainement un peu de compagnie, aussi improvisé fut-elle, été suffisante pour me détendre. Au moins sur la surface. Aussi, je tendis gentiment une main dans sa direction.

« Désolé, je manque à tous mes devoirs. C'est une manière peu conventionnel de faire des rencontres, mais, je suppose que nous sommes coincés ici pour un moment, alors, vous pouvez m'appeler Alaric. »

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MessageSujet: Re: À double tour | ft. Haiko   À double tour | ft. Haiko EmptyDim 19 Nov - 16:23


#don'tsleep
« got a head full of spiders, and a heart that isn't here, in a room full of liars, all my demons reappear broken cigarettes »
Qu’est-ce qu’un moment ? Une demi-heure, une heure, une soirée ? Dans tous les cas, il était clair que nous ne pouvions dépasser une nuit entière enfermée ici. La bibliothèque devait ouvrir aux aurores demain et accueillir comme à son habitude les clients qui devaient rendre ou emprunter les livres. De ce fait, nous allions de manière générale sortir de là, tout n’était qu’une simple question de patience. Une patience qu’il allait falloir combattre d’une quelconque façon.

Cependant, au moins, je pouvais m’estimer chanceux à ne pas être seul. Sa main avait finalement rencontré la mienne et je ne fis aucun commentaire quant à la gêne qui semblait peser tout autour. Avais-je quelques choses si intimidantes qu’il était facile de se sentir mal à l’aise à ma présence ? À moins qu’avec la faible luminosité et le temps morose qui nous accompagne, me voir avec un cache-oeil rend la situation en plus terrifiante ? L’un dans l’autre, je n’avais pas envie que le temps que nous allions devoir passer ensemble, aussi inattendu soit-il, devienne un supplice. Voilà quelque chose qui ne serait pas plaisant pour nous deux. Néanmoins, après l’acharnement sur la porte dont le besoin devait être sûrement tout autant présent, j’avais maintenant un nom à pouvoir mettre sur un visage et la possibilité de l’appeler autrement qu’inconnu.

Le tonnerre se mit à éclater une nouvelle fois, s'imposant de sa puissance dans le calme plat des lieux. On aurait presque entendu un écho entre les rangées de livres avant que la foudre ne fende une fois de plus le ciel en l'éclairant brutalement. Celui-ci n'avait guère envie de s'arrêter en si bon chemin qu'un deuxième suivi sans attendre. Une pensée me chatouilla l'esprit quant aux linges qui traînaient encore dehors nonchalamment étendu sur le balcon et dont j'avais l'espoir de ne pas retrouver entièrement souillé par la pluie à mon retour. L'eau de mère de nature était peut-être gratuite, elle n'en était pas pour autant saine quand la boue l'accompagnait si gentiment. Et au vu du temps, j'étais bon pour faire deux lessives supplémentaires. Enfin, un point qui disparut bien vite alors que l'attention repris sur Haiko et en particulier la question qui restait en suspens.

« Non malheureusement, aucun, je n'ai pas non plus vu de porte de secours. Je pense que c'est inutile de rester devant à attendre, quelqu'un finira bien par passer. Et à mon avis vu le temps, ce n’est pas plus mal que nous restons là bien protégés. »

C'est ce qu'il vaut mieux imaginer que de rendre la situation encore plus dramatique qu'elle ne l'est déjà. Même si, en soit, elle ne pouvait décemment pas devenir pire, à moins que la foudre ne décide de s'abattre sur le bâtiment. Quelque chose que j'aspire à ne pas vivre d'aussitôt. En attendant, il fallait s'occuper d'une manière ou d'une autre et, puisqu'il n'y avait personne pour réellement contredire de quelconque faits et gestes, mais notamment des décisions, je pris la peine de faire demi pour passer derrière le comptoir d'accueil. Sans vraiment mettre mon nez dans leur paperasse et autres dossiers qui pour l'heure ne me regarde aucunement, je farfouille à l'inverse dans le petit espace qui renferme de quoi remplir un petit estomac. J'imagine que passer une journée entière ici à répondre aux demandes des clients doit finir par donner faim à la longue. Rien de bien luxueux, mais il y avait au moins de quoi grignoter un peu et boire.

« Coca, eau ou ice tea ? Le service est un peu médiocre, mais j’assure que cela n’enlève en rien à la qualité et du goût préparer avec soin par le chef. »

On ne précisera pas que le chef est un cuisiner industriel et très certainement plus compétent que moi dans ce domaine-là. Mais j’ose espérer que cette blague soit appréciable pour détendre l’atmosphère. Enfin, le choix était à disposition une fois sorti pour être posé sur le comptoir en compagnie des gâteaux. Néanmoins, je ne mis pas encore fin à ma quête, puisqu’en cherchant davantage dans les placards, je pus sortir plusieurs bougies. Voilà qui nous permettait d’y voir un peu plus clair une fois allumé avec mon briquet et placer autour de nous. N’était-ce pas mieux que de s’entrevoir avec la faible lueur de l’orage ? Peut-être que celle-ci pouvait rendre quelqu’un curieux pour qu’il daigne faire un tour dans les parages.

« C'est quelque peu indiscret, mais, puis-je vous demander ce que vous faisiez encore présent à cette heure dans la bibliothèque ? »

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MessageSujet: Re: À double tour | ft. Haiko   À double tour | ft. Haiko EmptySam 25 Nov - 0:36


#don'tsleep
« got a head full of spiders, and a heart that isn't here, in a room full of liars, all my demons reappear broken cigarettes »
Étudiant perdu dans son travail d'arrache-pied, ou tout simplement rêveur à ses heures perdues pour en oublier la notion du temps ? Qui sait, de ce que je pouvais entrevoir Haiko ne me semblait pas plus âger qu'un étudiant lambda tout en étant bien loin d'arriver à mon âge, le genre à traîner dans les bibliothèques durant des heures en potassant toute une montagne de livre pour décrocher un A+. Quoique j'imagine ça, mais la raison peut tout autant en être entièrement différente. Il est vrai qu'en ce moment la bibliothèque ne déborde pas vraiment de jeunes élèves qui étudient durement. Très certainement la faute à cette fissure qui, en plus d'en rendre certain un peu trop curieux pour descendre dangereusement, d'autres s'en servait pour sécher salement les cours.

Mais en fin de compte, j'étais bien loin d'une réponse qui avait autant de simplicité. Ne pas faire attention au temps qui passe… J'en avais payé les frais tout autant, mais la raison était bien différente. À force de travailler sans relâche et de vouloir forcer mon corps a suivre le rythme, il commençait à avoir du mal à répondre à son bon fonctionnement. D'où cet état de larve dans les archives sur une pile monstrueuse de documents. Peut-être que j'aurai dû écouter les conseils prodigieux de certain et accepter pour une fois de lever pied. Ne serait-ce que pour mon propre bien être.

« Il est facile de se laisser emporter par l'atmosphère paisible de la bibliothèque et d'en oublier l'heure. »

Il semble que ce soit le but premier de celle-ci. Venir dans un endroit paisible et se détendre suffisamment dans le calme de l'atmosphère pour en oublier complètement les heures qui peuvent défiler. Le calme peut-être si plaisant qu'on en zape facilement les présences qui airent tout autour de soi. Enfin, je ne cherchais guère à insister davantage, la discussion ne semblait pas être forcément voulue et il y avait bien de quoi s'occuper suffisamment, même si personne ne daignait prononcer un mot. Cependant, en farfouillant un peu plus, je pris une écharpe qui avait été apparemment laissé par son propriétaire. La déposant ensuite auprès du dénommer Haiko qui tentait tant bien que mal de se réchauffer à la bougie. Je l'avais remarqué, mais je n'avais pas plus à proposer. Pas de grosses vestes à disposition, pas de couverture, ni même de plaid. Mais c'était toujours ça, non ?

Puis, en revenant chercher encore un peu dans les tiroirs, j'en sorti un rubik's cube qui semblait avoir passé l'âge, mais tourner encore. Qu'est-ce que je pouvais aimer cela autrefois, j'avais l'art et la manière de le terminer en un temps record. Aujourd'hui, qui sait, depuis que je n'en avais pas touché, il me faudrait peut-être plus ? Celui-ci dans une main, la bouteille de coca dans l'autre, j'abandonnai l'accueil pour prendre place à une table ou reposer gentiment une bougie. À peine assis, mes doigts se mirent machinalement en mouvement, sans prendre la peine de réfléchir au sens et aux couleurs, c'était comme si je n'avais jamais effacé le mode de fonctionnement et qu'elles trouvaient d'elle-même la logique de chaque emplacement.

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MessageSujet: Re: À double tour | ft. Haiko   À double tour | ft. Haiko EmptySam 16 Déc - 22:13


#don'tsleep
« got a head full of spiders, and a heart that isn't here, in a room full of liars, all my demons reappear broken cigarettes »
C'est marrant, je n'en avais plus eu entre les mains depuis ce qui ressemble à une éternité et pourtant, je m'en sors avec une facilité déconcertante. C'est comme si la dernière fois à laquelle j'avais joué à ça remonter à hier. Et dire que je n'ai jamais pensé à en racheter, une belle erreur que je compte rectifier une fois sortie d'ici. Au final, il m'aura fallu moins de quatre minutes pour le terminer entièrement. Je suis certain que j'étais plus rapide que cela en étant plus jeune. Comme un petit défi intérieur et personnel, je remets en désordre chaque pièce et me mets dans l'optique de terminer celui-ci plus rapidement. Je suis sûre que je peux y arriver. Après tout, c'est un bon moyen comme un autre de tuer le temps.

Au fond, j’étais bien trop concentré sur mes doigts pour prêter réellement attention au déplacement de Haiko. Il me semble l’avoir senti aller et venir, mais j’étais bien trop perdu dans le fil de mes pensées pour en relever la tête. Pourtant, j’avais parfaitement entendu sa demande et j’y répondis sans la moindre hésitation « oh non, je vous en prie installez-vous. ». De la compagnie, ne semble jamais être du refus.

Au final, mon exploit se résuma à atteindre trente secondes de moins que la première fois. Soit, à croire que j'étais devenu trop vieux avec trop peu d'entraînement pour battre les anciens records. Cela finit toujours par s'estomper avec le temps. Ceci mit de côté, je me dis que je pourrais certainement narguer Will et Wilson en étant persuadé qu'ils ne pourraient faire mieux. Simplement de quoi les faire enrager un instant sur quelque chose dont ils ne peuvent me surpasser. La puissance, c'est malsain et pourtant, ça procure un plaisir assez agréable.

« Profité de l'écharpe, on ne sait jamais si la température continue de chuter encore. On n'est pas à l'abri de mauvaise surprise avec ce temps. Et si nous sommes coincés ici un moment, mieux vaut avoir de quoi tenir le coup. »

Au vu de la violence des éclairs, ça ne m'étonnerait pas si l'un finit par s'écraser contre un lampadaire. Ou pire encore qu'il ne s'abatte sur un être humain ou un bâtiment au lieu de finir sa course plus haut dans les montagnes. Quoiqu'il devrait être d'une violence extrême. On serait dans de beaux draps si mère nature décide de faire des siennes, surtout qu'elle avait déjà causé suffisamment de dégât jusqu'à présent. J'ose à peine imaginer l'état de la fissure avec toute cette eau qui ne cesse de l'encombrer. Je doute qu'on puisse s'y noyer, mais pour les quelques survivants qui ont le malheur de se trouver en bas ou encore une équipe de recherche ou de fouille… Les parois deviendraient dangereusement instables et ce serait le moment idéal pour provoquer des effondrements supplémentaires. Une joie dont beaucoup de monde se passerait sans hésitation.

Alors que le temps ne semble pas vouloir prendre le chemin de l'accalmie, si ce n'est même complètement le contraire, je voyais la petite barricade d'Haiko et les quelques crayons qui dépassaient de son côté. Il faut bien tuer l'ennui comme ont peu non ?

« Vous dessinez ? Du style œuvre d'art qui finit dans un musée où personnelle ? Je crois que le dessin fait partie de l'un des rares domaines où je n'excelle pas. »

Et ce n'est pas faute de trouver l'activité intéressante. C'est bien beau d'avoir un QI qui dépasse largement la moyenne, mais au final, on ne peut exceller dans tous les domaines en un simple claquement de doigts. Et plus j'y pense, plus je me rends compte qu'on ne m'a pas vraiment laissé le choix sur ce point-là. Après tout, les parents avaient mis tellement d'espoir et d'effort sur ma future carrière qu'être un peintre ou tout simplement un artiste n'aurait jamais répondu à leurs attentes. Enfin, qui sait, peut-être que beaucoup de choses, en particulier nos relations, auraient été différents si j'avais pu prendre cette voie. Cependant, c'est ce qui appartient au passé et il est bien trop tard maintenant pour revenir dessus.

« Enfin, je demande ça, mais vous n'êtes pas dans l'obligation de répondre. »

Après tout, ça restait peut-être un jardin secret. Le genre de choses qu'on n'a pas forcément envie de raconter au premier inconnu.
Enfin, je n'avais pas grand-chose à faire, alors, pour soulager l'ennui qui commençait à se faire sentir je pris la peine d'étudier la ranger de roman juste à côté. En parcourant les titres, j'en venais rapidement à un “déjà lu, pas aimé, trop long, nul…” En espérant trouver la perle rare. Et mon regard s'arrêta finalement sur un bon thriller que je n'avais pas encore épluché. Pourquoi pas. Je le pris en me levant, avant de retrouver ma place et de commencer la première page.
Voyons voir si tu en vaut la peine “Le Bonhomme de neige” de Jo Nesbø
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MessageSujet: Re: À double tour | ft. Haiko   À double tour | ft. Haiko Empty

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